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dimanche 17 octobre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Vincent Peillon : "Lorsqu'on enseigne la laïcité, on enseigne la démocratie" ( Cliquer sur l'image ) | France culture 16/10/2021

À retrouver dans l'émission L'INVITÉ(E) DES MATINS DU SAMEDI par Caroline Broué

Pour le premier anniversaire de la mort de Samuel Paty, le philosophe et ancien ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon.

Le philosophe, ancien ministre de l'Education nationale,
 Vincent Peillon.

Hier, dans tous les établissements scolaires de France, un hommage solennel était rendu à Samuel Paty, sauvagement assassiné il y a un an jour pour jour. 

Un hommage que le ministère a voulu sous la forme d’une minute de silence et d’une heure de réflexion en classe sur les questions que pose cet assassinat et le rôle du professeur, tandis qu’aujourd’hui sont prévues diverses prises de parole de professeurs et des interventions d'élèves, le dévoilement par Jean-Michel Blanquer d'une statue en mémoire du professeur au collège du Bois-d'Aulne où Samuel Paty enseignait, et en fin de journée la double inauguration d'un square en face de la Sorbonne et d'une plaque commémorative au ministère de l'Education nationale, journée qui se terminera par la réception de la famille de l’enseignant à l’Elysée. 

Quel sens a cette commémoration ? Comment honorer justement la mémoire de l’enseignant ? Quelles questions pose sa mort atroce, un an plus tard, une fois sortis de la sidération ? 

Invité le philosophe et historien des idées Vincent Peillon, ancien ministre de l’Education nationale sous François Hollande. C’est lui qui avait souhaité en 2012 que soient instaurés des cours  d’ « Enseignement moral et civique » de la maternelle à la terminale, fait inscrire l’enseignement de la laïcité dans la loi et fait rédiger la Charte de la laïcité à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages ces dernières années. On peut citer notamment Une religion pour la République, sur La foi laïque de Ferdinand Buisson ; Liberté, Egalité, Fraternité, sur le Républicanisme Français, ou encore en 2021, Une théologie laïque? (PUF).

"Il ne s'agit pas d'imposer la laïcité aux élèves, il s'agit qu'ils se l'approprient." 

"Là est le travail pédagogique : l'assentiment. Il faut donner aux enseignants les moyens de le faire : des connaissances historiques, juridiques, philosophiques. Les enseignants doivent être capables de traiter de la laïcité en sachant qu'il y a derrière une question sociale, celle des discriminations, ou encore une question historique. Ce, pour amener les élèves à s'approprier la laïcité comme émancipation."  

>>> Un an après, comment rendre hommage à Samuel Paty ?

"La laïcité n'est pas un catéchisme. Nous ne sommes pas de nouveaux inquisiteurs, et la laïcité n'est pas une orthodoxie, ce n'est pas l'Etat Dieu, ce n'est pas l'Etat Église. C'est précisément l'inverse : c'est ces hommes qui, à travers les mouvements d'émancipation du XVIIème siècle, on construit la tolérance, le libre examen, le doute à l'égard de soi-même. Car le doute à l'égard de ses propres opinions, de ses propres convictions, de sa propre foi, de sa propre raison est vraiment la tâche critique de l'école républicaine." 

"Il n'y a pas de laïcité sans justice sociale. Rappelons-nous d'ailleurs que notre République est démocratique, sociale et laïque : il y a un lien entre ces trois notions. La laïcité n'est pas prise en compte, par exemple, des discriminations dans notre pays. En effet, il y a des problèmes de discriminations dans notre pays, on ne peut pas le nier :  c'est mesuré par des instituts publics. Donc, lorsque l'on traite ces questions, y compris parce qu'on s'adresse à un public que l'on doit convaincre, on ne doit pas mettre la poussière sous le tapis. Il faut en parler, car les élèves parlent exactement de cela." 

Pour aller plus loin : 

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