Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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mercredi 24 novembre 2021

Des virologues néerlandais mettent en garde : "Le variant Delta se propage également via les personnes vaccinées " !

Les hôpitaux néerlandais ont constaté une forte augmentation du pourcentage de leurs employés complètement vaccinés qui sont testées positifs au coronavirus. Cela s'expliquerait par la contagiosité du variant Delta.

Des virologues néerlandais mettent en garde : "Le variant Delta se propage également via les personnes vaccinées" 20-07-2021 

Bien que complètement vacciné, il est toujours possible d'être infecté par le Covid-19. Les virologues l'ont déjà répété à de nombreuses reprises. D'où l'importance de continuer à respecter certaines mesures sanitaires. Il semble que le variant Delta de par sa contagiosité élevée est propice à ce phénomène. C'est en tout cas ce que constatent des virologues néerlandais en observant les chiffres du personnel hospitalier, rapporte le Volkskrant. Le nombre d'employés complètement vaccinés qui sont testés positifs au coronavirus a en effet augmenté fortement aux Pays-Bas. Au LUMC (Leiden University Medical Center) 85% de tous les employés confirmés positifs ont été entièrement vaccinés. Au Radboud UMC (Nimègue), 34 cas ont été récemment déclarés.

"L'idée qu'on avait au départ, qu'on ne transmet plus le virus après la vaccination, ne semble pas vraie pour le variant delta. Nous voyons même des personnes qui ont déjà eu une infection, ont été vaccinées deux fois et sont à nouveau testées positives", souligne ainsi le virologue clinicien Matthijs Welkers (Amsterdam UMC), auprès du quotidien néerlandais.

Bien que la vaccination prémunit contre les formes les plus sévères de la maladie, le variant Delta engendrerait un nombre très élevé de particules virales, jusqu'à mille fois plus que dans la variante originale, selon le microbiologiste Heiman Wertheim (Radboud UMC).

"En raison de son grand nombre, le virus brise la défense pour ainsi dire", explique l'expert, qui a été lui-même confirmé positif récemment, avant de conclure, "il s'agit d'un moteur silencieux de l'épidémie".

>>> QUELLE CONTAGIOSITÉ POUR LES PERSONNES VACCINÉES INFECTÉES PAR LE VARIANT DELTA ?

dimanche 21 novembre 2021

L’histoire revisitée du virus pandémique grippal de 2009, par Hervé Morin | Le Monde 16 novembre 2021

Une équipe internationale a reconstitué les mutations qui ont permis à un des ancêtres de ce virus, passé des oiseaux aux porcs, d’évoluer vers une plus grande transmissibilité, avant de contribuer au passage à l’homme.

En avril 2009, quand un nouveau virus AH1N1 a semblé pouvoir engendrer une pandémie similaire à la grippe espagnole de 1918, les chercheurs s’étaient étonnés d’une combinaison inédite de fragments d’ARN d’origine aviaire, porcine et humaine dans son génome. 

Même s’il n’a pas été aussi meurtrier qu’on l’avait redouté, son apparition continue à susciter des recherches, comme en témoigne une étude publiée le 7 novembre dans Nature Microbiology. Hui-Ling Yen (université de Hongkong) et ses collègues ont inoculé à des porcelets des virus porcins d’origine aviaire isolés en Europe entre 1979 et 2011, pour voir à quel moment et par quels mécanismes ils étaient devenus très transmissibles chez le porc. Ils ont aussi créé des virus présentant les étapes successives supposées de ces évolutions. Et ont constaté qu’une période de faible transmission dans les élevages aurait pu être mise à profit pour prévenir le passage à l’homme, si une surveillance adéquate avait existé.

Hervé Morin

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ La peste noire ( Cliquer sur l'image ) | France culture 20/09/2021

Enterrement de victimes de la peste à Tournai.
Détail / miniature des "Chroniques et annales de
Gilles Le Muisit"
, abbé de Saint-Martin de Tournai
Patrick Boucheron propose une grande enquête interdisciplinaire autour de la pandémie de peste au milieu du XIVe siècle.

À retrouver dans l'émission LES COURS DU COLLÈGE DE FRANCE

TOUS LES ÉPISODES


>>> In média res (introduction générale)

Comment la mort passe-t-elle dans la vie d’Alayseta Paula en 1348 à Marseille? "Si la peste noire est un laboratoire d'interdisciplinarité, de quelle façon...


>>> Dernières nouvelles de la peste

Pourquoi revenir sur une "épidémie de peste", présentée en 1983, au festival d’Avignon et quelle est la terreur à exorciser ?


>>> Le mot de peste : archéologie du mal

De quelle maladie sont morts les Athéniens en 430-327 avant notre ère? Patrick Boucheron analyse pourquoi Thucydide, l’historien-témoin qui "voit clair"...


>>> "3 pandémies de peste : la composition des mondes"

Comment Alexandre Yersin & Kitasato Shibasaburo identifient-ils le bacille de la peste? Avant la découverte de Paul Louis Simond sur la puce du rat comme...


>>> Yersinia pestis, histoires naturelles, partie I : sur la trace des rats

Pourquoi les observateurs européens n'ont-ils pas vu mourir les rats & le bubon suffit-il à établir le diagnostic rétrospectif de la peste? demande Patrick...


>>> Yersinia pestis, histoire(s) naturelle(s), partie II : cherchez la marmotte

Où est la peste ? s'interroge l'historien-médiéviste Patrick Boucheron qui analyse, cette semaine, "la robustesse des savoirs que l'on peut évoquer". Comment...


>>> Mémoire cellulaire des peurs anciennes

Quel est l'apport de la génétique à la peste noire ? s'interroge Patrick Boucheron. L'historien analyse de quelle façon le corps d’un pestiféré, à Marseille...


>>> "Winter is coming" : VIe-VIIIe siècle, aux commencements de la fin du monde

"De quel point de vue, raconter l’histoire de la peste" ? S’interroge Patrick Boucheron— de celui des rats des navires?" de celui d’une jeune femme inconnue...


>>> Du siège de Caffa aux marmottes de la Horde d’Or

Qu’est-ce qui s’est passé à Caffa et autour de la Mer noire au XIVe siècle? demande Patrick Boucheron. Cadavres de pestiférés, marmottes, dégustées crues...


>>> Histoire de ses silences : le Tout-Monde de la peste

La peste a-t-elle frappé la Chine, l’Inde et l’Afrique? s'interroge l'historien-médiéviste, Patrick Boucheron. Quels sont les silences de l'histoire ?


>>> La métaphore meurtrière

Quels sont les mots de la peste? L'historien Patrick Boucheron propose une histoire de l'épidémie "à hauteur d’homme" à partir des traces qu'elle a laissées,...


>>> La métaphore meurtrière de la peste (suite) et de "quelques taches"

Quels sont les enjeux de la prévention de la contagion & quelles sont les images atroces de la peste? Qu’est-ce que le fait d’infecter l’autre par l’imagination?...


>>> D'après la peste, ou le temps défait

Pourquoi la peste est-elle le nom de ce que contre quoi on ne résiste pas? Patrick Boucheron analyse le sens que prend le verbe résister au XIVe siècle...


>>> Ecrire, quand la peste a défait le temps

Qui nous préviendra que la peste est finie? Demande Patrick Boucheron. L'historien analyse de quelle façon, le "Décaméron" de Bocacce nous enseigne l’art...

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Les épidémies sont inévitables, apprenons à les anticiper, par Eric Muraille Biologiste, Immunologiste. Maître de recherches au FNRS, Université Libre de Bruxelles | The Conversation March 22, 2020

Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille),
 tableau de Michel Serre (musée Atger, Montpellier) 
Les années 1970 virent éclore le mythe d’un contrôle absolu et même d’une possible éradication des maladies infectieuses. 

La médecine disposait alors d’un arsenal d’antibiotiques permettant de traiter efficacement la plupart des infections bactériennes. 

Les campagnes de vaccination de masse avaient démontré leur efficacité contre de nombreux fléaux majeurs, tels que la variole, quasi éradiquée à cette époque. 

Cette situation amena William H. Stewart, chirurgien général des États-Unis à déclarer en 1978 :

« Le moment est venu de fermer le livre des maladies infectieuses et de déclarer gagnée la guerre contre les pestilences. »

L’éradication des maladies infectieuses, un graal inaccessible

Mais en 1981, les premiers cas de syndrome d’immunodéficience acquise (sida) dus au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) furent documentés. Entre 1981 et 2018, le VIH causa la mort de plus de 32 millions d’individus. Il est le plus connu d’une longue liste d’agents infectieux dits émergents.

La destruction des écosystèmes naturels, le changement climatique et la commercialisation d’animaux sauvages génèrent de nouvelles opportunités d’infection et donc d’adaptation à de nouveaux hôtes. Le VIH résulte de l’adaptation à l’espèce humaine du virus de l’immunodéficience simienne infectant les primates non humains. Les coronavirus SARS-CoV et SARS-CoV-2, respectivement à l’origine des épidémies de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003 et 2019, seraient originaires de la chauve-souris. Tout comme les épidémies de fièvres hémorragiques dues au virus Ebola. Plus de 70 % des 335 agents infectieux émergents identifiés entre 1940 et 2004 ont été transmis à l’être humain par l’animal. Ils nous rappellent que la protection contre les épidémies n’est jamais un acquis.

Non seulement de nouveaux agents infectieux apparaissent sans cesse, mais ils évoluent. Ils s’adaptent aux pressions de sélection, telles que les antibiotiques, les antiviraux et parfois même les vaccins. Un nombre croissant d’espèces bactériennes, en particulier les « ESKAPEs » (Enterococcus, S. aureus, K. pneumoniae, A. baumannii, P. aeruginosa, et E. coli), sont à présent fréquemment multirésistantes et associées à une morbidité, une mortalité et un coût économique croissants. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère la résistance aux antibiotiques comme l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. L’apparition d’une résistance à des vaccins a heureusement été beaucoup plus rarement observée. Elle a cependant été documentée pour certains vaccins humains dont le vaccin conjugué contre la bactérie Streptococcus pneumoniae.

Le système économique détermine la nature des épidémies

L’organisation sociale et en particulier le système économique détermine la nature des épidémies affectant une société. Et l’émergence de nouveaux agents infectieux est souvent corrélée aux révolutions économiques.

L’invention de l’agriculture au Néolithique a entraîné une sédentarisation ainsi qu’une augmentation rapide de la taille des populations. La pratique de l’élevage, en augmentant les opportunités de transmission entre animaux et humains, a favorisé l’adaptation à l’espèce humaine de nombreuses infections animales. Cette révolution économique a causé une première transition épidémiologique majeure. Il est désormais établi que l’émergence de la variole, de la rougeole et de la peste, est la conséquence de la pratique de l’élevage. L’agriculture a également permis le développement d’échanges commerciaux entre des régions parfois très éloignées. Le commerce, dès l’Antiquité, permit la dissémination des épidémies sur de vastes zones géographiques. La peste de Justinien, première grande pandémie connue de peste, ravageât une partie de l’Europe en suivant les voies de transport maritime et contribua au déclin de l’empire byzantin. La peste réapparut au Moyen Âge en Europe via la route de la soie reliant l’Asie à l’Europe. Connue sous le nom de peste noire, elle tua entre 30 et 50 % des Européens entre 1347 et 1352. Jusqu’au XVIIIe siècle, des épidémies majeures de peste sont encore signalées, dont la peste de Marseille en 1720, propagée à partir d’un bateau en provenance de Syrie, dont mourut plus d’un quart des habitants de la Provence.

La fin du XXe siècle a vu une croissance exponentielle de l’interconnexion et de l’interdépendance des États, conduisant à une économie dite mondialisée. En ce début de XXIe siècle, l’intensification du commerce et du tourisme international permettent une globalisation quasi instantanée des épidémies dues aux agents infectieux des voies respiratoires.

En 2003, l’épidémie de SARS-CoV, dissémina en moins de 24 heures de l’hôtel Metropole de Hongkong à de nombreux pays, dont le Canada, via les transports aériens. Soit plus de 6000 km en 24 heures, un record. Heureusement, en raison de sa faible transmissibilité, cette épidémie pu être contenue et ne dépassa guère les 8000 cas.

En 2009, il en fut autrement avec l’épidémie de virus influenza H1N1. En moins de 3 mois, en dépit des multiples mesures de détection et de contention, elle se mua en pandémie et infecta en une année plus de 25 millions d’individus.

Expansion du virus H1N1 dans le monde
 en mars 2010
La récente épidémie Covid-19 due au SARS-CoV-2 ne déroge pas à cette règle.

Les mesures exceptionnelles de contention utilisées par le gouvernement chinois, dont la mise en quarantaine de villes de plusieurs millions d’habitants, n’ont réussi qu’à ralentir l’épidémie et n’ont pu empêcher sa propagation mondiale.

Apparue en novembre 2019 dans la région de Wuhan en Chine, au 21 mars 2020 l’épidémie a déjà gagné plus de 160 pays, infecté plus de 299 000 personnes, causé plus de 12 700 morts. Elle ne montre aucun signe d’essoufflement et pourrait s’installer durablement.

dimanche 14 novembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Biais cognitifs ( hors distorsions cognitives inadaptées qui contribuent aux troubles de la personnalité )

>>> Épistémologie - Sciences cognitives (G. A. Miller)

Un >>> biais cognitif (souvent appelé biais psychologique) est une forme de pensée qui dévie de la pensée logique ou rationnelle et qui a tendance à être systématiquement utilisé dans certaines situations. Un biais cognitif est une forme de pensée qui met en oeuvre de manière systématique des distorsions dans le traitement de l'information. 

Ces biais, qui sont en général inconscients, peuvent conduire à des erreurs de perception, de raisonnement, d'évaluation, d'interprétation logique, de jugement, d'attention, etc., ainsi qu'à des comportements ou à des décisions inadaptées. L'étude de ces biais montre à quel point notre expérience du monde, nos pensées et nos comportements sont nettement moins libres qu'on ne l'imagine.

       
Biais de mémoire
  • >>> Biais rétrospectif
    Juger, a posteriori, qu'un événement était probable ou prévisible : "je le savais depuis le début".
  • >>> Effet de simple exposition
    L'exposition répétée à une personne ou à quelque chose augmente la probabilité d'avoir un sentiment positif envers elle.
  • >>> Effet de récence
    Se souvenir plus facilement des dernières informations auxquelles on a été confronté.
  • >>> Effet de primauté
    On se souvient mieux des premiers éléments d'une liste mémorisée.
    L'impression générale que l'on a de quelqu'un ou de quelque chose est influencée par la première information perçue.
  • >>> Effet rebond
    Plus on voudrait ne pas penser à quelque chose, plus on y pense.

 

Biais de raisonnement
  • >>> Biais de cadrage
    La façon d'énoncer un problème influe sur la réponse.
  • >>> Biais liés aux lois statistiques
    Mal évaluer la probabilité d'une situation.
    • >>> Illusion des séries
      Percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard.
      Sous-estimer la variabilité des évènements dans une série aléatoire.
    • >>> Effet râteau
      Considérer le hasard plus régulier qu'il ne l'est en réalité.
    • Biais de conjonction
      Surestimer la probabilité d'apparition de deux évènements simultanément (conjonction) par rapport à la probabilité d'apparition de chacun d'entre eux.
    • >>> Oubli de la fréquence de base
      Oublier de tenir compte de la fréquence de base d'un événement lorsqu'on cherche à en évaluer la probabilité.
      Négliger la taille de l'échantillon.
 

  • >>> Biais de confirmation d'hypothèse
    Privilégier les informations qui confortent des préjugés, des idées reçues, des convictions, des hypothèses.
  • >>> Biais de représentativité
    Fonder son jugement sur un nombre limité d'éléments que l'on considère comme représentatifs d'une population.
  • >>> Biais de disponibilité
    Privilégier et surestimer les informations immédiatement disponibles à la mémoire, en particulier lorsqu'elles sont stéréotypées.
    "Si je pense à ça, alors c'est vrai ou c'est important."
  • Biais de négativité
    Prendre davantage en compte les informations négatives que les positives.
  • >>> Dissonance cognitive
    Des informations qui nous concernent, simultanées et incompatibles entre elles provoquent un état de tension désagréable et incitent à rechercher l'état inverse de "consonance positive".
  • >>> Biais d'appariement
    Se focaliser sur des éléments cités dans l'énoncé d'un problème.
  • Perception sélective
    Interpréter de manière sélective les informations perçues en fonction de notre propre expérience, de nos centres d'intérêt, de nos valeurs.
  • >>> Problème de l'induction
    Croire que le futur ressemblera au passé.
    Les risques de la généralisation.
  • Biais de familiarité
    Faire davantage confiance à ce que l'on connaît et croire qu'on le comprend mieux.
  • Réification du savoir
    Considérer les connaissances comme des objets immuables et extérieurs.
  • >>> Sophisme
    Raisonnement séduisant, avec une apparence de vérité, mais incorrect et qui vise à tromper, alors que le paralogisme est énoncé de bonne foi.
 
Biais de jugement
  • Effet d'ambiguïté
    Tendance à éviter les options pour lesquelles nous manquons d'informations.
  • >>> Biais d'ancrage
    Influence de la première impression, de la première information.
  • >>> Biais d'immunité à l'erreur
    Penser qu'on ne peut pas se tromper.
    Ne pas voir ses propres erreurs ou les minimiser.
  • >>> Biais égocentrique
    Surestimer sa contribution dans un groupe et s'attribuer plus de responsabilités que l'on a eues dans la réalité.
  • Effet de halo
    Perception d'une personne, d'un groupe ou d'une chose influencée par l'opinion que l'on a préalablement pour son environnement ou pour l'une de ses caractéristiques.
  • Biais de confiance excessive
    Tendance à surestimer ses connaissances, ses capacités physiques et intellectuelles, son jugement et son aptitude à prédire un évènement incertain.
  • >>> Effet Dunning-Kruger
    Les moins compétents surestiment leurs compétences et, inversement, les plus compétents les sous-estiment.
  • >>> Illusion de savoir
    Se fier à de mauvaises croyances face à la réalité sans chercher à recueillir d'autres informations.
  • Effet retour de flamme
    Une croyance initiale est renforcée en présence de preuves pourtant contradictoires ou invalidantes.
  • >>> Biais de stabilité
    Considérer une information ou une référence chiffrée comme indiscutable et être persuadé qu'il ne faut pas s'en écarter.
    "Cela ne s'est jamais produit, il n'y a aucune raison pour que cela se produise un jour !"
  • Biais d'autorité
    Surévaluer la valeur de l'opinion d'une personne que l'on considère comme une autorité.
    Craindre de contredire un expert ou un supérieur.
  • Effet de dotation
    Attribuer plus de valeur à un bien qui nous appartient.
  • >>> Illusion monétaire
    Confondre une variation du niveau général des prix avec une variation des prix relatifs.
  • Illusion de contrôle
    Etre persuadé de disposer d'un pouvoir de contrôle ou d'influence sur son environnement, en particulier sur des phénomènes aléatoires.
  • Effet de contraste
    La perception d'une information est affectée par la perception d'une information de nature opposée produite antérieurement ou en même temps.

 

Biais de gestion de la réalité sociale
  • Biais d'attribution
    Erreurs fréquentes apparaissant dans l'attribution d'un comportement ou d'un évènement à des causes.
     
  • >>> Attribution causale : Façon d'attribuer, d'expliquer et de juger la responsabilité d'une situation, à soi-même ou aux autres.
    • >>> Erreur fondamentale d'attribution
      Sous-évaluer les causes externes (situations, évènements extérieurs) au profit des causes personnelles (dispositions personnelles, traits de personnalité, mérites).
    • >>> Biais d'auto-complaisance
      Croire que nos réussites sont dues à nos propres capacités et que nos échecs résultent de causes externes.
    • >>> Biais acteur/observateur
      Attribuer plus de poids aux explications externes (environnement) pour les succès des autres et internes (dispositions personnelles) pour leurs échecs.
    • Erreur d'attribution de responsabilité injustifiée
      Blâmer les victimes d'un accident qui vient de leur arriver.
    • Erreur ultime d'attribution
      Appellé aussi biais pro-endogroupe ou d'ethnocentrisme. Favoriser systématiquement son groupe d'appartenance lors de l'attribution causale, par rapport à un autre groupe.
  • >>> Effet de faux consensus
    Tendance à surestimer le nombre de personnes qui partagent nos opinions ou agissent comme nous.

 

Biais liés à la personnalité 
  • Biais culturel
    Analyser, interpréter et juger les choses à travers le filtre de ses propres références culturelles.
  • >>> Désir de consensus
    Tendance des individus à aller dans le sens des décisions prises par le groupe.
    "Si autant de monde va le voir, c'est que ce doit être un bon film."
  • Effet de mode
    Le phénomène des "moutons de Panurge"
    Augmentation d'un comportement lorsque l'on sait qu'un grand nombre de personnes ont déjà ce comportement.
  • >>> Biais de statu quo
    La résistance au changement. Toute nouveauté est perçue comme engendrant plus de risques que d'avantages.
  • Biais linguistique
    Influence des caractéristiques d'une langue sur les processus mentaux relatifs à la connaissance.
  • >>> Effet Barnum
    Le stratagème des astrologues, numérologues et autres voyants.
    Considérer une description générale et floue de traits de personnalité comme s'appliquant à soi-même.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Covid-19 : comprendre la croissance exponentielle d’une pandémie, un défi cognitif pour la population, par Etienne Meyer-Vacherand | Le Temps 08 juillet 2020

Une étude menée par des chercheurs allemands aux Etats-Unis met en évidence la difficulté de la population à appréhender la croissance explosive de ce type de courbes. Un biais qui a un impact sur l’adhésion aux mesures de distanciation physique.

Aux Etats-Unis, la propagation du SARS-CoV-2 s’est accélérée ces derniers jours, notamment dans les Etats du Sud. Dans certains d’entre eux, les mesures d’isolement avaient entraîné des manifestations en avril. De l’autre côté de l’océan Atlantique, le déconfinement de la majorité des pays européens a aussi entraîné un certain relâchement dans les mesures de distanciation physique.

Des chercheurs allemands se sont livrés à une analyse regroupant trois études menées aux Etats-Unis pour comprendre pourquoi une importante partie de la population a du mal à accepter et à comprendre l’utilité de ces mesures. Les résultats, publiés par la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), mettent en évidence l’impact d’un biais cognitif, le biais de croissance exponentielle, sur l’adhésion de la population aux règles de distanciation.

>>> Le point sur l’épidémie due au coronavirus qui progresse inexorablement en Amérique

La courbe exponentielle décrit un phénomène explosif, qui peut avoir cours dans les premiers temps d’une pandémie : si le nombre de nouvelles infections double tous les trois jours, cela signifie que la moitié des personnes infectées depuis le début de l’épidémie l’ont été depuis moins de trois jours. Ce phénomène d’emballement est difficile à appréhender, selon les expériences rapportées dans PNAS.

Le modèle linéaire comme référence

Ces trois études ont été menées sur trois groupes différents de plus de 500 personnes pendant la deuxième partie du mois de mars, alors que la croissance de l’épidémie s’emballait aux Etats-Unis. Pour la première étude, les chercheurs ont demandé aux participants d’estimer le nombre de nouveaux cas sur les cinq jours passés. Sur les trois premiers jours de la semaine, ces derniers ont tendance à surestimer le nombre de cas, mais la tendance s’inverse sur les deux derniers jours. Ainsi, sur l’ensemble de la période, les personnes interrogées ont en moyenne sous-estimé la croissance de l’épidémie de 45,7 % par rapport à son évolution réelle. Cette double tendance s’explique par la difficulté à appréhender la propagation exponentielle du virus. Les estimations de la majorité des participants suivent en fait un modèle linéaire d’évolution de l’épidémie.

Les chercheurs ont également cherché à mettre en évidence l’influence des convictions politiques sur les estimations des participants. Globalement, ceux se considérant comme conservateurs ont eu plus de mal à estimer la vitesse de diffusion du virus que ceux se présentant comme libéraux. Pour autant, les auteurs indiquent que les conservateurs ne sous-estimaient pas l’ampleur du problème. Ils ont même eu tendance à davantage surestimer le nombre de cas que les libéraux pendant les trois premiers jours, mais ils ont eu plus de mal à prendre en compte la rapidité avec laquelle les cas se sont effectivement multipliés.

Pour la deuxième étude, les chercheurs ont répété les conditions de la première expérience, mais en séparant le deuxième groupe en deux sous-groupes. La moitié des participants ont reçu un message d’avertissement leur indiquant que la plupart des personnes n’arrivaient pas à estimer correctement la vitesse de propagation du Covid-19 et qu’« aux Etats-Unis (comme dans presque tous les autres pays) le nombre de patients double et continue de doubler tous les trois jours ». Encore une fois, les deux groupes ont eu tendance à surestimer le nombre de cas dans un premier temps, puis à le sous-estimer ensuite. Toutefois, les estimations du groupe ayant reçu l’avertissement se sont révélées plus proches de l’évolution réelle de la maladie que celles du groupe de contrôle.

Un biais qui peut être corrigé

Cette difficulté à appréhender le phénomène de croissance exponentielle a déjà été mise en évidence dans d’autres études, notamment dans le domaine économique. En 2009, des chercheurs avaient montré que les ménages touchés par ce biais avaient tendance à emprunter plus et à épargner moins. Une autre étude, de 2015, a révélé que plus une personne était touchée par ce biais, plus elle se montrait confiante dans sa capacité à évaluer une croissance exponentielle. Les chercheurs notent également que les participants avertis ont davantage tendance à soutenir les mesures de distanciation physique.

Pour la troisième étude, ils se sont donc demandé s’il était possible de corriger ce biais. Cette fois, l’ensemble des participants du troisième groupe (scindé en deux) ont reçu les chiffres de l’évolution réelle du nombre de cas aux Etats-Unis ainsi que l’avertissement sur l’incapacité des gens à appréhender cette croissance exponentielle. Il leur a ensuite été demandé d’estimer l’évolution de l’épidémie sur les quinze jours à venir. Le sous-groupe de contrôle a dû donner directement le nombre de cas à la fin de la période, tandis que le second devait estimer l’évolution du virus en cinq étapes espacées de trois jours. Le second groupe a donné des estimations proches d’une courbe exponentielle et un résultat final supérieur de 173 % par rapport au groupe de contrôle.

Ce dernier volet montre qu’en demandant à certains participants de prendre en compte différentes étapes de progression du nombre de cas dans le futur, ils ont une meilleure compréhension des effets d’une croissance exponentielle de l’épidémie et soutiennent davantage les mesures de distanciation physique. Pour les auteurs, ces résultats montrent à quel point l’impact de ce biais cognitif est important dans la perception que la population a de l’épidémie et quant à son soutien aux mesures de distanciation physique. Ils soulignent également que, dans le cadre d’une crise aussi médiatisée que celle du Covid-19, il est possible de corriger ce travers en avertissant la population.

Etienne Meyer-Vacherand ("Le Temps")

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Les statistiques, c'est pas automatique ( Cliquer sur l'image ) | France culture 30/09/2021

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Antoine Beauchamp et Nicolas Martin

D'où provient ce besoin de tout quantifier ? Comment les statistiques en sont-elles venues à dominer le monde ? De quelle manière sont-elles devenues un instrument pour exercer le pouvoir ? Que peut-on espérer de ces outils mathématiques ? Sont-elles un écran interposé entre nous et la réalité ?

Statistiques et probabilités sont des sciences
mathématiques qui s'appuient
sur des phénomènes aléatoires.


Votre temps d’écran la semaine passée a diminué de 30%, vous avez fait en moyenne 8 234 pas par jour au cours du mois et selon une enquête Ipsos, vous faites partie des 40% de Français pour qui cuisiner est un “vrai plaisir”. 

Les chiffres sont partout, mais d’où vient dans l’histoire, ce besoin de vouloir tout quantifier et tout expliquer par les statistiques ? Et quelle valeur de vérité accorder aux statistiques qui ont pénétré tous les champs d’études scientifiques au point d’en devenir un pilier méthodologique ?

Si les statistiques parlent, il faut aussi rappeler qu’un chiffre peut mentir en raison de quelques biais d’interprétation ; ce qui poussait Mark Twain à affirmer malicieusement qu’il y a “trois sortes de mensonges  : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques.”

"Les statistiques, c’est pas automatique ?", c’est l’histoire faite nombres que nous allons vous raconter dans l’heure qui vient. Bienvenue dans “La Méthode scientifique” !

Et pour parler de ce monde mis en nombre, nous avons l’immense plaisir de recevoir Olivier Rey, mathématicien, philosophe, chercheur au CNRS, enseignant en philosophie à Sorbonne Université et membre de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, auteur de "Quand le monde s’est fait nombre" qui vient de ressortir aux éditions Desclée de Brouwer. Nous sommes également en compagnie de Mathieu Agelou, ingénieur chercheur à la direction de la recherche technologique du CEA Saclay, auteur aux éditions du CNRS de "Maîtriser l’incertain : statistiques et probabilités".

>>> A l'origine des graphiques : comment on a mis les statistiques en images

Le reportage du jour

Comment la physique des systèmes complexes - de nature physique - peuvent s’appliquer à des phénomènes similaires dans l’économie ou la finance. Jean-Philippe Bouchaud est physicien, professeur au Collège de France, et spécialisé dans l’éconophysique. - Un domaine qui cherche à appliquer les concepts et méthodes de la physique - dans l’économie et l’étude des marchés financiers. Exemple : la crise de 2008. Avec Jean-Philippe Bouchaud, physicien, professeur au Collège de France. Par Céline Loozen :

Pour aller plus loin

Retrouvez >>> le thread de l’émission du jour sur le fil twitter de La Méthode Scientifique !

Les références musicales

  • Le titre du jour : "Brian, let's go surfing" par La Frange
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Comment réussir à raisonner faux ( Cliquer sur l'image ) | France culture 06/12/2020

À retrouver dans l'émission SUPERFAIL par >>> Guillaume Erner

Cette semaine Superfail vous donne des conseils pour apprendre à raisonner faux : comment les « biais cognitifs » peuvent-ils nous enfermer durablement dans l’erreur ? Et quels sont les biais les plus efficaces dans la poursuite de cet objectif ?

Le concept de "biais cognitif" apparaît dans les
années 70, il est théorisé initialement par
des chercheurs en psychologie qui souhaitaient
comprendre et analyser les décisions irrationnelles
dans le secteur économique

Pour apprendre à raisonner faux, il existe des recettes efficaces, et on vous les expose dans Superfail avec l’aide d’Olivier Sibony, professeur à HEC Paris et auteur d’un ouvrage intitulé « Vous allez commettre une terrible erreur » publié aux Éditions Flammarion. 

Les biais de confirmation 

Pour raisonner faux, rien n’est plus puissant et plus naturel que les « biais cognitifs », ces raccourcis de la pensée susceptibles de modifier notre perception de la réalité et de nous enfermer durablement dans l’erreur. Parmi ces biais, Olivier Sibony s’attarde dans son ouvrage, sur le très fréquent « biais de confirmation » qui nous pousse à accorder plus d’importance à ce qui conforte notre opinion initiale. 

Il s’intéresse ainsi à une étude menée par le chercheur Itiel Dror en 2004 auprès de la police scientifique, qui vise à illustrer la force de ces « biais de confirmation » :  le chercheur soumet les mêmes empreintes ADN aux experts de la police, une fois en affirmant que le suspect avait un alibi, une autre fois en prétendant que le suspect avait déjà avoué. Les conclusions de la police se sont révélées bien différentes en fonction de l’information donnée en amont. Olivier Sibony explique : 

L’idée que l’on nous a mise en tête, va non seulement changer la manière dont on interprète les choses mais va changer jusqu’à ce que l’on observe, jusqu’à la réalité sensible. 

Le même « biais de confirmation » peut mener à des erreurs plus spectaculaires encore, que l’auteur a notamment pu observer dans le secteur des affaires. Ron Johnson, créateur du concept des magasins Apple qui apparaît aujourd’hui encore comme un succès éclatant, est appelé à la direction d’une chaîne de magasin intitulé J.C Penney. Dès son arrivée dans cette nouvelle entreprise entreprise, il décide d’appliquer rigoureusement les mêmes recettes que pour les magasins Apple, mais les résultats sont cette fois catastrophiques : le chiffre d’affaire baisse de 25% en 18 mois. Malgré les signaux négatifs explicites et les alertes lancées par ses collaborateurs, Ron Johnson reste persuadé que cette stratégie donnera des résultats positifs à plus long terme : 

Que se dit quelqu’un comme lui dans une situation comme celle-ci ? Il se dit : Je suis en train de faire une transformation radicale. Or chacun sait que quand on fait une révolution, on doit s’attendre à de la résistance. Donc plus il y a de résistance, plus cela me dit que je suis sur la bonne voie. 

Les biais d’attribution 

Une autre erreur que l’on observe très fréquemment est celle que l’on appelle « erreur d’attribution fondamentale », qui consiste à penser que c’est l’action d’un individu spécifique ou sa personnalité qui déterminent les résultats. Dans le cas de Ron Johnson, les excellents chiffres de vente d’Apple ont été attribués au développement de son concept de magasin et donc à sa performance en tant que responsable stratégique. Or son arrivée dans l’entreprise concorde avec le lancement de l’Ipod par la firme, et Ron Johnson est encore en poste lorsqu’Apple met en vente l’Iphone et l’Ipad. La conjoncture semble ainsi avoir grandement participé au succès des magasins Apple. 

Un autre exemple révèle la force de ces biais d’attribution : l’histoire de Bill Miller, qui à la fin des années 2000, était considéré comme l’un des meilleurs gérants de fonds du monde. Il parvient en effet à dégager des résultats meilleurs que son indice de référence quinze années de suite, ce qui est considéré comme une réelle prouesse dans le secteur de l’investissement. Or si tout le monde considère que cette prestation ne peut être que le fruit d’une compétence hors norme de l’homme d’affaire, l’approche statisticienne, en élargissant la focale, arrive à une toute autre conclusion : 

« La bonne manière de le prendre ce n’est pas : quelle était la probabilité que Bill Miller, sur ces années-là réussisse ce qu’il a réussi. C’est : quelle est la probabilité, qu’à un moment donné, depuis que les marchés financiers existent, sur une période de quinze ans, il y ait un gérant de fonds parmi les milliers de gérant de fonds qui s’y essayent, qui réussisse quinze années de suite à battre le marché. Et quand on le regarde comme ça, en fait la probabilité est très élevée. L’évènement qu’on observe qui se trouve tomber sur Bill Miller n’est pas particulièrement surprenant. » 

Les biais d’excès de confiance

Si certains biais sont indispensables à l’homme, notamment les biais dits « d’excès de confiance » qui nous poussent à agir, d’autres peuvent ainsi enfermer durablement dans l’erreur. Pour les éviter, la première étape selon Olivier Sibony est d’avoir l’humilité de reconnaître l'existence de ces biais, la deuxième est de s’entourer d’individus aux points de vue différents, pour lutter contre cet enfermement cognitif. 

Extrait : L'Accelerando de Jean-Claude Risset

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Épistémologie de Karl Popper : science et pseudo-science



LE CRITÈRE DE DÉMARCATION DE KARL R.POPPER ET SON APPLICABILITÉ

La thèse rend compte de l’ambigüité d’une épistémologie qui s’ancre dans la logique potentielle tout en prétendant à l’effectivité pratique. Il est impossible avec un tel critère de statuer sur la scientificité de disciplines aussi diverses que le marxisme, la psychanalyse, la théorie de l’évolution, l’astrologie, étudiées par Popper et exclues du domaine des sciences pour absence de prédictibilité. La thèse met aussi en évidence que, bien que très influente en biologie, l’épistémologie normative de Popper n’a jamais été vraiment appliquée, même par ses épigones tel Jacques Monod, et n’est pas applicable. Les raisons de ces échecs doivent être recherchées non seulement dans la logique potentielle, mais aussi dans le modèle déductif-nomologique, au fondement du critère et qui deviendra la norme de toute science empirique. Si le modèle D-N d’explication, formalisé plus tard par Carl Hempel, peut servir à la construction du modus operandi de la réfutation en physique, il ne peut prétendre à l’opérabilité dans les disciplines où l’existence de lois demeure problématique et la notion de prédiction plurielle comme en biologie.

Enfin la thèse, s’appuyant sur l’analyse critique de l’épistémologie poppérienne, propose une typologie des prédictions, précise la spécificité des énoncés biologiques et envisage un autre critère de scientificité qui prenne davantage en compte la science en action.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Biais cognitifs : la fabrique des histoires ( Cliquer sur l'image ) | France culture 30/09/2019

Que sont les biais cognitifs ? Quels sont les différents types connus ? Comment influencent-ils nos prises de décision ? Quels sont les mécanismes cognitifs permettant leur mise en oeuvre et pourquoi ? Quelle est l’influence des émotions sur les biais cognitifs ?

Les biais cognitifs sont des mécanismes intuitifs
et systématiques qui altèrent notre raisonnement.
En cette période de « post-vérité », pourquoi est-il si difficile de ré-implémenter de la raison dans notre approche de l’information, démultipliée par les réseaux que nous fréquentons de plus en plus assidûment, peut-être parce que nous sommes, dans ce bombardement informatif, de plus en plus victimes de nous-mêmes, à savoir de nos >>> biais cognitifs et que les pourvoyeurs de fake news jouent, consciemment ou non, sur ces distorsions intérieures qui déforment notre perception du réel. C’est pourquoi nous vous proposons, aujourd’hui, un petit guide pratique pour réapprendre à penser contre soi.

Biais cognitifs : la fabrique des histoires : c’est le programme inhibiteur qui est le nôtre pour l’heure qui vient. 

Bienvenue dans La Méthode scientifique.

>>> Heuristique de jugement

Et pour essayer de remettre tout ça d’aplomb et de débiaiser ces petites cellules grises du mieux possible, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Olivier Houdé, professeur de psychologie à l’Université de Paris et directeur honoraire du laboratoire CNRS de Psychologie du Développement et de l’Education de l’Enfant et Stefano Palminteri, chercheur en >>> neurosciences cognitives, chargé de recherche INSERM dans l’équipe « apprentissage du renforcement » du laboratoire Neurosciences cognitives et computationnelles de l’Ecole Normale Supérieure de Paris.

Penser "vraiment", c'est penser contre soi. Olivier Houdé

Le reportage du jour

Wim de Neys dirige le projet Diagnor au sein du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Éducation de l'Enfant, rattaché à l’Université Paris-Descartes. Ce projet a pour objectif de diagnostiquer pourquoi un individu X ou Y est biaisé, en croisant l’étude sur le plan comportemental, physiologique et neurologique. Les premiers résultats montrent clairement que nous ne sommes pas tous égaux face aux biais : certaines personnes face à un problème, parviennent à inhiber naturellement leur intuitions erronées pour donner une bonne réponse, alors que d’autres personnes n’en sont pas capables. Etudier les raisons de ces différences est donc un enjeu, pour optimiser la prévention des biais, et par extension, les programmes éducatifs. Par Céline Loozen et Alexandra Delbot


lundi 25 octobre 2021

Allons-nous changer d’espèce humaine ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 23/10/2021

À retrouver dans l'émission SCIENCE EN QUESTIONS par Etienne Klein

Qu’allons-nous en faire de la CRISPR-Cas9? L’utiliser pour soigner de graves maladies ? Nous laisser tenter par l’eugénisme ? En quoi va-t-elle changer nos vies ? Pourrait-elle bouleverser les contours de notre humanité ?

dpa-story: Crispr 22 May 2018, Germany, Berlin:
A researcher performs a CRISPR/Cas9 process
at the Max-Delbrueck-Centre
for Molecular Medicine.

En octobre 2020, le prix Nobel de chimie a été attribué à Emmanuelle Charpentier et à Jennifer Doubna pour le développement d'une méthode d'édition du génome grâce à un outil moléculaire au nom imprononçable : CRISPR-Cas9. 

Cette sorte de paire de ciseaux à ADN permet de couper, coller, remplacer et modifier l’information génétique qui est rassemblée au cœur des cellules. 

Cette technologie est à l’évidence une technologie « de rupture ». Qu’allons-nous en faire ? L’utiliser pour soigner de graves maladies ? Nous laisser tenter par l’eugénisme ? En quoi va-t-elle changer nos vies ? Pourrait-elle bouleverser les contours de notre humanité ?

Avec Aline Richard Zivohlava, journaliste spécialiste des sciences, auteure de >>> La Saga Crispr (Flammarion 2021).

>>> Crispr-Cas9 : le ciseau moléculaire à la croisée des chemins

>>> Que se cache-t-il sous Crispr-CAS9 ?

>>> ADN : c'est quoi le code ?

jeudi 21 octobre 2021

Philosophie de la prostate ( Cliquer sur l'image ) | France culture 22/06/2018

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

De la prostate, il n'en fut jamais question en philosophie. Du phallus, de l'érection, de la vulve et du vagin, oui! Comment se fait-il que cette petite glande masculine essentielle fut oubliée pendant des générations ?

54 000 cas de cancers de la prostate par an en France.

En retournant aux écrits de philosophes, Philippe Petit interroge les rapports entre médecins et malades, entre corps et maladie et nous livre un récit intime de l'expérience de la maladie.

Le texte du jour

« C’est en observant Jamie Logan que je me sentis le plus désarçonné. Il y avait des années que je ne m’étais pas trouvé à proximité d’une jeune femme aussi irrésistible, peut-être pas depuis que je m’étais trouvé face à Jamie elle-même dans la salle à manger d’un club littéraire de Harvard. (…) Elle exerçait une puissante force d’attraction sur moi, une force gravitationnelle sur le fantôme de mon désir. Cette femme était en moi avant même d’être apparue." 

"L’urologue qui avait diagnostiqué mon cancer quand j’avais soixante-deux ans m’avait ensuite exprimé sa sympathie en disant : « Je sais que ce n’est pas une consolation, mais vous n’êtes pas seul – cette maladie a atteint des proportions épidémiques dans ce pays. Votre combat est partagé par bien des gens. Dans votre cas, c’est seulement dommage que je n’aie pas pu faire ce diagnostic dix ans plus tard », voulant dire par là que l’impuissance provoquée par l’ablation de la prostate m’aurait peut-être semblé à ce moment-là, une perte moins douloureuse. Je me suis donc mis en devoir de minimiser cette perte en m’efforçant de prétendre que le désir s’était émoussé de façon naturelle, jusqu’au moment où je me suis trouvé en contact pendant moins d’une heure avec une femme de trente ans belle, privilégiée, intelligente, maîtresse d’elle-même, l’air alangui, rendue totalement vulnérable par ses craintes, et où j’ai connu l’amertume désarmée d’un vieil homme au supplice et mourant d’envie d’être à nouveau intact. »

Lectures

  • Philippe Roth, Exit le Fantôme, traduction de Marie Claire Pasquier, (Gallimard, 2007), p.83 et 84 
  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, L’Anti-Œdipe, Capitalisme et schizophrénie (Editions de Minuit, 1973), p.14

Extraits

  • Archive : Antonin Artaud
  • Archive : Deleuze 

Références musicales

  • One man mormon blues band, Prostate blues
  • Guillaume Teyssier, thème baroque
  • Gaspard Claus, Channel
  • Brigitte Fontaine, Le Beau Cancer

dimanche 17 octobre 2021

How Boston Dynamics Is Building Its Robot Empire | CNBC 9 oct. 2021


Boston Dynamics has sparked the imaginations of the general public with its viral YouTube videos, but the company is now hoping to get the attention of paying customers. Initially, Boston Dynamics received a lot of its funding from the U.S. military and DARPA. Later, it was financed by big-name owners including Google, SoftBank and most recently, Hyundai. All of these companies have tried to steer the robot maker on a path to commercialization, and Boston Dynamics is finally getting there. CNBC got a rare look at Boston Dynamics’ office in Massachusetts, where the team showed off two of the robots they are working to commercialize: Spot and Stretch.

jeudi 14 octobre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Au-delà du clitoris ( Cliquer sur l'image ) | France culture 21/09/2020

Une série documentaire de Nedjma Bouakra, réalisée par Yvon Croizier 

A-t-il déjà existé un écart plus grand entre les savoirs objectifs et l’expérience subjective autour d’une partie de l’anatomie du corps humain ? 

Le clitoris entretient une dispute scientifique, philosophique voire entre les deux sexes au travers des siècles.


À retrouver dans l'émission LSD, LA SÉRIE DOCUMENTAIRE par Perrine Kervran

TOUS LES ÉPISODES


>>> Archéologie du clitoris

Triangles, vulves creusées dans la roche, ces inscriptions de l’art pariétal nous invitent à nous interroger sur les représentations symboliques du corps...


>>> Panique sexuelle

Au XVIème siècle si le clitoris est redécouvert scientifiquement son usage est peu à peu strictement contrôlé.


>>> Se reconstruire

En France, on parle communément d’”excision” et sous ce terme se tiennent invisibles les différentes formes de mutilations sexuelles et plus encore les...


>>> Tout le plaisir est pour moi

Le clitoris met au centre de l’attention le plaisir féminin. Il est aujourd’hui à la mode, il est un peu l’arbre qui cache la forêt d’une grande ambition,...

Ils ont pensé la nature ( Cliquer sur l'image ) | France culture 30/07/2021

À retrouver dans l'émission ILS ONT PENSÉ... par Gérard Courtois

Aristote, Descartes, Diderot, Von Humbolt, Darwin, Thoreau... Six figures majeures de la pensée sur la nature et ses rapports à l'être humain.

Ils ont pensé la nature

Un podcast écrit par Gérard Courtois, réalisé par Thomas Dutter, dont l'intégralité est à retrouver ici

Textes lus par Rachel Khan

Retrouvez chaque séquence isolée ci-dessous, avec, en cliquant sur le lien, le texte intégral de chacune d'entre elle :

>>> Aristote, le fondateur

>>> Descartes, l’ingénieur

>>> Diderot, le précurseur

>>> Von Humboldt, le voyageur

>>> Darwin, le législateur

>>> Thoreau, l’arpenteur

dimanche 10 octobre 2021

Le podcast : phénomène de mode ou phénomène durable ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 14/10/2018

À retrouver dans l'émission SOFT POWER par Frédéric Martel

Comme chaque année dans Soft Power, tour d'horizon de l'état et de l'actualité du podcast en 2019. Quelle créativité ? Quelles nouvelles écritures ? Quel modèle économique ?

État des podcasts en 2019

Quand la radio est un flux, avec une programmation, une grille, une logique d’antenne, le « podcast », lui, est indépendant et autonome. Un podcast, c’est un outil de « ballado-diffusion », c’est-à-dire un programme audio ou radio que l’on écoute à la demande.

Vous l’écoutez sur votre portable, ordinateur ou smartphone, à l’heure que vous voulez, par abonnement ou à la demande en streaming. Il est généralement gratuit et il peut s’agir soit d’une création originale, on parle alors de podcast natif, ou plus fréquemment, de rediffusion d’une émission.

Pour tenter de faire le tour de la question du podcast à 360° : quelle créativité, quelles nouvelles écritures ? Quel modèle économique et quel rentabilité pour un podcast autofinancé ? Comment mesure-t-on l’audience des podcasts et enfin que nous disent les podcasts en matière des nouvelles pratiques d’écoutes de la radio et du son, des jeunes et de l’avenir aussi, à l’heure des assistants vocaux et des enceintes connectées. Le podcast : un phénomène de mode ou un phénomène durable ? 

Pour aller plus loin :

- "Voici les treize mutations qui sont en train de révolutionner la radio", Frédéric Martel, Slate, 29 janvier 2016

- "Allo Maman", Arte Radio

- "L'appel des abysses", France Culture

- "Le nombril", Boxsons

- Serial

Playlist :

- Rene and Georgette Magritte with ther dog after the war - Paul Simon

- Maddy la nuit - Flavien Berger

Réseaux sociaux : 

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Podcast, la révoluSon ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 15/03/2018

À retrouver dans l'émission LE BILLET CULTUREL par Mathilde Serrell

En pleine effervescence, le podcast français professionnalise son modèle.

Un homme avec un casque audio

C’était l’un des thèmes d’ouverture des 11ème Assises Internationales du journalisme de Tours : "la folie des Podcasts". Qu’il soit issu des programmes radio ou produit de manière originale, le format podcast est en pleine effervescence en France. 

Quant aux Etat-Unis, il affiche des courbes de croissance affolantes. 40% des Américains de plus de 12 ans affirment avoir écouté un podcast au cours du dernier mois, contre 12% seulement il y a 5 ans. Le marché publicitaire du podcast suit avec une augmentation de 85% en 2017 par rapport à l'année précédente. Et le New York Times annonce le « futur du post-texte ». Mais comment se construit précisément le modèle français ?

La séquence actuelle est parfois comparée à l’émergence des radios libres en France dans les années 70. En plus des programmes radio délinéarisés et disponibles à la réécoute, des contenus audio créés nativement sur le web se sont démultipliés. Explosion créative et tous azimuts avec des podcasts de niche qui creusent une thématique en particulier : la bouffe, les séries, le sexe, les comics, les chanteuses d’opéra, le féminisme, la masculinité ou même l’actualité de YouTube. Dans un élan qui, plus récent que les radios libres, peut se rapprocher de l’apparition des bloggeurs ou des youtubeurs, justement.

Mais parce qu’il s’agit d’audio, d’une écriture spécifique, et d’un rapport spécifique, celui que confère l’intimité du son, l’immersion dans nos vies et nos déplacements, des plateformes se sont spécialisées dans ces productions. Dans le sillage de la pionnière Arte Radio lancée il y a 15 ans, on peut citer « Binge » qui produit et accueille des podcasts, avec 2 millions d’écoute entre 2017 et 2015, date de sa création. Mais aussi « Transfert » disponible sur le site Slate.fr qui propose des podcasts ou « histoires audio » centrés sur les mises en récit à la première personne. La créatrice de « Transfert », Charlotte Pudlowski, associée à une autre podcasteuse Mélissa Bounoua de « Studio 404 », vient d’ailleurs de lancer « Louie Media », nouvelle société de production de podcasts.

Quant au modèle économique, c’est la production de podcasts pour d’autres médias ou pour des marques qui peut financer ces nouvelles sociétés, et diversifier l’activité des radios traditionnelles. Aujourd’hui, des journaux comme L’Equipe ou Les Echos ont leurs podcasts, et même les chaînes de télé s’y mettent, comme LCI par exemple. Preuve que l’audio devient une déclinaison inévitable.

Bref, ce qui se dessine est hybride à tous niveaux. Fut un temps, assez récent mais déjà ancien à la vitesse où vont les choses, on distinguait le PIF (le podcast indépendant français) du PAF (le paysage audiovisuel français). Dans une dérive un peu puriste un vrai podcast, du nouveau monde nouveau, c’était un podcast natif et pas un programme radio en réécoute. Depuis, les oppositions artificielles se sont diluées. La consommation de podcasts est évidemment mixte, et la production s’est elle même hybridée. France Culture a inauguré cette saison son premier podcast natif  « Super Fail », rejoint il y a un mois par >>> « Hasta Dente ! » premier podcast natif de fiction. Penser une émission pour sa forme podcastée, comme penser un podcast sans émission, les écritures radio mutent.

Et c'est à se demander : si à 50 ans, on n’a pas lancé son podcast, on a raté sa vie?

Le podcast, nouvel eldorado ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 17/02/2018

À retrouver dans l'émission LA FABRIQUE MÉDIATIQUE par Caroline Broué

Le podcast se développe en France. Il ne s'agit plus uniquement d'émissions en réécoute, mais de véritables podcasts natifs, créés pour une écoute numérique à la demande. Un format qui intéresse à la fois les médias traditionnels et les nouveaux médias digitaux. Le podcast, nouvel eldorado ?

Le podcast, nouvel eldorado ?

Mardi, France Culture a lancé son premier podcast natif de fiction, Hasta Dente !, en collaboration avec la SACD. Car désormais, et de plus en plus, la radio s’écoute à la carte, non plus seulement en direct, mais beaucoup en différé, via les podcasts, que les Québécois appellent joliment les balados : ces programmes audio, issus ou non de la radio, que l’on peut télécharger puis écouter à tout moment, essentiellement depuis son smartphone. 

Il y a les émissions de radio que nous produisons et que vous réécoutez quand vous voulez et où vous voulez, et il y a les podcasts dits « natifs » donc, créés spécifiquement pour une écoute numérique. >>> Arte radio a été une pionnière il y a 15 ans, et depuis elle a fait des petits, qui s’appellent >>> TransfertBinge AudioNouvelles écoutesLouie Media, ou BoxSons

Qu’en est-il pour nous, média radio ? Que nous disent les podcasts de vos nouveaux usages à vous, auditeurs ? Le podcast est-il notre avenir et l’audio est-il l’avenir des médias ?

Le lien vers >>> l'article du New York Times sur "l'avenir de l'après-texte" .

La créativité est du côté des podcasts en ce moment,  ça vit et ça bouillonne, ça me rappelle les radios libres - Pascale Clark

Le développement des podcasts hors radios traditionnelles c'est réjouissant parce que  ça nous pousse à renouveler les écritures, à nous demander ce qu'est une émission de radio, à quoi elle sert et à qui on s'adresse - Florent Latrive

>>> "Le podcast, tout le monde y croit"