Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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mardi 5 mai 2020

Homme, où est ta victoire ? D’un confinement à l’autre, par Anne Baudart | Mezetulle 28 avril 2020

Secrétaire générale de la Société française de philosophie, agrégée de philosophie, Anne Baudart est professeur de chaire supérieure en classes préparatoires et enseignante à Sciences Po Paris. 

Auteur de nombreux ouvrages, elle a notamment publié : Qu'est-ce que la Sagesse ? (éd. Vrin, 2013) ; Qu'est-ce que la démocratie ? (éd. Vrin, 2015) ; Naissances de la philosophie politique et religieuse (éd. Poche-Le Pommier, 2016) ; Socrate et Jésus (éd. Poche-Le Pommier, 2018).

Anne Baudart poursuit sa réflexion méditative1 en comparant et en opposant deux modalités du confinement. L’une, « temps béni de la communication avec l’essentiel », ourdie par un fil tiré du paganisme ancien au christianisme, conjure librement la dispersion et ramène à l’essentiel. Mais ne serait-ce pas plutôt l’autre que nous vivons ? Contrainte, étirée « dans un temps devenu pesant et opaque », elle engendre un sentiment d’absurdité et de stérilité. Comment pouvons-nous « en extraire lumière et force » ?

Le confinement isole et lorsqu’il dure, il étiole, il abîme. Il disloque les relations qu’il avait initialement contribué à ranimer. On peut croire un temps qu’il dirige vers un centre, qu’il incite à une réflexion d’un nouveau genre, qu’il contribue à opérer le partage de l’essentiel et de ce qui ne l’est pas. Il détient, en effet, cette vertu de conduire à ce que les Anciens pratiquaient si bien, l’auto-examen, les pensées pour soi-même2.

Marc Aurèle, en pleine guerre contre les Quades - peuple germanique qui a envahi l’Empire romain en 169 -, écrit, chaque soir sous la tente, son propre bilan réflexif. Sans intention aucune de le faire connaître à un public, sans titre même. Une légère numérotation suffit, pour aider à ne pas perdre le fil de l’écriture, malmené par la variation et l’affairement des campagnes militaires, non loin de Vienne, d’abord, puis en Serbie, six ans durant, de 169 à 175. En ces années de trouble et de lutte, l’heure est au bilan de vie, à la rencontre avec la mort probable, qui n’effraie plus, mais que l’on désire vivre « en homme de bien ».

Écrire fait partie de ce plan d’un travail serein où la compagnie de soi est ouverte au monde et au Logos qui le dirige, l’anime et peut faire signe à tout instant. L’heure n’est plus à la compagnie des livres qui risqueraient d’en distraire.

Temps béni de communication avec l’essentiel

Le moment vespéral du confinement est donc un temps béni de communication avec l’essentiel pour l’empereur de la Ville-Monde, relié à la chaîne cosmique et anthropologique dans laquelle il s’insère humblement, avec un plein consentement, une disposition aimante et confiante.

Vêtu de son manteau de bure - le tribôn -, Marc Aurèle a rejeté tout apparat vestimentaire, témoin de la vacuité de l’âme errante. Comme autrefois Socrate, le maître des cyniques, qui réduisait à l’extrême les possessions ou les appartenances de tous ordres, y compris celles touchant au vêtement.

L’empereur sait que sa tâche est de se conduire selon le bien auprès d’hommes qu’il commande militairement et politiquement. Il sait aussi qu’il doit œuvrer à la haute mission du salut de l’âme. L’urgence est là, toute simple : agir en vrai philosophe, sans superflu, sans accessoire, dans l’amour de chacun et de tous, du prochain au plus lointain.

Les écrits, voués initialement, à occuper l’espace de l’ombre et du confinement, ont traversé les siècles. Ils interpellent, aujourd’hui encore. Ils nourrissent la méditation. Ils sont nôtres, sans avoir subi les affres de la sénescence, offerts à nos questionnements insatiables du jour ou de la nuit, aux défis d’un monde à terre, en proie à la contagion planétaire déclenchée par une molécule protéinée, indomptable pour l’heure, narguant diaboliquement, par vagues successives, les hommes de tout continent.

Sculpture de l’âme

Marc Aurèle a ajouté une pierre d’importance aux exercices spirituels pratiqués par les Anciens. De son maître Épictète, il a retenu les leçons orales des Entretiens (Diatribai), consignées par Arrien, destinées à la sculpture de l’âme de disciples soucieux de façonner leur vie telle une œuvre d’art éthique, au service du bien autant que du beau et du vrai, ses corollaires. Sans orgueil, sans exagération de complaisance accordée à soi, seulement par attention portée à l’harmonie dispensée par le dieu et le daimôn personnel3, son guide, en vue de l’acquiescement volontaire à l’ordre universel. Invitation à la conversion de l’âme réitérée chaque jour, jusqu’au terme de la vie. Une œuvre de sainteté philosophique, nommée sagesse par les Anciens.

Marc Aurèle redevient un homme ordinaire, le soir, tout simplement, confiné dans son habitat de toile, livré tout entier à la méditation, lorsque la lumière du jour commence à faiblir et que les combats ont cessé. Les grandeurs d’établissement social, les contraintes liées à son rang et à ses fonctions, n’ont plus de prise sur lui. Seule compte la quête du sens et du centre, distincts des vanités, des arrogances factices autant qu’inutiles. Seule compte la préparation de son rendez-vous avec la mort dont il avait autrefois si peur. La leçon socratique est parfaitement retenue comme prioritaire : philosopher, c’est apprendre à mourir.

L’exercice spirituel octroie au confinement une vertu purificatrice. Il incite à l’ascèse. Il écarte de la dispersion, des tensions inessentielles, propres à la vie futile. Il détache peu à peu de tout. Il ouvre un nouvel espace de réflexion, laisse de côté ce qui en détourne ou pourrait en détourner. Fécondité de cette suspension momentanée du temps consacrée à l’inaction ? Modèle privilégié de la skholê antique, celle du « loisir », de la « liberté » où les impératifs d’action, d’efficacité, de concurrence passent au second plan.

Marc Aurèle, écrivant ses Pensées pour lui-même, s’est ouvert aux autres, ses contemporains et ceux qui leur succéderont dans l’histoire au temps long. Il a consacré une voie que reprendront un Augustin dans une perspective chrétienne de dialogue avec soi et Dieu dans les Soliloques, près de trois siècles plus tard, au sein d’un Empire devenu chrétien ou un Anselme au XIe siècle, dès l’ouverture du Proslogion. Anselme y vante la richesse unique de la concentration dans un espace clos, dédié à la rencontre de l’Essentiel. « Rentre dans le caveau de ton âme (cubiculum mentis), exclus-en tout (exclude omnia praeter Deum), excepté Dieu et ce qui peut t’aider à le chercher et, ayant fermé la porte, cherche-le ! ». L’injonction évangélique de Matthieu (6,6) en est une source qui doit, elle-même, à la prescription politique et religieuse d’Isaïe (26, 20), s’adressant au peuple hébreu.

Le mal continuera « sa ronde »

Du paganisme au christianisme judéo-grec, un fil peut être tiré, celui de l’exhortation à ne plus s’abîmer dans ce qui détourne d’un Soi relié à Plus Grand que lui. En prendre le temps, sans se détourner de l’appel. Platon avait ouvert la route, enjoignant à la fuite (fugê), autant que cela est possible, d’un monde habité par la séduction du mal. Fuir ici consiste à se rassembler autour de l’Unique Nécessaire, principe de Bien, d’Ordre et de Beauté. Le mal continuera « sa ronde », mais celui qui se voue à devenir « juste (dikaion) et saint (hosion) dans la clarté de l’esprit (meta phronèseôs) » contribuera à en réduire les effets.

L’évocation des vertus inhérentes à la méditation par un Descartes, « tout le jour enfermé seul dans un poêle »4, sera, elle aussi, redevable à cette tradition qui célèbre les vertus du temps de l’arrêt, du détour de la dispersion affairée, épokhê que les Grecs ont mise en exergue, pour s’élever à la contemplation, pôle ultime de l’action et de la pensée.

Sentiment dominant de l’absurde

Notre confinement, s’il n’est pas dirigé par des valeurs sûres, s’il s’étire indéfiniment dans un temps devenu pesant et opaque, ne dessine pas une voie d’espérance, engendre le contraire de ce qu’y conférait Marc Aurèle : le sentiment dominant de l’absurde, du stérile basculant en nuisible. L’âme, le cœur et l’esprit, par trop mis à mal, n’en peuvent extraire lumière et force. L’enfermement, dans ce cas, risque bien d’éteindre l’étincelle qui dirigeait vers le haut. Il alourdit, renforce les détresses, accroît la tentation négative, l’inhibition de l’angoisse. Nul ne sait plus qui il est, pourquoi et pour qui il vit, qui l’aime ou le délaisse, pour qui il compte en vérité. Il peut disparaître, nul ne le saura. Un maillon de la chaîne de l’espèce peut s’en désolidariser sans bruit, sans plainte, sans cri d’aucune sorte. L’espèce survivra. Sa continuité vaincra. Les Grecs de l’Antiquité, les Judéo-Grecs de l’Évangile, les philosophes de l’histoire, ont bien compris que seul prévaut l’ensemble et non la partie, le corps global et non l’atome individuel. L’arche de Noé était fondée sur le choix d’un « reste » fondateur, promis à la renaissance et à l’expansion prochaines des espèces sélectionnées sur ordre divin. Le confinement ouvrait alors à une seconde création.

Ce qui se passe aujourd’hui met à mal un vaste ensemble d’individus et de populations. À quelles fins ? Qui œuvre aux arrière-plans ? Une nécessité aveugle, en attente de maîtrise qui désoriente l’homme et son appétit de domination, qui le met en défaut sur nombre de points, qui le condamne à la réclusion pour un temps indéterminé, sans boussole, sans consolation ? Qui lui enjoint de remettre en question nombre d’acquis ou d’habitudes, voire de les quitter ? Qui lui ordonne un isolement destructeur qui, parfois ou fréquemment, le transforme en mort vivant, le réduit à la chose comptable ou traçable ? Le confinement néantise petit à petit ceux qui n’ont pas en eux la force d’en maîtriser les ruses, ceux que la solitude rend fous ou désespérés. La longueur de ce temps d’arrêt, malgré les efforts démultipliés de ceux qui ont en eux l’énergie du sursaut, peut mettre à terre ceux qui s’estiment peu à peu sacrifiés, qui perdent jusqu’au goût d’espérer. Double leçon que chacun peut faire sienne : ou la désespérance, fille de l’enfermement imposé, ou son contraire qui sonne comme une promesse, mais ouvre les portes.

Homme, où est ta victoire ? Dans l’acte de subir, de ne pas céder à l’impulsion de la révolte, ou dans celui d’accueillir ce qui advient pour en briser les chaînes ? Vaincre l’adversité à la façon des Anciens : consentir au destin ? Ou, à la façon des Modernes, en déjouer l’emprise par la science et la ruse, non par l’obéissance ?

Notes

1 – [NdE] Voir l’article « Coronavirus 2020 – point alpha » https://www.mezetulle.fr/coronavirus-2020-point-alpha/. Le sous-titre du présent article « D’un confinement à l’autre » est de la rédaction.

2 – Marc Aurèle, Écrits pour lui-même, Tome I, Les Belles Lettres, 1998, introduction et traduction par Pierre Hadot (livre I).

3 – Épictète, Entretiens, I, 14, 12 : « Dieu a placé auprès de chaque homme comme gardien un daimôn particulier à cet homme et il a confié chaque homme à sa protection… Quand vous fermez vos portes…souvenez-vous de ne jamais dire que vous êtes seuls…Dieu est à l’intérieur de vous-mêmes. » Traduction Pierre Hadot in La Citadelle intérieure, Introduction aux Pensées de Marc Aurèle, Fayard, 1997, p. 176.

4 – Descartes, Discours de la méthode , II, Le poêle : chambre chauffée par un poêle de faïence à la mode allemande.

Coronavirus : la vie secrète des « immunisés » Ils pensent avoir été atteints du Covid-19 et s'affranchissent du confinement pour organiser clandestinement des apéros entre amis. | Par Julie Malaure Modifié 01/05/2020

D'abord, il y a eu les courbatures, la toux, une immense fatigue. Et puis, ras le bol, Antoine a dit : « À table ! »

Ce Parisien et sa famille sont certains d'avoir eu le Covid-19 dès le début de leur confinement dans le Var. « Patraque » au début, le couple a « clairement » reconnu les symptômes du virus quand l'épouse d'Antoine a perdu le goût. Pour les enfants, « on ne sait pas, ils semblent n'avoir rien eu », mais le temps et l'ennui plombent.

Alors, Antoine, dix jours après la disparition des symptômes, envoie un message à des amis de la région. Ça tombe bien : eux aussi ont été malade...

dimanche 12 avril 2020

∆∆∆ " avoir " et " être " | Via notre F G OB 12 avril 2020

Quelle extraordinaire et belle comparaison entre le verbe " avoir " et le verbe " être " le tout en poème. 

Il faut pour si bien réussir une telle présentation être un expert de la langue " Française "…" chapeau " !


Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

Oublie ton passé, qu`il soit simple ou composé,
Participe à ton Présent pour que ton Futur soit Plus que Parfait.

jeudi 9 avril 2020

Les métaux : de l'avoir à l'être | Filiation Robert Ambelain 24 mai 2016

LES MÉTAUX - L’ABANDON DES MÉTAUX

I.- C’est aujourd’hui la présentation de ma deuxième planche. Il m’a été demandé de travailler sur « LES MÉTAUX - L’ABANDON DES MÉTAUX ».
J’ai d’abord cru que cela allait être relativement… aisé, avant de me rendre rapidement compte, et de l’importance et de la complexité du sujet… et donc de sa difficulté. Aussi j’en appelle à votre indulgence, mais je sais par avance que vous en ferez preuve.

II.- Depuis toujours, les métaux représentent pour l’homme une forme de puissance, synonyme de pouvoir : les armes, l’or, l’argent. Dans les tombeaux des Pharaons, parmi les objets destinés à les accompagner dans l’au-delà, on trouvait des armes, des bijoux, des parures… les symboles de leur pouvoir.
Même si l’homme, qui n’est que de passage sur la Terre, n’a pas la propriété de ces "métaux", leur possession dénature les hommes, les conduit à tous les excès, à toutes les passions… ce qui est souvent à l’origine de simples problèmes de voisinage jusqu’à de grands bouleversements mondiaux…

Alors, que faire ? Faut-il supprimer les métaux ? Est-ce seulement possible ?

Je me souviens… lors de mon initiation… le Cabinet de Réflexion… Une pièce obscure, à la décoration insolite ; j’y suis entré et resté, dans le silence et la solitude, dépouillé… le mot est fort… dépouillé / dépouille… cela évoque la mort… Entre autre chose, j’ai senti (et j’ai compris depuis), que j’étais dépouillé de ma parure de profane pour renaître différemment, et surtout, pour passer de la condition de "l’avoir" à l’état "d’être"… de "devenir" plutôt que de continuer à "paraître"

Et puis, sur le parvis du Temple, à chaque tenue, la formule « Mes Frères un instant de silence pour l’abandon des métaux ». Là aussi, nous quittons le monde profane, nous nous dépouillons de notre "paraître"… Chaque Frère ne se décore que des insignes de son grade, parce que nous allons entrer dans un autre espace, un espace sacré… hors du temps profane, dans un autre temps. Et que ce qui compte, au sein de la fraternité maçonnique, c’est que nous considérions nos Frères en tant qu’hommes, dans leur nature profonde, et non pas par rapport à la situation ou au rang qu’ils occupent dans la vie profane…

Pourtant, en loge, au sein du Temple nous trouvons de nombreux objets métalliques, épées, équerre, ciseaux, ou des ornements et outils, qui permettent la réalisation des rites. Le métal en tant que tel est bien présent et accepté dans la Loge, mieux, il en fait partie intégrante…

III.- Il faut donc comprendre ce terme de "métaux", dans son acceptation symbolique… Que recouvre-t-il ?

D’après mes lectures, les "métaux" semblent recouvrir deux acceptations.

1. Dérivé du grec "Métallon", le mot métal est associé à la racine "mé" qui est le nom le plus ancien donné à la lune (1) corps céleste dont la symbolique est présente au sein du Temple.
2. Dans d’autres cas, ce mot désigne le produit extrait de la mine (2), le minerai, qui semble se rapprocher de la pierre brute.

Donc, une interprétation céleste et une interprétation terrestre. Comme il est écrit dans le Dictionnaire des Symboles : « Les Métaux sont des éléments planétaires du monde souterrain ; les planètes, les métaux du ciel ; le symbolisme des uns et des autres est parallèle ».

De plus, cette dualité se trouve dans de nombreuses croyances et religions, où les êtres qui forgeaient le métal étaient considérés, soit comme des êtres relevant du divin, du sacré, de la création, soit comme des êtres maudits relevant de l’enfer, du feu et du mal.

Compte tenu du temps qui m’est imparti pour cet exposé, il ne m’est pas possible d’aller plus avant dans l’étude de cette symbolique, sauf d’en dégager quelques grandes lignes, à titre d’exemples.

Dans leur sens symbolique, au sein du Temple, tous les "métaux" sont purs et parfaits :

- l’Or-Soleil représente l’actif, le masculin, la perfection, la lumière (alors qu’il est l’orgueil et la richesse qui pervertissent l’homme dans le monde profane),
- l’Argent-Lune représente le passif, le féminin, la pureté, la transparence (alors qu’il est la paresse et la cupidité dans le monde profane),
- d’autres "métaux", le Mercure qui a le pouvoir de purifier (l’envie dans le monde profane), le Fer-Mars qui symbolise la puissance d’agir (la colère dans le monde profane), le Cuivre-Vénus symbole de la cohésion (la luxure dans le monde profane), d’autres encore, Etain-Jupiter la fermeté (gourmandise), Plomb-Saturne l’élévation (avarice)…

Ainsi, nous sommes toujours sous l’influence de ces "métaux". Encore faut-il que cette influence soit bénéfique. Encore faut-il que nous ne succombions pas aux sept péchés capitaux que je viens de citer. Et que ces métaux soient pour nous purs et parfaits pour nous permettre d’atteindre notre propre perfectionnement.

C’est cette quête, qui nous amène à travailler en maçonnerie pour faire vivre en nous pureté et fraternité, qui est en rapport direct avec l’abandon de nos vils et profanes "métaux", à la porte du Temple.

IV.- Pourquoi ce rite de l’abandon des "métaux" ? D’où vient-il ? Quelle est cette partie de nous-mêmes dont nous devons nous dépouiller ?

Au seuil du Temple, l’abandon des "métaux" est précédé d’une minute de silence, pendant laquelle nous nous détachons de nos pensées et de notre vie profane, car selon l’Encyclopédie de La Franc Maçonnerie les "métaux" traduisent « la force des vices et la nocivité des passions humaines ».
Mais au-delà ? Dans l’histoire…

Dans le premier Livre des Rois de la Bible qui relate la construction du Temple de Salomon (qui a duré 7 ans) il est écrit : « On n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer. » Le caractère impur des métaux, leur interdisait l’accès à un édifice consacré à Yahvé, le Temple, l’espace sacré. Dans sa tradition, le Temple Maçonnique est le Temple de Salomon. Les pierres de notre Temple, comme celles du Temple de Salomon, sont assemblées silencieusement, par l’esprit et l’intelligence, dans une démarche d’élévation. Pierre après pierre, chaque pierre prend sa place. Non pas avec des outils de fer bruyants, mais avec des instruments de mesure, fil à plomb, équerre, compas, niveau…

Au jeune homme qui lui demandait de devenir son disciple, le Grand Initié Jésus de Nazareth dit : « Si tu veux être parfait, va, prends ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; après cela, viens et suis-moi ». Il s’agit d’apprendre à n’attacher aucun prix aux choses futiles, aux richesses inférieures, et comprendre qu’on ne peut espérer recevoir sans donner. Comme le demande le premier des trois vœux monastiques : "la pauvreté" (les deux autres étant "l’obéissance" et "la chasteté").

Une autre origine de l’abandon des "métaux" à la porte du Temple, nous vient de l’ancien Régime, lorsque chacun des gentilshommes admis à l’initiation, était invité à confier son épée au Maître des Cérémonies, sur le parvis du Temple. On comprend le geste et son symbole : se désarmer équivalait à montrer à l’assemblée, tout à la fois, une intention pacifique, la pureté de ses sentiments et une totale confiance.

Aujourd’hui notre Franc-maçonnerie nous réunit pour qu’ensemble (car un Frère seul n’est rien), par l’écoute et la parole, nous développions de hautes valeurs morales, de vertu et de dignité, de tolérance et de compréhension, d’union et de fraternité. C’est pour cela qu’à la porte du Temple chaque Frère dépose les titres dont l’a revêtu la vie profane…
Ce rite d’ouverture, loin d’être anodin, est probablement l’un des symboles les plus forts, mais aussi des plus riches comme je l’ai montré précédemment.
Il nous fait entrer dans l’espace sacré, en Loge, libres, égaux et fraternels.

Libres, car non seulement nous le sommes, et de bonnes mœurs, mais parce que nous nous libérons de toutes servitudes à l’égard du monde profane. Et que l’homme libre est celui qui, après la mort des vils préjugés ou autres, renaît à cette vie nouvelle que confère l’initiation. Libre aussi, car dans sa recherche de la Vérité le Franc-maçon doit s’efforcer de penser par lui-même, l’esprit libre et le cœur à découvert, libre de toute emprise extérieure néfaste au vrai et au bien.

Egaux, car nous le sommes tous dans le Temple. Le Temple n’est pas le lieu où nous accueillons… les marchands du Temple ! Certes, chaque Frère demeure médecin, professeur, commerçant, ou autre… Chaque Frère garde sa personnalité, mais il s’est débarrassé de ses appartenances professionnelles, comme de ses appartenances communautaires, religieuses, politiques, nationales ou ethniques. Tout excès est rejeté et même si aucune opinion n’est négligée, aucune ne prévaut plus qu’une autre.

Fraternels, car nous le sommes dans la Chaîne d’Union qui relie chaque Frère, celle de la fraternité des êtres humains. Notre édifice s’élève par un travail collectif, où tout étalage de "métaux" est porteur d’inégalité et nuit à la fraternité. Cette chaîne de fraternité qui est un lien indissoluble, comme celui qui unit chaque Frère par le serment prêté. Mais une fraternité qui nous unit aussi avec tous les êtres humains, comme un cercle d’alliance entre tous sur cette terre, une chaîne de vie. Nous devons être fraternels dans et hors du Temple.

Les "métaux" font obstacles à ces grands préceptes. Ils nous amènent à penser que le "toujours plus" est le bien, comme s’il n’y avait pas d’autre alternative. Que le quantitatif prévaut sur le qualitatif. Que les héros de nos fictions, à la télévision ou au cinéma, ces héros violents, sans foi ni loi, qui amassent trésors et trahisons, sont les modèles de nos sociétés contemporaines.

Alors qu’au contraire c’est dans les qualités de cœur et d’amour que se rencontrent, et se développent, nos vertus et nos préceptes. Et c’est dans l’humilité et la prière que tout Frère, quelque soit son grade ou sa qualité, sait qu’il restera toujours un éternel apprenti ; et se doit de se comporter comme tel, en vérité et sincérité, pour atteindre son but, tailler sa pierre, et progresser vers la lumière, ce lien qui nous amène ver
s l’Eternel, Dieu, le Grand Architecte de l’Univers.

Soyons donc attentifs, car ces "métaux" (si nous ne les abandonnions pas) pourraient nous faire faillir à notre promesse initiatique. Et briser notre Chaîne d’Union.

V.- C’est par ce rite fondamental de l’abandon des "métaux" que nous pourrons parvenir à être ce que nous sommes (et non pas ce que nous croyons être dans le monde profane), c'est-à-dire, devenir ce que nous sommes capable de devenir.

C’est le travail, sans relâche, de tout Franc-maçon. Il faut y revenir sans cesse, comme l’ouvrage sur le métier, comme un travail sans fin.

C’est pourquoi la Tenue se termine là où elle a commencé, sur le parvis du Temple, avec la reprise de nos "métaux", pour continuer à nous purifier, encore et encore, à nous remettre en cause, avec nos préjugés, nos passions, nos idées toutes faites, pour mieux accepter les autres et leurs différences.

Et se souvenir que nous sommes tous Frères, reconnus comme tels par nos autres Frères, dans notre quête spirituelle de réaliser en nous un Temple de Lumière, avec nos cœurs et notre amour qui s’élèvent vers Dieu.
(...)

R.°.P.°. RL " Tradition Écossaise" Nice

"Alchimie et Mystique".
"Les métaux dans ma science antique".
"Dictionnaire des Symboles".

dimanche 5 avril 2020

∆∆∆ LOGE CORONAVIRUS Rituel du confinement au 1er grade… | Hauts Grades AP7 Delta Via notre F Marc Lehert 05/04/2020

LOGE CORONAVIRUS
Rituel du confinement au 1er grade…

Ouverture des travaux

Le Vén : F 1er S : Quel est le premier devoir d'un Surv en confinement ?
Le 1er S : T. V . C'est de s'assurer que nous sommes à couvert.
Le Vén : F 2nd S, veuillez-vous en assurer.
Le couvreur dit : F 2nd S, le covit-19 n’est plus sur le parvis et il est parti nous sommes à couvert.
Le 2nd S : T V, nous sommes parfaitement confinés.
Le Vén : F1er S, quel est le second devoir d'un surveillant en confinement ?
Le 1er S : T  V, c’est de s’assurer que tous les FF et toutes les SS sont masqués, gantés, aseptisés, non contagieux et à l’ordre de confinement.
Le Vén : FF 1er et 2nd Surv, chacun sur vos colonnes veuillez-vous en assurer.
Le 2nd S : F 1er S, les SS et les FF qui ornent la colonne du nord sont tous masqués, gantés, aseptisés, non contagieux et à l’ordre de confinement nez dans le coude.
Le 1er S : T. V, les SS et les FF qui ornent les colonnes sont tous masqués, gantés, aseptisés, non contagieux et à l’ordre de confinement nez dans le coude.
Le Vén : F 1er S, à quoi reconnaissez-vous un porteur sain ?
Le 1er S : T V, par ses signes, par son absence de température et de toux, et le non- attouchement.
Le Vén : Il en est de même à l’Orient.
Le Vén : F 1er S, de quand à quand devons-nous ouvrir les travaux ?
Le 1er S : T V, selon les consignes du Préfet, entre le lever et le coucher du soleil.
Le Vén : FF 1er et 2nd S, invitez les SS et les FF de l’une et de l’autre colonne, comme j’invite ceux qui sont à l’Orient, à ouvrir les travaux en toussant 3 fois avec la main devant la bouche les travaux de la Respectable Loge Coronavirus, au Grade d’Apprenti.
Le 1er S : F 2nd S, FF et SS de la colonne du midi, le T V nous invite à nous joindre à lui pour ouvrir les travaux, en toussant 3 fois avec la main devant la bouche, de la Respectable Loge Coronavirus, au Grade d'Apprenti.
Le 2nd S : FF et SS de la colonne du nord, le T V nous invite à nous joindre à lui pour ouvrir les travaux, en toussant 3 fois avec la main devant la bouche, de la Respectable Loge Coronavirus, au Grade d'Apprenti.
Le 1er S : T V l’annonce est faite.

Le Vén et les FF 1er et 2nd S Surveillants frappent par 3 fois.

Toutes les SS et tous les FF à l’ordre de confinement suivent le T V et s’exécutent en toussant par 3 fois.

Le Vén : Mes SS et mes FF, quittez l’ordre de confinement, prenez place, les travaux sont ouverts.
Le Vén : F Orat pendant les travaux vous êtes le gardien des règles de confinement des SS et des FF dans ce Temple, veuillez-nous faire lecture de son article premier.
L’Orat : La Loge Coronavirus est née d’une pandémie et de ce fait son objectif est de veiller tant à l’intérieur comme à l’extérieur que l’ensemble des SS et des FF qui la composent soit protégés de toute attaque du covid-19, et ce par tous moyens adogmatiques qui n’affecteront pas leur liberté de conscience. Elle a pour devise : guerre, traitement, guérison.

Propositions et circulation des troncs

Après que le Vén et les FF 1er et 2nd S Surveillants aient frappé par 3 fois.

Le Vén : FF 1er et 2nd S Sur, demandez aux FF et aux SS de l'une et l'autre colonne, s'ils n'ont rien à proposer pour la santé de l'Ordre en général et de cette Loge en particulier ?
Le 1er S : F 2nd Sur, FF et SS qui décorez la Col du Midi, n'avez-vous rien à proposer pour la santé de l'Ordre en général et de cette Loge en particulier ?
Le 2nd S : FF et SS qui décorez la Col du Midi, n'avez-vous rien à proposer pour la santé de l'Ordre en général et de cette Loge en particulier ?
Le 2nd  S : F 1er  Sur tout est fini sur ma colonne.
Le 1er S : T V tout est fini sur les 2 colonnes.
Le Vén : Puisque tout est fini sur les 2 colonnes et à l’Orient, F Orat veuillez résumer les travaux de santé de ce jour et donner vos conclusions.
L’Orat : L’Orateur donne ses conclusions en insistant sur les efforts de protection et de confinement que toutes les Ss et tous les FF doivent mettre en œuvre.
Le Vén : Nous allons procéder à la clôture de nos travaux.

Chaîne d’union

Mes SS et mes FF gardez vos gants et vos masques, formons la chaîne par les pieds.

Toutes les SS et tous les FF se réunissent en cercle autour du tableau de loge en écartant les jambes de façon que le pied droit de l’un touche le pied gauche de l’autre, le nez dans le coude droit et le bras gauche pendant le long du corps.

Après quelques mots du Vén sur les SS et FF emportés par la pandémie :

Le Vén : Rompons la chaîne.
Le Vén : Prenez place.
Le Vén : Le tronc de bienfaisance va circuler, pensez à nos SS et FF nécessiteux qui ont besoins de masques et d’alcool isopropylique. F M des Cér remplissez votre office.

Le 1er S : T Vle tronc de bienfaisance est à votre disposition entre les colonnes.
Le Vén : Qu’il me soit apporté.
Le Vén : Le tronc de bienfaisance sera décompté après l’assemblée par le F Hosp et le triangle ira à l’achat de masques, d’alcool isopropylique, et d’aide aux familles pour le passage à l’Orient éternel des SS et FF.

Fermeture des travaux

Après que le Vén et les FF 1er et 2nd S Surveillants aient frappé par 3 fois.

Le Vén : Debout et à l’ordre de confinement, mes SS et mes FF.
Le Vén : F 1er Sur, quel âge avez-vous ?
Le 1er S : T V, l’âge propice pour une attaque de la pandémie covid-19.
Le Vén : A quelle heure les Maçons sont-ils dans l’usage de fermer les travaux ?
Le 1er S : T V, à l’heure du couvre-feu donné par le Préfet.

Le Vén : Puisqu’il est l’heure du couvre-feu, F 1er et F 2nd Sur, invitez les SS et les FF qui sont sur votre colonne à se joindre à moi pour fermer les travaux d’Apprenti de la Respectable Loge Coronavirus.
Le 1er S : F 2nd Sur, SS et FF de la colonne du Midi, le T V nous invite à se joindre à lui pour fermer les travaux d’Apprenti de la Respectable Loge Coronavirus.
Le 2nd S : SS et FF de la colonne du Nord, le T V nous invite à se joindre à lui pour fermer les travaux d’Apprenti de la Respectable Loge Coronavirus.
Le Vén : A la gloire du Saint Raphaël Grand Quinquina, je ferme cette Loge d’Apprenti.
Le Vén : Mes SS et mes FF debout et à l’ordre de confinement.
Le Vén et les FF 1er et 2nd S Surveillants frappent par 3 fois.
Le Vén : A moi mes SS et mes FF, par le triple signe en toussant 3 fois avec la main devant la bouche, et la triple acclamation : guerre, traitement, guérison.
Le Vén : Mes SS et mes FF qui décorez l’Orient les travaux d’Apprenti sont fermés.
Le 1er S : Mes SS et mes FF qui décorez la colonne du Midi les travaux d’Apprenti sont fermés.
Le 2nd S : Mes SS et mes FF qui décorez la colonne du Nord les travaux d’Apprenti sont fermés.

Les SS et les FF se séparent sans se déganter et sans mettre à bas les masques en jurant de se protéger au maximum et en se confinant chez eux.

dimanche 29 mars 2020

RÉFLEXIONS DE CARÊME D’UN APPRENTI CONFINÉ via notre F G OB

MMTTCCFF

Ces moments de Carême doublés d’un confinement sanitaire font refluer mes souvenirs d’initiation...
Et, avec notre testament philosophique, défile le souvenir des derniers mots qui précédaient mon initiation au Rite Moderne Rétabli (Rite Français). Paroles solennelles ponctuées de vigoureux coups de maillets : “QUE MEURRE LE VIEIL HOMME ET NAISSE L’INITIÉ “ !

L’initiation est une nouvelle naissance de l’homme qui sort du Tombeau du Cabinet de Réflexion et qui est purifié par les 3 éléments.

L’apprenti qui vient de recevoir la Lumière est semblable au 1er Homme, à cet ADAM qui est la contraction de ADAMA (Terre, en hébreu) qui renferme DAM (le sang).
ADAMA c’est aussi DAM + MA qui signifie SANG et EAU...

Ceci nous projette dans 1 Jean 5 : 8
“Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre, savoir l'Esprit, l'eau, et le Sang ; et ces trois-là se rapportent à un.”...

ADAMA, c’est aussi ADAM + MA qui signifie QUOI ?

L’Apprenti est un nouvel homme né pour s’interroger. L’Apprenti est une question... C’est pour cela qu’il est Homme. Et c’est pour cela qu’il est un Apprenti.
C’est à cette question que l’apprenti ne peut offrir de réponse et il devient lui-même l’emblème du questionnement de ses aînés.

L’Apprenti est un CHERCHANT. C’est le sens de la déambulation dans le temple. Il est à la recherche de la vérité. Il est né pour cela. Peu importe s’il ne trouve pas la réponse.
D’ailleurs, la Franc-Maçonnerie est la recherche permanente de la vérité. C’est par le questionnement que le Cherchant trouve la Sagesse (mais pas la Vérité). En hébreu, SAGESSE se dit HOCHMA. En Arabe la Sagesse HOKHMA se prononce ROUKH-MA littéralement, L’Esprit sur les Eaux ou la Force du QUOI en Hébreux !

La sagesse, la HOCHMA, c’est l’impossibilité de s’arrêter à un terme, à une seule explication et de croire à une certitude qu’elle ne questionnerait pas.

La maçonnerie va nous inciter, à rechercher la vérité et non pas à trouver la Vérité, mais à trouver un SENS à la vie.

Elle exige à chacun de nous, de trouver sa propre réponse au sens des circumambulations, au sens des rituels, au sens des outils et au sens des mots à travers une forme de langage codé appelé "symbolisme".

La démarche maçonnique est personnelle, intuitive et non analytique.
La Sagesse maçonnique est personnelle, incommunicable. C’est cela le SECRET MAÇONNIQUE.

La PIERRE BRUTE est LA PIERRE SE SISYPHE. Jamais hissée au sommet. Elle est un perpétuel recommencement.

C’est pourquoi au Rite Moderne Rétabli le Vénérable Maître dit à la fin des travaux :
“De longs et pénibles efforts seront encore nécessaires avant que notre tâche soit achevée." 
"La pierre brute est à peine dégrossie." “L'heure du repos n'est donc pas arrivée."

Nous restons arc-boutés sur notre pierre brute. Des pseudo certitudes que nous croyons détenir lors de notre initiation, ou au cours de notre vie maçonnique vont naître des doutes qui vont nous pister sur la voie de la Sagesse.

UN MAÇON QUI NE DOUTE PAS DOIT DOUTER DE LUI-MÊME... !

Profitons de cette retraite de Carême et de ce Confinement sanitaire pour réfléchir, pour avancer sur notre chemin de Liberté car douter, c’est rester libre.

FRUCTUEUX CARÊME À TOUS !
Paul G...

samedi 29 février 2020

Les Francs-Maçons sont-ils philosophes ? | GADLU. INFO Planche 14/02/2018

"La Franc-Maçonnerie que nous vivons est née d’un projet philosophique, mais quid des Francs-maçons ? La réponse vous l’avez.

Le philosophe a toujours été un penseur. Philosopher aujourd’hui, c’est réfléchir aux êtres, aux causes, aux valeurs, aux principes. Le philosophe pense et tente d’expliquer par un discours l’homme, la nature, la société et l’univers, d’où nous venons, ce que nous sommes et où nous allons. La philosophie se caractérise dès lors par sa manifestation extérieure : le discours.

La Maçonnerie est une invitation permanente à philosopher. Hervé Hasquin écrivait d’ailleurs que « la Franc-Maçonnerie est un laboratoire de pensée ». 


Il est vrai que la philosophie, et donc les philosophes, créent de l’intelligibilité et tentent de donner un sens aux êtres, à la pensée, à la vie.

Cela ne métamorphose pas pour autant automatiquement les Maçons, fussent-ils de zélés laborantins, en philosophes au sens académique. Il n’y a pas de discours maçonnique, pas plus que les Francs-Maçons auraient vocation à répandre un point de vue particulier conférant tel sens à l’existence ou à l’essence.

Pour ne citer qu’eux, Platon et Pythagore furent d’exceptionnels penseurs ; Bacon au Moyen-Âge et Machiavel à la Renaissance ont posé le problème de la place de l’homme dans la cité ; Copernic et Descartes ont distingué la philosophie de la science ; Kant, Leibniz et Spinoza ont posé les questions de la morale et de la liberté ; Hegel a imaginé une approche phénoménologique originale de l’histoire ; Nietzsche a planché à sa façon sur l’échappatoire aux servitudes de l’esprit, mais, sauf exception, les Francs-maçons n’ont rien inventé en cette qualité expresse au nom de la Franc-Maçonnerie.

Ils n’ont pas revendiqué la paternité d’une pensée particulière, d’un système original ou analyse de l’univers qui révolutionnerait ou bouleverserait l’humanité, même si certains l’auraient aimé, et même si leur influence ne peut être niée dans l’avancée des valeurs humaines de la société, que ce soit sous l’angle législatif ou associatif.

Les Francs-maçons réfléchissent. La pensée maçonnique est riche d’enseignement, profonde de sens, porteuse d’un état d’esprit et empreinte de perfectibilité humaine dans la fraternité.

Si la sagesse, à laquelle se réfère la Franc-Maçonnerie, est la « sophia » des Grecs, c’est à dire, l’exercice d’un art complexe et difficile à maîtriser, à un tel point que Platon préféra parler, non pas des sages mais des amis de la sagesse, alors, il n’est pas exclu que les F\M\ soient les amis de cette sagesse."


Extrait de la Planche : Les Francs-Maçons sont-ils philosophes ?
La Parfaite Union » à l’Orient de Namur - GLB

" S'Instruire, c'est s'Éduquer..., entre autres, par un Enseignement " par notre F:. Guy V

Notions d'une actualité intense au vu de son importance dans l'Instruction et l’Éducation d'un peuple, d'un pays ou d'un groupe culturel.

Éventuellement suivies par son Enseignement... Voilà déjà impliqué, à la deuxième ligne de mon texte, les trois Mots du Titre de la Planche…
Comme toujours, voyons les définitions usuellement admises des deux termes pour les distinguer:

I - INSTRUCTION
Étymologie: Probablement du Latin Instruere... "Disposer/Bâtir..."
* Action de former l'esprit (de quelqu'un) et sa personnalité par des Connaissances liées à l'expérience humaine, la vie réelle, des évènements passés/présents/futurs et finalement, d'en assurer le résultat positif.
* Action de communiquer un ensemble de Connaissances - aussi théoriques que pratiques - liées à l'Enseignement donné par un ou des Maîtres ou par l'étude individuelle et finalement, d’analyser/étudier les résultats de cette action dans un but défini ou à définir (philosophiquement/politiquement/stratégiquement...).
Dans les deux cas, il s'agit à la fois d'une entreprise intellectuelle mais aussi "de terrain". A noter déjà que le mot Éducation revient deux fois dans ces seulement deux définitions !
NB. Instruction suppose également des sous-divisions comme l'Instruction Civique du Citoyen dans les Lois et ses Devoirs comme l'Instruction Militaire mais, faute de temps, je ne peux entrer dans les détails ce midi, me bornant à l'Instruction au sens le plus général du terme.

Synonyme ou proches: Formation - Enseignement (*) - Apprendre - Savoir
(*) A noter au sujet de ce mot celui proche de "'pédagogue" et dans celui-ci en particulier, son étymologie grecque (Paidos/Enfant...) Esclaves conduisant les enfants à l'école, puis Éducateur des enfants. Aujourd'hui "Science de l'Enseignement et/ou Méthodologie d'Enseignement".

2 - ÉDUCATION
Étymologie: Du Latin Educare..." Guider hors de/développer/faire produire... d'où la
Définition: une forme d'apprentissage PRATIQUE d'une connaissance.
Soit donc, symboliquement ou illustrativement, la "courroie de transmission" dans le processus d'Instruction.
En guise de première conclusion, ici se trouve déjà une différence essentielle de sens entre les deux mots:
a) Instruire ou propager la Connaissance pour Éduquer
b) Éduquer ou transmettre la Connaissance pour Instruire,
l'Instruction revêtant un sens nettement plus restrictif, l’Éducation se rapportant manifestement à la transmission et l'Apprentissage. Elle permet, ainsi, à Homme ou Femme de devenir un/une Citoyen(ne) au sens social et moral du terme de par son apprentissage et son expérience propre, soit la capacité vers une indépendance éducative au moins relative.
Car la deuxième conclusion est donc que, en dehors de toute considération d'efficacité et/ou de performance, l’Éducation peut se faire avec ou sans Maitre, indépendamment, de par notre décision et volonté propre.
Ceci étant premièrement établi, j'arrive à la deuxième question qui est de savoir s'il y a dans ces trois termes un sens ou une implication Maçonnique, un effet causal ou une relation de cause-à-effet ?


En effet, Instruction/l’Éducation/l'Accès à la Connaissance a pour but d'émanciper la destinée Humaine et, il faut immédiatement admettre qu'elles l'ont fait de manière extraordinairement efficace ces trois derniers milliers d'années, dans un nombre d'aspects également extraordinairement varié, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire, dans des cas extrêmes.
La question tout aussi fondamentale que l'on est donc en droit de se poser est ce qui influe positivement ou négativement ces trois donnés majeures.

En terme simple, qu'est-ce qui nous "conditionne" ?

Depuis, je dirais, la génétique et l'hérédité organique, l’Éducation Parentale et Familiale, rigide ou laxiste, croyante ou laïque voir athée. Aussi bien Scolaire, le ou les Maître successifs, les amis et autres relations, la Vie active professionnelle, le milieu dit "ambiant" qu'il soit social, culturel, politique et j'en passe un nombre possible infini... Tellement que nous ne les examinerons pas individuellement, ce midi, nous suffisant d'admettre de façon absolue que le sens individuel de l'Instruction/ de l’Éducation ne peut pas se faire de façon intrinsèquement seul ou libre, exclusivement par soi-même, d'autant plus qu'il y a cette difficulté majeure première qui est la définition de l'Objectif, le sens même à donner à sa Vie et le choix de la ou des stratégies pour y parvenir finalement.
Et c'est à ce dernier point que j'en veut en arriver car c'est ici que la Maçonnerie a un rôle très efficace à jouer tout en rappelant à quel point elle a déjà intensément participé à ce rôle ces 250 et quelques dernières années, tant sur le plan Politique, depuis le sommet (les Constitutions étatiques) jusqu'au niveau "pratique" de l'Instruction/de l’Éducation et de la Réflexion sur soi et autrui, du moins pour une importante majorité.
En effet, La Maçonnerie se veut une "école Philosophique" et admettons cette définition jusqu'à un certain point, dans la mesure où elle se veut être un centre de Recherche et de Réflexion sur un nombre de sujets vitaux comme "La Quête de Sens ultime" et un comportement tant Éthique que Moral, dans une Société démocratique (ou à démocratiser), au nom de ses Valeurs et Vertus. Celles-ci fondamentalement inspirées non seulement par les Anciens Grecs (Platon - Socrate - Épicure), les Modernes (Kant - Spinoza - Descartes) mais plus fondamentalement et récemment, par les Lumières anglaises (Hobbes) et, enfin, françaises (Voltaire - Rousseau - Diderot - D'Alembert et autres) au nom d'un esprit Libertaire, Égalitaire, Fraternel et Humaniste. Et, probablement le plus important, apôtre de la Libre Pensée ou de la Pensée Libre.
Il importe donc au Franc-Maçon/Maçonne de poursuivre sa Voie Maçonnique dans cette optique, je dirais même "Stratégique" au sens le plus étymologique qui est "L’Art de la Guerre" car la bataille, qu'elle soit à long terme ou journalière, pour la défense ou l'imposition de nos Valeurs et de la Libre Pensée en est véritablement une, intellectuellement certainement, presque physique, parfois... La conséquence "pratique" immédiate est, qu'en plus de son travail en Loge pour apprendre les Fondements de L' Ordre et sa Méthode, le Franc-Maçon/Maçonne se doit également de s'investir dans des activités annexes/connexes directement impliquées dans la Société; l'intervention "directe" dans cette Société externe n'étant pas la vocation première de notre Ordre.
Ces organisations tierces "à usage externe" étant bien connues, je ne tiens pas à les citer ici pour éviter toute publicité indue et laisser le meilleur choix aux FF'/SS' intéressés.
Je terminerai ainsi sur cette dernière note stimulant l'engagement sociétal de nos Ff' et SS' dans le combat pour la propagation de nos Idéaux, je le crois fermement les plus nobles pour le Bien de l'Humanité.
J'ai dit, V'M'
Guy V

lundi 24 février 2020

Nietzsche et le cabinet de réflexion | La Maçonne 6 septembre 2013

Nietzsche et le cabinet de réflexion

Notre soeur Astride Mandos nous présente son premier article sur ce blog. Je la remercie de sa contribution. La rubrique "De soeur à soeur" est ouverte à toutes les soeurs désireuses de partager leur expérience et leurs réflexions.


Nietzsche propose et questionne l'homme pour inciter celui-ci à retrouver sa divinité.

Il parle constamment de cette lucidité à atteindre, de cette intelligence à trouver avec le besoin d'être à la fois pleinement soi-même et à la fois dans la plus grande distance possible de soi-même.

Pour lui, la culture occidental est atteinte de nihilisme. Alors pour se sauver de cette humanité qui a perdu toute idée de son but, de cette humanité blasée, il nous hurle de regarder avec lucidité ce qui est.

Je l'imagine dans le cabinet de réflexion, diagnostiquer uniquement ce qui est, sans égard pour les convenances ni pour les conséquences, prêt à faire tomber le rideau d'idoles qui nous sépare de la réalité, dépouiller celle-ci de sa valeur pour arriver au rien...

« ... je vous le dis, il faut encore porter un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante (flamboyante ?) Je vous le dis, vous portez encore un chaos en vous... »
De ce rien, il redonne du sens, il rend à la réalité ce qui lui a été dérobé.

Dans cette démarche philosophique il se libère définitivement de toute attache à la « pesanteur grégaire », il s'arrache enfin du troupeau.

En prenant le chemin de l'initiation,le maçon « il devient ce qu'il est »

lundi 27 janvier 2020

Le Pardon, par notre F Guy Vida 28/11/2014

Le sujet du PARDON est un sujet gravissime qui, face à la situation qui se présente ou s'il s'agit d'évoquer des situations du passé, doit interpeller chaque individu au plus profond de sa conscience et, particulièrement, le Franc-maçon qui se veut et se doit d'être animé du Doute Critique, d'une attitude réfléchie et Tolérante et d'une vocation Humaniste. C'est beaucoup...

Une première remarque est que le PARDON ne vaut que pour les cas extrêmes, graves ou gravissimes, à la limite de l’Impardonnable. Avant cela, l' EXCUSE est suffisante, largement ou modestement selon les cas.

Une deuxième remarque, absolue celle-là,selon laquelle on ne peut activement accorder son PARDON à quiconque ou à une ensemble collectif que POUR SOI. 
On ne peut jamais pardonner POUR les AUTRES. Personne n'a ce droit et seule la ou les victimes le peut ou le peuvent pour elle(s)-même. 

L'exemple archétypal est la SHOAH : Les coupables des crimes monstrueux commis le sont-ils par Hitler et sa Bande d'Assassins, le Peuple allemand qui les a amené au pouvoir, leurs Conseillers nazis (philosophes - pseudo scientifiques), racistes, antisémites et anti Races inférieures inclus les FM libertaires (ne l'oublions pas). A qui faut-il accorder un Pardon d'ailleurs plus qu'improbable d'ailleurs.

Plus dans le détail

1- Définition - PARDON - Tenir une offense physique ou morale pour nulle - Renoncer à
la Vengeance/à l'indemnisation, à la réparation.
MISÉRICORDE - Action indulgente par laquelle on accorde son pardon au(x)
coupable(s) ou à celui/ceux qui a/qui ont causé l'offense, l'agression
Étymologiquement vient de "Misère" (malheureux offensé)

2- Synonyme - Absolution - Acquittement - Amnistie - Grâce - Rémission - Oubli - Indulgence
N.B. Synonymie ne signifie aucunement Vertu similaire.

3- Éthique et Morale - La Miséricorde est cette Vertu qui incite à Pardonner, malgré la douleur
et la tristesse voire le désespoir, par compassion et sans recours à la haine et/ou la vengeance. Encore que , de l'extérieur, elle peut être considérée comme de la faiblesse ou même de la trahison.
A son stade suprême - mystique - elle peut aussi être vue (entr'autre par les Croyants)
comme un acte d'Amour sublime (Cf Le Christ - Bouddha).

Enfin, la Miséricorde ou le Pardon suppose une admission du Libre Arbitre du ou des
coupables de ou des exactions, sans tenir compte d'autres facteurs d'influence
externe ce qui en fait, dans ce cas, manifestement une Vertu fort incomplète.

Bibl. complémentaire A.Comte-Sponville "Petit Traité des Grandes Vertus" - PUF 1995

Amen., par notre F:. Candide Guy Vida | Candide Janvier 2018

Mes TT' CC' FF' et SS'

Je veux revenir sur un événement d'il y a exactement 75 ans qui me traumatise encore aujourd'hui et qui doit interpeller notre Mémoire de FM...

Noël 1942. Il est près de minuit. Le Pape de l'époque, Pie XII Eugenio Pacelli va s'adresser au monde, principalement à la Chrétienté. Celle-ci, en ces années, ne compte pas encore 1 milliard de Membres mais représente toutefois près du quart de la population terrestre. Il n'y a pas encore de TV. Ce sera donc par la Radio que son message sera délivré.

L’armée Allemande triomphe presque sur tous les fronts aux confins de l'Europe. L’IIIème Reich se veut d'aller vers un millénaire triomphant par les armes, et les persécutions et la terreur, ajouterais-je.

Les déportations massives d'ennemis du Reich nazi et des sous-Hommes/Femmes ont commencé et les cheminées d'Auschwitz fument déjà... Le monde entier retient son souffle : Le Pape va - enfin - parler à haute voix, à tous ; et Eugenio Pacelli envoi son message évangélique et sa Bénédiction Urbi et Orbi par les ondes. Puis, il parle, de tout et de rien... surtout de rien de sérieux ni de grave.

Des Allemands et de leurs crimes et exactions, RIEN, pas un seul mot. Complicité tacite, plus que cela... Adhésion ou Collaboration à une œuvre Anti Tout ce qui n'est pas eux-même ou adepte de leur Idéologie... ou Croyance. Eugenio Pacelli est un anti Communiste archi réactionnaire pathologique, pourfendeur d'Incroyant (les Mécréants d'aujourd'hui), un souteneur du Duce.

"Amour - Paix et Charité" ont disparu du lexique Christique au profit d'un discours lénifiant pour le moins et contradictoire... Pensons-y encore comme FM libertaire et, pour beaucoup, Athée comme le soussigné.

Candide Janvier 2018

jeudi 28 novembre 2019

L’humilité mère des vertus maçonniques ? par Jean François | LA FRANC MAÇONNERIE AU CŒUR 12 Août 2017 Planche

La tradition chrétienne classe les vertus en cardinales et théologales, l’humilité ne trouve pas sa place dans ce classement, le Franc-Maçon s’est fixé le but de fuir le vice et pratiquer la vertu, toutes les vertus.

Cette ambition est à la frontière de l’orgueil, il affirme aussi n’accepter les tâches qu’il est capable de réaliser. 

L’humilité est donc au cœur de l’initiation maçonnique, et peut-on séparer les vertus ?

L’initiation est un commencement il faut donc faire preuve d’humilité, l’enfant, l’apprenti Franc-Maçon ne sait ni lire, ni écrire, il apprendra sur les lèvres de sa mère, de sa loge mère ; dans le silence, sous la pâleur de la lune. Il épèlera, lettre après lettre. L’apprenti commence sa démarche intérieure, par la connaissance de son soi comme le dit Saint Augustin : « la vertu d’humilité ne demande rien d’autre que de se connaître en vérité. » c’est le « Connais toi toi-même » attribué à Socrate.

Il faut déjà beaucoup d’humilité au profane qui frappe à la porte du temple au midi de sa vie, pour accepter de laisser ses métaux, pour passer de la matière à l’esprit, nous dirions en langage maçonnique symboliquement de l’Équerre au Compas, accepter de n’être qu’une faible lueur dans l’univers, combattre son ego pour rechercher l’unité, la vérité. Simone Weil disait : « L’humilité est la vertu la plus essentielle dans la recherche de la vérité. » Le mot essentiel nous mène à l’essence et au sens, à la recherche de la substantifique moelle a dit François Rabelais.

Lors de l’une de mes visites récentes aux moines cisterciens de l’abbaye de Timadeuc, ces adeptes de la règle de Saint Bernard, j’ai pu voir la joie sur leurs visages, dans l’humilité ils ont trouvé un véritable sens à leur vie. Saint Bernard leur a transmis son souffle pour passer de l’avoir à l’être, il disait : « comme l’âme s’élève par l’orgueil avant de tomber il faut quelle s’abaisse par l’humilité avant d’être élevée. »

Le maître maçon plus radieux que jamais, même s’il renait doit être vigilant, l’orgueil rôde toujours propre a flatter l’architecte couronné de la gloire de son travail, le temple de pierres, le temple matériel n’est pas la Jérusalem céleste, celui qui n’a pas connu la chute ne connais pas la joie du relèvement.

L’humilité nous permettra de mieux nous connaître, de nous rapprocher de nos frères et ainsi de vivre dans l’amour fraternel.

JF

Note : Ce texte m’a été inspiré par la lecture d’un article de la revue Actualités de la GLNF paru dans la rubrique symbolisme sous le titre « Humilité et Serment de l’initié. L’humilité, mère des vertus ».

Ego démesuré et liberté : un couple infernal | Rédigé par Freimaurerei.ch 6 Mai 2018

Quelle est l’origine de la souffrance humaine, des confusions mentales ? 

L’attachement à soi, l’égocentrisme. Oui, la source fondamentale du mal, c’est bien l’ego démesuré, surdimensionné, cette fulguration du moi qui est le point de référence central de tout univers individuel. 

Affirmer le caractère illusoire du moi est le résultat d’une analyse logique et d’une expérience directe de ce qui est, l’« ainsité » – ou véritable nature de la réalité.

L’ego, le je, le moi, le soi, sont intrinsèquement liés à la personnalité humaine. Dans la psychologie occidentale, l’ego décrit la fonction organisatrice de l’esprit ; il régule les énergies provenant du surmoi ( croyances conditionnées ) et du ça ( pulsions inconscientes ). En Orient, en revanche, l’ego exprime des états de saisie, d’identification, d’illusion de séparation, d’égocentrisme.

Un ego « contrôlé », « taillé », apporte un sentiment sain de soi ( aptitude fonctionnelle à diriger sa vie, à affronter les frustrations et les conflits, à mobiliser ses ressources, à prendre soin de soi-même et des autres, etc. ), alors qu’un ego démesuré, surdimensionné, n’apporte que souffrance. C’est pourquoi la psychologie orientale, après avoir fait découvrir que le sentiment de soi et de séparation demeure provisoire, faux, propose l’abandon de l’identification au moi – le non-soi – qui conduit à la santé mentale suprême, à la liberté, à la compassion et à la joie.

Le non-soi n’est pas la négation de l’ego relatif, mais de l’illusion de sa réalité absolue. Il s’agit donc de se libérer de la saisie de l’ego, d’un soi séparé, autonome et indépendant engendrant la dualité, les passions et les souffrances qui en procèdent. Étrangement, si nous nous demandons « qui suis-je ? » ou « qui est ce moi ? », nous nous rendons compte que nous ne sommes pas ce nous croyons être. Car la réalité de ce que nous sommes et vivons fondamentalement est filtrée et déformée par le prisme de l’ego qui est l’expression même de l’ensemble de nos conditionnements.

Les passagers d’une existence

En Franc-maçonnerie, indépendamment de la Loge et de l’Obédience, des Frères se trouvent encore sous le joug d’un ego surdimensionné, malgré leur initiation, apparemment restée au stade virtuel, alors que son processus évolutif aurait pourtant dû concourir à le contrôler. Leur manière de fonctionner mentalement reste immuablement statique.

Ce sont des Frères toujours en quête d’honneurs, de médailles et de fonctions; des Frères qui s’expriment davantage pour eux-mêmes, leur gloriole personnelle, souvent pour ne rien dire d’essentiel plutôt que d’extérioriser un partage authentique ; des Frères qui cumulent des fonctions tant dans les Loges « bleues » que dans les Loges de perfection, Chapitres, Aréopages, Consistoires… persuadés qu’ils sont d’être indispensables ; des Frères encore qui créent des intrigues engendrant des querelles, puis des séparations dans leurs Loges jusqu’à les faire éclater, faute d’avoir pu rassasier leurs ambitions malsaines autant que dérisoires. Les Maçons appartenant à l’une ou l’autre de ces catégories ne sont pas « libres », car prisonniers de la saisie de leur mental, victimes de leur vanité. Or, rien ne leur appartient, aucun bien, aucun humain ; ils ne sont que les passagers d’une existence ; quelque part, de simples régisseurs seulement responsables de leur destinée. Ne peut être réellement libre que celui qui a pris conscience du piège du moi et de l’illusion de la possession.

Si les forçats du moi sont des Frères Apprentis ou Compagnons, donc des Frères « en chemin », la poursuite de la taille de leur pierre brute vise justement à leur permettre de « grandir », de se libérer de leur excès d’ego. Mais que penser des Frères Maîtres, souvent depuis de très nombreuses années, toujours plus victimes de leur mental, toujours plus en état de souffrance, laquelle entretient la dualité ( la séparation entre moi et les autres, l’éclatement de ce qui est naturellement entier ) et la névrose ( compréhension confuse à la fois de son identité et du monde ) ? Souffrance qui ne peut qu’éclabousser leur entourage, profane et maçonnique.

Eduquer son esprit pour transformer les états mentaux négatifs en expériences positives

La nature véritable de l’esprit

L’une des solutions pour poursuivre l’oeuvre d’élévation, commencée schématiquement avec l’initiation, consiste à travailler sur son esprit en cultivant une attitude de renoncement à l’identification. Il se constitue d’un déni de l’essence singulière et unique de chaque Frère. Son caractère unique demeure, mais sans appropriation ni peur égocentriques. Le Frère découvre ainsi que son identité est éphémère, fluide ; chaque instant de son existence équivaut à une nouvelle naissance. La sagesse dit que l’individu n’est rien ; l’amour dit que l’individu est tout ; entre les deux, la vie s’écoule.

Pour se libérer, il s’agit encore de s’écarter de tous les attachements – désirs, jalousies, frustrations… qui emprisonnent dans des états de souffrance – peurs de ne pas y arriver ou de perdre ce qui a été acquis. Cela passe par l’éducation de son esprit, afin de transformer les états mentaux négatifs en expériences positives pour in fine atteindre l’état véritable de nonsoi, l’absence de soi qui est la nature véritable de l’esprit. Certes, cela semble facile en théorie, mais beaucoup moins en pratique. L’ascèse permanente, notamment en recourant à la méditation, permet néanmoins d’y parvenir, à son rythme. Cet engagement s’inscrit dans la volonté de s’initier dans le réel et non plus le virtuel, car aucun Frère n’est initié, mais s’initie lui-même.

A ce sujet, les Frères concernés par leur ego dévastateur pourraient se pencher sur le Mutus Liber de l’initiation, le « livre muet » établissant un pont entre les profondeurs de l’être et la métaphysique, le sacré, grâce à l’enseignement de ses symboles. Leur seule vision ouvre toutes les portes à l’intelligence, celle du coeur, du non-soi. A travers les cris et les murmures se révèlent des « choses » essentielles, elles aussi muettes. D.P.

source : https://freimaurerei.ch

mardi 26 novembre 2019

∆∆∆ Le Bien et le Mal, sujet inépuisable... en vrac, par notre F Guy V

Cette question occupe évidemment toute la partie éthique de la philosophie : Le Bien et le Mal 

Platon : « Fait-on le bien pour lui-même ou par peur d’être puni » ? Relire L’anneau de Gygès - que fait le berger quand il sait qu’il est invisible et pourquoi ?

Comment faire l’impasse sur Rousseau et son « mythe du bon sauvage », non perverti par la société

Hobbes et son fameux « l’homme est un loup pour l’homme » repris de Plaute, Pline, etc;
Kant et son « un mal radical est en l’homme »;
Freud et son « malaise dans la civilisation »;
Hanna Arendt et la banalité du mal… lorsqu’elle assiste au Procès d’Eichmann et constate chez ce dernier, une absence de penser, tout préoccupé d’obéir à un ordre d’une autorité ou d’une idéologie à laquelle il accepte de se soumettre.

Voir à ce sujet  l’expérience de Milgram pour tenter de comprendre comment un quidam « inoffensif » peut, à la demande, faire souffrir quelqu’un qu’il ne connaît pas, dans un contexte qui n’est pas celui de la guerre, parce qu’une autorité (en occurrence scientifique) lui en intime l’ordre. Expérience communément appelée « de soumission à l’autorité »; Mais analysée  par notre philosophe belge Anne Marie Roviello à la lueur des réflexions de Kant et de Arendt : Dans l’expérience de Milgram, le sujet observé n’a pas de discours contradictoire avec un autre représentant de l’humanité que les « expérimentateurs » pour lui demander si ce qu’il fait à un sens -> absence de jugement moral parce qu’absence d’un discours alternatif -> Ein Fuhrer , Ein volk ( celui de la pensée unique entretenue dès le plus jeune âge dans les états totalitaires, mouvements de jeunesse, censure de la culture, etc... )

Mais comme il n’y a pas d’humains hors d’une société, il est difficile d’être Rousseauiste à la façon d’Obama.

Le bien et le mal sont tout un, dit Héraclite, un de mes philosophes favoris;
Bien sûr Nietzsche aussi qui veut transvaluer les valeurs;
À cela on ajoute la philosophie des droits de l’homme.

On peut poser la question - le bien et le mal sont-ils universels ?


Dans le Décalogue et non pas dans les 10 commandements , passés les 5 premiers qui sont des logos entre l’homme et Dieu, il s’agit bien de l’interdiction de tuer, voler, mentir, tromper,... Interdits fondateurs ? Et donc universels ?

Guy V

* Le portrait de Dorian Gray
* Docteur Jekyll et Mister Hide dont un excellent film avec Spencer Tracy et Ingrid Bergman a été tiré
* Harry Truman qui a poussé sur le Bouton Rouge de l'usage militaire de la bombe Atomique sur le Japon pour hâter la fin de la guerre dont les pertes humaines devenaient énorme (Cf la prise d'Iwo Jima...). Truman avait eu la prudence de s'entourer d'un Comité d'experts tant militaires que " scientifiques nucléaires ...dont Einstein... Ceux-ci, à une très large majorité ont voté "pour" argumentant que pour envahir le Japon,les pertes en soldats américains seraient de plus de 300M. Cela valait bien quelques 300M civils Japonais... sans compter les militaires nippons.
* Les deux pilotes des B29 qui ont largué les bombes sur Hiroshima et Nagasaki (où je suis passé
lors de voyages professionnels mi '85). Je ne sais rien du second pilote mais le premier (Claude Etherly) qui pilotait l'ENOLA GAY, après la guerre, s'est converti dans un Ordre Religieux jusqu'à son décès, pour sa rédemption.

dimanche 24 novembre 2019

KKK, par notre F Guy V

L'Empire (dit) Invisible" mais, hélas, bien réel...
Origine étymologique: du Grec "Kyklos"/Cercle et Klan/écossais (organisation clanique).

J'ai fait presque toute ma carrière avec une Multinationale Américaine du Sud des États Unis (Virginie) dont le siège opératif (des usines) était "encore plus au Sud", à Bâton Rouge en Louisiane sur le Mississippi River… Outre que j'y allais toutes les quatre à six semaines de Bruxelles, j'y ai résidé quelques années dans les années 80'. Les circonstances bienheureuses ont fait que, avant d'être initié en FM en Belgique, j'ai été admis à la FM locale, à la R'L' Lodge St-James N° 47 F & A/M. Déiste, peut-être, quoique je sois athée à 110%, mais des FF' d'une chaleur humaine et d'une gentillesse extrême, pour mon plus grand bien, esseulé que j’étais à l'époque.

vendredi 22 novembre 2019

Une photo datant de 1918 représentant l'ombre portée de la Statue de la Liberté placée à l'entrée du port de NY (donc des USA, à une époque où l'entrée se faisait par voie maritime et par NY...) | Guy V 25 avr. 2017

Au sujet de cette Statue et de ce qu'elle représente, je voudrais ajouter qqn mots :

D'abord, que les Francs-Maçons qui ont conçu la Devise révolutionnaire de la République Française  de 1789 (L-E-F) ont placé intentionnellement la Liberté en premier lieu, avant l’Égalité (et la Fraternité). En effet, cette première Devise illumine les autres et doit les précéder. Pour être Égal, il faut d'abord (pouvoir) être Libre...

Ensuite, les FM qui ont participé à la rédaction de la première constitution de 1787 des USA se sont évidemment fortement inspiré de l'Esprit Libertaire et Égalitaire de la France pour leur nouveau pays, les Etats (prétendument) Unis, après la Guerre de Sécession.

Par l'érection de cette Statue dédiée à la Liberté et son emplacement, qui n'est pas dû au hasard, les Américains ont voulu symboliser leur idéal Libertaire mais aussi à appeler/rappeler chez eux l'Esprit de Liberté, dans tous ses domaines, pour leur vocation de grandeur nationale... puis mondiale... "Le Pays de la Liberté" où j'ai résidé.

Candide mutin et Libertaire

mardi 19 novembre 2019

"Israël - Palestine, une seule Terre, deux Peuples, quatre Histoires millénaires tourmentées" par notre F Guy V 25/07/2015


Avec la religion Catholique, trois religions du désert à quelques km l'une de l'autre


Bible (orthodoxe) contre Coran (antilibertaire), ses immixtions

Religion / Gestion de l' État

Antijudaïsme et antisémitisme / antiarabisme et Islamophobie en présence, face à face, régionale et mondiale

Absence de Politique Étatique Laïque

Libertaire - Juste et Égalitaire - Fraternelle - donc, Démocratique

Jusqu'où va l'Intolérance (réciproque) - Existe-t-il encore une voie/une voix possible de Tolérance et de Paix ?
Une fois de plus, je me dois d'insister que ce Billet se veut de respecter la Déontologie Maçonnique à savoir de ne pas couvrir l'aspect militaro-politique encore que je me dois d'y faire quelques références préalables pour amener le sujet véritable qui est une vision du conflit dans sa complexité locale, régionale (MO), voire internationale quant à ses origines historiques mais, aussi et surtout, dans un débat intime sur l’Éthique de Tolérance et ses limites vis à vis de l'Intolérance de l'une ou l'autre partie, voire des deux simultanément dans un cycle devenu infernal... mais à qui la ou les fautes... ?

Tout en rappelant que, quoique,fondamentalement inspiré de motivation totalement différentes, Juifs et Franc-Maçonnerie sont étroitement liés dans la haine et l'exécration des mouvements fascistes, racistes ou nazis, totalitaires, anti-libertaires voire islamistes et/ou arabo extrémistes au travers d'un jargon et d'insultes particulièrement malfaisantes anti-juives comme anti-Maçonniques souvent prélude à des agressions physiques. Nous en avons eu quelques exemples extrêmes il y a 75 ans...

NB. J'ai aussi choisi ce sujet de par mes ascendances personnelles et pour connaître le pays par cœur l'ayant couvert professionnellement de 1966 à fin 80 puis en touriste dans les années 90 et 2000. Également pour avoir été impliqué en 1967 dans la Guerre des 6 Jours sur le Plateau du Golan ce qui me donne une perspective interne encore assez valable.