Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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samedi 1 mai 2021

∆∆∆ ∆∆∆ La grande aventure de la science ( Cliquer sur l'image ) | France culture 09/11/2020

Comment fonctionnent les publications scientifiques et plus largement quels sont les ressorts de la recherche ?

Quelques mois de confinement et voilà tout un chacun transformé en virologue. Les débats entourant la personnalité du Professeur Didier Raoult et l'usage de l'hydroxychloroquine sont devenus idéologiques avec pour paroxysme la rétractation d'un article dans la prestigieuse revue scientifique internationale The Lancet. 

Une série de Lydia Ben Ytzhak, réalisée par Assia Khalid

À retrouver dans l'émission LSD, LA SÉRIE DOCUMENTAIRE par Perrine Kervran

TOUS LES ÉPISODES


>>> Les imaginaires d'une épidémie

Les représentations de la pandémie sont nourries d'un riche imaginaire provenant d'épidémies historiques bien réelles ou nées de récits de science-fiction.


>>> Publish or perish

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>>> Sciences et droit à l'erreur

Le principe de la méthode scientifique est de s'approcher de plus en plus de la réalité, en suivant un processus d'essai-erreur.


>>> Entre fraudes et mandarinats

La recherche universitaire, celle qui prend le risque de se tromper, de ne pas être rentable immédiatement, ni utile ni commerciale est celle qui a le...

VÉRIFICATION : Le Covid-19 n’est pas devenu « 50 à 100 fois moins létal » qu’en mars, comme l’affirme le professeur Toussaint, par William Audureau | Le Monde 14 octobre 2020

Le médecin Jean-François Toussaint, spécialiste en
physiologie et épidémiologie du sport, assure que
la mortalité du Covid-19 s’est effondrée.
Le médecin Jean-François Toussaint, spécialiste en physiologie et épidémiologie du sport, a assuré que la maladie était aujourd’hui bien moins mortelle. 

Mais son raisonnement se base sur un calcul très biaisé.

Désormais inoffensif, ou presque, le SARS-CoV-2 ? 

C’est l’hypothèse défendue par le professeur Jean-François Toussaint, un des chefs de file des « rassuristes », ces opposants à des mesures sanitaires qu’ils jugent disproportionnées.

Interrogé sur la deuxième vague de Covid-19 sur Sud Radio, le 12 octobre, il a défendu l’idée selon laquelle l’explosion du nombre de cas positifs serait liée aux cas asymptomatiques, bénins ou guéris, signe que le Covid-19 ne serait, désormais, plus dangereux.

Une de ses affirmations en particulier a attiré l’attention sur les réseaux sociaux :

« Si nous avions [aujourd’hui] la même létalité que celle que nous avons eue au mois de mars, c’est-à-dire le rapport de décès sur le nombre de positifs, qui était de 10 à 20 % selon les jours, il y aurait dû y avoir hier 5 400 décès en France. Nous en avons connu cinquante-quatre. Cet état de fait nous démontre que la maladie est 50 à 100 fois moins létale [qu’avant]. La maladie est beaucoup moins mortelle. »

L’affirmation choc a été très relayée sur Twitter. Elle se fonde pourtant sur des calculs guère sérieux.

POURQUOI CE CHIFFRE EST FAUX

Le chiffre étonnant auquel parvient le professeur Toussaint repose sur une simple règle de trois. On peut la reconstruire en suivant son raisonnement :

Observer le taux de létalité au printemps (20 %, dans sa fourchette la plus haute, même si, on y reviendra, ce chiffre est très au-dessus de la réalité) ;

en utilisant une règle de trois, appliquer ce taux au nombre total de cas positifs connus au 10 octobre (26 896) pour en déduire un nombre de morts attendus (5 379, arrondis à 5 400) ;

enfin, comparer le résultat obtenu au nombre de morts réels annoncés par Santé publique France le 10 octobre (54), et en conclure au micro que la maladie est « 50 à 100 fois moins létale » qu’auparavant.

Pourquoi ce calcul pose d’énormes problèmes ? Il multiplie entre eux des chiffres qui n’ont pas vocation à être comparés, comme les cas positifs et les décès d’un même jour ; et le taux de létalité apparent de mars, calculé de manière bien spécifique, et la létalité supposée du virus en octobre.

1. Un taux de létalité qui n’a (heureusement) jamais été de 20 %

Les épidémiologues distinguent deux types de taux de létalité :

– Le case fatality rate (CFR) ou taux de létalité apparent, qui donne en début d’épidémie un aperçu provisoire, souvent surestimé et fragile, de la dangerosité d’un nouveau virus, en se basant sur les cas connus. C’est naturellement les plus graves qui sont les plus visibles alors que les cas asymptomatiques passent relativement inaperçus. Il s’agit d’un chiffre à manier avec une extrême prudence et qui se périme vite, mais c’est celui que M. Toussaint utilise sans la moindre précaution six mois plus tard.

– L’infection fatality rate (IFR) ou taux de létalité réel, qui correspond à la mortalité effective de la maladie. Faute de pouvoir étudier toute la population, celle-ci est souvent extrapolée par des modélisations mathématiques complexes, à mesure que l’épidémie progresse et que la communauté scientifique apprend à connaître sa dynamique. Six mois après la première vague, il est estimé entre 0,1 % et 1 %. C’est le chiffre de référence, mais M. Toussaint n’en fait pas usage. S’il utilisait le chiffre de référence, il n’arriverait pourtant pas à un tel écart.

Résultat : le taux de létalité apparent français en mars était particulièrement élevé. Ce taux de 20 % cité par Jean-François Toussaint signifierait qu’un malade du Covid-19 sur cinq en est mort. Ce chiffre alarmant, mais très peu représentatif de la réalité, était pourtant déjà jugé trompeur fin juin.

2. Faute de tests en quantité suffisante, un nombre de cas largement sous-évalué

Calculer le taux de mortalité en octobre en se basant sur le taux de létalité apparent de mars est d’autant plus problématique que ce dernier était notoirement faussé en France. En effet, confrontés à une pénurie de tests, les services de santé y ont réalisé, au printemps, trois fois moins de tests que les autres pays. Libération rappelle que, dès le 11 mars, le gouvernement avait même invité les agences régionales de santé à stopper leur politique de dépistage dès lors que la circulation du virus devenait trop forte.

Selon des études rétrospectives de l’Institut Pasteur et de Santé publique France, moins d’un cas de Covid-19 sur dix était comptabilisé pendant cette période. L’Institut Pasteur estimait, dans un article paru dans la revue Science, que 2,9 millions de Français avaient en réalité été infectés au 11 mai, et que le taux de létalité réel dans le pays était de 0,5 %, chiffre rectifié à 0,7 % un mois plus tard.

Lire aussi  Coronavirus : pourquoi il est délicat de comparer le nombre de nouveaux cas aujourd’hui et celui du printemps

Depuis, les capacités de tests du pays n’ont fait que progresser. Du lundi 27 avril au dimanche 3 mai, les tests hebdomadaires n’étaient encore que de 76 000. Sur la semaine allant du lundi 28 septembre au dimanche 4 octobre, selon les données officielles du gouvernement, plus de 1,1 million de dépistages ont été réalisés. Des chiffres permettant de mieux refléter la réalité de l’épidémie dans le pays – ou à tout le moins de confirmer que le taux de létalité apparent de mars était faux, et certainement pas réutilisable en octobre.

3. Comparer le nombre de décès survenus un jour et le nombre de cas n’a pas de sens

Reste la question de fond. Le Covid-19 est-il effectivement devenu moins mortel ? Pour l’estimer de manière grossière, il faudrait rapporter les 54 personnes décédées le 10 octobre du Covid-19, non pas aux 26 896 cas positifs remontés le même jour comme le fait M. Toussaint, mais plutôt aux malades identifiés deux à trois semaines plus tôt – délai moyen de dégradation mortelle de la maladie.

Leur nombre, qui oscillait alors entre 5 000 et 13 000, permettrait d’estimer très approximativement ce taux de létalité entre 0,4 % et 1,1 %. Une fourchette cohérente avec sa mortalité connue, et qui ne permet pas vraiment de parler de baisse de létalité, et sûrement pas dans les proportions évoquées par l’invité de Sud Radio.

Cette supposée baisse de létalité du virus que défend M. Toussaint est souvent expliquée dans le discours « rassuriste » par une mutation du virus. Cette piste – ici prudemment écartée par l’invité de Sud Radio – a notamment été mise en avant par Didier Raoult, qui a évoqué, à l’été, une forme devenue plus bénigne, avant de parler début octobre d’un nouveau radiant au contraire plus dangereux.

Qu’en est-il exactement ? Comme le rappelle l’Inserm, le 12 octobre, « plusieurs dizaines de mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été décrites, sans que des conséquences sur l’épidémie aient été mises en évidence ».

Dans le détail, une étude parue en août dans The Lancet a bien remarqué la disparition d’une partie du code générique du virus dans une de ses variantes détectée à Singapour. Cette mutation est effectivement susceptible de le rendre moins virulent, mais ce n’est, à ce stade, qu’une hypothèse. Il s’agit par ailleurs d’une forme circulant en Asie, non en Europe.

Quelques éléments rassurants existent néanmoins. La prudence accrue des personnes à risque, la possible diminution de la charge virale par le port du masque, ou encore les progrès de la prise en charge médicale dans les cas graves peuvent expliquer que le nombre de morts progresse – pour l’instant – plus lentement qu’au printemps.

Didier Raoult, chercheur disruptif, par Laetitia Cherel et Sophie Bécherel | France culture 24/03/2020




Coronavirus : diagnostiquons et traitons ! Premiers résultats pour la chloroquine | IHU Méditerranée-Infection 16 mars 2020

Enquête | Ce scientifique controversé est à la tête du plus grand centre dédié aux maladies infectieuses en France, à Marseille. On lui doit la découverte des premiers virus géants et récemment une étude sur le traitement à l’hydroxychloroquine pour venir à bout du Covid-19.

Pour Didier Raoult, ici dans son bureau de l'hôpital
de la Timone, l’hydroxychloroquine pourrait être un
remède au Covid-19. Cette hypothèse de traitement
par un antipaludique a été vantée
jusqu’aux Etats-Unis par Donald Trump.
"Didier Raoult, c'est un chercheur génial" s’exclame un généticien qui le connaît bien. 

Celui qui dirige l’IHU (Institut hospitalo-universitaire) Méditerranée Infection, à Marseille, est un chercheur reconnu internationalement que rien ne destinait à une telle carrière. Mauvais élève, il quitte Marseille à 17 ans pour s’embarquer sur un bateau sans penser à y revenir. Il veut décider de sa vie. Il passe son bac à distance. Un bac littéraire. Il fera pourtant des études de médecine, "les seules études que mon père acceptait de financer", rappelle-t-il. 

Un profil atypique. 

C’est un esprit libre qui n’aime rien mieux que de fouler des chemins peu empruntés.  De son propre aveu, il "fuit les autoroutes scientifiques". C’est ainsi qu’il a, tout au long de sa carrière, étudié des sujets auxquelles peu d’équipes s’intéressent. 

>>> Le cas du professeur Didier Raoult, ou comment décrypter un inconnu pour savoir s'il dit la vérité

RADIOGRAPHIES DU CORONAVIRUS

Le cas du professeur Didier Raoult, ou comment décrypter un inconnu pour savoir s'il dit la vérité

Expert de la maladie de Whipple et de la bactérie Q, il a reçu des malades du monde entier. Son terrain de jeu, ce sont les bactéries. En étudiant leur façon d’infecter des organismes hôtes, il découvre après un an et demi de perplexité le premier virus géant. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l’Inserm et figure dans le classement Thomson-Reuters des chercheurs les plus influents au monde.

"Le syndrome >>> Claude Allègre"

Didier Raoult est décrit par la plupart de ces confrères comme "très intelligent, un gros bosseur qui travaille vite et qui a apporté beaucoup à la science". Ils ajoutent aussi "atypique, qui peut agacer". Il a signées dans Le Point et dans Les Echos jusqu’à récemment des chroniques volontairement à contre-courant du reste du corps médical. Rien ne l'amuse plus que "de détruire des théories bien établies", explique-t-il lors de sa remise de prix Inserm.

Un proche ajoute : "C’est vrai qu’il peut dire des conneries". Lors de la promotion de son livre Arrêtons d’avoir peur, paru en 2016, aux éditions Laffont, Didier Raoult s’affiche ouvertement climato-sceptique sur France Inter dans La Tête au Carré : "Il est vraisemblable qu’une partie de l’activité humaine ait aidé à générer le réchauffement du climat, mais je suis sceptique et le futur est imprévisible". Pour un journaliste qui le connaît bien, ces propos sont "de la provocation. Il pousse un peu le rôle qu’il s’est donné. C’est comme son look improbable. Quand on lui demande pourquoi il a les cheveux longs, il répond "pour les faire chier tous".

Un autre observateur ironise : "Didier Raoult, c’est le syndrome Claude Allègre : fort dans son domaine mais pas avare de mensonges et d'avis déplacés".

Son mandat à la tête de l’université Aix Marseille n’a pas laissé que de bons souvenirs. De même que son management de l’unité URMITE. En 2017, une douzaine de chercheurs de son unité dénoncent dans une lettre des tensions au sein de son équipe, dont une accusation de harcèlement sexuel de la part d’un cadre. Le professeur Raoult a minimisé ces accusations.

Son attitude volontairement provocatrice, ses contradictions (il est l'un des premiers avec morgue à avoir traité l'épidémie de grippette qui n'arriverait pas jusqu'à nous pour désormais se présenter en unique détenteur de la solution) ne l'empêche pas d'avoir l’oreille de l’actuel ministre de la Santé Olivier Véran.

La bataille de deux egos

En 2017, il exprime publiquement son différend avec le pdg de l’Inserm d’alors, Yves Lévy, qui est aussi le mari de la ministre de la santé Agnès Buzyn. Le conflit porte sur le statut des instituts hospitalo-universitaires. La ministre a décidé de le changer avec sa collègue, la ministre de la recherche, Frédérique Vidal. Yves Lévy veut mettre fin au statut de fondation de ces instituts, qui leur donne trop de liberté. La décision gouvernementale les transforme en groupe d’intérêts publics, ce qui renforce le poids de l’Inserm. Mais Didier Raoult refuse ce statut. Il estime dans la presse qu’il y a un conflit d’intérêt patent entre la décision de la ministre et la position du pdg de l’Inserm. Matignon s’en mêlera…

"C’était la bataille de deux égos. Raoult et Levy ont un ego surdimensionné. Cela a coûté à Raoult le label Inserm que Lévy lui a refusé sans explication", estime un observateur. "ET cette absence de label le décrédibilise aux yeux de l’establishment scientifique."

Laetitia Cherel et Sophie Bécherel

mercredi 28 avril 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ L'Objectivité - Darwinisme Social : Science vs Politique | Tzitzimitl - Esprit Critique 24 août 2017




Ecriture, Image, Son, Musique, SFX, 3D : Tzitzimitl

La jauge en bas à droite est un "subjectomètre", indiquant le niveau de subjectivité de ce que je suis en train de raconter.

Pouvons-nous refroidir la planète ? | ARTE 16 avr. 2021


Sommes-nous condamnés à cuire à petit feu ? Capture du CO2 pour le recycler, éclaircir les nuages pour mieux intercepter la lumière du soleil,  reboisement massif : voici un état des lieux des solutions scientifiques pour lutter contre le réchauffement climatique qui laisse entrevoir une lueur d’espoir. 

Chaque année, l’activité humaine génère 37 milliards de tonnes de CO2, qui s’ajoutent aux 1 000 milliards de tonnes libérées dans l’atmosphère depuis le début de la révolution industrielle. Une fois émis, le dioxyde de carbone met un millénaire à disparaître, d’où l’urgence de trouver des solutions si l’on veut éviter de léguer aux générations futures une planète bouillante. 

Ce défi fait phosphorer les cerveaux de chercheurs du monde entier et des solutions se profilent. En Islande, on expérimente la capture du CO2 pour le réintégrer dans le sol et en obtenir du carburant, ou le recycler comme un matériau de construction. D’autres scientifiques, plus controversés, envisagent d’éclaircir les nuages, en les aspergeant de particules de sel, afin qu’ils interceptent davantage la lumière du soleil. Enfin, des chercheurs écologistes misent sur des procédés naturels, boostés par des technologies de pointe, comme le reboisement massif ou le compostage de sols.

Infographies spectaculaires 

Comme le précise avec humour le climatologue Scott Denning, ces remèdes embryonnaires, dont on ne mesure pas encore l’impact à grande échelle, ne nous dispensent pas de changer de mode de vie. "On entrerait dans une dystopie si nous continuions à cracher autant de CO2 dans l’atmosphère en pensant que ces petits parasols nous protègent du soleil", ironise-t-il. Le défi est tel qu’il nécessitera plusieurs dizaines d’années et un assemblage de solutions diverses. Un tour d’horizon américain aux infographies spectaculaires, qui revigore par son riche éventail d’idées.

Documentaire de Jen Schneider et Ben Kalina (Etats-Unis, 2020, 51mn)

mercredi 21 avril 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Ce que les réseaux font aux cerveaux ( Cliquer sur l'image ) | France culture 22/01/2021

À retrouver dans l'émission À PRÉSENT par Frédéric Worms

"A présent" reçoit ce soir le sociologue Gérard Bronner et le neurologue Lionel Naccache pour comprendre les mécanismes et interactions opérés entre cerveaux et réseaux.

© Andriy Onufriyenko - Getty

Dans son dernier livre, "Apocalypse cognitive", Gérald Bronner, sociologue, met en relation les techniques les plus modernes de l’information, et les mécanismes les plus archaïques de nos cerveaux, en soutenant que toutes les médiations patiemment construites par l’humanité sont en train d’imploser. 

C’est ce qui expliquerait les déflagrations en ligne, mais aussi dans le réel, quand les tenants des fake news descendent dans la rue. 

Déjà dans L’homme réseau-nable, Lionel Naccache, professeur en neurobiologie, de son côté, avait développé une analogie entre cerveau et réseau, et leurs explosions « épileptiques ». Quels sont les dangers de ces deux extrêmes de la technique et de la vie, les réseaux et les cerveaux ? Le diagnostic est-il le bon, est-il le même aussi entre le neurologue et le sociologue qui se rencontreront ici ? Et si de toute façon le mal est si dangereux, quelles réponses, quelles règles, quelles médiations, quelle vérité, quelle société ? Un dialogue inattendu, fondamental, au cœur du présent. 

Avec Gérald Bronner, sociologue et Lionel Naccache, professeur en neurobiologie à la Pitié-Salpêtrière. 

"Nous sommes confrontés à un fait historique majeur : c'est la disponibilité de l'information. Au début des années 2000, au moment de l'apparition et de la démocratisation d'Internet, plus d'informations se sont publiées que depuis l'invention de l'imprimerie par Gutenberg. Pour accélérer les choses, 90% des informations disponibles ont été produites ces deux dernières années." Gérald Bronner

"Dans la perception, on procède un peu comme dans un vrai cinéma. Même lorsque je suis en train de vous voir ou de discuter avec vous, il y a une capture discrète de certaines images, plus complexes que celles du cinéma. Notre "esprit cerveau" compose le film et la signification de ce qu'il est en train de percevoir." Lionel Naccache 

"Avec les confinements, on a traversé une expérience - à taille réelle - de libération de temps de cerveau disponible. On a davantage consulté le monde numérique : 121% d'augmentation de consultation des réseaux sociaux au mois de mars (2020), et 155% au mois d'avril (2020). Le premier jour du confinement on a constaté une augmentation de la recherche sur Google du terme "complot"." Gérald Bronner

"Dès que vous ouvrez les yeux, vous êtes déjà dans de la fiction. Par "fiction", j'entends l'attribution d'un sens subjectif, la création de signification." Lionel Naccache 

Sur Gérald Bronner 

Sa page Wikipédia.
Son portrait sur le site du journal Libération. 

Sur Lionel Naccache 

Sa page Wikipédia.
Dans La méthode scientifique sur France Culture : "Lionel Naccache, quand notre conscience fait du cinéma"

Choix musicaux

  • Choix de Lionel Naccache : "Manivelle" par Alain Souchon - Album : "Rame" (1980) - Label : RCA.
  • Choix de Gérald Bronner : "Cloudflakes" par Syd Matters - Album : "Ghost Days" (2008).

INTERVENANTS

  • Gérald Bronner, professeur de sociologie à l'université de Paris, membre de l'Académie des technologies et membre de l'Académie nationale de médecine
  • Lionel Naccache, neurologue à la Salpêtrière, professeur à l’Institut du Cerveau et essayiste

mardi 20 avril 2021

First Video of NASA’s Ingenuity Mars Helicopter in Flight, Includes Takeoff and Landing (High-Res) | NASA Jet Propulsion Laboratory 19 avr. 2021


In this video captured by NASA’s Perseverance rover, the agency's Ingenuity Mars Helicopter took the first powered, controlled flight on another planet on April 19, 2021. 

The rover was parked at “Van Zyl Overlook,” about 211 feet (64.3 meters) away in Mars' Jezero Crater and chronicled the flight operations with its cameras.

These images from the rover’s Mastcam-Z cameras show the helicopter hovering above the Red Planet's surface. During this first flight, the helicopter climbed to an altitude of 10 feet (3 meters), hovered, and then touched back down on the surface of Mars.
 
Ingenuity is a technology demonstration. The 4-pound (1.8-kilogram) rotorcraft will help determine whether future explorations on Mars could include an aerial perspective.

Perseverance touched down at "Octavia E. Butler Landing" with Ingenuity attached to its belly on Feb. 18, 2021. The helicopter was deployed to the surface on April 3.

Immunité, vous avez dit immunité ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 26/03/2021

À retrouver dans l'émission À PRÉSENT par Frédéric Worms

La question de l'immunité, et notamment collective, est discutée et mise sur la scène publique en pleine pandémie, "À présent" interroge et discute ses enjeux avec Anne-Marie Moulin et Marc Daëron.

Les premières doses du vaccin Pfizer-Biontech
anti-Covid-19 à l'hôpital Cotugno de Naples (Italie). 

Un mot hante le monde aujourd’hui : l’immunité. Un mot porteur de tous les espoirs : et d’abord bien sûr contre la pandémie, contre le virus. Un mot porteur de tous les savoirs : car si l'immunité désigne un phénomène naturel, on attend de la science et de la médecine qu’elles la rétablissent, la renforcent. Un mot porteur aussi de toutes les images, et d’abord politiques : est-ce une forteresse face à des ennemis, est-ce, comme le soutient Marc Daëron, plutôt une relation, un équilibre, avec les autres vivants ? Un mot porteur de toute une histoire : Anne-Marie Moulin, médecin, historienne et philosophe de l’immunité la connaît et y a participé de plus d’une façon par sa recherche, et son action. Elle a publié en 1991 Le dernier langage de la médecine, Histoire de l’immunologie de Pasteur au Sida (PUF) et vient de préfacer le livre de Marc Daëron : L’Immunité, la vie, qui paraît en mai prochain chez Odile Jacob. 

Avec Anne-Marie Moulin, médecin et philosophe, directrice de recherche émérite au CNRS et membre du comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination et Marc Daëron, chercheur invité à l'Institut Pasteur, chercheur émérite au centre d'immunologie de Marseille-Luminy et membre associé à l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques.

"Je crois que la réaction immunitaire est fondamentalement ambivalente. Elle est protectrice et pathogène : c'est un problème de relations." Marc Daëron 

"Quand j'ai commencé mes recherches sur l'immunité et l'immunologie, c'était un sujet ésotérique. Personne - sauf les spécialistes et le monde médical - ne s'y intéressait. Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est que n'importe lequel de nos concitoyens parle de l'immunité, et même du système immunitaire. C'est devenu une notion commune, mais ce que chacun met derrière ce mot est évidemment très loin de l'histoire initiale du terme "immunité"." Anne-Marie Moulin

"Avec le système nerveux, on peut considérer le système immunitaire comme le deuxième grand système de relations : il gère les relations de l'organisme avec le monde extérieur et intérieur." Marc Daëron

"La fonction du système immunitaire, ce n'est pas tant de se défendre contre les autres, mais de vivre avec les autres et trouver un état d'équilibre. Face aux pandémies qui nous assiègent et qui, peut-être, vont revenir, il nous faut trouver cet état d'équilibre qui n'est pas un état d'éradication et de défense absolue : c'est probablement cette difficulté qui nous occupera pendant les années à venir." Anne-Marie Moulin

"Pour comprendre ce qu'est l'immunité, on part d'une chose extrêmement simple, d'un privilège : soit inné, soit acquis. (...) C'est un privilège qui peut être naturel et qui fait que l'on n'est pas malade, alors que les autres autour de nous le sont, ou quelque chose qui est acquis naturellement à la suite d'une maladie. (...) Et puis, arrive Pasteur grâce à qui ce privilège devient la source du monde la mieux partagée." Marc Daëron

Sur Anne-Marie Moulin

• La page et les publications de la philosophe sur le site du Laboratoire SPHere.


• Un entretien avec la philosophe, "Les réactions irrationnelles sont le lot de toutes les épidémies", paru sur le site du journal Le Monde. 

>>> Le vaccin contre le Covid-19 signe-t-il l'échec de la recherche française ?

Sur Marc Daëron

• La page de présentation du chercheur sur le site de l'Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé.

• Les publications du chercheur sur le site de la National Library of Medicine. 

Extraits musicaux 

  • "Nos âmes à l'abri" par Alain Bascung (parole : Doriand) - Album : En amont (2018) - Label : Universal music division Barclay.
  • Morceau choisi par Marc Daëron : "Chaconne: Body Through Which the Dream Flows", deuxième mouvement du concerto pour violon composé par John Adams - Album : The John Adams Earbox (1996) - Label : nonesuch.

INTERVENANTS

  • Anne-Marie Moulin, Médecin et philosophe, spécialisée en médecine tropicale. Directrice de recherche émérite au CNRS, professeure associée à l’Université Senghor d’Alexandrie, département Santé
  • Marc Daëron, Immunologiste, Directeur de recherche émérite au Centre d’immunologie de Marseille Lumigny

dimanche 18 avril 2021

Pouvons-nous refroidir la planète ? | ARTE 16 avr. 2021


Sommes-nous condamnés à cuire à petit feu ? Capture du CO2 pour le recycler, éclaircir les nuages pour mieux intercepter la lumière du soleil,  reboisement massif : voici un état des lieux des solutions scientifiques pour lutter contre le réchauffement climatique qui laisse entrevoir une lueur d’espoir. 

Chaque année, l’activité humaine génère 37 milliards de tonnes de CO2, qui s’ajoutent aux 1 000 milliards de tonnes libérées dans l’atmosphère depuis le début de la révolution industrielle. Une fois émis, le dioxyde de carbone met un millénaire à disparaître, d’où l’urgence de trouver des solutions si l’on veut éviter de léguer aux générations futures une planète bouillante. Ce défi fait phosphorer les cerveaux de chercheurs du monde entier et des solutions se profilent. En Islande, on expérimente la capture du CO2 pour le réintégrer dans le sol et en obtenir du carburant, ou le recycler comme un matériau de construction. D’autres scientifiques, plus controversés, envisagent d’éclaircir les nuages, en les aspergeant de particules de sel, afin qu’ils interceptent davantage la lumière du soleil. Enfin, des chercheurs écologistes misent sur des procédés naturels, boostés par des technologies de pointe, comme le reboisement massif ou le compostage de sols.

Infographies spectaculaires 

Comme le précise avec humour le climatologue Scott Denning, ces remèdes embryonnaires, dont on ne mesure pas encore l’impact à grande échelle, ne nous dispensent pas de changer de mode de vie. "On entrerait dans une dystopie si nous continuions à cracher autant de CO2 dans l’atmosphère en pensant que ces petits parasols nous protègent du soleil", ironise-t-il. Le défi est tel qu’il nécessitera plusieurs dizaines d’années et un assemblage de solutions diverses. Un tour d’horizon américain aux infographies spectaculaires, qui revigore par son riche éventail d’idées.

Documentaire de Jen Schneider et Ben Kalina (Etats-Unis, 2020, 51mn)

Epidémies : il était une fois la maladie ( Cliquer sur l'image ) | France culture 11/06/2020

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin

Comment les grandes épidémies ont-elles marqué l’histoire des sciences ? Que savait-on des maladies aux différentes époques ? Comment les combattions nous ? Comment les épidémies forgent-elles les avancées de la médecine et comment obligent-elle la science à accélérer ?

La peste de Marseille en 1720

Si l'on en croit le directeur du Conseil Scientifique, l'épidémie de Covid est « contrôlée » sur le territoire français. Bien qu'il soit encore trop tôt pour dire si ce « contrôle » est définitif ou temporaire, nous avons eu envie de jeter un œil dans le rétroviseur médical, et de nous intéresser aux épidémies précédentes, et à l'empreinte qu'elles ont laissé dans l'histoire des sciences. 

Des premières pestes – qui n'en étaient pas vraiment, avec l'instauration de la quarantaine, au VIH et à l'implication des patients dans la recherche biomédicale en passant par le choléra et la découverte de l'épidémiologie, ou encore la fin de la théorie des miasmes et la découverte des virus après la grippe espagnole de 1918. Raconter l'histoire des épidémies, c'est raconter l'histoire de l'espèce humaine.

Et pour nous raconter cette histoire, et comment elle a influencé le cours de notre apprentissage des fonctionnements biologiques des pathogènes et du corps humain, nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Anne Rasmussen, historienne, directrice d'études à l'EHESS, directrice du centre Alexandre Koyré et Guillaume Lachenal, historien des sciences, professeur à Sciences-Po, chercheur au sein du Médialab.

>>> La peste : le plus vieil ennemi de l’homme ?

Les références documentaires

Retrouvez le thread de l’émission du jour sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

>>> Grippe, une histoire virulente

>>> Louis Pasteur, la rage de découvrir

Les références musicales

  • Le titre du jour : "Feast in the time of Plague" par Vic Chesnutt
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

samedi 17 avril 2021

COVID VARIANTS: What’s the worst case scenario? | Roundtable 7 avr. 2021


How will Europe cope with the mutant strains of Covid 19 now appearing in different corners of the world? The British or Kent variant, ones from Brazil and South Africa; there will be others - what kind of threats do they pose?

Guests:
  • Dr Julian Tang, Virologist at University of Leicester
  • Professor Jonathan Stoye, Virologist at Francis Crick Institute 
  • Oksana Pyzik, Global Health Adviser 

vendredi 16 avril 2021

TOUS SAVOIR SUR L'ORDINATEUR QUANTIQUE | Documentaire ARTE 13 août 2020


Le monde quantique est fascinant : à cette échelle, par exemple, les objets peuvent se trouver simultanément dans plusieurs états. Exploitant ce principe, un ordinateur quantique aurait des possibilités bien plus vastes qu’un modèle classique.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ La Suprématie Quantique de Google | Science étonnante 5 nov. 2019



nature 

Abstract

The promise of quantum computers is that certain computational tasks might be executed exponentially faster on a quantum processor than on a classical processor1. A fundamental challenge is to build a high-fidelity processor capable of running quantum algorithms in an exponentially large computational space. Here we report the use of a processor with programmable superconducting qubits2,3,4,5,6,7 to create quantum states on 53 qubits, corresponding to a computational state-space of dimension 253 (about 1016). Measurements from repeated experiments sample the resulting probability distribution, which we verify using classical simulations. Our Sycamore processor takes about 200 seconds to sample one instance of a quantum circuit a million times—our benchmarks currently indicate that the equivalent task for a state-of-the-art classical supercomputer would take approximately 10,000 years. This dramatic increase in speed compared to all known classical algorithms is an experimental realization of quantum supremacy8,9,10,11,12,13,14 for this specific computational task, heralding a much-anticipated computing paradigm. [...]



Suprématie quantique, que de la Google ? ( Cliquer sur l'image ) | France ulture 16/10/2019

Les ingénieurs de Google ont-ils atteint la suprématie quantique ? Qu’est-ce que l’informatique quantique et quels sont ses avantages ? Qu’est-ce qui nous empêche d’atteindre la suprématie quantique pour le moment ? Un entre-deux quantique / classique est-il envisageable, en attendant ?

La suprématie quantique permettrait de réaliser
avec un processeur quantique une opération
en 3 minutes et 20 secondes, là où il faudrait 10.000 ans
 au plus avancé des ordinateurs actuels.
Coup de tonnerre dans l’univers de l’informatique quantique. Google affirme avoir atteint « la suprématie quantique », c’est à dire avoir réalisé à l’aide d’un ordinateur quantique une opération impossible à résoudre avec un ordinateur classique. 

En l’occurrence une opération réalisée en 3 minutes 20 qui aurait pris plus de 10 000 ans à l’ordinateur actuel le plus performant. 

Cet article a été immédiatement retiré du site de la NASA sur lequel il a été publié. Mais cela n’a pas empêché de faire frémir les acteurs privés et académiques engagés dans la course à l’ordinateur quantique. Sommes-nous à l’orée d’une nouvelle ère ou était-ce un effet d’annonce prématuré ?

Suprématie quantique : que de la Google ? C’est le programme géologique qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Pour essayer d’y voir plus clair, de trier le bon grain de l’ivraie quantique et de comprendre les enjeux informatiques et technologiques autour de cette accession à la « suprématie quantique », nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Eleni Diamanti, chargée de recherche CNRS au laboratoire de recherche en informatique à Sorbonne Université et Anthony Leverrier, chercheur à INRIA.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ COMMENT L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE VA RÉVOLUTIONNER NOTRE ÉCONOMIE | Centre Jean Gol

>>> L’intelligence artificielle risque de bouleverser les secteurs de la santé et de l’agriculture.

Sans vouloir s’attarder une nouvelle fois sur l’ampleur de cette transformation, nous avons souhaité comprendre ses caractéristiques et analyser dans quelle mesure notre continent peut se préparer au mieux pour en bénéficier pleinement.

Des similitudes existent quant à l’impact de l’IA sur ces secteurs et quant aux réponses à y apporter. La formation continue, la recherche appliquée et le soutien à l’entreprenariat nous paraissent être des dénominateurs communs indispensables.

Des spécificités sectorielles existent également. Alors que l’agriculteur a plus que jamais besoin de resituer son rôle au sein de la chaîne alimentaire et de créer des synergies intergénérationnelles, le secteur des soins de santé a, quant à lui, besoin d’un meilleur cadre juridicoéthique afin de garantir l’accès aux données et la protection de la vie privée.

Globalement, nous pensons que l’Europe peut créer un modèle de développement unique basé sur ses propres avantages comparatifs et qu’il serait une erreur de vouloir imiter le modèle américain de la Silicon Valley. Investissons dans une formation continue à la pointe, dans la recherche appliquée sur des domaines très spécifiques, et dans la protection et la bonne utilisation des données afin d’assurer un bel avenir à ces secteurs d’activité en Europe.

ALEXIA VERCRUYSSE, ROBIN LOOS & OLIVIER COLIN

"Il faut reprendre le contrôle de nos données personnelles" par Gaspard Koening | FRANCE 24 le 13 sept. 2019



Le philosophe libéral Gaspard Koening, fondateur du laboratoire d'idées GenerationLibre, publie mercredi une enquête sur les techniques d'intelligence artificielle utilisées aujourd'hui. Il y voit une vraie menace sur notre libre arbitre.

Après "Voyage d'un philosophe aux pays des libertés" (2018), le philosophe libéral Gaspard Koening, fondateur du laboratoire d'idées GenerationLibre, publie mercredi "Le fin de l'individu, voyage d'un philosophe au pays de l'intelligence artificielle" (éditions de L'Observatoire). Dans cette enquête, fruit d'une centaine d'entretiens avec les grands noms de la discipline – le député Cédric Villani, auteur d'un rapport sur l'intelligence artificielle, ou le chercheur Yann Le Cun recruté par Facebook -, il pointe une vraie menace sur notre libre arbitre.

L'intelligence artificielle (IA) est "une vieille technique d'illusionniste", explique l'auteur au micro d'Europe 1. "Grâce à elle vous pouvez mettre des images sous forme de code, pour faire reconnaître à une machine un chat ou un visage. Il suffit de lui avoir montré des millions d'exemplaires de l'objet. Ça pourra marcher avec des tumeurs cancéreuses par exemple."

L'IA conduit à déléguer notre capacité de choix

Très efficaces et confortables, les techniques d'intelligence artificielle auraient la capacité d'étourdir et d'endormir notre sens des responsabilités. "Les techniques d'intelligence artificielle telles qu'elles sont appliquées industriellement aujourd'hui conduisent à déléguer notre capacité de choix à la machine", développe Gaspard Koening. Il prend l'exemple du GPS : "On ne se pose plus la question de tourner à droite ou à gauche", constate-il.

Le philosophe s'est notamment déplacé en Chine, convaincue que l'IA lui redonnera une avancée économique sur les Etats-Unis. "La partie la plus fascinante de l'enquête était là-bas", raconte-il. "Dans ce pays, le gouvernement et la population sont très à l'aise avec le développement massif et sans limites des techniques d'intelligence artificielle."

L'auteur plaide pour une propriété privée des données personnelles

Il y voit une raison politique : "L'IA est quelque chose qui sert à avantager le groupe : quand votre GPS donne le meilleur trajet, il vous donne le meilleur trajet pour ne pas  créer un embouteillage qui contrarierait les autres. Cela  colle parfaitement aux méthodes utilitaristes, communistes et confucéennes des Chinois."

Comment concilier progrès techniques dans ce domaine et préservation du libre arbitre ? 

"Il faut conserver le droit à dévier de l'individu, il faut qu'il y ait des gens qui fassent des erreurs pour avancer", préconise Gaspard Koening. Ce serait la condition sine qua none du progrès selon lui.  "Aujourd'hui,  ces systèmes d'intelligence artificielle vous incitent à vous comporter comme la norme." Pour rétablir la maîtrise de l'individu sur son destin, l'auteur plaide pour une propriété privée des données personnelles. Ce système permettrait en particulier de monétiser les informations livrées par les particuliers aux grandes plateformes numériques.

Intelligence artificielle : le retard européen | FRANCE 24 7 avr. 2021


Face à l'intelligence artificielle, l'humanité est confrontée à un choix  cornélien : embrasser ou contester une révolution digitale qui, certes, améliore notre vie quotidienne et notre santé, mais menace nos emplois et nos libertés. 

Cette révolution digitale qui s'impose aux grandes puissances pourrait-elle être la voie d'une émancipation individuelle ? Éléments de réponse avec Pascal Boniface, fondateur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui publie un ouvrage sur le sujet : "Géopolitique de l'intelligence artificielle" (éd. Eyrolles).

Intelligence artificielle, arme ultime | Géopolitis 9 avr. 2021


Nouveau champ de bataille des grandes puissances, l’intelligence artificielle au cœur de l’affrontement Chine-États-Unis.

Invité : Pascal Boniface, directeur Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur de "Géopolitique de l'intelligence artificielle" (Eyrolles, 2021)

"Celui qui maîtrisera le domaine de l’intelligence artificielle deviendra le maître du monde", affirmait en 2017 Vladimir Poutine. Le président russe a été parmi les premiers à exprimer les enjeux géopolitiques de ces bouleversements. Dans cette course à la toute-puissance numérique, la Chine et les États-Unis se disputent la suprématie sur le marché mondial. "Aussi bien Xi Jinping que Joe Biden savent très bien que celui qui maîtrisera l'intelligence artificielle et celui qui fera la course en tête aura un avantage compétitif stratégique majeur sur l’autre. Ce grand duel est l’évènement géopolitique pour les années à venir entre Pékin et Washington", précise d'emblée Pascal Boniface, directeur de l’IRIS et auteur de "Géopolitique de l’intelligence artificielle".

Aux États-Unis, le marché de l’intelligence artificielle (IA) devrait peser environ 90 milliards de dollars en 2025. Si la Silicon Valley et les GAFAM dominent encore largement le monde de l'innovation, la Chine entend devenir le nouveau leader du marché en 2030. Notamment grâce à des investissements massifs ordonnés par le président Xi Jinping et une jeunesse chinoise "qui ne compte pas les heures de travail et qui veut devenir riche contribuant ainsi à la puissance de son pays", souligne Pascal Boniface. 

Face aux ambitions chinoises, les États-Unis se cabrent. Washington a ainsi tenté d’interdire l'application chinoise TikTok ou empêcher la société Huawei de développer ses activités sur le sol américain. "Un véritable aveu de faiblesse de la part des États-Unis", selon le directeur de l'IRIS. "Auparavant c’étaient les pays communistes qui interdisaient des éléments culturels occidentaux, de peur qu'ils ne pervertissent la jeunesse communiste chinoise ou soviétique".  

D’autres grandes puissances comme l'Inde ou la Russie sont également dans la course. En 2019, grâce à un décret présidentiel, le budget russe destiné à l’IA est passé de 1,3 à 6,1 milliards de dollars. Cette hausse s’inscrit dans la Stratégie Nationale pour l’intelligence artificielle en Russie. Israël se positionne également  dans cette compétition mondiale. Le dernier exemple en date est le buzz mondial du site Deep Nostalgia, qui a séduit les internautes du monde entier en rendant vie à des photographies grâce à une technologie directement issue des services secrets israéliens.

Au sommaire:
- Intelligence artificielle: quels enjeux?
- Pascal Boniface: “Face à l’intelligence artificielle, il ne faut pas être alarmiste, mais vigilant”
- Comment la Chine tisse sa toile en Afrique
- Pascal Boniface: “Pour les Etats-Unis, l’intelligence artificielle représente une double menace, stratégique et technologique” 
- Laisserons-nous l’IA révolutionner nos démocraties?
- Le destin tragique d’Alan Turing, père de l’intelligence artificielle

Le site de Géopolitis: >>> http://geopolitis.ch​  

Histoires d'amitiés ( Cliquer sur l'image ) | France culture 17/08/2020

Un matin à  la radio, la voix d’un jeune écrivain à succès retient mon attention, il confie presque en chuchotant "je n’aurais jamais pensé à écrire sans l’amitié, pas la moindre ligne, l’amitié c’est ce qui m’a poussé à écrire, c’est ce qui m’a poussé à vivre !" 

Comme en écho l’idée s’est imposée : Raconter l’amitié grâce à des histoires d’aujourd’hui, des fables des temps modernes, loin des crispations du monde, loin du bruit de la haine, plonger au cœur d’un sentiment commun et mystérieux à la fois.

Qu’est-ce que l’amitié ? Pourquoi des individus a priori différents deviennent-ils amis, en dépit de ce qui pourrait les séparer ? Pourquoi les amitiés d’enfance résistent au temps ? Est-ce que l’amitié pousse partout ? Quel pacte secret relie les amis à la vie, à la mort, pour le pire et le meilleur ?

Point de définition, mais tendre l’oreille aux histoires d’amitiés, les silencieuses, les fusionnelles, les démonstratives, les fraternelles, celles au long court qui engagent toute une vie, celles qui répondent comme en écho à l’amitié proverbiale de Montaigne et la Boétie "Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi"

Une série documentaire de Leïla Djitli, réalisée par Véronique Samouiloff

À retrouver dans l'émission LSD, LA SÉRIE DOCUMENTAIRE par Perrine Kervran

TOUS LES ÉPISODES


>>> Amis à la vie à la mort

Des duos inséparables ou l’accord parfait


>>> L’amie héroïque ou la puissance du lien

Portrait d’une amie disparue.


>>> Retour en enfance !

Pourquoi les amitiés d’enfance résistent au temps ?


>>> La force du groupe !

La ferme de la Tournerie : l'histoire d'une bande de copains !


>>> Pour tout savoir sur le Temple de l’Amitié situé à Paris entre la rue Jacob et la rue Visconti (6ème).

Anticorps à large spectre : enfin un antivirus efficace ( Cliquer sur l'image ) France culture 14/04/2021

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin

Qu’est ce qu’un anticorps à large spectre ? Comment peuvent-ils résoudre de grands problèmes tels que les épidémies futures ou l'infection au VIH ? Sont-ils vraiment révolutionnaires ?

Illustration de la production
d'anticorps monoclonaux.

En 1928, Alexander Flemming va, sans le savoir, révolutionner la pratique de la médecine moderne en découvrant les antibiotiques, ces molécules redoutablement efficaces pour détruire les bactéries, et donc lutter contre les infections qu’elles provoquent. Mais si la lutte contre les infections bactériennes a fait un bond de géant il y a un siècle. Il n’en va pas de même dans la lutte contre les infections virales. Les antivirus existent, certes, certains sont même très efficaces sur des virus en particulier mais il n’y a pas en virologie d’antivirus « universel », ou de « à large spectre » qui permettrait, notamment, de prévenir des virus émergents comme le SARS-CoV2. 

Anticorps à large spectre : bientôt un antivirus efficace ? C’est le programme neutralisant qui est le nôtre pour l'heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour évoquer la complexité de la recherche fondamentale autour de ces bNABs, pour « broadly neutralizing antibodies », soit anticorps neutralisants à large spectre, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Brigitte Autran, professeure émérite d’immunologie à Sorbonne Université, coordinatrice du groupe anticorps monoclonaux à l’Agence Nationale de Recherche sur le SIDA et les Maladies Infectieuses Emergentes et Olivier Schwartz, directeur de l’Unité Virus et Immunité de l’Institut Pasteur.

C’est un peu le graal de la virologie : trouver une molécule, a priori un anticorps, qui pourrait fonctionner non pas sur un virus précis, ni même un groupe viral incluant toutes sortes de mutations, mais sur plusieurs virus du même type. Bref, un anticorps non pas spécifique mais générique, qui permettait de combattre en amont différentes formes d’infections. Mettons, totalement au hasard, un anticorps qui pourrait neutraliser tous les coronavirus tiens ! Ca aurait pu être pratique ces derniers mois.

Malheureusement, ce type d’anticorps, dit « à large spectre », s’ils existent bel et bien, ils sont non seulement compliqués à identifier, à cloner et à utiliser.

Précisément parce que la nature a fait des anticorps des armes spécifiques, qui s’attaquent à un type de virus en particulier et non des armes génériques – qui sont celles du système immunitaire inné, la première ligne de défense – déjà très efficaces parce que très génériques.

Néanmoins, quelques lumières commencent à apparaître au bout du tunnel de la recherche en immunulogie. Des lumières qui contredisent la façon dont on considérait les anticorps il y a encore 60 ans.

>>> Immunité : l’inné ou l’acquis ?