Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures. Force, Sagesse et Beauté / Liberté, Égalité, Fraternité

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vendredi 24 juin 2022

Guerre en Ukraine : « Il y a une filiation entre l’idéologie nihiliste qui a marqué la Russie au XIXe siècle et cette façon de mener la guerre » par François Galichet, professeur honoraire à l’université de Strasbourg | Le Monde 23/06/2022

Frappé par le caractère radicalement destructif de la stratégie russe, le philosophe François Galichet constate que, pour l’armée russe, « la destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé ».

Ce qui frappe le plus, dans le conflit ukrainien, c’est la stratégie adoptée par les Russes. Elle se caractérise par une intention délibérée d’anéantissement, de destruction systématique et radicale. Assurément, toutes les guerres comportent des dommages causés à l’ennemi ; mais ils sont le plus souvent liés à des objectifs militaires, même s’ils entraînent des bavures.

Dans le cas de l’agression russe, en revanche, on a l’impression d’une entreprise d’annihilation totale du territoire à conquérir, civils et soldats, hommes, bâtiments et choses. Marioupol, Boutcha et bien d’autres villes martyres illustrent tragiquement cette volonté. Comme on l’a souvent souligné, c’est une stratégie déjà adoptée en Tchétchénie et en Syrie.

>>> Guerre en Ukraine en direct : l’armée ukrainienne a reçu l’ordre de se retirer de Sievierodonetsk, après des semaines de combats et « de bombardements incessants »

Habituellement, le conquérant vise à s’approprier les ressources du pays attaqué, ce qui le conduit à les préserver autant que possible, dans son propre intérêt. Ici, en revanche, on a le sentiment que le gain attendu ne compte pas du tout. La destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé.

La pensée nihiliste comme principe de guerre

Les dommages causés à la Russie par la guerre (effets des sanctions, retrait des investisseurs étrangers, adhésion à l’OTAN de pays jusqu’ici neutres, renforcement de l’unité et de la défense européenne, etc.) sont de loin supérieurs à l’avantage éventuel que constituerait la conquête du Donbass. Mais ces dommages, si grands soient-ils, ne semblent pas compter.

Comment expliquer une telle attitude ? Un mot s’impose au spectacle de cette guerre militairement irrationnelle, économiquement aberrante, politiquement catastrophique : nihilisme. On sait que ce concept est né en Russie dans les années 1860 ; et on l’associe souvent à un mouvement marginal d’opposition au régime tsariste, vite disparu au profit de la contestation marxiste-léniniste qui aboutira à la révolution d’octobre 1917.

>>> « L’idée que Poutine puisse utiliser l’arme nucléaire m’obsède »

Or cette représentation est erronée. L’écrivain Ivan Tourgueniev (1818-1883), dans Pères et Fils, définit le nihiliste comme quelqu’un « qui ne veut rien reconnaître », « qui ne respecte rien » et « ne s’incline devant aucune autorité ». L’écrivain philosophe Alexandre Herzen (1812-1870) , dans un article de 1869, y voit « un esprit de purification critique » ; il associe le phénomène du nihilisme à la mentalité russe en tant que telle : « Le nihilisme est le fruit naturel, légitime, historique de cette attitude négative envers la vie qu’avaient adoptée la pensée russe et l’art russe dès ses premiers pas après Pierre le Grand. » Il ajoute : « Cette négation doit enfin aboutir à la négation de soi-même. »

Le nihilisme dans la nature de l’âme russe

L’analyse sera reprise par Fiodor Dostoïevski (1821-1881), qui écrit, parlant des Russes : « Nous sommes tous des nihilistes. » Le philosophe Nicolas Berdiaev (1874-1948), un siècle plus tard, le confirme : le nihilisme avait sa source dans l’âme russe et dans la nature de la foi proslave. C’était « le négatif photographique du sentiment apocalyptique russe ».

Albert Camus (1913-1960), dans L’Homme révolté, en précise les contours. Il y décèle « le sentiment, qu’on retrouvera jusque chez Bakounine et les socialistes révolutionnaires de 1905 que la souffrance est régénératrice ». Le critique littéraire Vissarion Bielinski (1811-1848), l’un des représentants de ce mouvement, affirme qu’il faut détruire la réalité pour affirmer ce qu’on est : « La négation est mon Dieu. »

>>> Guerre en Ukraine, en direct : « L’armée russe détruit et tue simplement », déclare le président Zelensky après la mort de quinze civils, dont un enfant de 8 ans, près de Kharkiv

On lui confère, écrit Camus, « l’intransigeance et la passion de la foi ». C’est pourquoi « la lutte contre la création sera sans merci et sans morale ; le seul salut est dans l’extermination ». Selon le théoricien politique Mikhaïl Bakounine (1814-1876), « la passion de la destruction est une passion créatrice ». Sergueï Netchaïev (1847-1882), son compagnon, « a poussé la cohérence du nihilisme aussi loin qu’il se pouvait » : désormais « la violence sera tournée contre tous au service d’une idée abstraite » ; les chefs de la révolution doivent détruire non seulement les ennemis de classe, mais aussi leurs propres militants, s’ils dévient de la ligne imposée.

Une démarche pas rationnelle prête à tous les sacrifices

Bakounine a contribué autant que Marx à la doctrine léniniste – et par conséquent à l’idéologie soviétique dont Poutine est imprégné. A travers cette filiation, le nihilisme continue à inspirer les dirigeants actuels de la Russie. Du nihilisme au communisme, et de celui-ci au panslavisme qui motive l’invasion de l’Ukraine, c’est la même idée abstraite qui justifie une volonté de destruction « purificatrice », le parti pris de la table rase, de l’apocalypse comme idéal politique et religieux, du néant érigé en principe d’action.

C’est pourquoi il ne faut pas prendre à la légère la menace nucléaire agitée par les dirigeants russes. De l’anéantissement de l’autre à l’anéantissement universel qui implique l’anéantissement de soi, la frontière est mince. Le nihilisme, conclut Camus, « étroitement mêlé au mouvement d’une religion déchue, s’achève en terrorisme ». Chez tous les héritiers du nihilisme, « le goût du sacrifice coïncide avec l’attirance de la mort » ; « le meurtre s’est identifié avec le suicide ».

>>> Guerre en Ukraine : « Près de 30 % des routes, ponts, ports, chemins de fer, aéroports ont été détruits »

Comment faire face à une telle idéologie ? La réponse n’est pas évidente. Mais il faut en tout cas éviter de considérer Poutine et ses sbires comme des conquérants rationnels, qui calculeraient les bénéfices et les coûts d’une agression, tel Hitler. Il y a une filiation entre l’idéologie nihiliste qui a marqué la Russie au XIXe siècle et cette façon de mener la guerre. Comme toute foi, elle est prête à tous les sacrifices, y compris le sien.

>>> Pierre Lellouche : « Ce qui était, au départ, un conflit local limité à l’Ukraine est devenu une guerre par procuration, non déclarée, entre l’OTAN et la Russie »

En ce sens, elle relève davantage de la radicalité djihadiste, dont elle partage les modes d’action et de pensée. La seule différence entre l’une et l’autre est une différence d’échelle : le terrorisme poutinien est un terrorisme d’Etat, et d’un Etat qui dispose d’un arsenal nucléaire susceptible de provoquer l’anéantissement de l’humanité. Jamais auparavant celle-ci n’a été confrontée à une telle situation. En ce sens, la guerre ukrainienne est une nouveauté absolue dans l’histoire.


François Galichet, professeur honoraire à l’université de Strasbourg, auteur de : Qu’est-ce qu’une vie accomplie ? (Odile Jacob, 2020)

lundi 20 juin 2022

Les ambiguïtés d’Israël envers Moscou : ami et ennemi à la fois | France Culture 29 mai 2022


Vu les liens nombreux, historiques, culturels, économiques, politiques qu’Israël entretient avec l’Europe et les Etats-Unis, vu l’identité juive du président ukrainien Volodymyr Zelensky, on pourrait attendre d’Israël un soutien clair aux Occidentaux.

Ce n’est pas le cas : Israël ne condamne la Russie que du bout des lèvres, se refuse à toute sanction contre le régime de Poutine, a tenté début mars une médiation entre Moscou et Kiev, refuse de livrer des armes à Kiev.

Et même lorsque la Russie franchit ce qui devrait une ligne rouge pour Israël : des propos sur l’antisémitisme de certains juifs ou sur le prétendu "sang juif d’Hitler" pour justifier ce qu’elle appelle son "combat contre le nazisme en Ukraine". Même à ce moment-là, Israël ne se fâche pas totalement. Alors comment expliquer cette attitude israélienne ? L’histoire et la sociologie jouent un rôle central. Pour Israël, Moscou est à la fois un ami et un ennemi.

jeudi 16 juin 2022

Why Putin must be removed from power by the West | The Telegraph 14 juin 2022

A combination of sanctions and weapons could force the Russian people to remove their President from the Kremlin. 

To investigate whether Western leaders should aim for regime change in Russia The Telegraph's Steven Edginton is joined by the journalist Daniel Johnson and think tanker Benjamin Freidman in a new short film.

mercredi 15 juin 2022

Fraternité et Amitié, quelle différence ? | Ordre initiatique et traditionnel de l'Art royal

Fraternité et Amitié, quelle différence ?

La Fraternité est définie à la fois comme le lien de solidarité qui devrait unir tous les membres d’une famille mais également comme le sentiment de ce lien. Cette famille peut alors être de différentes natures : il peut s’agir de la famille humaine, mais également d’organisations qui se sont formées autour d’un même idéal : fraternités d’armes, fraternités constituées autour d’un intérêt commun qui s’apparentent dans ce cas à des réseaux d’influence. 

Dans tous les cas, le lien de solidarité qui unit ces personnes met en évidence un sentiment de devoir moral, c'est-à-dire l’acceptation a priori de règles de conduite considérées comme bonne par l’ensemble du groupe. L’un des aspects caractéristiques de la Fraternité est qu’il s’agit d’un lien de sang, réel ou symbolique, entre plusieurs individus. Ce lien de sang est là, il ne se discute pas et tant que le sentiment de Fraternité est là, ce lien perdure avec ses règles.

L’Amitié, elle, est définie comme le sentiment d’affection entre deux personnes. Il s’agit de l’attachement, de l’affection qu’une personne porte à une autre. Jules Renard, dans son « Journal », va même jusqu’à définir l’amitié comme le mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble. On parle d’ailleurs d’Amitié particulière pour décrire une liaison homosexuelle entre adolescents. Le lien qui unit deux amis est donc avant tout un lien d’amour, au sens large bien évidemment, qui surpasse les liens qui les unissent à toute autre personne. Un ami ne juge pas, il est simplement là.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Le choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme | Citéphilo 2021 17 déc. 2021


Cet ouvrage aborde le néolibéralisme sur le terrain qui, dès ses origines, fut le sien : le choix de la guerre civile en vue de réaliser le projet d'une pure société de marché. Une guerre de domination polymorphe, qui sait parfois se doter des moyens de la coercition militaire et policière, mais qui se confond souvent avec l'exercice du pouvoir gouvernemental et qui se mène dans et par les institutions de l'État.

De Hayek à Thatcher et Pinochet, de Mises à Trump et Bolsonaro et de Lippmann à Biden et Macron, le néolibéralisme a pris et prend des formes diverses selon ce que commandent les circonstances. Et ce qui apparaît, dans cette perspective stratégique, c'est l'histoire d'une logique dogmatique implacable qui ne regarde pas aux moyens employés pour affaiblir et, si possible, écraser ses ennemis.

Avec Pierre Dardot, Christian Laval et Pierre Sauvêtre, présenté par Alain Lhomme

Foucault et Bourdieu face au néo-libéralisme avec Christian Laval, professeur de sociologie à l'Université de Nanterre | Xerfi Canal 4 juin 2018

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ avez dit “néolibéral” ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture

Notions, pensées, auteurs, débats d’actualité: chaque jour, du lundi au jeudi, Entendez-vous l’éco ? fait résonner toutes les déclinaisons de l’économie et de son impact sur la société. Pour que, dans le brouhaha d’une actualité souvent saturée, l’éco parvienne jusqu’à nous…

Épisodes


>>> Aux origines du néolibéralisme

Du Colloque Lippmann à la création de la Société du Mont Pèlerin, le concept de néo-libéralisme est loin d'avoir connu un parcours unifié et homogène. Les penseurs qui en furent à l'origine ont interrogé la place à donner à l'Etat dans la régulation de l'économie, source de nombreux désaccords...


>>> La fabrique de l'individu néolibéral

Compétitif, entrepreneur, contrôlé : comment la théorie néolibérale conçoit-elle l'individu ? Celui-ci peut-il échapper aux logiques de cette nouvelle rationalité ?


>>> La France est-elle un État néolibéral ?

Les grandes vagues de dérégulation des années 1980, puis 1990 ont nourri, en Europe, l’idée d’un désengagement de l’Etat. Dans ce contexte, le modèle français d'Etat-providence, fruit d'une histoire et d'une tradition politique, doit-il se sentir menacé ?


lundi 13 juin 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ S’adapter : le nouvel horizon du libéralisme ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 21/02/2019


>>> Walter Lippmann dans son bureau
Dans ce monde néolibéral où nous serions toujours en retard, il faudrait "s'adapter"... 

Analyse d'un courant de pensée né de la société industrielle, avec Barbara Stiegler, auteure de "Il faut s'adapter". "Sur un nouvel impératif politique" (Gallimard, 2019).

"Il faut s'adapter", "nous sommes en retard"... autant d'expressions rebattues dans nos sociétés mondialisées, et dont l'origine remonte déjà à la révolution industrielle. 

Car, du point de vue néolibéral, forme de libéralisme qui privilégie une forme d’intervention étatique, l'espèce humaine devrait apprendre à vivre dans un nouvel environnement, s'adapter à cette "grande révolution" par des politiques de santé et d'éducation, lesquelles seraient menées par des experts distants du peuple "masse".

"La démocratie devient une technique politique de fabrication du consentement des masses." Barbara Stiegler

On en parle avec la philosophe Barbara Stiegler, professeure à l’université de Bordeaux, membre de l'Institut universitaire de France, ses recherches portent notamment sur l’histoire des libéralismes et de la démocratie. Elle publie "Il faut s'adapter". Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), essai sur un nouvel impératif politique. Une généalogie du néolibéralisme qui remonte aux années 1920, à l’écriture d’un grand récit qui semble encore influencer les esprits et guider l’action publique.

"Il  y a une lutte contre les inégalités, le but étant de dégager des inégalités naturelles [...] pour que le meilleur gagne." Barbara Stiegler

Extraits sonores :
  • François Béharel, président du groupe Randstad France (Bfm Business, 11/12/2013)
  • La Belgique sans gouvernement (AFP, 17/02/2011)
  • Gilles Le Gendre, "Nous avons été trop intelligents" (Public Sénat, 17/12/2018)

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Barbara Stiegler sur l’injonction à s’adapter au néolibéralisme ( Hayek, l'Ordo-libéralisme et le darwinisme macronien ) / Maurizio Ferraris sur la post-vérité ( Cliquer sur l'image ) | France culture 07/12/2019

Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : "Il faut s’adapter" : sur un nouvel impératif politique de Barbara Stiegler (Gallimard) et "Post-vérité et autres énigmes" de Maurizio Ferraris (PUF).

>>> Donald Trump, président des États-Unis
avec en surimpression "Fake News". 
Deux livres qui abordent par la philosophie la question de l’opinion publique. Dans « Il faut s’adapter », publié chez Gallimard, Barbara Stiegler s’interroge sur les effets de cette injonction faite à chacun aujourd’hui d’épouser le rythme des mutations du monde. 

Elle retourne pour ça aux sources d’un débat qui a opposé deux grands philosophes américains dans les années 30 : Walter Lippeman et John Dewey sur l’avenir du libéralisme et de la démocratie. 

Il est aussi question des États-Unis, notamment, dans l’essai de Maurizio Ferraris Post-vérité et autres énigmes publié aux Presses Universitaires de France et traduit de l'italien par Michel Orcel. Le philosophe italien se penche sur l’alliance entre le pouvoir extraordinairement moderne d’internet et la plus ancienne pulsion humaine, celle d’avoir toujours raison. Pour au final proposer une théorie de la vérité qui montre la radicale originalité des fake news, et leurs conséquences. 

Barabara Stiegler - « Il faut s’adaper » : sur un nouvel impératif politique

Je vous propose de commencer par le livre de >>> Barbara Stiegler, « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique, publié chez Gallimard dans la collection NRF essais. L’auteure est professeure de philosophie à l’université-Bordeaux Montaigne, et se penche depuis plusieurs années sur l’articulation entre politique et biologie, à travers notamment un travail poussé sur la pensée de Nietzsche. Ce qui l’a amenée – naturellement, serait-on tenté de dire – vers les questions d’éthique, elle a ainsi été membre du comité d'éthique du CHU de Bordeaux.

"Il faut s’adapter" est mis entre guillemet dans le titre, car c’est à cette injonction permanente à suivre les mutations de plus en plus rapides d’un monde complexe que s’intéresse la philosophe. Adaptabilité, flexibilité, mobilité… compétition, sélection… le vocabulaire utilisé de nos jours emprunte beaucoup à la théorie de l’évolution de Darwin. Il s’agit pour Barbara Stiegler de faire la généalogie de ce mouvement de colonisation progressive par un lexique biologique du champ économique, social ou politique.

Pour cela, elle remonte aux années 1930, aux sources d’une pensée politique peu connue en France alors qu’elle concerne le passage du libéralisme au néolibéralisme. L’un des théoriciens de ce nouveau libéralisme est l’américain Walter Lippmann, qui a aussi été un acteur politique de premier plan puisqu’il a par exemple participé à la rédaction des 14 points de Wilson. Selon lui, face à des masses réfractaires au changement, rivées à la stabilité de l’état social, seul un gouvernement d’experts peut permettre cette nécessaire adaptation. Il se heurte alors à un autre grand philosophe américain, le pragmatiste John Dewey qui croit, lui, à la mobilisation de l’intelligence collective et à un approfondissement de la démocratie.

"Ce qui est intéressant aussi dans ce livre c'est le clivage entre progressistes et conservateurs qui est sous-jacent et qui est un des résultats de ce néolibéralisme en disant finalement d'un côté il y a les progressistes, il n'y a pas deux possibilités politiques qui s'affrontent, il n'y a que des phénomènes de consentement ou de résistance et ceux qui ne sont pas d'accord  avec ce néolibéralisme ce sont des conservateurs qui sont en retard." Eugénie Bastié

"Barbara Stiegler est assez précise sur la question de la manipulation des foules. Elle rappelle qu'il y a deux courants dans le libéralisme politique : celui qui consiste à penser à La Rousseau que la souveraineté politique doit être appelée régulièrement pour s'exprimer et puis ceux qui pensent : surtout pas ! Ce sont les mieux sachants qui doivent déterminer le cours des opérations..." Olivier Pascal-Mousselard


Maurizio Ferraris - Post-vérité et autres énigmes

Deuxième temps de l’émission, je vous propose de nous intéresser maintenant au livre du philosophe italien Maurizio Ferraris, aux Presses universitaires de France. L’auteur est professeur à l’université de Turin, et s’applique depuis un certain nombre d’années à aborder de manière très sérieuse des questions contemporaines qui peuvent sembler triviales comme par exemple notre rapport au téléphone portable ou l’imbécilité. Ici, il s’attaque donc à ce qui est devenu l’une des questions les plus débattues aujourd’hui : les fake news et leur impact sur la démocratie. 

Étant entendu que la vérité n’est pas un sujet trivial… en revanche il y a aujourd’hui une façon de ne pas tout à fait prendre au sérieux ce phénomène, avec l’idée que le mensonge est un ingrédient constitutif de la politique et de la vie en général… il n’y aurait donc rien de neuf sous le soleil. Ce n’est pas l’avis de Ferraris qui voit au contraire dans l’ère de la post-vérité un marqueur essentiel du monde contemporain : l’alliance entre le pouvoir d’internet et la plus ancienne des pulsions humaines, celle d’avoir raison à tout prix. 

Avec le sens de la provocation qui le caractérise, Ferraris avance que la « post-vérité nous aide à saisir l’essence de notre époque, comme le capitalisme a constitué l’essence du XIXe siècle et du début du XXe et les médias ont été l’essence du XXe siècle dans sa maturité ». La thèse avancée ici, est que la post-vérité est l’héritière de la postmodernité qui a largement débordé le cadre théorique de l’université… pour faire triompher l’absolutisme de la raison du plus fort.

Le philosophe propose donc en trois « dissertations » comme il les appelle de construire une théorie de la vérité à partir d’une analyse de la post-vérité.

"J'ai trouvé ce livre très stimulant bien que parfois un peu trop scolaire, l'auteur veut faire le bon élève de philosophie avec thèse, antithèse, synthèse ... avec les trois parties de la dissertation. Il est convaincant dans son explication que la post-vérité est quelque chose de radicalement nouveau et que NON contrairement à ce qu'on entend ça n'a toujours été comme çà. On est passé dans une nouvelle ère, il y a quelque chose qui change de nature et pas seulement de degré. On bascule dans un nouveau concept de la vérité" Eugénie Bastié

"J'ai été un peu moins convaincu qu'Eugénie (...) Ce livre est un précis de philosophie stimulant (parfois jargonnant !)(...) ce qui est intéressant c'est le passage entre le principe de post-modernité selon lequel il n'y a pas de vérité transcendantale, il n'y a que des interprétations à ce qu'on découvre aujourd'hui le post-truisme définit par Maurizio Ferraris à savoir : il y a une foule de vérités." Olivier Pascal-Mousselard

L'instant critique

Eugénie Bastié nous parle de deux articles parus dans  la revue Des 2 Mondes (janvier-février 2019) intitulée : "Sommes-nous décadents" et Olivier Pascal Mousselard nous propose de nous rendre au cinéma pour voir un film historique qui fait la part belle aux femmes : « La favorite » de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Rachel Weisz, et Emma Stone.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Les liens entre la psychologie positive et le néolibéralisme - Eva Illouz, Sociologue | TV5 MONDE 3 sept. 2018

Heureux qui comme "Moi, Je" avec la sociologue Eva Illouz | France Culture



Idéal aristotélicien ou instrument du pouvoir, le bonheur s'érige aujourd'hui comme une véritable obsession. Pour en parler, Olivia Gesbert reçoit la sociologue Eva Illouz, co-auteur de "Happycratie : Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies" (Premier Parallèle, 2018).

Des cours de yoga aux applis pour méditer, en passant par les coachs personnels et les indices étatiques de prospérité, il semble bien que le bonheur soit devenu une véritable obsession de notre société. Et il ne suffit plus de l’être ou de vouloir l’être, il faut en plus avoir l’air d’être heureux.

[Le culte du bonheur créé] de nouvelles hiérarchies émotionnelles où ceux qui râlent, ceux qui sont en colère sont "pathologisés".
(Eva Illouz)

Eva Illouz, sociologue : "La langue des intérêts divergents entre salariés et patrons devient inintelligible. La langue du bonheur donne le sentiment qu’on a tous le même intérêt, ce qui crée une forme de paternalisme auquel il est beaucoup plus difficile de s’opposer."

C’est du moins l’un des constats posés par Eva Illouz dans Happycratie, qui paraît chez Premier Parallèle (2018), un livre co-écrit avec Edgar Cabanas.

De plus en plus d’ouvrages surfent aujourd’hui sur cette « injonction au bonheur ». Leurs auteurs sont psychiatres, philosophes, sociologues, managers... ils ont la recette d’un bonheur sans illusions, les clés d’un Narcisse retrouvé. Une injonction permanente et une invitation à trouver la voie du bonheur, en cas d’impasse prolongée.

Devenu grande cause nationale aux Etats-Unis, dont la figure du « self made man » est la corollaire emblématique, le phénomène s’est mondialisé, au point que les Emirats Arabes Unis aient nommé une ministre du bonheur en 2016.

Il s’agit de voir ses expériences comme des opportunités pour renforcer notre structure psychique et faire preuve de positivité là où il n’y aurait que de la négativité, comme dans un monde de guerre.
(Eva Illouz)

Plus encore, l’injonction au bonheur est le pilier d’une véritable industrie. Marchandise intangible, le bonheur est une bonne affaire, ce qu’avaient déjà compris des groupes comme Coca-Cola, fort de son Coca-Cola Happiness Institute. Les entreprises actuelles, start-up en tête, se développent de plus en plus dans ce sens, smiley et Chief Happiness Officer à l’appui.

>>> https://www.libredenrire.com/2018/09/starbucks-sans-filtre-arte.html

Nous voyons une affinité entre le néolibéralisme et cette quête du bonheur. (…) Les individus sont seuls face à eux-mêmes et ne doivent donc demander de comptes qu’à eux-mêmes.
(Eva Illouz)

Pour en parler, la sociologue Eva Illouz, professeure à l'Université hébraïque de Jérusalem. Elle est notamment l’auteure de Les sentiments du capitalisme (Seuil, 2006). En 2012, elle signe Pourquoi l'amour fait mal : l'expérience amoureuse dans la modernité (Seuil), un livre de sciences sociales sur les contours de l’expérience amoureuse dans les sociétés modernes.



La sociologue Eva Illouz critique et analyse les ressorts de la "tyrannie du bonheur" véhiculée par notre société, celle d'une utopie néolibérale où les entrepreneurs du bien-être et les experts en bonheur font florès.

Échecs et déclin du néolibéralisme (version alternative) | David Cayla 9 août 2021

 

N.B. Il existe un problème de son qui se coupe par moment sur YouTube..., soyez donc patient, car il revient sans perte de sens ! ( problème de cache... à effacer ? )

L'avènement de la gouvernance néolibérale (fin) 

0:00 - Début de la conférence 
1:07 - L'apparition du >>> lean management
23:07 - Un >>> capitalisme de rentes
28:52 - Le new public management: comment l’État devient néolibéral
51:08 - Les féodalités du secteur public
1:07:55 - Conclusion de la séance 4

Échecs et déclin du néolibéralisme

1:11:21 - L'irruption du trumpisme
1:18:53 - Trump est-il un néolibéral?
1:23:18 - Le >>> populisme est-il une réponse au néolibéralisme?
1:34:11 - Conclusion: les deux grands problèmes du néolibéralisme

David Cayla - Qu'est-ce que le néolibéralisme ? | NantesUniv 5 juin 2022


Pour des nombreux intellectuels, les élections de Margaret Thatcher en 1979 au Royaume-Uni et de Ronald Reagan en 1980 aux États-Unis ont conduit à transformer le rôle de l’État dans l'économie en ouvrant une ère "néo-libérale" fondée sur une confiance aveugle dans les mécanismes de marché. 

Inspiré des travaux d'économistes tels que Milton Friedman ou Friedrich Hayek, le nouvel art néolibéral de gouverner a effectivement transformé le monde en profondeur. Néanmoins, il est sans doute réducteur de caractériser le néolibéralisme comme une simple réduction du rôle de l’État. En pratique, la gouvernance néolibérale s'apparente davantage à une >>> "gouvernance par les nombres" (pour reprendre l'expression d' >>> Alain Supiot) qui s'appuie sur un État fort. Son objectif principal est de mettre en œuvre un management tendant à développer des mécanismes incitatifs afin d'optimiser les comportements individuels. Dans ce cadre, la mondialisation et l'extension des marchés tiennent un rôle central.

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Aux sources du néolibéralisme : Serge Audier, Le Colloque Lippmann, Éditions Le Bord de l’Eau par Jean-Sébastien Lenfant 24 juin 2009 | La vie des idées (Cliquer sur l'image)

∆∆∆ L’ordolibéralisme allemand expliqué aux incroyants : Le marché est-il un ordre naturel, indépendant de la politique ? L'ordolibéralisme allemand ou le capitalisme de connivence ? | Stagirite 23 juil. 2015 (!)



François Bilger :

[...] L’ordolibéralisme est d’abord, comme son nom l’indique, un libéralisme, prônant la liberté économique, faisant confiance aux initiatives individuelles et aux mécanismes du marché et s’opposant donc à toutes les formes de socialisme et de dirigisme. C’est aussi un libéralisme du 20è siècle, se démarquant volontairement et systématiquement du paléo-libéralisme du 18è et du 19è siècles, c’est à dire du laisser faire et des conséquences économiques, sociales et politiques négatives d’une liberté sans règles ni limites.

En se référant plus précisément et explicitement à la notion d’ordo, empruntée à St. Augustin, c’est à dire à un ordre social idéal fondé sur les valeurs fondamentales de l’homme, les ordolibéraux entendent marquer nettement leur rupture avec la philosophie matérialiste et marxiste comme avec la philosophie utilitariste des anciens libéraux et leur adhésion à la tradition chrétienne ainsi qu’à la philosophie idéaliste allemande, dont le père de >>> Walter Eucken, Prix Nobel, fut l’un des promoteurs au début du 20è siècle. 


Dans cet esprit, ils considèrent qu’il ne s’agit pas seulement de libérer l’économie et d’accroître la richesse et le bien-être individuel et collectif, mais avant tout de créer un ordre économique et social valable. L’économie de marché, écrivait Röpke, est une condition nécessaire mais non suffisante d’une société libre, juste et ordonnée , qui était à ses yeux le véritable objectif. 

Et Rüstow était encore plus explicite quant à la primauté des valeurs sur les intérêts. Il y a infiniment de choses, affirmait-il, qui sont plus importantes que l’économie: la famille, la commune, l’Etat, le spirituel, l’éthique, l’esthétique, le culturel, bref l’humain. L’économie n’en est que le fondement matériel. Son objectif est de servir ces valeurs supérieures». [...]

Entre volontarisme et incertitude, le projet européen d’Emmanuel Macron, par Jean-Sylvestre Mongrenier | Institut Thomas More 2 octobre 2017 (!)

Le discours prononcé par Emmanuel Macron à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, pose plus que questions qu’il n’apporte de réponses au défi que constitue la formation d’une Europe unie et puissante, capable de tenir son rang et de partager le « fardeau » des responsabilités internationales avec les Etats-Unis, c’est-à-dire de codiriger le monde libre, menacé par le révisionnisme géopolitique des puissances tierces, les provocations d’Etats-voyous et le terrorisme.

En lieu et place d’une « Grande Idée » susceptible de mobiliser les esprits et d’inspirer une stratégie commune, le projet de relance porte essentiellement sur l’Eurozone, dans une logique plus française et keynésienne que libérale et européenne. L’ensemble pèche par volontarisme, tant il néglige des oppositions de fond, et pourrait avoir des effets pervers sur la cohésion d’ensemble de l’Union européenne.

Une grande divergence sur l’Eurozone

Convaincu que l’Europe devrait être au cœur de la politique européenne, le président français a insisté sur l’importance de la relation franco-allemande et sa volonté de transformer l’Eurozone en un ensemble politiquement intégré, au cœur d’une Europe à plusieurs vitesses, ce qui suppose que tous veulent aller dans le même sens, mais chacun à son rythme. On retrouve le projet d’une Europe organisée en cercles concentriques, autour d’un « noyau dur », exposé dès 1994 par les députés chrétiens-démocrates allemands Karl Lamers et Wolfgang Schäuble. Un quart de siècle plus tard, ce projet pose question. Tout d’abord, le décalage de puissance entre la France et l’Allemagne s’est considérablement accru sur le plan économique et financier. La reconstitution d’un axe franco-allemand exigera de profondes réformes en France et, pour convaincre les Allemands de son sérieux, il conviendra de fournir un effort de longue haleine. Le simple toilettage des finances publiques, i.e. le retour dans les limites du Pacte de stabilité, ne suffira pas. Pour que la France soit en phase avec l’ordolibéralisme aIlemand, il faudrait mettre en œuvre un projet inspiré par l’école française d’économie politique, cette longue tradition libérale qui court de Pierre le Pesant de Boisguillebert à Jacques Rueff, en passant par Frédéric Bastiat.

Bien au contraire, le projet de Macron concernant l’Eurozone est en porte-à-faux avec les conceptions de la droite démocrate-chrétienne allemande (CDU-CSU), plus encore avec celles des libéraux (le FDP), son possible partenaire dans la future majorité. S’il y a bien la volonté en Allemagne de renforcer l’Eurozone, c’est dans l’idée de mettre en ordre les finances publiques, de développer une plus grande cohérence budgétaire et de transformer le MES (le Mécanisme européen de stabilité) en un Fonds monétaire européen, suffisamment fort pour affronter une prochaine tempête financière. En d’autres termes, il s’agit d’achever ce qui a été amorcé dans l’urgence et sous la pression des marchés. Un hypothétique ministre des Finances de l’Eurozone serait chargé d’orchestrer cette entreprise.

L'Europe vaticane : Déboussolée, l’Europe se tourne vers le pape François - De l'ordolibéralisme allemand à l'ordre européen | Le Monde 06/05/2016 (!)

Le Monde poursuit : >>> Donald Tusk a eu des mots très forts, jeudi soir, lors d’une table ronde avec M. Juncker et Schulz organisée au Musée du Capitole. « Aujourd’hui, nous devons admettre que le rêve d’un Etat européen avec un seul intérêt commun, une seule vision, une seule nation européenne était une illusion », a t-il déclaré.

L’urgence, a-t-il estimé, c’est « de convaincre nos citoyens que nous pouvons leur apporter sécurité et stabilité, en réintroduisant un contrôle effectif de nos frontières. C’est la seule stratégie pour stopper la marche vers le pouvoir des populistes ».

En clair, l’Etat supranational, tel le saint-Empire-Romain-Carolingien, qui marchait sur la tête des rois, des empereurs, des peuples et des nations, c’est bien fini. Quand le chien est perdu, il retourne toujours à la niche. L’Union européenne retourne donc vers celui qui l’a créé : le Vatican. C’est la confirmation la plus nette qui soit de la formule de toujours de la Libre Pensée : l’Union européenne n’est que l’Europe vaticane. 

>>> Le discours du pape François à la remise du Prix Charlemagne 


>>> Walter Eucken Institut 

Center of Excellence in Political and Constitutional Economics

Histoire des partis politiques ( Cliquer sur l'image ) | France culture 25 Mai 2022

Les Anglais ont-ils inventé les partis politiques ? Pour qu’il y ait parti, il faut des convictions communes et une organisation… Des clubs et sociétés populaires sous la Révolution à l’aube des partis politiques sous la Troisième République, une histoire des partis politiques !

Épisodes


>>> Les Anglais ont-ils inventé les partis politiques ?

En Angleterre, la Déclaration des Droits de 1689 renforce les pouvoirs du Parlement et limite le rôle politique du roi. Deux groupes politiques émergent et se structurent peu à peu : les Whigs et les Tories. Comment ce nouveau modèle bipartisan influence-t-il les États-Unis et les pays européens ?

>>> Clubs et sociétés populaires, la Révolution prend parti

Dans l'effervescence révolutionnaire de 1789 émerge une nouvelle forme de sociabilité. Citoyennes et citoyens se réunissent en sociétés pour discuter d'idées politiques à défendre et mettre en œuvre. Est-ce le ferment des partis politiques tels que nous les connaissons aujourd’hui ?

>>> Troisième République, à l'aube des partis politiques

Alors que le XIXe siècle est hanté par le souvenir des clubs révolutionnaires, l'idée d'une structuration en partis politiques chemine sous la Troisième République. Quelles évolutions de la vie politique, culturelle et sociale ont encouragé la formation de partis politiques en France ?

samedi 11 juin 2022

Le Quartier Royal de Bruxelles par le F Joël Goffin


Le >>> Quartier Royal ou Quartier de la Cour est un quartier historique de Bruxelles situé entre le parc de Bruxelles, la place Royale, le Mont des Arts et le Sablon.

C'est un nouvel opus largement revu et augmenté.