Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

Saisir des mots clefs à rechercher

dimanche 28 février 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Comprendre Gramsci | Politikon 17 févr. 2021


Hégémonie, intellectuel, bloc historique, etc. Comment s'imbriquent les concepts de Gramsci, philosophe politique italien emprisonné dans les prisons fascistes ? C’est ce qu’on va essayer de voir dans cet épisode de Politikon consacré à l’un des auteurs les plus originaux du marxisme et à sa pensée toujours féconde et d’actualité aujourd’hui.

Les routes de l’esclavage ( Cliquer sur l'image ) | France culture 24/02/2021

À retrouver dans l'émission LE COURS DE L'HISTOIRE par Xavier Mauduit

Les routes de l’esclavage parcourent l’Antiquité, le Moyen Âge et les Temps modernes. Certaines existent encore aujourd’hui. Polymorphes, elles ont en commun le déracinement et la privation de la qualité d'humain de ceux qui en sont victimes.

Marché aux esclaves de Zanzibar, deuxième tiers XIXe.
Bojan Brecelj. (Wikipédia)

"Les routes de l’esclavage, depuis quand ? Où ? Quelle organisation ?

En juin 1914, Questions diplomatiques et coloniales, la revue de politique extérieure évoque « les marches sahariennes ». Il y est question de la première grande exploration africaine, celle de Denham et Clapperton, « partis en 1821 de Tripoli pour le compte du gouvernement anglais, avec une escorte de 200 Arabes bien armés. Ils prirent, pour traverser le désert, la route des esclaves qui les mena dans les grands sultanats du Bornou, de Kano et de Sokoto, destinés à devenir un jour colonies britanniques. La piste était, de place en place, jalonnée d'ossements qui marquaient l'exode lamentable des captifs noirs, venus des savanes humides du Niger et décimés par la faim et la soif avant d'avoir atteint les oasis tripolitaines ». Les routes de l’esclavage sont multiples et jalonnées d’ossements. Leur histoire aussi." Xavier Mauduit

En novembre 2017, les images d’une vente aux enchères de personnes exilées en Libye ont fait le tour du monde, rappelant la persistance de l’esclavage dans les sociétés contemporaines. Les migrants, les exilés, les déracinés forment en effet une population particulièrement vulnérable au trafic d’êtres humains.

Le déracinement est d’ailleurs au cœur du système esclavagistes. De la traite transsaharienne, qui débute dès le VIIe siècle, à l’apogée de la traite transatlantique, nous partons sur les routes de l’esclavage, celles qui arrachent des êtres à leur société pour les maîtriser, les soumettre et leur ôter la possibilité de la liberté. Des caravanes aux bateaux négriers, comment ces routes ont-elles été tracées, organisées, alimentées ? Comment les personnes réduites en esclavage ont-elles vécu cette véritable déportation ? Et comment l’histoire de la traite continue-t-elle de façonner nos sociétés ? 

Nous en parlons avec notre invitée Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne spécialiste de l'Afrique et professeure émérite de l'Université de Paris. Ses travaux portent sur les enjeux politiques de la colonisation ainsi que sur le concept d'impérialisme et de capitalisme en Afrique. Elle est notamment l'autrice de Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique du XIXe au XXe siècle (Desjonquères, 1994), L'Afrique et les Africains au XIXe siècle (Colin, 1999), Enjeux politiques de l'histoire coloniale (Agone, 2009), Être esclave. Afrique-Amériques, XVe - XXe siècles (en collaboration avec Éric Mesnard, La Découverte, 2013). Son ouvrage Les routes de l’esclavage. Histoire des traites africaines, VIe-XXe siècle vient d'être réédité chez Albin Michel. 

"Plus la société était dépourvue de moyens techniques et plus elle pratiquait l'esclavage parce que l'esclavage était l'outil primaire des gens qui n'avaient pas de technologie, c'est-à-dire qu'ils possédaient comme outil d'autres gens qui travaillaient pour eux. Les préhistoriens s'interrogent pour savoir si l'esclavage existait déjà en préhistoire. C'est certainement quelque chose de très ancien qui n'a pas commencé au XVe siècle. Il a été pratiqué en Afrique comme dans toutes les sociétés." Catherine Coquery-Vidrovitch

Sons diffusés : 

  • Extrait du documentaire en 4 volets, Les routes de l'esclavage (2018) réalisé par Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant. 
  • Lecture par Olivier Martinaud d'un extrait de de la Bulle du 8 janvier 1455, Romanus Pontifex du pape Nicolas V.
  • Archive - 2003 - FR2 - JT 20H - Visite guidée de la maison des esclaves de l'île de Gorée. 
  • Archive - 1982 - FR3 - Aimé Césaire parle des origines de la population antillaise. 
  • Extrait du film Black Panther (2018) réalisé par Ryan Coogler. 
  • Extrait d'un interview sur Konbini de Fanny Glissant qui parle de l'esclavage et du racisme (2018). 
  • Archive - 14/12/1966 - Terre des arts - Les ancêtres.

samedi 27 février 2021

Anna Netrebko - Sempre Libera (La Traviata,Verdi) | Simone Cardoso 20 sept. 2014


Anna Netrebko & Rolando Villazón in Verdi's La Traviata no Salzburg Festival, por Carlo Rizzi e direção de Willy Decker

"La Princesse de Clèves" de Madame de La Fayette ( Cliquer sur l'image ) | France culture 22/02/2021

La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette a été publié anonymement en 1678. Prototype du roman d’analyse psychologique, c’est aussi un roman historique, qui met en scène la vie à la cour des Valois dans les dernières années du règne d’Henri II, à la fin du XVIème siècle. 

Mme de La Fayette a connu La Rochefoucauld, Racine et Boileau, a été très proche de Mme de Sévigné, et elle a fréquenté les salons de Mme de Scudéry, qui symbolise les précieuses lettrées. Or, le thème principal de son roman est bien l’amour et on trouve de nombreuses thématiques précieuses dans le texte, à commencer par l’aveu que l’épouse fait à son mari de l'inclination qu’elle éprouve pour un autre homme afin de se prémunir contre sa propre passion. 

L’amour précieux est malheureux et il affecte des êtres extraordinaires par leur beauté, leur intelligence et la grâce qui les anime. La structure du roman est néanmoins théâtrale, toute tendue vers sa fin tragique, depuis le nœud constitué par la rencontre impromptue de M. de Clèves chez le bijoutier, jusqu'au final tragique représenté par la vie pieuse et rangée du monde de la jeune veuve. 

Ce texte dont l’anonymat de l’auteur n’a pas longtemps été préservé, est devenu un modèle littéraire pour Balzac avec Le Lys dans le vallée ou Radiguet, dans Le Bal du comte d’Orgel, et, plus près de nous, jusqu’à Christophe Honoré qui a transposé son intrigue dans la Belle Personne, où la cour d’un lycée parisien vient remplacer celle du roi Henri II, en 2008. Il est vrai qu’il a été remis au goût du jour en réaction à la pique d’un candidat à la présidence de la République qui avait, de son propre aveu, beaucoup souffert en l’étudiant au lycée et n’a pas hésité à le brocarder (« Je ne sais pas si cela vous est arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle »), déclenchant une vague de lectures marathons de ce texte dans la rue ou devant des lieux symboliques comme le Panthéon.

Réalisation : Sophie-Aude Picon

À retrouver dans l'émission FICTIONS / LE FEUILLETON

TOUS LES ÉPISODES


>>> La Cour d’Henri II

La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.


>>> Le coup de foudre

Mme de Clèves avait ouï parler de M. de Nemours, comme de ce qu’il y avait de mieux fait et de plus agréable à la cour ; et surtout Mme la dauphine le...


>>> L'aveu

Peu de jours avant l’arrivée du duc d’Albe, le roi fit une partie de paume avec M. de Nemours, le chevalier de Guise et le vidame de Chartres. Les reines...


>>> Le sort s'en mêle

M. de Clèves était allé trouver le roi, le cœur pénétré d’une douleur mortelle. Jamais mari n’avait eu une passion si violente pour sa femme, et ne l’avait...


>>> Dénouement

M. de Clèves est au plus mal !


Réalisation : Sophie-Aude Picon

Le mot d'Esprit : L’espace public numérique | Revue Esprit 26 février 2021

L’espace public numérique 

La bataille engagée ces derniers jours entre Google, Facebook et le gouvernement australien a reposé l’épineuse question de la place des GAFA dans le débat et l’espace publics, aujourd’hui largement numériques. 

Pour protester contre une loi exigeant que les grandes plateformes rémunèrent les médias quand elles diffusent leurs contenus, Facebook a bloqué pendant quelques jours l’accès à la presse australienne depuis son site, déclenchant de vives critiques. Un accord a finalement été trouvé : la loi prévoira bien que Google et Facebook rémunèrent les titres de presse, mais selon des accords négociés au cas par cas.

Si les géants du numérique sont dans le collimateur de gouvernements de plus en plus nombreux, souvent soutenus par les groupes de presse, c’est que l’ambiguïté qu’ils entretiennent sur leur statut et la nature de leur activité est devenue insoutenable. Sont-ils de simples hébergeurs de contenus, ou des éditeurs, qui peuvent être tenus pour responsables de ce qui est publié sur leurs pages ? Le débat suscité par la suspension des comptes sociaux de Donald Trump dans la foulée des émeutes du Capitole a montré que la réponse n’allait pas de soi. Mais l’intérêt des plateformes est de peser de tout leur poids pour la première option. Dans la foulée de l’épisode australien, un responsable des affaires publiques chez Facebook expliquait sur son blog que faire payer l’entreprise pour les contenus de presse reviendrait à « forcer des constructeurs automobiles à financer les stations de radio parce que les gens les écouteraient au volant ». Le simple fait que Google et Facebook captent l’essentiel du contenu publicitaire en ligne montre pourtant le caractère irrecevable de cette comparaison.

Les grandes plateformes internet ne peuvent plus prétendre qu’elles ne sont qu’une infrastructure, de simples tuyaux dans lesquels passent des contenus dont elles ne tireraient pas profit ni ne seraient comptables. Par ailleurs, le marché numérique sur lequel elles opèrent se caractérise par un degré de concentration tel qu’elles sont en situation de quasi-monopole. Le risque qu’elles représentent n’est plus seulement concurrentiel, il est devenu démocratique.

La rédaction

Comment la Glorieuse Révolution a-t-elle favorisé l'essor économique de l'Angleterre ? | Questions d'Histoire 23 mai 2019


En 1688, le Roi d'Angleterre Jacques II est contraint à l'exil, rejeté par les parlementaires et abandonné par les officiers de son armée. 

C'est son gendre, le Stathouder des Provinces-Unis Guillaume III, qui va lui ravir le pouvoir avec une étonnante facilité. Cette Révolution est marquée par le rééquilibrage des pouvoirs entre le Parlement et le Roi, mais elle a surtout permis une série de réformes économiques qui vont bouleverser le pays, puis le monde. Revenons sur les grandes étapes de cette Glorieuse Révolution, et demandons-nous comment elle favorisa le développement économique de l'Angleterre.

Le Commonwealth d'Angleterre et la Glorieuse Révolution | HG Saint-Martin 30 mars 2020


Précisions sur la 1er Révolution anglaise.
  • Le Commonwealth d'Angleterre du Lord protecteur Oliver Cromwell.
  • La Restauration : Charles II et Jacques II.
  • La Glorieuse Révolution.

Une économie de la propriété ( Cliquer sur l'image ) | France culture 23/02/2021

À retrouver dans l'émission ENTENDEZ-VOUS L'ÉCO ? par Tiphaine de Rocquigny

TOUS LES ÉPISODES


>>> Posséder la terre : une histoire de clôtures

Dans l'histoire de l'appropriation de la terre par l'homme, souvent pour des raisons économiques, le mouvement des enclosures est, au XVIe siècle, la première...


>>> Possédées, dépossédées : les femmes et le patrimone

Moins dotées en patrimoine et mises à l’écart de leur gestion, les femmes se retrouvent depuis longtemps en situation d’infériorité quant à la propriété...


>>> Le capitalisme malade du propriétarisme

Le pouvoir de nombreux géants économiques dépend des droits de propriété immenses qu’ils détiennent, comme ceux sur nos données personnelles dans le cas...

vendredi 26 février 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ L'action des banques centrales et la vie des étoiles massives | AP7∆ Libre d'en rire ?

"Il est souvent trop tôt pour savoir s'il n'est pas trop tard." Pierre Dac

L'action des banques centrales, depuis le début des années 80 jusqu'à aujourd'hui peut se comparer à la vie d'une étoile massive, qui brûle par fusion nucléaire son énergie de plus en plus vite, avec des sources d'énergie qui durent de moins en moins longtemps jusqu'à son implosion finale en supernovae. La fusion de l'hydrogène d'une étoile de 25 masses solaires dure 7 millions d'années, celle de l'hélium 500 000 ans, puis il faut seulement 200 ans pour fusionner tout le carbone du coeur stellaire, et un seul jour pour le stade final qui est la fusion du silicium en fer dans le coeur de l'étoile.

L'action d'une banque centrale utilise aussi des réserves de "carburant" pour relancer artificiellement les économies.

Le premier stade de l'action des banques centrales est le plus long et le plus efficace pour obtenir le résultat recherché (la relance) : 

Dans ce premier stade, les banques centrales se contentent de baisser les taux à chaque récession ou ralentissement économique, pour inciter les acteurs économiques à s'endetter plus, ce qui permet à la croissance de repartir. Malheureusement cette relance va consommer du "carburant" à chaque relance, la capacité d'endettement du système n'étant pas illimitée : A chaque cycle de relance économique, la banque centrale relève ses taux pour reconstituer ses marges de manoeuvre, mais elle les relève de moins en moins haut à chaque nouveau cycle, jusqu'à épuisement de sa marge de manoeuvre.
On peut considérer qu'aux USA et en Europe, ce stade (celui de la "fusion de l'hydrogène" de notre étoile) est terminé depuis 2008-2009, et quelques années auparavant au Japon : Les banques centrales ont été incapables de relever leur taux tout au long du cycle de croissance qui a débuté en 2009 (le dernier relèvement de la FED étant purement symbolique).


Le second stade (la "fusion de l'hélium" de notre étoile) est celui du quantitative easing :

A ce stade, n'ayant plus de marge de manoeuvre avec la baisse des taux, les banques centrales vont acheter directement des obligations d'état en augmentant la taille de leur bilan, pour forcer les taux longs à baisser et injecter des liquidités dans le système. Nous sommes entrés dans ce stade en 2008-2009, et malheureusement, contrairement au précédent stade qui a duré plus de 25 ans, ce second stade est déjà en train de s'achever aujourd'hui, 6 à 7 ans après son lancement.
En effet, tous les taux des obligations d'état (jusqu'à 10 ans au moins) sont maintenant proches de 0, et les taux négatifs ne pourront pas aller bien loin (un taux fortement négatif inciterait les opérateurs à retirer leur argent du système bancaire et financier).


Le troisième stade, qui a commencé au Japon avec les achats directs par la banque centrale d'actions de l'indice Nikkei et par les achats de la BCE d'obligations d'entreprise est celui du quantitative easing élargi.

Ce sont les derniers instants de la vie de notre "étoile", où elle brûle l'oxygène puis le silicium : Cette fois la banque centrale va tenter de pousser directement à la hausse le prix des actifs pour créer chez les épargnants un sentiment de richesse (virtuel tant qu'ils n'ont pas vendu leurs actions) qui les incitera à consommer et à dépenser. L'ennui est que ce stade ne pourra pas fonctionner longtemps... La banque du Japon possède déjà 60% des trackers actions du marché japonais, et deviendra prochainement le premier actionnaire de 55 des plus grosses sociétés du nikkei ! (lire cet article de Bloomberg). Quand elle aura acheté toute la fraction liquide du marché, le jeu prendra fin, et le troisième stade aussi. Ce qui risque de se produire très vite, dans quelques années tout au plus.

Nous entrerons alors dans le dernier stade, celui où notre étoile accumule du fer dans son noyau, dont la fusion consomme de l'énergie au lieu d'en produire, ce qui aboutit à son implosion.

L'entrée dans ce dernier stade commencera par une phase de déflation, avec une baisse de tous les actifs et une nouvelle récession, contre laquelle les banques centrales seront démunies, ayant épuisé toutes leurs marges de manoeuvre. Elle sera bien plus violente qu'en 2009, parce que cette fois les banques centrales et les états perdront toute leur crédibilité auprès des autres acteurs du système économique.


Elles tenteront alors sans doute, avec les états, des manoeuvres désespérées (la "fusion du fer"), dont la mise en oeuvre ne fera qu'augmenter la panique des opérateurs : 

- La mise en place de taux fortement négatifs, qui revient à imposer massivement les épargnants... ce qui ne fera que détruire un peu plus leur confiance et leur envie de consommer.

- Ou bien au contraire une distribution gratuite massive d'argent aux ménages (sorte de "revenu universel" dévoyé, financé uniquement par la planche à billets). Cette fois c'est la valeur de la monnaie papier qui s'effondrera et provoquera une crise hyperinflationniste (qui est la façon probable par laquelle les compteurs seront "remis à zéro" après la phase déflationniste).

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ États-Unis : la nouvelle Grande Dépression. Avec Angus Deaton et Anne Case ( Cliquer sur l'image ) | France culture 24/02/2021

À retrouver dans l'émission L'INVITÉ(E) DES MATINS par Guillaume Erner

Distribution alimentaire à New York 

Alors que les États-Unis viennent d’atteindre le demi-million de décès liés au coronavirus, une menace plus grande s’étend sur une certaine frange de l’Amérique : les morts de désespoir. L’Américain blanc non-diplômé se meurt. 

C’est le constat d'une étude menée par deux économistes, Anne Case et Angus Deaton - prix Nobel d’économie 2015 qui révèlent une augmentation des suicides et des morts liées au désespoir chez cette population des États-Unis. 

En cause : le capitalisme qui aura détruit des emplois, réduit les salaires et déconstruit le tissus social et communautaire. 

Cette épidémie de « morts de désespoir » se traduit également à travers la désormais célèbre crise des opioïdes, liée à un système de santé plus que défaillant. Mais des solutions existent, Anne Case et Angus Deaton en proposent dans “Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme” (PUF, 2021).

>>> 500 000 morts du Covid-19 : les États-Unis face à l'incommensurable deuil

Un système de santé plus que défaillant

"Le système américain est quatre fois plus cher que le système français et nous avons une des espérances de vie les plus faibles des pays riches." Angus Deaton

"Pour des gens qui n'ont pas de diplôme universitaire, cette espérance de vie a baissé depuis 5 ans et leurs revenus diminuent parce que l'employeur n’a qu'une somme limitée pour les employés. Il y a un cout extrême pour engager quelqu’un car l’employeur doit payer un salaire mais également des primes importantes pour le système de santé." Anne Case

"Le système de santé coute la même chose si vous êtes peu diplômé ou si vous êtes PDG d'une boîte. Donc si vous êtes en bas de l’échelle, le coût total de la santé est plus cher que ce que vous rapportez à l’entreprise, alors vous n'êtes pas embauché ou alors comme travailleur précaire." Angus Deaton

"Il y a des règlements, les médecins doivent être contrôlés mais les prix ne sont pas régulés. Même lorsque le gouvernement achète des médicaments il n’y a pas de contrôle du prix." Angus Deaton

"Une fois que le secteur de la santé est devenu très puissant, il a pu utiliser des lobbys pour faire pression. Ce secteur déploie cinq lobbyistes par membre du Congrès pour les influencer. Ils payent des sommes importantes pour s'assurer que les politiciens soient amicaux avec le système de santé." Anne Case

Une épidémie de morts de désespoir

"Pour une raison qui n’est pas comprise - les Afro-américains sont moins privilégiés que les Blancs - ils ne se suicident pas. Le taux de mortalité baissait chez les Afro-américains et les Hispaniques mais remontait chez les Blanc. Ce groupe n’était pas étudié car tout le monde pensait qu’ils allaient bien et donc cette découverte a été un choc." Anne case

"La pauvreté en elle-même ne permettait pas de prédire les morts. On pensait que ça se produirait dans la communauté Afro-américaine mais on a regardé sur le long terme. Le marché du travail s’est retourné contre les gens peu payés en raison de la mondialisation, de l’automatisation et du système de santé qui faisait que les gens qui perdaient leur travail, perdaient aussi leur couverture sociale. Ce qui a fait que les gens ont cessé de se marier. La part des Américains sans diplôme et mariés diminue depuis les années 1980. Il y a une instabilité dans leur vie au travail, dans leur vie personnelle et communautaire. Cette perte de lien est aussi importante que la perte de revenus." Anne case

U$A : La démocratie du dollar | ARTE 19 janv. 2021

 

La démocratie américaine a-t-elle été confisquée par les plus riches ? Alors que se déroule le scrutin présidentiel, une plongée sidérante dans la machine à financer les campagnes électorales, à la découverte d'un système de corruption légale qui a des conséquences délétères sur l'action publique.

Bien qu’une large majorité de citoyens américains de tous bords se déclare favorable à une régulation plus stricte du financement des campagnes électorales, leur Cour suprême s’est appliquée depuis une décennie à supprimer les garde-fous en vigueur. Des scrutins locaux à la présidentielle, les dollars coulent à flots exponentiels à chaque élection, avec des conséquences délétères sur l’action publique. Par l’arrêt Citizens United de 2010, la Cour a ainsi déplafonné les contributions financières des entreprises, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. 

Plus insidieux, à travers ce que les experts appellent la "dark money" (argent occulte), de riches donateurs utilisent des organismes à but non lucratif pour déverser discrètement des millions dans les campagnes, les associations n’étant pas soumises à l’obligation de révéler l’identité de leurs bienfaiteurs. Charles et David Koch, qui ont bâti leur empire sur les énergies fossiles, seraient à l’origine du revirement d’un grand nombre d’élus républicains sur le changement climatique, la perspective d’être privé du soutien financier des deux frères ayant suffi à liquider les ambitions écologiques. 

Du prix faramineux des médicaments aux réformes fiscales favorisant les puissants, ce système de corruption légale fragilise les institutions, au point que le célèbre juriste >>> Lawrence Lessig compare la démocratie américaine à "une république bananière qui permet aux plus riches d’exploiter le système".

Dérives ploutocratiques

De la Caroline du Nord à Washington, du camp démocrate aux rangs républicains, Sylvain Pak donne la parole, en cette année électorale décisive, à des candidats-collecteurs de fonds, à un millionnaire détaillant les rouages du système, à des consultants politiques, à des lanceurs d’alerte, à des citoyens en colère… Une plongée inédite dans l’arrière-boutique de la politique américaine et ses dérives ploutocratiques.

Documentaire de Sylvain Pak (Luxembourg/France, 2020, 1h30mn)

∆∆∆ ∆∆∆ Capitalisme, socialisme et démocratie : Pourquoi, selon Schumpeter, le capitalisme va-t-il s’effondrer en raison même de son succès ? | Ecole de la Liberté 31 oct. 2017

« Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur;
Il piétine le vignoble où sont gardés les raisins de la colère;
Il a libéré la foudre fatidique de sa terrible et rapide épée;
Sa vérité est en marche. »

« Et l'ange jeta sa faucille sur la terre, et vendangea la vigne sur la terre, et il en jeta les grappes dans la grande cuve de la colère de Dieu.

La cuve fut foulée hors de la ville, et il en sortit du sang jusqu'à la hauteur du mors des chevaux, sur un espace de mille six cents stades. »



Il n’est pas courant de lire sous la plume d’un auteur libéral que le libéralisme est condamné à s’autodétruire. Ecrit en plein cœur de la guerre et dans le sillage de la crise de 1929, Capitalisme, Socialisme et Démocratie écrit par Joseph Schumpeter est un livre pessimiste. 

Cet hommage au libéralisme est aussi un chant du cygne. Que nous dit l'auteur ? La société capitaliste va s’effondrer. Non pas, comme le pensait Karl Marx, en raison de ses échecs ou de la misère qu’il engendre mais, bien au contraire, en raison de... son triomphe. 

Corentin de Salle revient ici sur un auteur majeur du vingtième siècle.

Tant qu’il y aura des riches, une histoire des inégalités ( Cliquer sur l'image ) | France culture 01/02/2021

Cette semaine, nous explorons les inégalités et la façon dont elles s’expriment à travers l’accès à la propriété et l’impôt. La hiérarchisation des pauvres par l’Église à l’époque médiévale nous éclaire aussi sur notre effroi, toujours contemporain, face à la violence du déclassement.

À retrouver dans l'émission LE COURS DE L'HISTOIRE par Xavier Mauduit

TOUS LES ÉPISODES


>>> L’invention du bon et du mauvais pauvre

Comment l'Église au Moyen Âge s’est peu à peu délestée de sa compassion pour en venir à distinguer le pauvre mécréant et le pauvre vertueux ? Une conception...


>>> Posséder la terre, terreau des inégalités ?

Posséder la terre est au centre des enjeux économiques, sociaux et politiques. Les multiples statuts juridiques dont elle a fait l'objet attestent de...


>>> L'impôt peut-il nous sauver des inégalités

Pour subvenir aux besoins collectifs engendrés par les dépenses publiques, l'État impose les revenus des citoyens. L'impôt est ancien, mais il se pare...


>>> Qui a peur du grand déclassement ?

Le déclassement est appréhendé avec effroi, car aller à contre-courant de l’élévation sociale est considéré comme un échec de vie. Déclassement, dégradation,...

L'horreur économique - Autour des "Raisins de la colère" de Steinbeck ( Cliquer sur l'image ) | France culture 30/08/2018


Film "Les raisins de la colère" de John Ford
L’œuvre de John Dos Passos se referme sur la crise de 1929, celle de son compatriote, John Steinbeck (1902-1968) s'ouvre sur cette sombre perspective et s'étend jusqu'au commencement de la Seconde Guerre mondiale. L'argent n'est ici rien de plus que des raisins secs.

Pour cette dernière émission de la série consacrée à la crise financière en littérature, nous recevons Marie-Christine Lemardeley, professeure de littérature américaine à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, auteure d’un essai sur John Steinbeck, publié en 2000 aux éditions Belin, dans la collection « Voix américaines » et responsable de l'édition des Raisins de la colère, dans la collection de poche Foliothèque des éditions Gallimard en 1998. 

Le roman qui suit la famille Joad, illustration de l’Amérique rurale est celui des fermiers sans argent, sans illusion non plus. Ils nous confient leurs luttes sans victoire contre les grands propriétaires, les sociétés influentes, les banques puissantes. Leur quête de meilleures conditions de vie les conduit sur la route :

"Les petits fermiers allaient habiter la ville, le temps d’épuiser leur crédit et de devenir une charge pour leurs amis ou leurs parents ; et finalement ils échouaient eux aussi sur la grand’-route, où ils venaient grossir le nombre des assoiffés de travail des forcenés prêts à tuer pour du travail. John Steinbeck, Les Raisins de la colère, chapitre XXII, 1939."

Ces travailleurs se racontent et Steinbeck écrit comme ils parlent, un phrasé qui donne une certaine authenticité au récit. Ils quittent leurs terres et tentent d'en trouver une qui porte encore des fruits. La problématique de la faim est dans le roman au sens propre comme au sens figuré. Leur colère se nourrit de la frustration, du manque.

"Des effets, non des causes : des effets, non des causes. Les causes sont profondes et simples… les causes sont la faim, une faim au ventre multipliée par un million ; la faim dans une seule âme, faim de joie et d’une certaine sécurité, multipliée par un million ; muscles et cerveau souffrant du désir de grandir, de travailler, de créer, multipliés par un million. John Steinbeck, Les Raisins de la colère, chapitre XIV, 1939."

Sylvain Delouvée : « Infox, transmission et adhésion : l’enjeu de l’éducation » | 16 juil. 2019


Conférence de Sylvain Delouvée (LP3C, Rennes II) donnée le 6 juin dans le cadre du "Colloque : Post-vérité, infox, rumeurs : quels problèmes, quelles réponses ?" à l'École normale supérieure de Paris.

jeudi 25 février 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Agnotologie : la mécanique de l'ignorance [ Cliquer sur l'image ) | France culture 22/02/2021

La "science de l'ignorance" est la discipline qui étudie les différents modes de production culturelle de l'ignorance. 

Quels freins peuvent retarder le savoir dans la communauté scientifique? 

Comment étudier ce qu'on ne sait pas ?

À retrouver dans l'émission LSD, LA SÉRIE DOCUMENTAIRE par Perrine Kervran

TOUS LES ÉPISODES


>>> Quand les industriels nous enfument

Comment, à une époque où les productions scientifiques foisonnent, l'ignorance résiste-t-elle encore ?


>>> Des maladies aux causes invisibles

Un peu d’ignorance en moins sur les causes des maladies fait surgir beaucoup de questions embarrassantes...


>>> Quand on préfère ne pas savoir

Explorer avec des psycho-sociologues, des chercheurs en neurosciences nos affinités envers l’ignorance : voilà le programme.


>>> Financer la science, récolter l'ignorance

Combien coûte l’ignorance à ceux qui la subissent et combien rapporte-t-elle à ceux qui la propagent ?


Une série documentaire de Franck Cuveillier, avec la complicité scientifique de Mathias Girel, réalisée par Rafik Zénine

mercredi 24 février 2021

Les nouvelles frontières du lobbying : la science et la raison sont-elles instrumentalisées ? Naomi Oreskes on the Merchants of Doubt ( Sous-titres Fr ) | usembassybrussels 10 nov. 2010


On October 28, 2010 historian of science >>> Naomi Oreskes gave a presentation at Forum Lectures (US Embassy Brussels), based on her new book, Merchants of Doubt: How a Handful of Scientists Obscured the Truth on Issues from Tobacco Smoke to Global Warming, about how right wing scientists founded the George Marshall Institute which has become a key hub for successfully spreading fear, uncertainty and doubt about climate change, along with other environmental issues, and how myths about science enable these political strategies to work.

Climat : Le jour où la culture occidentale s'effondrera | TV5MONDE 9 mai 2014


Entretien avec Naomi Oreskes, historienne des sciences, professeure a Harvard et auteure de "L'effondrement de la civilisation occidentale".

En attendant COP15 a Paris l'année prochaine, les rapports du GIEC se succèdent sans émouvoir grand monde. La grande historienne d'Harvard Naomi Oreskes voit dans cette inaction la main des lobbys industriels. 

Pour sensibiliser le monde, elle s'est projetée en 2093 et elle décrit l'effondrement de la civilisation occidentale pour cause de réchauffement climatique. A découvrir dans notre Grand Angle.

Manuel de résistance au climatoscepticisme, par Pascaline Minet | LE TEMPS 24 février 2020

Au Temps, nous utilisons le terme de «climatosceptique»
 
pour décrire de manière générale toutes les personnes
  qui remettent en cause les changements climatiques.
C’est en effet le mot le plus couramment employé
en français.
Votre grand-oncle, votre voisine, votre garagiste… vous-même ? 

Les personnes qui remettent en cause l’existence ou la cause des changements climatiques demeurent nombreuses, malgré l’accumulation de données scientifiques. 

Voici un guide pour apprendre à les reconnaître et à leur répondre.

«Et si on parlait sérieusement de la cause anthropique du changement climatique?» 

La question était posée par Suzette Sandoz il y a quelques semaines sur son blog (hébergé par Le Temps). 

Dans son billet, l’ancienne conseillère nationale estimait que «les avis scientifiques divergent indiscutablement sur la cause du réchauffement climatique». Ce qui est faux, puisque le rôle des activités humaines est désormais avéré. Applaudissements des uns, cris d’orfraies des autres, le «grain de sable» (du nom du blog de Mme Sandoz) a fait grincer les rouages. 

Et a montré qu’en 2020, même si la problématique climatique mobilise plus largement que jamais, quelques vérités restent bonnes à répéter. Passage en revue des principaux arguments des climatosceptiques.

>>> Climat: et si maintenant on se posait les bonnes questions ?

1. «Le climat a toujours changé, ce n’est pas nouveau»

– C’est vrai, le climat est un système dynamique. Mais les changements actuels sont différents

Plusieurs facteurs naturels influencent le climat terrestre. Sur de très grandes échelles de temps (tous les 100 000 ans environ), notre planète alterne entre des périodes glaciaires et interglaciaires, en raison de la variation de son orbite par rapport au soleil. Selon ce cycle, la Terre devrait d’ailleurs se trouver dans une phase de lent refroidissement, ce qui rend les changements actuels d’autant plus spectaculaires. D’autres facteurs naturels affectent les températures à plus court terme. C’est le cas des éruptions volcaniques, qui ont tendance à refroidir la planète, car elles émettent dans l’atmosphère des particules qui renvoient la lumière du soleil. Les variations de l’activité solaire jouent également un rôle.

Donc oui, les températures terrestres ont déjà bien connu des hauts et des bas par le passé et il est normal qu’elles fluctuent. «Cependant, la contribution au réchauffement des facteurs naturels peut être bien quantifiée durant ce siècle; elle est négligeable par rapport à celle des émissions humaines de gaz à effet de serre, qui peuvent expliquer 100% du réchauffement observé depuis 1950», indique Sonia Seneviratne, climatologue à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Les changements observés actuellement se distinguent par leur rapidité. Température en hausse, fonte des glaciers, élévation du niveau marin… de nombreux indicateurs le montrent, nous vivons une période de transformation sans précédent. «Le réchauffement est plus rapide qu’il ne l’a été au cours des deux mille dernières années. Il est aussi cohérent d’un point de vue spatial, c’est-à-dire qu’il se retrouve presque partout sur la planète», relève Raphael Neukom, climatologue à l’Université de Berne.

>>> Après ce nouveau week-end très, très doux de février, y a-t-il encore un climatosceptique dans la salle ?

2. «Mais il faisait plus chaud qu’aujourd’hui au Moyen Age!»

– Oui, il faisait doux à l’époque, mais c’était un phénomène local

Aux alentours de l’an 1000, le continent européen a fait l’expérience de températures clémentes. Cet épisode de relative douceur moyenâgeuse, baptisé «anomalie climatique médiévale», est souvent mis en avant par les climatosceptiques pour relativiser les changements actuels. Pourtant, on sait aujourd’hui que ce réchauffement était localisé, c’est-à-dire qu’il ne se retrouvait pas dans toutes les régions du monde, comme c’est le cas dans la situation actuelle.

Par ailleurs, les scientifiques pensent avoir trouvé la cause de cet épisode: «Avant et après la période médiévale, de nombreuses et fortes éruptions volcaniques ont refroidi la planète. Cette époque ne se caractérise pas par un réchauffement, mais plutôt par une absence de refroidissement», souligne Raphael Neukom. De manière générale, les chercheurs sont de nos jours capables d’expliquer les variations climatiques survenues dans le passé en fonction des différents facteurs de variabilité naturelle déjà évoqués.

>>> Les climatosceptiques sont bien représentés au parlement suisse

3. «J’ai entendu dire que c’était à cause du Soleil»

– Les variations de l’activité du soleil n’expliquent pas le réchauffement actuel

Et oui: le Soleil, lui aussi, a des hauts et des bas. Schématiquement, tous les onze ans, il entre dans une phase de plus ou moins forte activité, repérable par l’apparition ou la disparition de taches solaires à sa surface. C’est d’ailleurs un astronome suisse, Johann Rudolf Wolf, qui a établi une méthode de calcul de l’activité solaire fondée sur le nombre de taches, en 1849. Ces oscillations modifient l’intensité du rayonnement solaire qui parvient sur Terre et influencent donc le climat terrestre.

Par le passé, les changements dans l’activité solaire ont souvent été liés à des modifications de températures sur Terre. Mais depuis la moitié du XXe siècle environ, cette tendance ne se retrouve plus. Le Soleil est actuellement dans une phase de faible activité alors que le mercure ne cesse de grimper. Cela ne signifie pas que l’activité solaire ne joue plus aucun rôle, mais il est négligeable par rapport à celui des émissions de gaz à effet de serre. «Par ailleurs, si le réchauffement était causé par une variation dans l’activité solaire, alors la partie supérieure de l’atmosphère devrait se réchauffer plus vite que la partie inférieure. C’est justement l’inverse qui est observé», souligne Reto Knutti, climatologue à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

4. «Bon d’accord, le climat change, mais qu’est-ce qui me prouve que c’est à cause du CO2 ?»

– Toute une série d’arguments, en fait

Tout d’abord, il y a la physique de l’effet de serre, dont les mécanismes sont connus depuis le XIXe siècle. La chaleur émise par la surface terrestre sous forme de rayonnement infrarouge est piégée par certains gaz présents dans l’atmosphère, tels que le CO2. L’atmosphère agit alors comme une couverture qui empêche la chaleur de s’échapper.

Ces notions de physique sont confirmées par les observations. Si on retrace l’évolution des températures du passé, par exemple en étudiant les cernes de croissance des arbres (plus les conditions sont douces, plus l’arbre grossit et inversement), on se rend compte qu’elles suivent fidèlement la concentration en CO2 de l’atmosphère. Cette dernière peut elle-même être reconstituée dans le passé en analysant des bulles d’air emprisonnées dans les calottes glaciaires. De tout temps, plus il y avait de CO2 dans l’atmosphère, plus il faisait chaud. Quand la concentration en CO2 baissait, la température faisait de même.

Or les mesures montrent que la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter. L’observatoire de référence de Mauna Loa, situé à Hawaï, indique qu’il y a actuellement 413, 40 parties par million (ppm) de CO2 dans l’atmosphère, un niveau inégalé depuis des millions d’années. On estime qu’au moment de la Révolution industrielle, ce niveau était de 280 ppm.

Le carbone issu de la combustion de ressources fossiles se présente par ailleurs sous une forme particulière, qui permet de le différencier de celui qui provient de sources naturelles. Les êtres humains émettent aujourd’hui environ 37 gigatonnes de CO2 par année, dont la moitié environ se retrouve dans l’atmosphère. Le reste est absorbé dans les océans, ce qui limite l’amplitude du réchauffement, mais entraîne une dangereuse acidification des eaux.

D’autres éléments encore viennent confirmer le rôle de nos émissions dans l’accroissement de l’effet de serre. Les observations satellitaires montrent qu’il y a de moins en moins de chaleur qui s’échappe de la Terre en direction de l’espace, tandis que les mesures au sol confirment que davantage de chaleur y est renvoyée par l’atmosphère. C’est l’ensemble de tous ces éléments qui permet aujourd’hui de considérer le rôle de l’être humain dans les changements du climat comme un fait scientifiquement avéré.

5. «Les modèles climatiques sont bidon»

– Ils sont imparfaits. Mais ce sont des outils précieux et indispensables

Une bonne partie de la recherche en climatologie repose sur des modélisations numériques qui intègrent les paramètres physiques et biologiques du climat pour en étudier le fonctionnement et tenter d’en prédire l’évolution. «Cette tâche est très complexe et les systèmes actuels ne sont pas parfaits, reconnaît Maura Brunetti, spécialiste de l’étude statistique des systèmes complexes à l’Université de Genève. Mais les ordinateurs sont indispensables pour pouvoir faire des calculs qui prennent en compte toutes les variables climatiques et ainsi tester des hypothèses. Et puis, on peut s’assurer qu’ils fonctionnent globalement bien, en testant leurs prédictions par rapport au passé.»

Les différents modèles utilisés par les chercheurs sont ainsi capables de reproduire dans les grandes lignes les variations antérieures du climat. Ils se rejoignent aussi sur un autre point: ils ne parviennent à simuler le réchauffement actuel que s’ils prennent en compte les émissions anthropiques de CO2. En se basant uniquement sur les variables naturelles, impossible de modéliser les transformations que notre Terre connaît aujourd’hui. «Même des modèles simplifiés du bilan énergétique représentant l’effet de l’augmentation du CO2 sur le climat donnent les mêmes résultats à l’échelle globale. Les modèles climatiques complexes sont plutôt utilisés pour les estimations régionales», souligne Sonia Seneviratne.

Aucun de ces modèles ne peut prédire avec exactitude l’avenir, mais ils indiquent une tendance claire: si les émissions de CO2 se poursuivent, les températures vont encore grimper et le système climatique dans son ensemble sera bouleversé.

Pierre-Henri Gouyon, biologiste, cosignataire de «l'appel des 15 000» | RFI 15 nov. 2017


Le cri d’alarme de 15 000 scientifiques de 184 pays sur l’état de notre planète : Pierre-Henri Gouyon, biologiste, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et cosignataire de « l'appel des 15 000 », était ce mercredi l’invité du matin de RFI. Il répond aux questions d'Arnaud Pontus.


La seconde mort de l'alchimiste Paracelse? par Stéphane Foucart et Stéphane Foucart | Le Monde 11 avril 2013

Sa célèbre formule, "c'est la dose qui fait le poison", est rendue caduque par les perturbateurs endocriniens, lesquels montrent des effets délétères sur la santé non pas à fortes doses mais à de très faibles concentrations.

"Tout est poison, rien n'est poison : c'est la dose qui fait le poison." Par cette phrase, Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim - mieux connu sous le nom de Paracelse - a fondé la toxicologie. Le médecin, astrologue et alchimiste suisse est mort en 1541, mais cette doxa issue de son intuition de médecin lui a largement survécu : elle est toujours utilisée, aujourd'hui, pour évaluer les risques liés aux substances chimiques de synthèse. Scientifiquement, elle est pourtant désormais caduque.

Que signifie-t-elle ? Sur son site Web, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) la traduit ainsi : "Plus la dose absorbée d'un produit chimique est élevée, plus l'effet est important, ainsi que la probabilité d'un effet indésirable." A petites doses, petits effets ; à fortes doses, effets importants. Le constat semble de bon sens mais, depuis plusieurs années, il est battu en brèche : dans certaines périodes du développement - en particulier la période périnatale ou l'adolescence -, l'exposition à de très faibles doses de certaines substances peut produire des effets plus importants qu'à des doses plus élevées... Les relations entre la dose et l'effet sont alors irrégulières : les chercheurs parlent de "courbes dose-réponse non monotones".

Les composés qui se jouent ainsi de notre intuition appartiennent à la catégorie des perturbateurs endocriniens - ces substances capables d'interférer avec le système hormonal, dont le >>> bisphénol A (BPA) est le représentant le plus répandu. Pour nombre d'agences de sécurité sanitaire - comme l'EFSA, la Food and Drug Administration (FDA) américaine, etc. -, ces effets à faibles doses sont "controversés". Ils ne sont donc pas considérés dans l'évaluation des risques des molécules de synthèse.

Y a-t-il réellement controverse ? En 2012, une vaste revue de la littérature scientifique conduite par la biologiste Laura Vandenberg (Tufts University, à Boston) et publiée dans la revue Endocrine Reviews a pourtant identifié près de 800 études montrant de tels effets baroques. A l'heure actuelle, l'écrasante majorité des scientifiques qui ne croient pas à ces effets sont les experts d'agences de sécurité sanitaire.

Mais même au sein des agences, les choses changent, et le vieux Paracelse doit se préparer à une seconde mort. Dans son rapport sur le BPA rendu le 9 avril, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dit avoir identifié 17 études montrant de telles étrangetés toxicologiques pour le seul BPA. Au total, ces travaux documentent "59 relations dose-effet non monotones identifiées pour différents types d'effets : 11 in vitro et 48 in vitro", essentiellement sur des rongeurs, écrivent les chercheurs réunis par l'Anses.

DIFFICILE ÉVALUATION DU RISQUE

Ces effets du BPA, dont l'intensité n'est pas proportionnelle à la dose de produit reçue, portent sur l'âge de la puberté des animaux, le métabolisme des graisses, l'intégrité de l'appareil reproducteur féminin et masculin, l'altération du comportement socio-sexuel des animaux testés, etc. Les experts de l'Anses ne se sont pas arrêtés à cette énumération : ils ont estimé la "plausibilité statistique" des effets documentés. "La moitié des relations non monotones observées concernant le BPA ont une plausibilité statistique moyenne, élevée ou très élevée", estiment-ils. Cependant, bien qu'ils reconnaissent la réalité de ces relations dose-effet non monotones, les experts de l'Anses admettent que leur "prise en compte (...) dans l'évaluation quantitative du risque lié au BPA n'a pas été possible du fait de difficultés méthodologiques".

Aujourd'hui, l'évaluation des doses journalières admissibles (DJA) - réputées sans risques pour la santé - repose sur le principe qu'une plus petite dose produira un plus petit effet. "Des hautes doses sont testées sur l'animal jusqu'à identifier un niveau sans effet délétère observé (ou Noael, pour "no observed adverse effect level"), explique Laura Vandenberg. Pour le BPA, cette Noael est actuellement établie à 50 milligrammes par kilogramme de poids corporel et par jour (mg/kg/j)."

Voilà plusieurs années, l'EFSA a calculé cette Noael à partir de travaux industriels et, en appliquant des facteurs de sécurité, a fixé la dose journalière admissible de BPA à 1 000 fois moins que la Noael. En partant du bon principe de Paracelse voulant que de plus faibles doses produisent des effets plus faibles, il ne devrait pas y avoir le moindre problème... "Pourtant, il y a aujourd'hui pour le BPA plus d'une centaine d'études montrant des effets au-dessous de la dose journalière admissible et plus de 250 études montrant des effets au-dessous de la Noael, dit Laura Vandenberg. Mon interprétation de ces résultats est que la Noael, donc la dose journalière admissible, devrait être revue à la baisse."

L'Anses formule - en creux - une opinion semblable. Car si les experts de l'agence française n'ont pas tenu compte des relations dose-effet non monotones dans leur évaluation des risques, ils se sont appuyés sur d'autres données que celles de l'EFSA pour fixer une valeur-seuil d'exposition au BPA. Une valeur de référence qui, pour être tenue, devrait conduire à réduire d'un facteur 10 000 environ la dose réputée sûre établie par l'EFSA...

>>> Bisphénol A : les toxicologues mis au défi

>>> Débat sur la définition des perturbateurs endocriniens

Stéphane Foucart et Stéphane Foucart

mardi 23 février 2021

White House ceremony honors 500k US COVID deaths | Associated Press 23 févr. 2021


President Joe Biden, First Lady Jill Biden, Vice President Kamala Harris and Second Gentlemen Doug Emhoff paused at the White House's South Portico for a moment of silence Monday for the 500,000 U.S. deaths blamed on the coronavirus. (Feb. 22)

The Path to Authoritarianism: Historian Timothy Snyder | Senator Bernie Sanders 17 août 2018


Historian >>> Timothy Snyder explains how Trump's world of fiction is undermining our democracy and how we can fight back.

"La franc-maçonnerie : une religion parmi d’autres ?"

Chère Madame, Cher Monsieur,

Vous vous êtes inscrit.e à la CHAIRE VERHAEGEN 2021 sur le thème "La franc-maçonnerie : une religion parmi d’autres ?"

Cinq conférences seront dispensées par le conférencier-invité et titulaire de la chaire 2019-2020 et 2020-2021, Baudouin DECHARNEUX, Philosophe et historien des religions à l’ULB.

  • La séance inaugurale se déroulera ce mercredi 24 février à 18h00 de manière virtuelle sur la plateforme TEAMS via le lien d’accès suivant :

>>> Participer à l’événement en direct

La séance se déroulera de la manière suivante :

Introduction générale de la Chaire Verhaegen 2021 par Jean-Philippe SCHREIBER, Responsable de la chaire et Professeur au Département de Philosophie, Ethique et Sciences des religions et de la laïcité

Conférence donnée par Baudouin DECHARNEUX, conférencier-invité

Séance de questions-réponses - modérateur: Jean-Philippe SCHREIBER

Voici les liens d’accès pour les séances suivantes:

  • 03 mars 2021 (18h-20h): La franc-maçonnerie : un espoir spirituel pour le futur ? : lien d’accès à la leçon 2 
  • 10 mars 2021 (18h-20h): Cultes à mystères et franc-maçonnerie : l’inspiration égyptienne : lien d’accès à la leçon 3
  • 17 mars 2021 (18h-20h): Cultes à mystères et franc-maçonnerie : l’inspiration de Mithra : lien d’accès à la leçon 4
  • 24 mars 2021 (18h-20h): Cultes à mystères et franc-maçonnerie : l’inspiration des religions asiatiques : lien d’accès à la leçon 5

Les séances débuteront à l’heure annoncée et se termineront au plus tard à 20h.

Ne manquez pas les différents rendez-vous.

Bien cordialement,

Cellule Communication

ULB - Faculté de Philosophie et Sciences sociales

Perseverance Rover’s Descent and Touchdown on Mars | NASA 22 févr. 2021


NASA's Mars 2020 Perseverance mission captured thrilling footage of its rover landing in Mars' Jezero Crater on Feb. 18, 2021.  

The real footage in this video was captured by several cameras that are part of the rover's entry, descent, and landing suite. The views include a camera looking down from the spacecraft's descent stage (a kind of rocket-powered jet pack that helps fly the rover to its landing site), a camera on the rover looking up at the descent stage, a camera on the top of the aeroshell (a capsule protecting the rover) looking up at that parachute, and a camera on the bottom of the rover looking down at the Martian surface.
 
The audio embedded in the video comes from the mission control call-outs during entry, descent, and landing. 
 
For more information about Perseverance, visit >>> https://mars.nasa.gov/perseverance

lundi 22 février 2021

La France n’a pas trouvé de vaccin contre le Covid-19. Voici pourquoi | Le Monde 21 févr. 2021


Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Sinopharm, Gamaleïa… Un à un, de nombreux laboratoires pharmaceutiques ont annoncé avoir mis au point un vaccin contre le Covid-19. Mais parmi eux… aucun Français. Ni le laboratoire Sanofi ni l’Institut Pasteur n’ont, par exemple, vu leurs recherches aboutir pour le moment. 

Les raisons de cet échec sont multiples. Mais pour certains économistes, cela reflète le retard pris par la recherche médicale française depuis plus d’une décennie. Alors que le secteur pharmaceutique a été bouleversé par l’arrivée des biotechnologies, la France n’aurait pas réussi à s’adapter et a pâti de financements en recul, contrairement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Politique identitaire aux Etats-Unis, du racisme à la “cancel culture” ( Cliquer sur l'image ) | France culture 27/09/2020

À retrouver dans l'émission SIGNES DES TEMPS par Marc Weitzmann

Qu’est-ce que la Cancel culture ? Ce phénomène existe-t-il au point de menacer de faire imploser la gauche américaine et d’assurer la réélection de Donald Trump ? Grand entretien avec Thomas Chatterton Williams.

Manifestation suite au décès de Daniel Prude,
 New York, septembre 2020.

A la fin du mois de juin dernier, le magazine américain Harper’s publiait une lettre ouverte intitulée "Notre résistance à Donald Trump ne doit pas conduire au dogmatisme ou à la coercition" signée par 150 écrivains, artistes et journalistes. 

Parmi ceux-ci figuraient plusieurs grandes figures historiques de la gauche américaine telles Noam Chomski, Gloria Steinem ou encore Michael Walser. 

La lettre dénonçait un climat intellectuel de menaces, de dénonciations voire de peur que les américains appellent "Cancel culture" ou culture de la censure. Né dans les universités les plus prestigieuses, centré sur les questions de race et de genre ce climat s’apparenterait à un maccarthysme de gauche, aurait infesté les médias, le monde de la culture et même la vie des entreprises. 

>>> Cette pétition publiée en français dans Le Monde début juillet a été traduite en six langues et à la grande surprise de ses auteurs elle a provoqué partout une avalanche de réactions et de débats.

Qu’est-ce au juste que la Cancel culture, le phénomène existe-t-il au point de menacer de faire imploser la gauche américaine et d’assurer la réélection de Donald Trump ? C’est ce que l’on va voir aujourd’hui avec l’un des initiateurs de cette lettre : Thomas Chatterton Williams.

Origines et réception de cette pétition

Cette lettre publiée dans le magazine Harper's puis dans le journal Le Monde a suscité de nombreux débats. Pour Thomas Chatterton Williams ce phénomène américain peut s'exporter dans d'autres pays et d'autres cultures. 

"Le projet était d'établir un document que 150 personnes avec des opinions politiques très différentes pourraient signer. On avait un spectre très vaste de Fukuyama à droite à Noam Chomsky à gauche. La lettre a provoqué une colère qui avait moins à voir avec ce qui était écrit et les valeurs et principes que nous soutenions, que ce qui était perçu comme un message caché qui aurait été indiqué par le nom des signataires." Thomas Chatterton Williams.

Quels espaces pour exprimer les désaccords ? 

Marc Weitzmann évoque cette dynamique collective qui semble hors de contrôle et le rôle des wokes. Il mentionne le New York Times comme un des épicentres du débat qui fait rage en ce moment dans les médias et le milieu culturel.

"Les gens ne sont pas prêts pour être en désaccord les uns avec les autres, mais pour faire en sorte que la personne avec laquelle ils ne sont pas d'accord soit réduite au mutisme et ne puisse plus s'exprimer dans la sphère publique. [...] La culture de la suppression c'est de prendre quelqu'un et de faire l'exemple au sujet d'une norme qui est en train de changer." Thomas Chatterton Williams.

Ces pratiques ciblent des personnes qui ont des niveaux très différents de fortune, de puissance et de célébrité.

"Si vous regardez ce qui s'est passé à Portland, à Seattle... il n'y a que des foules blanches scandant "Black Lives Matter" qui manifestent contre d'autres blancs. Il n'y a quasiment pas de Noirs qui font partie de ce débat. [...] C'est quelque chose sur la psychologie des Blancs qui n'ont plus besoin de ses victimes noires. [...] Ca maintient l'idée que les Blancs sont supérieurs aux noirs, cela donne un nouveau canal qui est plus acceptable pour dire cela." Thomas Chatterton Williams.

Enjeux pour la démocratie américaine 

Thomas Chatterton Williams revendique l'héritage de la lutte pour les droits civiques et se dit très préoccupé par la situation de la démocratie américaine.

"Ca peut vous donner une compréhension de ce que les gens ne sont pas simplement des avatars de groupes ou de catégories de couleur. [...] Il faut lutter contre l'illibéralisme qu'il vienne de la droite ou de la gauche." Thomas Chatterton Williams

Références musicales : 

  • Personal Jesus de Johnny Cash
  • Lucifer de Jay-Z
  • Voodoo Chile de Jimmy Hendrix

Interprétation simultanée par Michel Zlotowski

Tianjin 1900 : la Chine et déjà le monde ( Cliquer sur l'image ) | France culture 06/02/2021

À retrouver dans l'émission CONCORDANCE DES TEMPS par Jean-Noël Jeanneney

La célèbre révolte des Boxers, brutalement réprimée par des forces internationales, celles de huit puissances étrangères, a conduit à instituer à Tianjin, pendant un bref moment, le premier gouvernement international de l’époque contemporaine.

Rue de Tianjin, 1910.

Depuis quelques décennies, depuis que la « mondialisation » paraît s’être imposée comme propre à caractériser notre temps, la formule a fini par perdre beaucoup de sa précision et peut-être de sa validité explicative. 

Les polémiques s’en mêlent abondamment, au cœur de multiples controverses, et les historiens s’en sont sentis aiguillonnés, conformément à leur vocation, pour replacer cette notion dans la longue durée. 

Puisqu’ils sont soucieux, comme toujours, de ne pas exagérer l’inédit, ils ont rappelé que les traits qui caractérisent ce phénomène planétaire peuvent, pour une bonne part, se retrouver à d’autres époques, dans la chronique de l’humanité. 

Et d’autre part ils se sont attachés, je parle des chercheurs occidentaux, à prendre de la distance par rapport à une littérature scientifique qui étaient demeurée longtemps européo-centrée, selon une vision qui était héritée du XIXe siècle et marquée par la colonisation. Il existe bien des façons de contribuer à cet indispensable recentrage. 

Je vous en propose une, ce matin, en complicité avec Pierre Singaravélou. Professeur à la Sorbonne et à King’s College, à Londres, il est l’auteur, entre divers ouvrages qui l’ont installé comme l’un des plus importants historiens de sa génération, celle des quadragénaires, d’un livre autour duquel nous allons construire cette émission. Il y braque l’attention sur la ville de Tianjin, en Chine - nous disions naguère Tien-tsin - au tout début du XXe siècle. 

La célèbre révolte des Boxers, brutalement réprimée par des forces internationales, celles de huit puissances étrangères, a conduit à instituer là, pendant un bref moment, le premier gouvernement international de l’époque contemporaine. Cette expérience rare a des choses à nous dire sur la genèse des cent-vingt années qui ont suivi. Sur la Chine contemporaine, bien sûr, mais plus largement sur le monde qui est le nôtre.

ARCHIVES DIFFUSÉES

  • Extrait d'une conférence de presse du Général de Gaulle, président de la République, à l'occasion de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par la France, le 31/10/1964.
  • Appel lancé au pays par l'empereur Guangxu en août 1898, lecture diffusée dans le cadre du magazine « La Tribune de l'Histoire » consacrée à La guerre des Boxers, le 29 juin 1963.
  • Paul Claudel évoquant ses souvenirs de consul à Fuzhou, au sud de Shanghai en Chine, de 1895 à 1899, puis de 1900 à 1905, au micro de Jean Amrouche en 1951.
  • Article de Jean Frollo sur la révolte des "Boxers" en Chine, publié dans Le Petit parisien le 2 juin 1900, lu par Nathalie Kanoui, dans « La Fabrique de l’Histoire » (rubrique « C’était à la Une ») d’Emmanuel Laurentin, sur France culture, le 01/12/2017.
  • Reportage télévisé de Marc Drouet sur la ville chinoise de Tianjin, diffusé sur FR3, le 04/10/1984.
  • Générique de fin : musique bouddhiste de Tianjin. 

BIBLIOGRAPHIE

  • Pierre Singaravélou, Tianjin Cosmopolis. Une autre histoire de la mondialisation, Le Seuil, coll. « L'Univers historique », 2017.
  • Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre (dir.), Le Magasin du Monde. La mondialisation par les objets du XVIIIe siècle à nos jours, Fayard, 2020.
  • Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre (dir.), Histoire du Monde au XIXe siècle, Fayard, 2017.
  • Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès, Le Monde vu d'Asie. Une histoire cartographique, Le Seuil, 2018.
  • Pierre Singaravélou, _L' École française d'Extrême-Orient ou L'institution des marges (1898-1956). Essai d'histoire sociale et politique de la science coloniale_, L'Harmattan, coll. « Recherches asiatiques », 1999, rééd. CNRS éditions, coll. Biblis, 2019.
  • Pierre Singaravélou et Quentin Deluermoz, Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus, Paris, Le Seuil, coll. « L'Univers historique », 2016.
  • Pierre Singaravélou (dir.), Les Empires coloniaux. XIXe-XXe siècle, Seuil, coll. « Points Histoire », 2013.
  • Pierre Singaravélou, Claire Laux et François-Joseph Ruggiu (dir.), Au sommet de l'Empire. Les Élites européennes dans les colonies du 16e au 20e siècle, Peter Lang, coll. « Enjeux internationaux », 2009.
  • Pierre Singaravélou, Professer l'Empire. Les « Sciences coloniales » en France sous la IIIe République, Publications de la Sorbonne, 2011. 
  • Karim Miské, Marc Ball et Pierre Singaravélou, Décolonisations - Série documentaire en 3 épisodes de 52 minutes (Program33), avec la voix du comédien Reda Kateb, diffusée le 7 janvier sur ARTE et le 4 janvier, le 11 et le 18 janvier sur la RTBF. La série Décolonisations obtient le Grand prix international du documentaire d'auteur de l'Union Radiophonique et Télévisuelle Internationale (Unesco) en novembre 2020.

Histoire des mondialisations ( Cliquer sur l'image ) | France culture 03/04/2017

À retrouver dans l'émission LA FABRIQUE DE L'HISTOIRE


>>> La cité de Tianjin

En ouverture de cette semaine consacrée à l'histoire des mondialisations, nous évoquerons la cité de Tianjin dans un grand entretien avec Pierre Singaravelou....


>>> Sarah et Leela Petronio, de Bombay à Malakoff, via Brooklyn

Ce documentaire raconte le parcours de Sarah Petronio et sa pratique de la tap dance (claquette). Un documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Véronique...


>>> Cahors Mundi, une ville-monde

Une émission d'archives consacrée à l'expérience menée à la fin des années 1940, par un groupe de personnes se présentant comme des citoyens du monde.


>>> Le commerce du monde

Aujourd'hui, le débat historiographique sera consacré au commerce du monde notamment au travers des modalités du commerce sévillan au début de l'époque...

dimanche 21 février 2021

Narcisse Pierre Pelletier, Naufragé, Aborigène | Festival Int. Film & Livre d'Aventure La Rochelle 2 sept. 2019


Né le 1er janvier 1844, ce fils d’un bottier vendéen prit la mer comme mousse à l’âge de 13 ans. Il embarqua à Marseille à bord d’un trois-mâts qui fit naufrage le 30 septembre 1858 sur un récif de corail, en Papouasie-Nouvelle Guinée. Abandonné par l’équipage, le jeune garçon blessé fut recueilli par un clan aborigène de Cap York, en Australie. 

Baptisé du nom d’Amglo, il vécut dix-sept ans à l’autre bout du monde. Initié à la culture millénaire des aborigènes, il entra dans le cercle secret du temps des rêves.

Intervenants

  • Serge Aillery, auteur du documentaire Narcisse Pelletier, naufragé, aborigène (production 24images, diffusion France 3 Pays de la Loire)
  • Thomas Duranteau, historien, coauteur de Narcisse Pelletier, la vraie histoire du sauvage blanc (Elytis, 2016. Diffusion Harmonia Mundi)
  • Chanouga, graphiste, illustrateur, auteur de la bande dessinée Narcisse. Tome 1 : Mémoires d’outre-monde - Tome 2 : Terra Nullius - Tome 3 : Vents contraires (Paquet, 2015. Collection Cabestan)
  • Loup Odoevsky Maslov, fondateur du blog Chronique de Saint-Nazaire, membre du conseil du patrimoine de la Ville de Saint-Nazaire
  • Roland Mornet, ancien capitaine de navire océanographique, passionné d’histoire maritime, président de l’association des Amis de Narcisse Pelletier
  • Xavier Porteau, marin, co-auteur de Narcisse Pelletier, la vraie histoire du sauvage blanc (Elytis, 2016. Diffusion Harmonia Mundi)
  • Textes (extraits) lus par Arnaud Carbonnier et Thierry Beauchamp : Lettres de Narcisse Pelletier à ses parents - Extraits du livre de Constant Merland, Dix-sept ans chez les sauvages. Aventures de Narcisse Pelletier (E. Dentu, 1876).

Oui, c'est vrai, un mousse (Narcisse Pelletier) qui a eu une histoire particulière, un mousse maltraité, alors là, il n'y avait rien de particulier, c'était fréquent. 

Un mousse, c'était un apprenti marin. Il est tout jeune, il sert de domestique ou bien, plus souvent que d'apprendre son travail, il donne un coup de main, il apprend, il s'endurcit. Il est appelé par les uns et les autres, un mousse, il faut qu'il soit débrouillard, malin quelques fois. Malin, on le devient parce que, pour ne pas prendre une raclée, qu'est-ce qu'on ne ferait pas... Quelques fois, le mousse n'a que le chien comme ami, quand il y en a à bord. Encore une fois, ça dépend du capitaine. Il a pu servir parfois comme objet sexuel et encore une fois, je suis persuadé que ce que l'on sait, c'est la partie émergée de l'iceberg parce que les équipages ne parlaient pas. 

Surtout à la pêche, la pêche à la morue, parce que s'ils parlaient et bien ils étaient grillés sur la place. Y'a des gamins qui ont été tués à coups de sabots. Ou alors, voilà, "le mousse avait été emporté par la mer", sur le rapport de mer, mais on dit pas qu'il a été tué par le capitaine, on dit qu'il a été emporté par la mer. C'est l'omerta de la mer. Roland Mornet, ancien capitaine de navire océanographique, passionné d’histoire maritime, président de l’association des Amis de Narcisse Pelletier, à propos de la vie des mousses.