Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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dimanche 26 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Covid-19 : comprendre la croissance exponentielle d’une pandémie, un défi cognitif pour la population, par Etienne Meyer-Vacherand | Le Temps 08 juillet 2020

Une étude menée par des chercheurs allemands aux Etats-Unis met en évidence la difficulté de la population à appréhender la croissance explosive de ce type de courbes. Un biais qui a un impact sur l’adhésion aux mesures de distanciation physique.

Aux Etats-Unis, la propagation du SARS-CoV-2 s’est accélérée ces derniers jours, notamment dans les Etats du Sud. Dans certains d’entre eux, les mesures d’isolement avaient entraîné des manifestations en avril. De l’autre côté de l’océan Atlantique, le déconfinement de la majorité des pays européens a aussi entraîné un certain relâchement dans les mesures de distanciation physique.

Des chercheurs allemands se sont livrés à une analyse regroupant trois études menées aux Etats-Unis pour comprendre pourquoi une importante partie de la population a du mal à accepter et à comprendre l’utilité de ces mesures. Les résultats, publiés par la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), mettent en évidence l’impact d’un biais cognitif, le biais de croissance exponentielle, sur l’adhésion de la population aux règles de distanciation.

>>> Le point sur l’épidémie due au coronavirus qui progresse inexorablement en Amérique

La courbe exponentielle décrit un phénomène explosif, qui peut avoir cours dans les premiers temps d’une pandémie : si le nombre de nouvelles infections double tous les trois jours, cela signifie que la moitié des personnes infectées depuis le début de l’épidémie l’ont été depuis moins de trois jours. Ce phénomène d’emballement est difficile à appréhender, selon les expériences rapportées dans PNAS.

Le modèle linéaire comme référence

Ces trois études ont été menées sur trois groupes différents de plus de 500 personnes pendant la deuxième partie du mois de mars, alors que la croissance de l’épidémie s’emballait aux Etats-Unis. Pour la première étude, les chercheurs ont demandé aux participants d’estimer le nombre de nouveaux cas sur les cinq jours passés. Sur les trois premiers jours de la semaine, ces derniers ont tendance à surestimer le nombre de cas, mais la tendance s’inverse sur les deux derniers jours. Ainsi, sur l’ensemble de la période, les personnes interrogées ont en moyenne sous-estimé la croissance de l’épidémie de 45,7 % par rapport à son évolution réelle. Cette double tendance s’explique par la difficulté à appréhender la propagation exponentielle du virus. Les estimations de la majorité des participants suivent en fait un modèle linéaire d’évolution de l’épidémie.

Les chercheurs ont également cherché à mettre en évidence l’influence des convictions politiques sur les estimations des participants. Globalement, ceux se considérant comme conservateurs ont eu plus de mal à estimer la vitesse de diffusion du virus que ceux se présentant comme libéraux. Pour autant, les auteurs indiquent que les conservateurs ne sous-estimaient pas l’ampleur du problème. Ils ont même eu tendance à davantage surestimer le nombre de cas que les libéraux pendant les trois premiers jours, mais ils ont eu plus de mal à prendre en compte la rapidité avec laquelle les cas se sont effectivement multipliés.

Pour la deuxième étude, les chercheurs ont répété les conditions de la première expérience, mais en séparant le deuxième groupe en deux sous-groupes. La moitié des participants ont reçu un message d’avertissement leur indiquant que la plupart des personnes n’arrivaient pas à estimer correctement la vitesse de propagation du Covid-19 et qu’« aux Etats-Unis (comme dans presque tous les autres pays) le nombre de patients double et continue de doubler tous les trois jours ». Encore une fois, les deux groupes ont eu tendance à surestimer le nombre de cas dans un premier temps, puis à le sous-estimer ensuite. Toutefois, les estimations du groupe ayant reçu l’avertissement se sont révélées plus proches de l’évolution réelle de la maladie que celles du groupe de contrôle.

Un biais qui peut être corrigé

Cette difficulté à appréhender le phénomène de croissance exponentielle a déjà été mise en évidence dans d’autres études, notamment dans le domaine économique. En 2009, des chercheurs avaient montré que les ménages touchés par ce biais avaient tendance à emprunter plus et à épargner moins. Une autre étude, de 2015, a révélé que plus une personne était touchée par ce biais, plus elle se montrait confiante dans sa capacité à évaluer une croissance exponentielle. Les chercheurs notent également que les participants avertis ont davantage tendance à soutenir les mesures de distanciation physique.

Pour la troisième étude, ils se sont donc demandé s’il était possible de corriger ce biais. Cette fois, l’ensemble des participants du troisième groupe (scindé en deux) ont reçu les chiffres de l’évolution réelle du nombre de cas aux Etats-Unis ainsi que l’avertissement sur l’incapacité des gens à appréhender cette croissance exponentielle. Il leur a ensuite été demandé d’estimer l’évolution de l’épidémie sur les quinze jours à venir. Le sous-groupe de contrôle a dû donner directement le nombre de cas à la fin de la période, tandis que le second devait estimer l’évolution du virus en cinq étapes espacées de trois jours. Le second groupe a donné des estimations proches d’une courbe exponentielle et un résultat final supérieur de 173 % par rapport au groupe de contrôle.

Ce dernier volet montre qu’en demandant à certains participants de prendre en compte différentes étapes de progression du nombre de cas dans le futur, ils ont une meilleure compréhension des effets d’une croissance exponentielle de l’épidémie et soutiennent davantage les mesures de distanciation physique. Pour les auteurs, ces résultats montrent à quel point l’impact de ce biais cognitif est important dans la perception que la population a de l’épidémie et quant à son soutien aux mesures de distanciation physique. Ils soulignent également que, dans le cadre d’une crise aussi médiatisée que celle du Covid-19, il est possible de corriger ce travers en avertissant la population.

Etienne Meyer-Vacherand ("Le Temps")

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Fonction exponentielle : à tout Euler ( Cliquer sur l'image ) | France culture 19/11/2020

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin

Qu’est-ce que la fonction exponentielle ? Quand et comment a-t-elle été découverte, et quelles sont ses applications ? Quel lien avec la “croissance exponentielle”, souvent utilisée pour désigner la progression du Covid-19 ?

Jamais n’aurons-nous été, depuis 10 mois maintenant, aussi exposés à la notion de croissance exponentielle. Depuis la toute première vague, et les lanceurs d’alerte autoproclamés qui assuraient que la courbe épidémique suivait une fonction exponentielle, jusqu’aux comptes rendus des responsables politiques qui nous disent, et répètent, que le confinement est rendu obligatoire parce que la maladie suit à nouveau une croissance exponentielle, nous nous sommes demandés si la notion d’exponentielle était si facile à comprendre que ça. Et du coup, on vous explique tout aujourd’hui, depuis sa formalisation par Euler jusqu’à son application à l’épidémie de Covid et même celle de votre Livret A.

Fonction exponentielle : à toute Euler ! C’est le programme qui monte qui monte qui monte pour l'heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour faire le tour de cette notion, comprendre comment elle a été élaborée et l’appliquer par la suite à la situation pandémique présente, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Hervé Lehning, professeur de mathématiques, écrivain et journaliste scientifique, auteur notamment de “Toutes les mathématiques du monde”, aux éditions Flammarion, Nicolas Bacaër, chargé de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement en biomathématiques et Roger Mansuy, docteur en mathématiques et enseignant en classes préparatoires au lycée St Louis à Paris, et membre du comité de culture mathématique de l’Institut Henri Poincaré.

Les bases documentaires

Retrouvez le thread de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

>>> Modèles compartimentaux en épidémiologie

>>> VOUS AVEZ DIT « MODÈLE » ?

Les références musicales

  • Le titre du jour : "Hurt people, hurt people" par Krill
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

mardi 21 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Neurones : connexion en cours ( Cliquer sur l'image ) | France culture 16/09/2021

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp

Que savait-on du cerveau au 19ème siècle ? Dans quel contexte est née la théorie neuronale ? Pourquoi l’idée du neurone a-t-elle eu du mal à s’imposer ? Comment les techniques microscopiques et les méthodes de colorations cellulaires ont permis d'observer à échelle cellulaire les tissus nerveux ?

Une querelle entre deux grands
neuroscientifiques, Cajal et Golgi,
 a fini pardonner une conception juste
de l’anatomie et du fonctionnement
du cerveau

Ils sont environ 100 milliards dans notre cerveau et malgré cette omniprésence, il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que l’on puisse commencer à les observer. 

Si les neurones ont été l’objet d’une célèbre controverse scientifique,  les premières observations détaillées de ces cellules constituent le socle historique des neurosciences, domaine qui n’en finit pas de sonder les mystères de notre organe à penser.

Comment a-t-on fini par découvrir la structure neuronale et quelles conséquences majeures cette découverte a-t-elle eu sur la compréhension du cerveau ? Telles sont les connexions que nous allons tenter d’établir aujourd’hui.

Neurones : connexion en cours, c’est le programme cérébral qui est le nôtre pour l’heure qui vient, bienvenue dans “La Méthode scientifique” !

Et pour retracer ensemble cette histoire de la théorie neuronale nous avons le plaisir d’être en ligne avec Laura Bossi, neurologue, historienne des sciences au laboratoire SPHERE de l’Université de Paris. En ligne également avec nous Hervé Chneiweiss, du laboratoire Neuroscience Paris Seine et président du Comité d’éthique de l’Inserm. 

Le reportage du jour

La coloration de Golgi, développée par Camillo Golgi, est une méthode consistant à imprégner les tissus nerveux par des sels d’argent en solution, qui vont se fixer sur les axones, dendrites et corps cellulaires. Ainsi, les cellules nerveuses apparaissent en noir, sur fond clair, comme des schémas arborescents dessinés à l’encre de Chine. C’est la réaction noire, qui permettra ensuite à Cajal de poser sa théorie neuronale. Avec Jérôme Yelnik, directeur de recherche à l’Inserm, qui a longtemps utilisé cette méthode, sur des cerveaux de rats ou de primates, pour mieux comprendre la morphologie des neurones. Par Céline Loozen :

Pour aller plus loin

Retrouvez le thread de l’émission du jour sur le fil twitter de La Méthode Scientifique

Les références musicales

  • Le titre du jour : "Autumn Leaves" par Parade
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

dimanche 12 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Are the brains of atheists different to those of religious people ? Scientists are trying to find out, by Miguel Farias, Associate Professor in Experimental Psychology, Coventry University [ Google Traduction ] | The Conversation January 18, 2021 Via notre F P V

The cognitive study of religion has recently reached a new, unknown land: the minds of unbelievers. Do atheists think differently from religious people? Is there something special about how their brains work? To illustrate what they’ve found, I will focus on three key snapshots.

The first one, from 2003, is probably the most photogenic moment of “neuro-atheism”. Biologist and atheist Richard Dawkins travelled to the lab of Canadian neuroscientist Michael Persinger in the hope of having a religious experience. In this BBC Horizon film, God on the Brain, a retro science-fiction helmet was placed on Dawkins head. This “god helmet” generated weak magnetic fields, applied to the temporal lobes.

Picture of Richard Dawkins

Persinger had previously shown that this kind of stimulation triggered a wide range of religious phenomena – from sensing the presence of someone invisible to prompting out-of-body experiences. With Dawkins, though, the experiment failed. As it turned out, Persinger explained, Dawkins’ temporal lobe sensitivity was “much, much lower” than is common in most people.

The idea that the temporal lobes may be the seat of religious experience has been around since the 1960s. But this was the first time that the hypothesis was extended to explain the lack of religious experience based on the lower sensitivity of a brain region. Despite the exciting possibility of testing this hypothesis with a larger sample of atheists, it remains to be done.

Image of Rodin's
The Thinker

The second snapshot takes us to 2012. Three articles published by labs in the USA and Canada presented the first evidence linking an analytical, logical thinking style to unbelief. Psychologists have been theorising about different ways that brains process information for a long time: conscious versus unconscious, reflective versus experiential, analytical versus intuitive. These are linked to activity in certain brain areas, and can be triggered by stimuli including art. The researchers asked participants to contemplate Rodin’s famous sculpture, The Thinker, and then assessed their analytical thinking and disbelief in god. They found that those who had viewed the sculpture performed better on the analytical thinking task and reported less belief in god than people who hadn’t seen the image.

In the same year, a Finnish lab published the results of a study where their scientists tried to provoke atheists into thinking supernaturally by presenting them with a series of short stories and asking if the punchline was a “sign of the universe” (interpreting something as a “sign” is more supernatural than interpreting something as, for example, a coincidence). They did this while scanning their brains using functional magnetic resonance imaging (fMRI). The more the participants suppressed supernatural thinking, the stronger the activation of the right inferior frontal gyrus was. We know this area is involved in cognitive inhibition, an ability to refrain from certain thoughts and behaviours.

Together, these studies suggest that atheists have a propensity to engage more in analytical or reflective thinking. If believing in gods is intuitive, then this intuition can be overridden by more careful thinking. This finding certainly raised the possibility that the minds of atheists are simply different from those of believers.

Replication crisis

So how robust are the findings? In 2015, a “replication crisis” hit the field of psychology. It turned out that the results of many classic studies couldn’t be achieved when running them again. The psychology of religion and atheism was no exception.

The experiment with Rodin’s Thinker was the first to be investigated. Three new studies were conducted with larger samples than the original — and they all failed to replicate the original results. With one sample, they found the very opposite: contemplating the Thinker increased religious belief.

One possible limitation with the original studies is that they had all been undertaken in the USA. Could culture act in such a decisive way that the analytical cognitive style associated with atheism in one country might be nonexistent elsewhere? The author of the original Rodin study attempted to answer this in a new study which included individuals from 13 countries. The results confirmed that a cognitive analytical style was only linked to atheism in three countries: Australia, Singapore and the USA.

In 2017, a double-blind study was carried out to test in a more robust way the link between unbelief and cognitive inhibition. Instead of using brain imaging to see which area lit up, they used a brain stimulation technique to directly stimulate the area responsible for cognitive inhibition: the right inferior frontal gyrus. Half of the participants, however were given a fake stimulus. The results showed that the brain stimulation worked: participants who had it achieved better in a cognitive inhibition task. However, this had no effect on decreasing supernatural belief.

The complexity of atheism

The third snapshot is this one: a man is standing against a background which looks like a church. He appears to be doing the sign of the cross with his right hand while his left hand rests on his heart. He is a priest – but not of any church that believes in gods: he presides over the Positivist Temple of Humanity, a church for atheists and agnostics created by August Comte in the 19th century. This priest is not doing the sign of cross but the Positivist blessing.

Together with photographer Aubrey Wade, I stumbled upon this active temple in the south of Brazil, while collecting data for a large ongoing project involving over 20 labs across the world: Understanding Unbelief.

Image of a man doing
the positivist blessing.

Finding an active church of unbelievers dedicated to the love of humanity — its golden principle being “live for others” — ruptured how I thought of atheists and the boundary separating them from the religious. And this has implications for how we develop studies in this area. When doing experiments with believers we can use multiple stimuli, from religious images to music, to trigger a religious effect or cognition in the lab. But finding an equivalent for unbelievers has proved hard.

One brain imaging study conducted at Oxford University compared an image of the Virgin Mary with that of a regular woman, both painted in the same period. Researchers found that when Roman Catholics concentrated on the Virgin Mary while being subjected to electric shocks, this alleviated their perception of pain compared to looking at the other woman. This decrease in pain was associated with an engagement of the right ventro-lateral prefrontal cortex, a region known to drive pain inhibitory circuits.

No similar effect was found for the unbelievers, although they rated the secular image as more pleasant than the religious one. But what if the unbelievers being tested were members of the Positivist Temple and were instead shown an image of their goddess of humanity — would this have alleviated pain in a similar way to that experienced by the religious individuals?

The future cognitive science of atheism will have to think hard about how to move forward. It needs to develop models that account for cultural variations as well as consider the implications of atheists engaging with rituals that celebrate humanity.

[ Le cerveau des athées est-il différent de celui des religieux ? Les scientifiques essaient de le découvrir, par Miguel Farias, professeur agrégé en psychologie expérimentale, Université de Coventry

L'étude cognitive de la religion a récemment atteint un nouveau pays inconnu: l'esprit des incroyants. Les athées pensent-ils différemment des religieux ? Y a-t-il quelque chose de spécial dans le fonctionnement de leur cerveau ? Pour illustrer ce qu’ils ont trouvé, je me concentrerai sur trois instantanés clés.

  • Le premier, de 2003, est probablement le moment le plus photogénique du «neuro-athéisme». Le biologiste et athée >>> Richard Dawkins s'est rendu au laboratoire du neuroscientifique canadien Michael Persinger dans l'espoir de vivre une expérience religieuse. Dans ce film de BBC Horizon, God on the Brain, un casque de science-fiction rétro a été placé sur la tête de Dawkins. Ce «casque de dieu» a généré de faibles champs magnétiques, appliqués aux lobes temporaux.

Persinger avait précédemment montré que ce type de stimulation déclenchait un large éventail de phénomènes religieux - de la détection de la présence d'une personne invisible à l'incitation à des expériences hors du corps. Avec Dawkins, cependant, l'expérience a échoué. En fait, a expliqué Persinger, la sensibilité du lobe temporal de Dawkins était «beaucoup, beaucoup plus faible» que ce qui est commun chez la plupart des gens.

L'idée que les lobes temporels peuvent être le siège de l'expérience religieuse existe depuis les années 1960. Mais c'était la première fois que l'hypothèse était étendue pour expliquer le manque d'expérience religieuse basée sur la moindre sensibilité d'une région cérébrale. Malgré la possibilité intéressante de tester cette hypothèse avec un plus grand échantillon d'athées, il reste à faire.

  • Le deuxième instantané nous amène à 2012. Trois articles publiés par des laboratoires aux États-Unis et au Canada ont présenté la première preuve liant un style de pensée analytique et logique à l'incrédulité. Les psychologues théorisent depuis longtemps sur les différentes façons dont le cerveau traite l'information: conscient contre inconscient, réflexif contre expérientiel, analytique contre intuitif. Celles-ci sont liées à l'activité dans certaines zones du cerveau et peuvent être déclenchées par des stimuli, y compris l'art. Les chercheurs ont demandé aux participants de contempler la célèbre sculpture de Rodin, Le Penseur, puis ont évalué leur pensée analytique et leur incrédulité en Dieu. Ils ont constaté que ceux qui avaient vu la sculpture avaient de meilleures performances dans la tâche de réflexion analytique et ont déclaré moins croire en Dieu que les personnes qui n'avaient pas vu l'image.
  • La même année, un laboratoire finlandais a publié les résultats d'une étude où leurs scientifiques ont tenté de provoquer des athées à penser de manière surnaturelle en leur présentant une série d'histoires courtes et en leur demandant si la punchline était un «signe de l'univers» (interpréter quelque chose comme un «signe» est plus surnaturel que d'interpréter quelque chose comme, par exemple, une coïncidence). Ils l'ont fait en scannant leur cerveau à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Plus les participants supprimaient la pensée surnaturelle, plus l'activation du gyrus frontal inférieur droit était forte. Nous savons que ce domaine est impliqué dans l'inhibition cognitive, une capacité à s'abstenir de certaines pensées et comportements.

Ensemble, ces études suggèrent que les athées ont une propension à s'engager davantage dans une pensée analytique ou réflexive. Si croire aux dieux est intuitif, alors cette intuition peut être annulée par une réflexion plus prudente. Cette découverte a certainement soulevé la possibilité que l'esprit des athées soit simplement différent de celui des croyants.

Crise de réplication

Alors, quelle est la robustesse des résultats? En 2015, une «crise de réplication» a frappé le champ de la psychologie. Il s'est avéré que les résultats de nombreuses études classiques ne pouvaient pas être atteints lors de leur réexécution. La psychologie de la religion et de l'athéisme ne faisait pas exception.

L'expérience avec le Penseur de Rodin a été la première à être étudiée. Trois nouvelles études ont été menées avec des échantillons plus grands que l'original - et elles ont toutes échoué à reproduire les résultats originaux. Avec un échantillon, ils ont trouvé le contraire: la contemplation du Penseur augmentait la croyance religieuse.

Une limite possible avec les études originales est qu'elles avaient toutes été entreprises aux États-Unis. La culture pourrait-elle agir d'une manière si décisive que le style cognitif analytique associé à l'athéisme dans un pays pourrait être inexistant ailleurs? L'auteur de l'étude originale Rodin a tenté d'y répondre dans une nouvelle étude qui comprenait des individus de 13 pays. Les résultats ont confirmé qu'un style d'analyse cognitive n'était lié à l'athéisme que dans trois pays: l'Australie, Singapour et les États-Unis.

En 2017, une étude en double aveugle a été menée pour tester de manière plus robuste le lien entre incrédulité et inhibition cognitive. Au lieu d'utiliser l'imagerie cérébrale pour voir quelle zone éclairée, ils ont utilisé une technique de stimulation cérébrale pour stimuler directement la zone responsable de l'inhibition cognitive: le gyrus frontal inférieur droit. Cependant, la moitié des participants ont reçu un faux stimulant. Les résultats ont montré que la stimulation cérébrale fonctionnait: les participants qui l'avaient réalisé mieux dans une tâche d'inhibition cognitive. Cependant, cela n'a eu aucun effet sur la diminution de la croyance surnaturelle.

La complexité de l'athéisme

Le troisième instantané est celui-ci: un homme se tient sur un fond qui ressemble à une église. Il semble faire le signe de la croix avec sa main droite tandis que sa main gauche repose sur son cœur. C'est un prêtre - mais pas d'une église qui croit aux dieux: il préside le Temple positiviste de l'humanité, une église pour athées et agnostiques créée par August Comte au 19ème siècle. Ce prêtre ne fait pas le signe de croix mais la bénédiction positiviste.

Avec le photographe Aubrey Wade, je suis tombé sur ce temple actif dans le sud du Brésil, tout en collectant des données pour un grand projet en cours impliquant plus de 20 laboratoires à travers le monde: Comprendre l'incrédulité.

Trouver une église active d'incroyants dédiée à l'amour de l'humanité - son principe d'or étant «vivre pour les autres» - a rompu ma façon de penser les athées et la frontière qui les sépare des religieux. Et cela a des implications sur la façon dont nous développons des études dans ce domaine. Lorsque nous faisons des expériences avec des croyants, nous pouvons utiliser plusieurs stimuli, des images religieuses à la musique, pour déclencher un effet religieux ou une cognition en laboratoire. Mais trouver un équivalent pour les incroyants s'est avéré difficile.

Une étude d'imagerie cérébrale menée à l'Université d'Oxford a comparé une image de la Vierge Marie à celle d'une femme ordinaire, toutes deux peintes à la même période. Les chercheurs ont découvert que lorsque les catholiques romains se concentraient sur la Vierge Marie tout en étant soumis à des chocs électriques, cela atténuait leur perception de la douleur par rapport au fait de regarder l'autre femme. Cette diminution de la douleur était associée à un engagement du cortex préfrontal ventro-latéral droit, une région connue pour entraîner les circuits d'inhibition de la douleur.

Aucun effet similaire n'a été trouvé pour les incroyants, bien qu'ils aient évalué l'image profane comme plus agréable que l'image religieuse. Mais que se passerait-il si les incroyants testés étaient membres du Temple positiviste et se voyaient plutôt montrer une image de leur déesse de l'humanité - cela aurait-il soulagé la douleur d'une manière similaire à celle ressentie par les individus religieux ?

La future science cognitive de l'athéisme devra réfléchir sérieusement à la manière d'avancer. Il doit développer des modèles qui tiennent compte des variations culturelles et tenir compte des implications des athées s'engageant dans des rituels qui célèbrent l'humanité. ]

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ L’Origine des espèces de Darwin ( Cliquer sur l'image ) | France culture 08/02/2021

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth

TOUS LES ÉPISODES


>>> Aux origines d’une théorie

La première édition de L’Origine des espèces de Darwin est épuisée le jour même de sa parution, le 24 novembre 1859. Que renferme ce livre essentiel ?...


>>> Qu’est-ce que la sélection naturelle ?

Et si derrière la beauté et l'harmonie de la nature se cachait en fait le chaos ? Les plus forts survivent et les autres disparaissent dans une lutte acharnée...


>>> Faut-il lutter pour exister ?

Les êtres semblent évoluer de manière hasardeuse, au fil de variations infinies et indéfinies. Mais ces variations n'obéissent-elles pas à des lois ? Est-ce...


>>> Le darwinisme a-t-il évolué ?

Quels ont été les apports du darwinisme à la compréhension de l’homme, de la société mais aussi de la culture ? De Richard Dawkins à Stephen Jay Gould,...

Galilée et la naissance de la physique moderne | ARTE 10 sept. 2021


En privilégiant l’expérimentation, l’astronome italien Galileo Galilei a révolutionné le monde de la science. Un éclairant documentaire-fiction.  

C’est en partie grâce à lui que la science empirique s'est imposée, envers et contre tout. Mathématicien, physicien, géomètre et astronome, l’Italien Galileo Galilei (1564-1642), dit Galilée, a bousculé les savoirs établis en prônant une vision du monde fondée sur l’observation. Il a dès lors remis en cause les grandes autorités de son temps, réfutant les théories d’Aristote, qui encore à l’époque faisaient référence, et s’attirant les foudres de certains de ses confrères, puis de l’Église catholique, au sein de laquelle on se divise à son propos. Commence alors une longue controverse, au cours de laquelle Galilée s’aliène ses plus fervents soutiens, tel le pape Urbain VIII. Finalement condamné pour hérésie pour avoir défendu l’héliocentrisme copernicien contre le sens littéral des Écritures, Galilée n’a été réhabilité qu’en 1992 par le pape Jean-Paul II. 

Ce documentaire-fiction retrace le parcours mouvementé d’un savant à l’esprit critique affûté, expérimentateur plein de ressources, auquel on doit, entre autres, le perfectionnement du télescope et la découverte de quatre des lunes de Jupiter : Io, Europe, Ganymède et Callisto.

Documentaire de Susanne Utzt et Eike Schmitz (Allemagne, 2021, 52mn)

Disponible jusqu'au 11/10/2021

Le cosmos selon Kepler | Elendil Galilei 13 août 2020

mardi 7 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Covid : l’ombre du delta plane ( cliquer sur l'image ) | France culture 06/09/2021

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin et Antoine Beauchamp

Qu’est-ce qu’un variant ? Comment apparaissent-ils ? Est-ce que d’autres variants vont être amenés à apparaître ? Comment évalue-t-on leurs caractéristiques ? Comment prennent-ils le pas sur le reste ? Comment sont-ils classés par l’OMS ?

Comment explique-t-on que le variant
d’un même virus puisse être plus “dangereux” ?

Parmi la vingtaine de variants du SARS-CoV2 identifiés, le variant Delta est à l’heure de la rentrée des classes celui qui préoccupe le plus les autorités. Ce variant repéré en Inde en avril 2021 est aujourd’hui majoritaire en France. Plus contagieux, provoquant, selon les premières études, de plus grands risques d’hospitalisation chez les personnes non vaccinées, ce variant aurait également la capacité de mieux résister aux vaccins sans toutefois, et c’est tant mieux, les déjouer complètement. Comment dans ces conditions adapter la stratégie de lutte contre le Covid-19 ? Faut-il envisager la généralisation d’une troisième dose de vaccin ? Et comment mieux anticiper l’émergence de nouveaux variants ? C’est le casse-tête sanitaire que nous allons tenter de résoudre aujourd’hui.

Covid 19 : l'ombre du delta plane, c’est le programme mutant qui est le nôtre pour l’heure qui vient, bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour parler du variant delta nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Sandrine Sarrazin, chargée de recherche Inserm au centre d’Immunologie de Marseille Luminy. Nous recevons également Olivier Schwartz, directeur de l’Unité Virus et Immunité de l’Institut Pasteur.

Le reportage du jour

Pour comprendre la sensibilité du variant delta face aux anticorps monoclonaux et à ceux des personnes déjà infectées ou vaccinées, l’Institut Pasteur a réalisé une étude, publiée dans Nature le 8 juillet dernier. Reportage dans l’unité virus et immunité, avec Delphine Planas, postdoc, qui a participé à cette étude, réalisée en collaboration avec l’Hôpital européen Georges Pompidou, le CHR d’Orléans et le CHU de Strasbourg. Grâce à une nouvelle technique, un test de neutralisation semi-automatisé, très rapide, les chercheurs ont  montré que le variant Delta est bien moins sensible aux anticorps que le variant alpha ou bêta. Par Céline Loozen :

Pour aller plus loin

Retrouvez >>> le thread de l’émission du jour sur le fil twitter de La Méthode Scientifique.

Les références musicales

  • Le titre du jour : "Bonjour les matins" par Alexandre Delano
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

jeudi 2 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ GIEC : le climat d’après ( Cliquer sur l'image ) | France culture 01/09/2021

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Antoine Beauchamp et Nicolas Martin

Comprend-t-on mieux le changement climatique depuis que le GIEC a démarré ? Que nous apprend son dernier rapport ? Quels sont les climats futurs possibles ? Comment fonctionnent les modélisations sur le climat ?

Comment modélise-t-on le climat ?

Pics de chaleur, incendies, inondations catastrophiques, cet été 2021 a été marqué par une succession d'événements climatiques extrêmes. Comme par un écho à cette série noire, la publication en août dernier du premier volet du rapport du GIEC sur l’évolution du climat a affirmé le rôle “sans équivoque” des activités humaines sur le réchauffement climatique. Si cette affirmation a eu le plus d’impact, il est important d’évoquer également les autres conclusions auxquelles sont parvenues les 233 experts et de vous expliquer les méthodes ainsi que les modèles à l’œuvre derrière ce type de synthèse colossale.

GIEC : le climat d'après. C’est le programme prédictif qui est le nôtre pour l’heure qui vient, bienvenue dans La Méthode scientifique !

Et pour parler de ce dernier rapport du GIEC, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Sophie Szopa, directrice de recherche au CEA, chimiste de l’atmosphère au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (le LSCE) à l’université Paris Saclay et co-coordinatrice de l’un des chapitres du dernier rapport du GIEC. Avec nous également Robert Vautard, directeur de recherche CNRS, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace et également co-coordinateur de l’un des chapitres du rapport du GIEC.

>>> Comment les scientifiques attribuent-ils les phénomènes météorologiques extrêmes au réchauffement climatique ?

Pour aller plus loin

Retrouvez le thread de l’émission du jour sur le fil twitter de La Méthode Scientifique.

>>> Rapport du GIEC : ce qui est irréversible, ce que l’on peut corriger, avec Christophe Cassou

>>> Gilles Ramstein, retour vers le climat

>>> Climatologie extrême : comment prévoir les catastrophes ?

>>> Comprendre le réchauffement climatique 1/12 : Recherche : préparer la vie à 2°C

Les références musicales

  • Le titre du jour : The times they are a-changin par Bob Dylan
  • Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy
  • Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

mardi 31 août 2021

Des mots, des images... et une soif de vie ( Cliquer sur l'image ) | France culture 17/07/2021

À retrouver dans l'émission DE CAUSE À EFFETS, LE MAGAZINE DE L'ENVIRONNEMENT par Aurélie Luneau

Hubert Reeves

Comment habiter le monde en harmonie avec le vivant ?

Il y a des scènes de nature qui vous bouleversent, vous interpellent et vous questionnent sur la vie. Comme celle de deux gnous mâles s'affrontant au risque de la mort pour une femelle... La vie, la nature, les espèces et notre planète sont, depuis trois milliards d'années, l'essence même de notre existence. Et sur cette terre en mutation, dans ce monde en pleine transformation, des hommes et des femmes se penchent sur ce berceau du vivant et sur le devenir des humains. C'est le cas de nos deux invités, face à la biodiversité souvent mise à mal et devant cette nature qui n’hésite plus à se rappeler à nous.

Avec Hubert Reeves, qui en tant qu'astrophysicien et défenseur de la biodiversité et de la vie au sens large a écrit son dernier livre « La fureur de vivre » paru au Seuil. Il est également Président d’honneur de l’association Humanité et Biodiversité.

À ses côtés, Hélène Soubelet, Docteur vétérinaire, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, de vulgarisation sur la biodiversité pour adultes et jeunes lecteurs comme « Sauvons la biodiversité » écrit avec Jean-François Silvain et « Je sauve les espèces menacées », édité chez Rustica.

Comment habiter le monde en harmonie avec le vivant ? Question posée dans le cadre de notre partenariat #sauverleprésent qui réunit France Culture, Le Parisien et la revue Usbek & Rica, bientôt rejoints par d’autres médias, notamment Sciences et Vie Junior.

Une coalition qui vous offre un dossier complet sur le thème de la biodiversité à découvrir sur le site de notre émission.

Et dans « L’œil du Monde-Planète », le journaliste du journal Le Monde Stéphane Foucart nous livrera son choix Info de la semaine concernant la réglementation européenne sur les Abeilles et les pesticides.

Les phrases mantras de nos invités : 

  • Hubert Reeves : "Il  faut  absolument que la Terre reste habitable et agréable"
  • Hélène Soubelet : "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors ils réaliseront que l’argent ne se mange pas."  Phrase attribuée à Sitting Bull

Les conseils littéraires de nos invités :

  • Hubert Reeves : Le Petit Prince de Saint EXUPERY
  • Hélène Soubelet : Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, Arles, Actes Sud, 2017, 368 p. et Serge Morand, La prochaine peste, Fayard, 2016, 304 p.

Les conseils cinés de nos invités :

  • Hélène Soubelet : Une espèce à part de Franck Courchamp et Clément Morin

Le geste écolo de nos invités :

  • Hubert Reeves : "Faire état des bonnes nouvelles sur le plan écologique : par exemple :  le retour des castors en Europe"
  • Hélène Soubelet : "Le livre que nous avons co-écrit avec Jean-François Silvain présente énormément de petits gestes ou actions simples pour améliorer les choses.  S’il fallait en choisir un, je dirais manger bio et local : l’agriculture est la principale pression sur l’environnement. Et cette action permet aussi de soutenir nos agriculteurs français. Donc elle est vertueuse à de multiples titres : elle protège l’environnement, stoppe l’épandage de pesticides, aide à lutter contre les émissions de CO2 (moins de transport), est bénéfique pour la santé (25% de chances en moins de développer un cancer) et soutien l’agriculture française. Si on adapte son panier, en mangeant moins de produits exotiques, moins de viande, mais de meilleure qualité, moins de produits ultra transformés comme les plats préparés, plus de produits bruts (comme les légumes ou les fruits frais, les légumes secs) le prix peut être quasi-équivalent."
  • Philippe Chassepot, « Aller photographier toutes ces espèces au bout du monde : est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? », Usbek & Rica, 29 Septembre 2020

Les Liens en plus

L'œil du Monde Planète

  • Dans « L’œil du Monde-Planète », notre partenaire média, c’est la journaliste Stéphane Foucart qui nous livre son choix Info de la semaine, en l’occurrence sur l’affaiblissement de la réglementation européenne en matière de pesticides et de protection des abeilles.
  • Stéphane Foucart, Abeilles et pesticides : les ONG s’alarment d’un affaiblissement de la réglementation européenne, 26 septembre 2020

Illustrations sonores

  • Musique : Ridan - L’agriculteur
  • Extrait reportage France 3 : Les derniers visons d'Europe en France sont en Charente et Charente-Maritime, Patricia Périn, Meerajh Vinayagamoorthy, Loïc Gazar et Josiane Étienne, 11/09/2020
  • Extrait reportage France 3/Corse : Sciences : qu’est-ce que le blob ?, Graziani Solange, Bansard Daniel, Louche Anne-Laure,13/05/2018
  • Extrait reportage France 3 : Mayenne : pourquoi cet agriculteur a choisi de replanter 1 000 arbres avant de partir en retraite, J-M. Cholet, N. Berthier, F. Gonclaves, E. Goldstein  20/01/2019

vendredi 27 août 2021

Internet : voyage au bout du réseau ( Cliquer sur l'image ) | France culture 25/08/2021

À retrouver dans l'émission EURÊKA ! par Antoine Beauchamp

Quand le réseau Internet fut-il inventé ? Etait-ce une invention d'usage public ou était-elle réservée à des fins militaires et scientifiques ? Quels sont les codes qui régissent son utilisation ? Dans quelle mesure Internet a-t-il révolutionné nos moyens de communication ?

Ordinateurs portables sur fond rose

En 1969, deux ordinateurs distants l’un de l’autre échangeaient  pour la première fois des données. Derrière ce premier échange permis par le réseau ARPANET se dessine la genèse d’une révolution, celle de la naissance d’internet : le réseau des réseaux. 

Vingt ans plus tard, advenait une révolution dans la révolution, avec la création du Web. A partir de cette date, le monde a rapidement adopté ce nouveau mode de communication et c’est un bouleversement informationnel, économique, culturel, politique, industriel qui s’est enclenché.

"Très tôt, l’écriture sur Internet va se diversifier. On va s’approprier le clavier pour en faire son propre usage… L’appropriation de la communication entre humains avec des machines est une activité un petit peu souterraine, puisqu’au départ les réseaux étaient utilisés à des fins militaires et scientifiques. Cette usage social et humain vient nourrir et donner une raison d’être au réseau." Camille Paloque-Bergès

C’est donc le récit de la construction d’une Tour de Babel virtuelle qui sera réalisé. 

"Internet : voyage au bout du réseau", c’est l'invention du jour. Une invention interconnectée.

"On n'était pas uniquement face à de purs ingénieurs qui rêvaient de transférer des données, ils ont des visions intellectuelles. Ils en parlent comme une extension de notre mémoire, même si ce réseau Arpanet sera envisagé de manière plus pragmatique... Il n'a jamais été un secret, il est pensé dès le début de manière à inclure les universités et la recherche." Valérie Schafer

Valérie Schafer, professeure d’histoire contemporaine au Centre d’histoire numérique à l’Université du Luxembourg et chercheuse associée au Centre “Internet et société” du Centre National de la Recherche Scientifique, et Camille Paloque-Bergès, ingénieure de recherche au Conservatoire des Arts et Métiers au sein du laboratoire "Histoire des technosciences en société", évoqueront ensemble l'histoire de cette révolution. 

Les références musicales :

  • Le titre du jour : "Connection" par The Rolling Stones
  • Le générique de fin : "Social Network" par Catastrophe

dimanche 22 août 2021

Vaccins : piqûre de rappel ( Cliquer sur l'image ) | France culture 20/08/2021

Seringue contenant une solution
liquide sur fond jaune
À retrouver dans l'émission EURÊKA ! par Antoine Beauchamp

Pourquoi les noms d'Edward Jenner et de Pasteur sont-ils restés dans l’histoire de la vaccination ? 

Un vaccin peut-il éradiquer entièrement une maladie ? Quels furent les grands perfectionnements technologiques depuis sa découverte ? Comment a-t-on réalisé les vaccins à ARNm ?


Le mot “vaccin” n’aura peut-être jamais été autant prononcé que depuis le début de la pandémie de Covid-19.

A la fois témoin des prouesses médicales et des obstacles opposés par le vivant, cette révolution vaccinale à la croisée de disciplines comme la virologie, l’immunologie, ou encore la génétique, continue de s’écrire au présent. 

"La vaccination n'a pas tout de suite été reconnue comme une pratique médicale. Il y avait le tabou animal, avec les théories de Darwin et de l'évolution des espèces, et toutes ces réflexions sur l'homme étant difficilement acceptable comme un animal... Il y avait une crainte de recevoir ce matériel animal, avec d'autres raisons religieuses et philosophiques. La vaccination apparaissait comme contre-intuitive. Apporter le mal pour soigner le mal n'était pas évident." Françoise Salvadori

"Vaccin : piqûre de rappel", c’est le parcours de santé publique du jour. Une petite dose d'histoire et un retour dans le temps, pour comprendre la longue route de l'invention des vaccins. 

"Les nouveaux vaccins sont beaucoup plus contrôlés. Nous connaissons la séquence des protéines qui sont injectées. Nous avons maintenant un nombre de connaissances incroyable sur les réactions du système immunitaire. Cette complexité que l'on découvre de plus en plus, est de nature à susciter plus de recherches, mais aussi nécessairement plus de questions..." Anne-Marie Moulin

Françoise Salvadori, docteure en virologie et immunologie et co autrice du livre “Antivax - résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours” paru aux éditions Vendémiaire, et Anne-Marie Moulin, médecin, philosophe, directrice de recherche émérite au laboratoire SPHere du Centre National de la Recherche Scientifique, reviendront sur cette histoire vaccinale qui ne cesse de susciter d'innombrables débats. 

Les références musicales :

  • Le titre du jour : "Hit Me With Your Best Shot" par Pat Benatar
  • Le générique de fin : "A Shot In The Arm" par Wilco

jeudi 19 août 2021

ADN : c'est quoi le code ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 18/08/2021

À retrouver dans l'émission EURÊKA ! par Antoine Beauchamp

Qu’est-ce que l’hérédité ? Comment nos caractères sont-ils transmis à une descendance ? Comment sont apparus les termes de gêne et de génétique ? Quand a-t-on commencé à rechercher un support moléculaire responsable de ces mécanismes ? Peut-on estimer avoir percé le secret de l'ADN ?

Illustration de recherche génétique

Que vous soyez une otarie, un géranium, une bactérie ou un être humain, trois lettres vous unissent : ADN.

Cette molécule contient toute l’information génétique qui caractérise notre développement, notre fonctionnement et notre reproduction. 

"Au début des années 50, les biologistes ont compris que c'est l'ADN qui joue le premier rôle... Beaucoup de modèles différents vont être proposés, des modèles à double hélice, à triple hélice, des modèles avec les bases à l'intérieur, puis à l'extérieur. Une véritable concurrence internationale se crée... C'est un domaine qu'on jugera extrêmement fécond." Laurent Loison

La découverte de sa structure en double hélice dans les années 1950, a révolutionné le domaine de la biologie et donné naissance à des travaux majeurs dans le domaine de la génétique. 

"ADN : c’est quoi le code ?" c'est l’escalier à double hélice que nous allons gravir pour cette découverte du jour. 

"Cette structure de deux brins complémentaires est extraordinaire. Lorsqu'elle s'ouvre, elle permet des fonctions essentielles, comme la réplication... Elle est à la base de la division cellulaire. Elle permet aussi la transcription de régions codantes... Ce sont des fonctions majeures qui forment l'économie de la cellule." Dominique Stoppa-Lyonnet

Dominique Stoppa-Lyonnet, responsable du service génétique de l’Institut Curie, et professeure de génétique médicale à l’Université de Paris, et Laurent Loison, historien des sciences à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques du CNRS et de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, décoderont cette histoire de la découverte de l'ADN. 

Les références musicales :

  • Le titre du jour : "Transmission" par Joy Division
  • Le générique de fin : "DNA" par Kendrick Lamar

dimanche 15 août 2021

Entropie : la théorie du chaos | France culture 18/02/2020

Qu’est ce que l’entropie ? Comment ce concept a-t-il émergé en thermodynamique ? Quelles contributions par des savants comme Carnot, Clausius, Boltzmann ? Pour décrire quels types de phénomènes ? Tous les processus naturels sont-ils soumis à l’entropie ?

Comment mesure-t-on l’entropie ?
Pourquoi faut-il toujours ranger, ranger et encore ranger ? 

Les esprits scientifiques taquins vous répondront : parce que l’entropie augmente inexorablement, et fait tendre tout système vers plus de désordre. Oui, mais voilà : ranger une pièce, c’est également contribuer à augmenter sa part d’entropie macroscopique, en ce que l’acte de rangement contribue à la dissipation d’énergie du système pièce auquel vous vous incluez. 

Et donc, finalement : qu’est-ce que l’ordre ? Qu’est-ce que le désordre ? 

Et pourquoi l’entropie nous pousse-t-elle à nous interroger sur l’irréversibilité de la flèche du temps ?

Entropie : la théorie du chaos : c’est le programme désordonné qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour tout comprendre à la deuxième loi de la thermodynamique, et à l’application du principe entropique à la physique quantique comme au devenir de l’univers, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Pierre Uzan, chercheur associé au laboratoire SPHERE de l’Université de Paris et professeur certifié classe exceptionnelle de Sciences Physiques à la Fondation Santé des Etudiants de France et Pierre de Buyl, chercheur FWO à l’Institut de Physique Théorique de l’Université KU Leuven.

Le reportage du jour

Existe-t-il de l’entropie à échelle quantique ? SI oui, comment s’exprime cette grandeur, et comment la mesurer ? Reportage au Laboratoire de Physique de l’ENS, Paris, avec Gwendal Fève. Par Céline Loozen

samedi 14 août 2021

Atome : bienvenue à Bohr (Cliquer sur l'image ) | France culture 03/09/2020

À retrouver dans l'émission LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE par Nicolas Martin

Comment Niels Bohr avait-il élaboré son modèle de l’atome ? Comment l’idée d’atome a-t-elle évoluée avant et après lui, au début du 20ème siècle? Quelle a été son approche pour penser l’atome : ses constituants, son comportement ?

Atome vient du grec atomos, signifiant indivisible,
 insécable. 

Si dans votre esprit, un atome c’est une petite boule autour de laquelle tournent des électrons un peu comme une planète et ses satellites, oubliez tout ! Cette vision « planétaire » de l’atome, c’est l’atome de Bohr, le physicien danois qui a formalisé pour la première fois le modèle atomique qui va s’imposer dans la physique du 20ème siècle. 

Si, depuis, la mécanique quantique a rendu obsolète ce modèle, il n’en reste pas moins un pas immense dans la compréhension de la structure de la matière. C’est l’histoire de cette compréhension que nous allons vous raconter aujourd’hui !

Atome : bienvenue à Bohr ! C'est le programme élémentaire qui est le nôtre pour l'heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour raconter cette histoire de l’atome, avant Bohr, jusqu’à Bohr et après Bohr, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Jean-Michel Courty, professeur à Sorbonne Universités, chercheur au laboratoire Kastler Brossel dans l’équipe « fluctuations quantiques et relativité » et auteur de la chaîne YouTube « Merci la physique ! » et Hervé Zwirn, ancien directeur de recherche CNRS, physicien et épistémologue à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques à Paris, et au Centre de mathématiques et leurs applications à l’Ecole Normale Supérieure Paris-Saclay.

>>> Quand la chimie a abandonné la pierre philosophale

lundi 9 août 2021

H comme hydrogène, le symbole de l'énergie du futur ( cliquer sur l'image ) | France culture 07/08/2021

À retrouver dans l'émission DE CAUSE À EFFETS, LE MAGAZINE DE L'ENVIRONNEMENT par Aurélie Luneau

Avion, train, voiture, vélo... l'hydrogène va-t-il révolutionner le monde des transports en proposant une alternative aux énergies carbonées ? De l’hydrogène gris à l’hydrogène vert, le symbole H peut-il vraiment devenir une énergie vertueuse pour notre futur ?

H comme Hydrogène, le symbole
de l'énergie du futur 

Avion, train, voiture, vélo..., l'hydrogène tiendra-t-il ses promesses ? Pourquoi apparaît-il comme la solution à ce jour ? Pour évoquer ces questions, Aurélie Luneau s'entretient avec Bertrand Piccard, initiateur et président de la fondation >>> Solar Impulse, pionnier de la transition écologique, auteur d’exploits comme deux tours du monde en ballon et en avion solaire. Et avec, Gilles Guerassimoff, enseignant chercheur au centre de mathématiques appliquées de Mines ParisTech, directeur de l'ouvrage collectif "L’hydrogène : un vecteur pour la transition énergétique" paru aux Presses des Mines.

Dans le cadre de la coalition #SauverLePrésent qui rassemble, chaque mois, quatre médias, Le Parisien, la revue Usbek & Rica, et Science & Vie Junior, nous portons notre regard sur l'une des sources d'énergie qui apparaît comme une solution optimale face au réchauffement climatique et à la nécessaire rupture d'avec les énergies fossiles.

>>> Hydrogène, ça gaze ?

Pour aller plus loin

Sons diffusés

Revue de web sur l'environnement

Pour suivre l’actualité environnementale au fil des jours, consultez l’univers Netvibes d’Anne Gouzon  et de Valérie Ernould de la Documentation de Radio France (Utilisez de préférence Firefox ou Google chrome) >>> Netvibes - L’ACTUALITÉ ENVIRONNEMENTALE

Bibliographie : Vanessa Chang