Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures. Force, Sagesse et Beauté / Liberté, Égalité, Fraternité

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jeudi 6 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Management ( Cliquer sur l'image ) | France culture 19/10/2021

Management

Le management mise sur l'humanisation des méthodes de travail, pourtant, il en vient à déshumaniser les individus, les déprofessionnaliser. Comment est-ce possible ? Comment le management est-il donc devenu, pour chacun d'entre nous, le contraire de lui-même, ingérable ?

À retrouver dans l'émission LES CHEMINS DE LA PHILOSOPHIE par Adèle Van Reeth


>>> Sommes-nous tous en burn-out ?

Le management mise sur l'humanisation des méthodes de travail, pourtant, il en vient à déshumaniser les individus, les déprofessionnaliser. Comment est-ce...


>>> "Je te réponds ASAP après ma conf-call" : parlez-vous entreprise ?

De quelle façon le management n'est-il pas seulement un ensemble de pratiques, mais aussi un ensemble de discours ? Comment ce discours utilisé en entreprise...


>>> Simone Weil, penser en travaillant

Dans les années 30, à l’usine, la philosophe Simone Weil interroge le travail dans son organisation et cherche à trouver une méthode de travail, ce que...


>>> Socrate est-il le premier théoricien du management ?

Pourquoi faire une philosophie du management ? Aurait-il besoin d'une légitimité hors de lui-même ? L'origine du management serait-elle grecque ? Serait-il...


∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ >>> Les figures de l'allégeance (la reféodalisation des institutions)

lundi 3 janvier 2022

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ DERRIERE NOS ECRANS DE FUMEE (THE SOCIAL DILEMMA) sur NETFLIX | Mister Culture Critique & ANALYSE 16 sept. 2020


Voici la critique du nouveau documentaire original de Netflix "DERRIERE NOS ECRANS DE FUMEE"  (THE SOCIAL DILEMMA) qui porte un discours important sur les dérives provoquées par certains mécanismes des plateformes numériques et l'utilisation à outrance de leurs outils. 

Regardez Netflix sur votre TV.
Regardez Netflix sur votre Smart TV, PlayStation, Xbox, Chromecast, Apple TV, lecteurs Blu-ray et bien plus.


Le documentaire « The Social Dilemma »Savais-tu que les réseaux sociaux se battent pour avoir ton attention ?

Ben oui! Et c’est d’ailleurs un des aspects que montre le documentaire « The Social Dilemma » (« Derrière les écrans de fumée »). Sam-Éloi te fait un résumé de ce documentaire qui risque de te faire réfléchir sur ton utilisation des réseaux sociaux.

MISE À JOUR : le 2 octobre, Facebook a réagi au documentaire. « Nous devrions avoir des conversations sur l'impact des médias sociaux sur nos vies », a écrit le réseau social. Toutefois, il juge que le film exagère et il le juge trop critique envers Facebook. Dans sa réaction, Facebook mentionne sept éléments où le documentaire se trompe, selon lui. Par exemple, au sujet des fausses nouvelles. Facebook dit les combattre grâce à des partenaires qui sont là pour vérifier les faits.


Antivax - Les marchands de doute | ARTE 15 déc. 2021

Comment se propagent le refus de la vaccination contre le Covid-19 et les théories aussi fantaisistes que complotistes qui l’accompagnent ? Une incursion éclairante au coeur de la galaxie antivax, auprès de ses adeptes et de ses réseaux d’influence.

Alors que se déroule la plus grande campagne de vaccination de l’histoire, la contestation enfle partout dans le monde. Suscitant espoir mais aussi crainte et colère, les injections anti-Covid fracturent l'opinion. Victime de ses succès, qui rendent le danger moins tangible, critiquée pour ses effets secondaires, la vaccination, qui engage de manière intime la confiance des citoyens dans les institutions, s'est toujours attiré des adversaires. Reste que le mouvement antivax, ultraminoritaire, mais très actif, prospère aussi sous l’influence de personnalités parfaitement intéressées à qui la pandémie actuelle offre un tremplin. Figure de proue du mouvement, Andrew Wakefield, un gastro-entérologue britannique radié en 2010, s'est fait connaître par une étude frauduleuse, publiée dans "The Lancet" en 1998, établissant un lien entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et l’autisme. Le scandale qui a suivi va paradoxalement lui donner des ailes. Il quitte l’Angleterre pour les États-Unis, où il monte un business en exploitant les peurs liées à la vaccination. Aujourd'hui, Wakefield, devenu prospère jet-setteur, et ses pairs, comme le producteur Del Bigtree, surfent sur l’épidémie de Covid-19 et sèment la désinformation en propageant des théories complotistes sur les réseaux sociaux afin de faire basculer les hésitants dans le camp de l’opposition vaccinale systématique.

Propagande et récupération

Cette enquête au cœur du mouvement antivax, tournée entre les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, lève le voile sur le commerce lucratif de traitements alternatifs dangereux, des levées de fonds au profit de causes douteuses, une redoutable machine de propagande et des partis extrémistes en embuscade. Un aréopage de scientifiques, lanceurs d’alerte ou journalistes, parmi lesquels Fiona Godlee, la rédactrice en chef du "British Medical Journal "qui a révélé l’imposture de Wakefield, apporte un regard critique sur ce mouvement. Le film fait aussi entendre les doutes de ceux qui, sans être complotistes, rejettent les vaccins, les accusant de causer plus de dommages qu’ils ne permettent d’en éviter, avec, en contrepoint, le témoignage d’une jeune femme restée paraplégique après une rougeole contre laquelle elle n’avait pas été vaccinée. Sans exprimer de ressentiment vis-à-vis de ses parents, elle indique néanmoins que "c’est trop bête de laisser le hasard choisir quand il y a des solutions".

Antivax - Les marchands de doute
Documentaire (France/Royaume-Uni, 2021, 1h30mn)

lundi 29 novembre 2021

Du procès Barbarin, au procès de l’Église : la fin de l’omerta | France Culture 22 févr. 2021


Lundi 22 février, la Conférence des évêques se réunit pour étudier la reconnaissance d'abus sexuels par l’Eglise, alors que la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), qui a enregistré près de 6 500 témoignages, n'a pas encore rendu ses conclusions. L’institution a-t-elle fait son examen de conscience ? Faut-il y voir la fin de l’omerta, qui régnait jusqu'alors ? 

Pour en parler, Guillaume Erner reçoit Céline Béraud, sociologue, directrice d’études à l’EHESS, co-auteure avec Philippe Portier de "Métamorphoses catholiques. Acteurs, enjeux et mobilisations depuis le mariage pour tous" (Éditions MSH) et Isabelle de Gaulmyn rédactrice en chef à "La Croix", auteure notamment de "Histoire d’un silence", ed. Seuil, 2016.

L'invité des Matins de France Culture.
Comprendre le monde c'est déjà le transformer(07h40 - 08h00 - 22 Février 2021)
Retrouvez tous les invités de Guillaume Erner sur www.franceculture.fr

vendredi 22 octobre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Aux États-Unis, le mystère de la “Grande démission” de millions d'Américains | Sébastian SEIBT - France 24 15/10/2021

Il y a eu un nombre record de démissions en août
aux États-Unis, alors que les employeurs ont
du mal à recruter.

Plus de 4,3 millions d’Américains ont démissionné en août, a révélé le département du Travail, mercredi. Ce phénomène a pris une telle ampleur aux États-Unis qu’il commence à avoir des répercussions visibles sur l’économie du pays. 

Les Américains l’appellent le >>> “Big Quit” ou >>> “Great Resignation”. Cette “Grande démission” désigne la vague d’employés qui quittent en nombre leur travail aux États-Unis. Ils ont été plus de 4,3 millions à remettre leur lettre de démission en août, d’après les dernières statistiques du département du Travail, >>> publiées mercredi 13 octobre.

C’est du jamais vu depuis 2000, année où les statistiques mensuelles sur les démissions ont commencé.. “Cela correspond à plus de 3 % de l’ensemble des salariés du secteur privé qui ont quitté leur travail, soit davantage que le précédent record, en janvier 2001 (2,8 %), alors que les conditions économiques étaient encore au beau fixe”, rappelle Christophe Blot, spécialiste de l’économie américaine à l’Observatoire français des conjonctures économiques, contacté par France 24.

Une femme du Midwest de plus de 35 ans 

Et le phénomène actuel n’est pas limité à un seul mois : 20 millions d’employés ont quitté leur travail depuis le début du printemps, ont calculé les médias américains. “Mais il y a une nette accélération sur les trois derniers mois”, constate Christophe Blot.

Le phénomène est à ce point massif qu’il n’est plus seulement discuté dans les milieux académiques entre économistes. Le “Big quit” est l’invité des débats dans les matinales des grandes chaînes câblées, et la très populaire émission The Daily Show du comédien Trevor Noah lui a même consacré >>> un épisode, mercredi 14 octobre.

Cette vagues de démissions ne touche pas tout le monde de la même manière. Près de 40 % des salariés qui ont claqué la porte travaillaient dans la grande distribution, dans l’hôtellerie et la restauration, ou encore dans le secteur des services à la personne, note le département du Travail. 

Le portrait robot du salarié qui a démissionné en août est une femme âgée de plus de 35 ans, qui habite dans le Midwest. Il y a, en effet, 5,5 % des salariées des PME qui ont quitté leur travail contre “seulement” 4,4 % de leurs collègues masculins, d’après une analyse de >>> Gusto, une société de service aux entreprises. Le nombre de démissions a bondi de plus de 20 % parmi les salariés qui approche la quarantaine et il est presque deux fois plus élevé dans les États du centre du pays comparé aux régions côtières, d’après une étude publiée dans le journal >>> Harvard Business Review.

Le département du Travail s’est contenté de donner ces chiffres sans pour autant offrir d’explication. De quoi laisser le champ libre aux économistes et commentateurs qui ont, ces derniers jours, multiplié les théories tout en reconnaissant “qu’il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions définitives quant aux raisons de ce phénomène”, souligne Christophe Blot.

Révolte des employés mal-payés et mal considérés ?

Il illustrerait, avant tout, un grand ras-le-bol des employés dans les secteurs les plus durement touchés ou sollicités durant la crise sanitaire. Nul hasard au fait que les caissières de supermarchés, les aides-soignantes, les femmes de ménages dans les hôtels et autres titulaires d’emplois peu qualifiés et mal payés soient les plus nombreux à avoir claqué la porte, souligne le Wall Street Journal. “Maintenant que la reprise économique est là, ces travailleurs se rendent compte qu’il n’y pas de raisons qu’ils continuent à être sous-payés, après avoir été mis sous pression pendant près d’un an alors qu’il y a de plus en plus d’opportunités de trouver un autre emploi”, estime le grand quotidien économique de la côte est. 

Sur les réseaux sociaux et sites communautaires comme Reddit, les messages d’Américains célébrant leur démission pour protester contre des conditions de travail déplorables se sont multipliés ces dernières semaines. Une vidéo, >>> postée fin août par une employée de Walmart qui s’est filmée pendant qu’elle annonçait en direct sa démission à tout le magasin, a fait fureur sur TikTok où elle a été vue des millions de fois.

Une note publiée par Goldman Sachs suggère, en outre, que des aides financières de l’État mises en place pour garantir des revenus minimaux durant la pandémie a rendu la perspective de démissionner moins effrayante pour une partie des employés. Mais cette analyse, qui revient à blâmer le gouvernement pour la vague actuelle de démission, a été contestée par d’autres économistes qui soulignent qu’en août, une grande partie de ces aides publiques avaient été revues à la baisse ou arrêtées… Et ça n’a pas empêché les Américains de continuer à quitter leur travail, >>> note le Washington Post.

Les habitudes de télétravail prises pendant le confinement ont aussi modifié la géographie du marché de l'emploi. “Des salariés qualifiés travaillant dans les régions plus agricoles du Midwest ont moins hésité à démissionner car ils se sont rendu compte qu’ils pouvaient postuler à des emplois dans tout le pays sans avoir à bouger”, souligne l’étude reprise par le Harvard Business Review.

Certains économistes réussissent même à lier le boom de la Bourse depuis le début de la pandémie à la “Grande démission”. “Des baby-boomers ont vu leur portefeuille d’actions gagner à ce point en valeur durant cette crise sanitaire qu’ils ont pu prendre leur retraite anticipée”, assure le Wall Street Journal.

Il y aurait même des réactions en chaîne, avec des démissions qui en entraînent d’autres. Ce serait le cas dans le secteur de la petite enfance : face à la pénurie des puéricultrices, il devient de plus en plus difficile de trouver des places en crèche. Forts des économies que ces jeunes couples ont pu faire pendant la période de confinement - l’épargne des Américains à bondi de 4 000 milliards durant la crise sanitaire -, certains ont décidé que l’un des deux parents pouvait se permettre de démissionner pour s’occuper de l’enfant, a constaté le Washington Post qui a rencontré plusieurs de ces jeunes parents.

Plus d’argent ne suffit plus

Ce “Big Quit” commence à avoir des répercussions sur toute l’économie américaine. Il y a actuellement près de 11 millions d’offres d’emplois non-satisfaites. Là encore, c’est du jamais vu depuis le début du millénaire, >>> note l’agence AP.

“La grande question est de savoir si la tendance d’un marché du travail aux nombreuses opportunités va se confirmer sur le plus long terme, ce qui pourrait amener l’économie américaine dans une situation proche du plein emploi [quand les travailleurs avaient pléthore de choix d'emplois] des années 1970 permettant une revalorisation des salaires à la hausse”, résume Christophe Blot.

Plusieurs grandes enseignes, comme CVS, Cosco, Walgreens ont déjà commencé à relever le salaire minimum à plus de 15 dollars par heure. Mais cela ne suffit pas toujours. Un autre enseignement de cette vague de démissions “est que le salaire seul n’est plus la seule motivation. Ce sont plus généralement de meilleures conditions de travail qui sont recherchées”, constate l’économiste de l’Ofce.

Une bonne couverture santé, par exemple, est souvent devenue la priorité numéro 1 des personnes qui cherchent un nouveau travail. La crise sanitaire ayant démontré à quel point l’accès à des soins abordables peut être important. Aux États-Unis, ce sont généralement les employeurs qui proposent les mutuelles à leurs salariés.

Mais tous les employeurs ne sont pas encore prêts à se plier en quatre pour attirer des employés et cherchent d'autres moyens pour compenser le manque de personnel. Dans l’hôtellerie, par exemple, plusieurs chaînes, interrogées par le Wall Street Journal, ont indiqué qu’ils avaient décidé de rogner sur certains services : moins de choix au petit-déjeuner, des chambres refaites moins souvent ou encore des terminaux électroniques pour s’enregistrer en lieu et place des réceptionnistes. Des patrons de bars cherchent aussi à remplacer les serveurs par des tablettes sur lesquelles les clients peuvent passer commande.

Ce sera probablement l’une des grandes batailles de cette sortie de crise aux États-Unis : est-ce qu’elle permettra de voir une amélioration des conditions de travail ou est-ce que, comme l’a dit le présentateur du Daily Show Trevor Noah, les clients “devront bientôt préparer eux-mêmes leur repas en allant au restaurant”.

ILS NE MOURRAIENT PAS TOUS, MAIS TOUS ETAIENT FRAPPES | MD DM 23 juin 2020

jeudi 21 octobre 2021

Les leçons de #MeToo ( Cliquer sur l'image ) | France culture 16/10/2021

À retrouver dans l'émission RÉPLIQUES par Alain Finkielkraut

La révolution #MeToo et ses promesses est-elle une bonne nouvelle pour le féminisme et pour la société toute entière ? Faut-il se réjouir de cette tant attendue libération de la parole sans même questionner le bien-fondé du mouvement ? Sabine Prokhoris et Clotilde Leguil ouvriront le débat

Les leçons de MeToo

Alain Finkielkraut s'entretiendra avec la philosophe et psychanalyste, Sabine Prokhoris, auteure du >>> Mirage#MeToo, et Clotilde Leguil, psychanalyste, philosophe et professeur au département de psychanalyse de l’université Paris 8, qui publie >>> Céder n'est pas consentir. Un débat  autour de la question de la révolution #MeToo et de ses multiples ses déclinaisons.

"La psychanalyste Clotilde Leguil consacre plusieurs pages de son livre au mythe de Philomèle. Ovide, dans les >>> Métamorphoses, raconte que cette jeune et belle femme fut violée par son beau-frère Térée à l’abri des regards. Stupéfaite et terrorisée, Philomèle cède à la situation mais, une fois l’acte accomplie, retrouve ses esprits et invective Térée en le menaçant de la vengeance des mots : "C’est moi-même foulant au pied toute pudeur dirai ce que tu as fait ; si je suis retenue captive dans ces forêts, de mes plaintes, j’emplirai les forêts et saurai émouvoir ces rochers mes confidents. Puissent entendre ma voix l’éther et les Dieux s’il en est, ne fût-ce qu’un, qui l’habite". Par ces paroles, Philomèle déchaîne la colère de Térée. Celui-ci la punit de la pire des façons : sa langue protestait encore, continuait à invoquer le nom de son père lorsque Térée la coupa d’un brutal coup d’épée. 

L’affaire Weinsten éclatait le 5 octobre 2017 quand 80 femmes portaient plainte contre le producteur américain pour agressions sexuelles et viols. 

Quelques jours plus tard, l’actrice Alyssa Milano publiait un tweet : "Si toutes les femmes ayant été sexuellement harcelées ou agressées écrivaient "nous aussi" nous pourrions peut-être montrer l’ampleur du problème". 

Ainsi naquit le mouvement mondial #Metoo. Faut-il voir dans cet hashtag historique la vengeance de Philomèle ? 

Les femmes abusées sexuellement nous disent-elles aujourd’hui que le temps du mutisme est révolu : jamais plus vous nous couperez la langue ; ni la peur, ni la honte, ne nous réduiront au silence ?" Alain Finkielkraut

lundi 11 octobre 2021

Libertine


Cendre de lune, petite bulle d'écume
Poussée par le vent je brûle et je m'enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C'est nue que j'apprends la vertu

Je je, suis libertine
Je suis une catin
Je je, suis si fragile
Qu'on me tienne la main

Fendre la lune, baisers d'épine et de plume
Bercée par un petit vent je déambule
La vie est triste comme un verre de grenadine
Aimer c'est pleurer quand on s'incline

Je je, suis libertine

Je suis une catin
Je je, suis si fragile
Qu'on me tienne la main

Quand sur mon corps tu t'endors
Je m'évapore, bébé tu dors
et moi j'attends l'aurore
Quand de mes lèvres tu t'enlèves,
un goût amer me rappelle que je suis au ciel

Cendre de lune, petite bulle d'écume
Perdue dans le vent je brûle et je m'enrhume
Mon corps a peur, la peau mouillée j'ai plus d'âme
Papa, ils ont violé mon cœur

Je je, suis libertine
Je suis une catin

Je je, suis si fragile
Qu'on me tienne la main...

mercredi 29 septembre 2021

De la guerre civile

Les amis de mes amis sont mes amis
Les amis de mes ennemis sont mes ennemis
Les ennemis de mes amis sont mes ennemis
Les ennemis de mes ennemis sont mes amis


La rentrée scolaire des sans-papiers | Centre d'Action Laïque 15 sept. 2021


Une rentrée scolaire parsemée d'embûches, parfois d'injustice mais qui n'entament en rien leur détermination. C'est la difficile réalité des nombreux élèves et étudiants sans papiers dans notre pays.  

Un reportage de Pierre Schonbrodt
Présentation : Catherine Haxhe

lundi 13 septembre 2021

La petite reine et le terrible roi ( Cliquer sur l'image ) | France culture 11/09/2021

Au début du XXe siècle, l’invention du pneumatique en caoutchouc révolutionne les modes de vie. Dans l’État Indépendant du Congo, propriété privée de Leopold II roi des Belges, les colons terrorisent les populations locales pour intensifier la production de caoutchouc

Les colons iront jusqu'à instaurer la pratique des mains coupées. Mais une série de photos, en appui d’une campagne internationale, va faire basculer les opinions en Europe et aux Etats-Unis.

À retrouver dans l'émission UNE HISTOIRE PARTICULIÈRE, UN RÉCIT DOCUMENTAIRE EN DEUX PARTIES

TOUS LES ÉPISODES


>>> Produire du caoutchouc à tout prix

Au début du 20e siècle, l’invention de la bicyclette avec des roues en caoutchouc est une jolie révolution dans la vie quotidienne. Rapidement, “la petite reine“, surnom du vélo, est un succès : les Européens s’équipent de ce nouveau moyen de transport. Un vent de liberté souffle sur ce début de siècle. Et avec les pneumatiques et les chambres à air, la demande en caoutchouc augmente partout, et c’est une immense opportunité de marché. 


>>> La photo du scandale

Comment connaissons-nous cette histoire ? Les mains coupées du Congo sont restées le symbole de la démesure de la violence exercée sous l’égide de Leopold II, roi des Belges, au Congo dont il est propriétaire pour exploiter les ressources naturelles du pays à son profit.

Une femme, Alice Seeley Harris, missionnaire protestante britannique, vit au Congo depuis 1898. Alice Seeley Harris a eu le réflexe de prendre une photo, première d’une série qui va faire le tour du monde. Nous sommes le 14 mai 1904. La vie d'Alice Seeley Harris et de son mari John bascule. La connaissance de l’histoire du Congo aussi. 

Un documentaire d'Élise Gruau, réalisé par François Teste.

samedi 11 septembre 2021

We are on the cusp of one of the most dangerous arms races in human history, by AC Grayling | Prospect September 6, 2021

Fully autonomous weapons threaten to outpace our ethical frameworks for what is permitted in war

The MQ-9 Reaper. Do we trust AI enough to put it
 in control of hunter-killer drones?
US Department of Defense

War has always been a driver of technological development. Indeed it might well be the driver of civilisation itself, over the course of history making greater levels of social organisation necessary to muster, equip, train and organise fighting forces, together with the central authority needed to raise taxes to pay for it all. Often the factor that tips a conflict one way or the other is the extent to which one side is capable of deploying superior weaponry. Improvements to the spear, the metallurgy of swords and armour, rapid-fire small arms, aircraft and logistical equipment have all contributed towards military victories over the course of human history.

Although the aim of conflict is as it ever was - to destroy or degrade the enemy’s capacity and will to fight - at every level from the individual enemy soldier to the economic and political system behind them, war has changed in character. This evolution is prompting new and urgent ethical questions, particularly in relation to remote unmanned military machines. Surveillance and hunter-killer drones such as the Predator and the Reaper have become commonplace on the modern battlefield and their continued use suggests - perhaps indeed presages - a future of war in which the fighting is done by machines independent of direct human control. This scenario prompts great anxieties.

Almost all technological advances in weaponry bring new ethical problems. The St Petersburg Declaration of 1868 outlawed bullets, then newly-invented, that expanded and fragmented on penetrating a victim’s body to increase their incapacitating effect. Move on 150 years and this style of bullet is now widely available in gun shops in the United States. The Hague Convention of 1899 - before heavier-than-air flight was possible, note - outlawed aerial bombardment, for example throwing grenades or dropping bombs from manned balloons and dirigibles. Chemical weapons such as mustard gas were outlawed after the First World War, and since the Second World War numerous attempts have been made to ban - or at least limit - the spread of nuclear weapons. These are all examples of futility. The most difficult kind of race to stop, or even slow, is a weapons race. The development of military technologies is the purest example of the law that “what can be done will be done if it brings advantage to those who can do it” (which I have elsewhere dubbed “Grayling’s Law”).

Unmanned drones, used in terrains and circumstances where conventional forces are at a disadvantage, are among the more recent developments. Yet this is not an issue at the margins of warfare - serious analysts suggest that if 9/11 had happened just a few years later, there might not have been a Nato invasion at all: it might have been possible to do everything using drones.

Paradoxically, drone activity is at the less bad end, if there can be such a thing, of causing death from the air. It is more selective, more precisely targeted, and therefore marginally less likely to cause collateral damage than conventional bombing. The seemingly inhuman nature of drone operations - a deadly, faceless, remotely-controlled, unmanned machine, weighed down with missiles, remorselessly homing in on its target - is a prompt for extra dislike; yet it reprises a form of killing that anciently recommended itself, embodying the same principle as stoning to death, placing the killer at a sanitary remove from the victim. Not touching the victim, not being physically nearby, is a sop to the conscience. Drone pilots in locations such as Creech Air Force base near Las Vegas have the advantage over bomber pilots of guaranteed safety, as well as the stone-thrower’s remove.

In the terminology of remote warfare, mostdrones are described as “human-in-the-loop” weapons - that is, devices controlled by humans who select targets and decide whether to attack them. Other “human-on-the-loop” systems are capable of selecting and attacking targets autonomously, but with human oversight and the ability to override them. Examples include the Phalanx CIWS air-defence system used by the US, British, Australian and Canadian navies and described as “capable of autonomously performing its own search, detect, evaluation, track, engage and kill assessment functions,” and Israel’s Iron Dome system, intercepting rockets and shells fired from Palestinian territory.

Where the ethical battle is hottest, however, is in relation to “human-out-of-the-loop” systems: completely autonomous devices operating on land, under the sea or in the air, programmed to seek, identify and attack targets without any human oversight after the initial programming and launch. The more general term used to describe these systems is “robotic weapons,” and for the attacking kind “lethal autonomous weapons” (LAWs). There is a widespread view that they could be in standard operational service before the mid-21st century. Hundreds of billions of dollars are being invested in their development by a mixture of the US, China, Russia and the UK.

The areas of concern over their use are clear. The idea of delegating life-and-death decisions to unsupervised armed machines is inconsistent with humanitarian law, given the potential danger that they would pose to everyone and everything in their field of operation, including non-combatants. Anticipating the dangers and seeking to pre-empt them by banning LAWs before they become widely operational is the urgently preferred option of human rights activists. The “Campaign to Stop Killer Robots,” run by Human Rights Watch, has been successful not just in raising public concern but in marshalling support for a ban; at the time of writing 31 states, the European Parliament, the UN secretary-general, thousands of AI experts and scientists, and nearly two-thirds of people polled on the issue support an outright ban.

“The most difficult kind of race to stop is a weapons race”

International humanitarian law already contains provisions that outlaw the deployment of certain weapons and tactics, especially those that could be injurious to non-combatants. LAWs are not mentioned because they did not exist at the time the documents were drafted, but the intentions and implications of the various appended agreements and supplementary conventions are clear enough. They provide that novel weapons systems, or modifications of existing ones, should be examined for their consistency with the tenor of humanitarian law.

One of the immediate questions with LAWs is whether they could be programmed to conform to the principle of discrimination: that is, whether they would reliably be able to distinguish between justified military targets and everything else. Could they be programmed to make a fine judgment about whether it is necessary to deploy their weapons? If so, could they be programmed to adjust their activity so that it is proportional to the circumstances they find themselves in? Distinction, necessity and proportionality are key principles in the humanitarian law of conflict, and in each case flexible, nuanced, experienced judgment is at a premium. Could an AI programme instantiate the capacity for such judgment?

This would require AI to be developed to a point where battlefield analysis and decisions about how to respond to threats are not merely algorithmic but have the quality of evaluation that, in human beings, turns on affective considerations. This is best explained by recalling psychologist Antonio Damasio’s argument that if a purely logical individual such as Star Trek’s Mr Spock really existed, he would be a poor reasoner, because of the lack of  emotional dimension to his thought. A machine would need subtle programming to make decisions consistent with humanitarian considerations. Creating a machine analogue of compassion, for example, would be a remarkable achievement; but a capacity for compassion is one of the features that discriminating application of humanitarian principles requires.

Someone might reply to this by saying that human emotions are just what should not be required on the battlefield; machines would be less erratic as they would never be emotionally conflicted, making them swifter, more decisive and less error prone than most—if not all—humans. But the question is whether we wish the decision-maker in a battle zone to be this way, given that the capacity to read intentions, interpret behaviour and read body language is key to conforming to humanitarian law. These are psychological skills that humans develop early in life, and which they apply in mainly unconscious ways. To programme killer robots with such capacities would be yet another remarkable achievement.

“Who would be held accountable if autonomous weapons went haywire—commanders, manufacturers or governments?”

What is at issue here is something beyond facial recognition AI, a concern to human rights activists because of surveillance and privacy implications. The “something beyond” is the capacity of such systems to read and interpret emotions in faces. Emotion recognition is offered by Microsoft, Amazon and IBM as features of their facial recognition software, with obvious benefits to marketing campaigns and advertisers monitoring responses to their products.

But it is also claimed that the ability of machines to read emotions has more general applications, from identifying potential terrorist threats to road safety. The risk of deliberate misuse, not least in racial profiling, is obvious; less obvious is the prospect of fatal mistakes—for example, someone being shot to death because a system identifies them as an immediate terrorist threat on the basis of what it interprets as their emotional state.

It is surely inevitable that such technology will be used in LAWS to identify enemy combatants and read their intentions. Proponents will argue that such systems might have a higher degree of reliability than humans in battle situations, where our judgment can be affected by noise, confusion and anxiety. The answer to this, in turn, is to ask a simple question: if a person smiles, does it invariably and infallibly mean that they are happy? Are emotional indicators such as smiling or extending a friendly hand infallible indicators of an emotional state or an intention? Consider what any normal person would say in reply.

Another question concerns who would be held accountable if LAWs went haywire and killed everyone they encountered, irrespective of who or what they were and what they were doing. Would it be the military’s most senior commanders? The programmers? The manufacturers? The government of the state using them? Identifiable accountability is an important feature of humanitarian protection in times of conflict, because it imposes some restraint on what is done by militaries. Ambiguity or outright absence of it affords too much licence.

At time of writing, the governments of countries developing unmanned weapons and robotic systems still officially maintain that they have no intention of allowing their use without human supervision. But one knows what can happen to good intentions. And whereas we know that the rise of LAWs is inevitable, we have no sense of the limits of their further development or application: policing demonstrations? Conducting warfare in space? The science-fiction imagination, so often anticipating scientific fact, has no obvious boundaries here.

It could be that systems will be developed that render weapons ineffective—this would be the ultimate stop to war, given that most people would rather make peace than try to kill one another. Is that a pipe dream? In every house connected to an electricity supply there is a trip switch which, when the system overloads or there is a short, turns the power supply off. A trip switch for weapons of every kind would be wonderful. To some extent - so far - the mutual risks of nuclear warfare have constituted, as deterrence, a trip switch against that kind of war; other kinds of trip switch against other kinds of war might yet be possible.

Yet even as these words are written, there are doubtless researchers developing devices whose role in the future of war we do not yet know and cannot even anticipate. So long as war continues, so long will there be a race to gain technological advantages over real and putative enemies. LAWS, drones the size of mosquitoes, cyberspace marauders, sonic and laser weapons, violence in space, interdictions of the means of economic and personal life, indeed approximations of almost anything that our imaginations can offer, are almost certainly in current development. The question for the world is whether it is simply going to let this process unfold at its present breakneck speed, with scarcely any effort to limit and control the horrendous consequences that could follow.

AC Grayling is a philosopher and the master of the New College of the Humanities

lundi 6 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ « Ce qui distingue l’antisémitisme des diverses formes de racisme » par Yves Charles Zarka, philosophe | Le Monde 03 septembre 2021

Le retour d’un antisémitisme décomplexé, notamment dans les manifestations antivaccin et antipasse, « interroge et inquiète à juste titre », car il atteste que l’inhibition qui avait suivi la Shoah a quasiment disparu, explique le philosophe Yves-Charles Zarka dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Le samedi 7 août, lors d’une manifestation antipasse sanitaire à Metz, une femme est photographiée avec une pancarte où sont inscrits plusieurs noms d’hommes politiques, d’hommes d’affaires et d’intellectuels dont la plupart sont juifs, autour du slogan « Mais qui ? ». En 2019, certaines manifestations des « gilets jaunes », centrées sur des revendications sociales de personnes n’arrivant pas à boucler leurs fins de mois, sont l’occasion de propos et d’actes graves ciblant la communauté juive.

En 2021, certains antivax circulent avec une étoile jaune sur la poitrine, assimilant ainsi la stigmatisation dont ils font l’objet dans leur refus d’être vaccinés, avec celle des juifs obligés de porter l’étoile jaune dans les pays occupés par les nazis. Comme si le sort des personnes non vaccinées dans un pays démocratique était assimilable à celui des juifs qui étaient ainsi désignés pour être transférés vers des camps d’extermination. Banalisation inouïe de l’extermination.

 >>> Enquête : Dans les manifestations antivaccin et antipasse, le retour de l’antisémitisme d’extrême droite décomplexé

Ces manifestations de l’antisémitisme explicite ou larvé interrogent et inquiètent à juste titre, car elles attestent que l’inhibition de l’antisémitisme qui avait suivi la Shoah a quasiment disparu. Les relents antisémites refont surface, et, au-delà de ces relents, il y a aussi des actes et mêmes des meurtres antisémites dont les raisons restent parfois obscures. La spécificité de l’antisémitisme réside dans la permanence de la stigmatisation et de l’accusation des juifs et sa réinvention selon le moment et l’occasion.

Bien entendu, certains moments de l’antisémitisme relèvent du racisme, cela n’a pas commencé aux XIXe et XXe siècles, avec le nazisme comme sommet de l’horreur, mais déjà à la fin du XVe siècle, en Espagne et au Portugal, avec le principe d’exigence de « pureté de sang ». En ce sens, il est légitime que l’antisémitisme soit mis, aux plans de la morale et du droit, au même rang que toutes les autres formes de racisme touchant la couleur de la peau, le sexe, l’ethnie ou encore le mode de vie.

Trois caractères distinctifs

L’antisémitisme comme toute autre forme de racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il n’en reste pas moins que trois caractères distinguent l’antisémitisme des diverses formes de racisme.

Premièrement, aucune forme d’accusation, de mépris et de persécution à l’égard d’un peuple, à travers les communautés qui s’y reconnaissent, ne s’est maintenue sur une si longue durée. L’antisémitisme commence avant le christianisme (on en a le témoignage dans un texte de la fin du Ier siècle, le Contre Apion de Flavius Josephe, lequel entend démontrer l’antiquité de la communauté juive, la sienne, et la défendre contre l’accusation hallucinatoire de meurtre rituel, ce qui atteste l’antiquité de cette accusation) et continue avec certains courants du christianisme, par l’accusation suprême de déicide, dans l’Antiquité, le Moyen Âge et la Renaissance. Il se poursuit dans les temps modernes avec des motifs n’ayant rien de religieux, comme l’identification des juifs avec l’argent et le capitalisme, le caractère parasite de cette communauté sans liens avec une terre particulière et sans patrie, donc sans attachements, sans fidélité autre qu’à elle-même, donc traîtresse par essence. Les juifs sont alors, aisément, accusés de fomenter des complots non pas simplement locaux mais mondiaux.

La cause de tous les maux

Ainsi, Les Protocoles des sages de Sion, faux produit créé par la police tsariste au début du XXe siècle, qui décrit le prétendu plan de la conquête du monde par les juifs et les francs-maçons, a-t-il très bien fonctionné et continue d’être diffusé actuellement dans certains pays arabes. En somme, on a fait des juifs pratiquement la cause de tous les maux possibles et imaginables, et cela pas seulement de la part de populations ignorantes ou superstitieuses, mais aussi de personnalités politiques ou d’écrivains (Louis-Ferdinand Céline en est la figure la plus emblématique) et même d’illustres philosophes comme, entre autres, Heidegger, lequel voyait dans les juifs la cause de l’oubli de l’être et de l’effondrement du monde moderne dans un rapport technique et productif à la terre, et qui reprochait aux nazis de n’avoir pas été assez radicaux.

>>> Antisémitisme : le poison de la banalisation

Deuxièmement, outre sa durée, l’antisémitisme, comme on vient de l’esquisser, a des figures très diverses. Il ne s’agit pas d’une accusation identique récurrente mais d’une accusation permanente à travers des métamorphoses, dont l’une des plus récentes est la transformation politique de l’antisémitisme en antisionisme, quand il y a délégitimation de l’État d’Israël en tant que tel, c’est-à-dire volonté que cet État soit détruit, et, pourquoi pas, les juifs rejetés dans la mer. La métamorphose politique de l’antisémitisme est alors souvent liée à une « désappropriation » de l’histoire diasporique de ce peuple, et même de ses espérances (retour sur la terre de ses ancêtres), et à sa « réidentification » de victime en bourreau.

Propagation mondiale

Troisièmement, il y a, à bien des égards, une diffusion quasi universelle de l’antisémitisme. Non qu’il soit d’emblée partagé à travers le monde, mais qu’il se diffuse avec facilité, de sorte que parfois l’antisémitisme se propage là même où l’on n’a jamais vu un seul individu de confession juive, ou encore là où l’antisémitisme n’existait pas.

Sur ces trois points, l’antisémitisme se distingue des formes du racisme. On comprend donc que la question revienne de manière récurrente : pourquoi cette permanence, malgré les démentis de l’histoire, pourquoi ces métamorphoses, pourquoi cette facilité de diffusion ? Pourquoi les juifs sont-ils l’objet d’accusations et de persécutions quasi systématiques pour des motifs non seulement différents mais parfois diamétralement opposés ?

Les juifs apparaissent comme une anomalie dans l’histoire, un peuple dispersé, en exil, constitué de communautés diverses dans une multiplicité de pays et qui pourtant maintient une identité à travers une foi et des traditions communes. Cela est tout à fait étrange, nul autre peuple dont l’antiquité est attestée n’a ce caractère. C’est cela sans doute qui à la fois distingue les juifs et permet de les désigner, cette désignation pouvant devenir un stigmate objet d’accusation et de haine.

Yves Charles Zarka est philosophe, professeur émérite à l’Université de Paris, fondateur et directeur de la revue Cités (PUF).

>>> Yves Charles Zarka (Philosophe)

>>> En Belgique comme en France, le même déni de l'antisémitisme par les antiracistes, par Nadia Geerts | Marianne 17/05/2021

jeudi 2 septembre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Mon boss est un algorithme ( Cliquer sur l'image ) | France culture 05/07/2021

À retrouver dans l'émission LES PIEDS SUR TERRE par Sonia Kronlund

Julie est micro travailleuse et elle a entraîné Cortana, l’assistante vocale de Microsoft. Nassim, lui, était livreur pour Deliveroo et son temps de travail était décidé par un algorithme. Deux histoires de micro travailleurs précaires qui posent d'importants problèmes éthiques.

Ouvrières et ouvriers du Net, leur boss est
un algorithme ou un robot.

Julie a été micro travailleuse. Après toute une série de tests – non rémunérés – elle est acceptée, dit-elle, par le site de recrutement, suite à quoi elle est envoyée sur une plateforme de micro travail appartenant à Microsoft. Son travail consiste à entraîner Cortana, l’assistante vocale de Microsoft, dans la plus grande précarité. Pour ce faire, elle écoute les conversations et corrige les fautes de l’intelligence artificielle. 

"La société qui m’employait était chinoise, mon manager était basé en Italie, le site fait référence à l’Espagne en ce qui concerne les mentions légales et les paiements venaient des Etats-Unis."

"Au bout d’un moment, il n’y avait plus assez de travail, nous étions trop nombreux à avoir été recrutés. On aurait dit un groupe de vautours qui se jetaient sur toutes les transcriptions qui arrivaient sur la plateforme de micro travail.  C’était impressionnant de voir les chiffres descendre d’un coup. En cinq minutes, les trois milles transcriptions avaient disparu."

"Il fallait faire entre cent-vingt et cent soixante-dix transcriptions à l’heure. Si on en faisait moins, on était expulsés et si on en faisait plus, on était rappelé à l’ordre en nous disant qu’on bâclait notre travail."

>>> Tous évalués : sous le joug des étoiles

Même si Julie parvient à obtenir des transcriptions, son salaire ne dépasse jamais plus de six-cents euros. Son micro-travail est précaire, dans la solitude de son salon ou de sa chambre. D’autre part, l’entrainement d’assistants vocaux pose également des questions éthiques : écoute de conversations privées, employés non soumis à des clauses de confidentialité, enregistrement de conversations alors que assistant vocal n’a pas été sollicité… Ces écoutes pratiquées par de nombreuses entreprises d'informatique mettent en péril le droit à la vie privée et donnent lieu à des questionnements encore inédits. 

"Parfois, Cortana se déclenchait de façon non-sollicitée, donc elle enregistrait quelque chose alors qu’on ne l’avait pas activée. C’est là où des pistes pouvaient durer trois minutes. Elle est aussi connectée à la X-box, donc on entendait les conversations de personnes qui jouent à des jeux en réseau."

"C’étaient des choses complètement privées, les gens n’avaient clairement pas conscience que d’autres personnes allaient entendre leur conversation. Je ne me doutais pas que j’allais avoir accès à toutes ces données personnelles et confidentielles. C’était hyper-alarmant."

>>> Plateformes : qui a envie du salariat ?

De son coté, Nassim a été livreur pour Deliveroo et lui aussi a été un micro travailleur précaire. Il n’a jamais rencontré de représentant. Il dit lui-même que son patron était un algorithme. Peu importe la météo, il effectuait ses livraisons. Au début, il recevait des primes lorsqu’il pleuvait ou neigeait. Mais, en 2019, les primes ont soudain disparu. Pire encore, une nouvelle tarification entre en vigueur : Deliveroo s’aligne sur les prix de Uber Eats et divise le salairedes livreurs par deux.

"J’ai travaillé pendant l’hiver 2018. Je suis arrivé à 62 heures par semaine. Une commande toute les douze, treize minutes."

Après avoir participé à un mouvement social suite à la baisse drastique de son salaire, Nassim reçoit un mail qui lui annonce la fin de son contrat. Aucun motif de renvoi n’est mentionné. Grace à un journaliste du Huffington Post, il découvre qu’il est en fait soupçonné d’avoir volé des commandes qu’il était censé livrer. Le comble étant qu’aucune preuve ne peut être avancée par l’entreprise.

"On travaille pour un robot. Ce n’est pas de l’humain."

"En tant qu’indépendant je n’ai pas droit au chômage. En ayant travaillé cinquante-cinq heures par semaine, en ayant fait plus de deux-cent heures par mois pendant presque un an, je n’ai pas droit au chômage donc à partir de demain, je suis à 0€ par mois."

>>> "Loue un compte Uber Eats, 100 euros par semaine" : enquête sur la livraison en sous-location

Reportage : Martine Abat

Réalisation : Anne-Laure Chanel

Merci à Julie et Nassim.

Musique de fin : "Everyday robots”, Damon Albarn.

lundi 2 août 2021

Plus de 400 nouveaux migrants secourus en Méditerranée centrale | LN24 01.08.21

Plus de 400 migrants à bord d'une embarcation en bois ont été secourus par trois ONG en Méditerranée centrale dans la nuit de samedi à dimanche portant à près de 600 le nombre de personnes recueillies durant le week-end, a annoncé SOS Méditerranée.

"Le sauvetage effectué dans les eaux internationales a été périlleux, la grande embarcation en bois dans laquelle se trouvait plus de 400 personnes était en train de prendre l'eau", a expliqué une porte-parole de l'ONG européenne SOS Méditerranée affréteur de l' >>> Ocean Viking, navire de secours en mer.

Les rescapés ont été répartis sur trois bateaux: le Sea-Watch 3 de l'ONG Sea-Watch, le Nadir de l’ONG ResQship et l'Ocean Viking ,tout trois ayant participé au secours qui a duré jusqu'au petit matin.

Il s'agit de la cinquième opération de secours effectuée par l'Ocean Viking depuis samedi. Le navire qui avait déjà recueilli 196 personnes au cours de différents sauvetage au large de la Libye compte désormais à son bord 449 rescapés. Ils vont recevoir des soins comme ceux ayant trouvé refuge sur le Sea-Watch 3, précise SOS Méditerranée.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 1.146 personnes sont mortes en mer au cours du premier semestre 2021 en tentant de rejoindre l'Europe.

SOS Méditerranée assure avoir secouru plus de 30.000 personnes depuis février 2016, d'abord avec l'Aquarius, puis l'Ocean Viking.

AFP

Le Monde >>> Plus de sept cents migrants secourus durant le week-end en Méditerranée

Depuis samedi, six sauvetages de migrants à bord d’embarcations de fortune ont été effectués dans les eaux internationales, notamment au large de Malte et de la Libye.

vendredi 30 juillet 2021

Viol : pourquoi le cerveau empêche certaines victimes de réagir | Le Monde 25 juil. 2021


Figées, bloquées, muettes… De nombreuses victimes de viol ou d'autres agressions sexuelles témoignent avoir été incapables de réagir face à leur agresseur. Selon une étude de l’institut suédois Karolinska publiée en 2017, 68 % des victimes de viol déclarent avoir été totalement paralysées face à leur agresseur.

Une partie de la réponse se trouve du côté du cerveau et de ce que les chercheurs appellent la « sidération psychique » et la « dissociation traumatique ». De quoi s'agit-il ? Explication.

Avec Muriel Salmona, psychiatre, Anne Bouillon, avocate spécialisée en droit des femmes, et le témoignage de Clara, Lara et Nouna.

samedi 24 juillet 2021

Le populisme, caricature de la démocratie, par Mauro Barberis | Revue Esprit 16 oct. 2019

Le populisme simplifie les principes de la démocratie (souveraineté du peuple, égalité, représentation) jusqu’à la caricature. 

Dans un tel régime, le peuple gouverne contre les élites, notamment grâce aux nouveaux médias numériques.

« Parmi tous les régimes imparfaits, la démocratie est de beaucoup le moins imparfait, parce que c’est celui qui limite le plus la capacité d’action des gouvernants[1]. »

Le populisme dont on parle aujourd’hui n’a rien à voir avec les populismes historiques : il est un phénomène global et essentiellement numérique. Si on ne parle pas de populisme à propos de la Chine, par exemple, c’est précisément parce qu’Internet y est contrôlé par le gouvernement, et non l’inverse. En revanche, on parle de plus en plus de populisme à partir de 2016 (Brexit, victoire de Trump, etc.), précisément à propos des démocraties occidentales consolidées. C’est là qu’Internet va jusqu’à remplacer la démocratie. Internet va devenir notre environnement vital et le populisme numérique le mode de fonctionnement normal des démocraties occidentales. Pourtant, ou peut-être à cause de cela, celles-ci risquent de se rapprocher de plus en plus des démocraties illibérales, telles que la Russie ou la Turquie.

Souveraineté, égalité, représentation

Ce n’est pas le moindre paradoxe de l’histoire de la démocratie qu’elle soit arrivée, pour ainsi dire, sans que personne ne la veuille. Aujourd’hui, en effet, on n’appelle démocratie que le système parlementaire issu des deux révolutions anglaises et ensuite exporté partout. Ce système, « trouvé dans les bois » d’après Montesquieu, était régi par trois formules magiques : « souveraineté », « égalité », « représentation ». Ces abracadabra, pris à la lettre sur Internet, se prêtent à merveille aux simplifications populistes.

D’abord, « souveraineté du peuple » est la formule qui évoque la démocratie, jamais nommée dans les constitutions révolutionnaires. 

Aux États-Unis, le peuple était le sujet de la formule d’ouverture de la Constitution fédérale – We, the People – tandis qu’au Royaume-Uni on parlera de la souveraineté du Parlement. Mystère vite expliqué : les Anglais, et même les Américains, se méfiaient du concept continental de souveraineté, perçu comme le mot d’ordre du despotisme.

Le mot « souveraineté », par ailleurs, a deux sens qu’il faut soigneusement distinguer. Il peut signifier la souveraineté interne, ou de droit constitutionnel, attribuée au peuple, mais aussi la souveraineté externe, ou de droit international, dont les titulaires sont les États. Ici, on ne parle que de la première, mais une des simplifications de la propagande populiste est justement l’assimilation des deux, avec leur confiscation par les chefs populistes qui arrivent au pouvoir.

Pourtant, le principe de la souveraineté du peuple a toujours été formulé en des termes que l’on pourrait bien dire libéraux. La Déclaration de 1789 établit : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » La Constitution de 1791 réitère : « La Souveraineté est une, indivisible, inaliénable et imprescriptible. Elle appartient à la Nation ; aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’en attribuer l’exercice. » Ces formules, comme l’avait déjà noté Marx, établissent à la fois le principe de la souveraineté du peuple et celui de sa limitation. Le peuple est la source de toute légitimité, mais rien de plus : comme le roi constitutionnel, il règne toujours, mais ne gouverne jamais. On a parlé à ce propos du « paradoxe central de la démocratie libérale[2] ». Loin d’être paradoxale, cette interprétation de la souveraineté populaire est presque incontestée, parce que c’est la seule qui immunise contre le despotisme.

Le deuxième mot magique démocratique, et peut-être le plus mal compris, est évidemment l’égalité[3]. 

En 1789, quelques révolutionnaires pensèrent qu’avant de se retrouver dans un cachot ou pendus à un réverbère pour s’être retournés contre le gouvernement légitime, il fallait laisser une sorte de testament, afin que ceux qui les suivraient reprennent leur combat. Ainsi est née la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui sera par la suite considérée comme un document constitutionnel.

La valeur la plus troublante proclamée dans ce testament reste précisément l’égalité : elle ne signifiait alors que l’abolition de toutes les distinctions de rang, parmi prêtres, nobles et bourgeois. Aujourd’hui, elle exprime le principe d’égalité formelle : l’abolition de toute distinction de sexe, de race, de langue, de religion… Égalité formelle, pourtant : le principe même de la justice légale et en particulier constitutionnelle, la moins démocratique de toutes, si on peut le dire.

Or, notamment après la mondialisation et l’augmentation exponentielle des inégalités de richesse, du moins à l’Ouest, l’égalité a pris un sens complètement différent. Elle est devenue un drapeau rouge à agiter devant le peuple, afin de lui rappeler à quel point les élites le trompent. Voici le récit populiste : sous prétexte de donner au peuple une égalité formelle, l’élite lui enlève le travail, le bien-être, les services sociaux, morceau par morceau.

Pour les populistes, le peuple doit gouverner, contre les élites.

En somme, l’égalité souffre du même malentendu que la souveraineté du peuple. Pour les juristes, les mots « souveraineté » et « égalité » ont une signification technique, tandis que pour les populistes ils conservent leur sens ordinaire : le peuple doit gouverner, contre les élites. Dans ce même décalage de sens, en effet, les populistes dénoncent une autre entourloupe des ennemis du peuple. Cela devient évident sur Internet, cette extraordinaire invention pour faire croire à chacun qu’il sait ce qu’il ignore.

Enfin, on appelle démocratie, depuis deux siècles, la démocratie représentative, fondée sur une troisième formule magique, celle de la représentation. Représenter signifie rendre présent ce qui est absent. Or, dans la démocratie parlementaire, comme l’avait déjà compris Joseph de Maistre, le peuple est précisément l’absent par excellence[4]. En effet, les représentants sont élus à deux fins : exprimer une volonté en l’attribuant au peuple, et délibérer, voire prendre des décisions sans l’embarras du mandat impératif.

Ainsi, le principe de la souveraineté du peuple, dans son sens à la fois technique et ordinaire, serait violé si un dirigeant ou un parti pouvait prétendre représenter la totalité du peuple en en excluant une partie. Il faut rappeler qu’il s’agit de l’appropriation typique des totalitarismes du siècle passé et des populismes actuels[5]. Mussolini, Hitler et Staline hier, Trump, Orbán ou Salvini aujourd’hui, prétendent représenter le peuple directement, sans médiation.

En réalité, il y a une médiation, et la médiation par excellence : celle des médias. 

Les dirigeants totalitaires n’avaient que la radio : s’ils avaient eu la télé, comme Berlusconi, ou Twitter, comme Trump, peut-être n’auraient-ils pas déclenché la Seconde Guerre mondiale. Voyons le côté positif de la chose. Auparavant, surtout dans le tiers monde, les hommes forts devaient faire des coups d’État sanglants pour s’emparer du pouvoir. Maintenant, il y a Facebook.

jeudi 22 juillet 2021

À l'origine de la société de surveillance : le panoptique | France Culture 3 déc. 2019


Big Brother n'a rien inventé, en réalité nous sommes observés depuis bien longtemps. En 1791, le philosophe Jeremy Bentham invente une prison appelée le panoptique, il crée ainsi l'ancêtre de la société de surveillance.

mardi 20 juillet 2021

"Il y a une réelle possibilité d'abus de pouvoir des gouvernements" | ARTE 4 mai 2020


Par Martin Untersinger et Damien Leloup

Comme un virus, l'idéologie du tout sécuritaire se répand à la mesure d'une révolution numérique à la puissance exponentielle. Va-t-elle transformer notre monde en une planète habitée par 7 milliards de suspects ? Quel niveau de surveillance nos libertés individuelles peuvent-elles endurer ?  

Interview de Martin Drago, juriste à la Quadrature du Net, et de Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch. 
Site de la Quadrature du Net : >>> https://www.laquadrature.net/en/
Site de Human Rights Watch : >>> https://www.hrw.org/fr