Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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jeudi 14 octobre 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 09/10/2021

À retrouver dans l'émission RÉPLIQUES par Alain Finkielkraut

Quand un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en France, et que le taux de pratique dominicale avoisine les 2%, le catholicisme d'aujourd'hui n’est décidément plus ce qu’il était hier. Avec Guillaume Cuchet et Rémi Brague

Prêtre tenant un chapelet

Alain Finkielkraut s'entretient avec le philosophe et historien de la philosophie, Rémi Brague, et Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine et auteur de l'essai >>> Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ? 

"La France s’est longtemps définie comme la fille aînée de l’Église. Dans la République laïque, le catholicisme est resté majoritaire jusqu’à la fin des années 50. Conjointement une foi mais aussi une pratique, le catholicisme portait notamment la sanctification des fêtes, la messe dominicale, la confession annuelle et le respect des règles de jeûne. En quelques décennies, la pratique s’est si spectaculairement évaporée que l’historien Guillaume Cuchet a choisi pour sujet et pour titre de son dernier ouvrage : « Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ». L’hypothèse de sa disparition n’est donc plus aberrante mais plausible ; qu’est-il arrivé pour qu’une telle question se pose aujourd’hui ?" Alain Finkielkraut

Guillaume Cuchet

"L’Église catholique n’arrive pas à bloquer ce décrochage spectaculaire depuis les années 60 qui aboutit à une " troisième génération de décrocheurs ". Le concile Vatican II (1962-1965) de modernisation du catholicisme déclencha une rupture spectaculaire car il coïncidait avec une révolution socio-culturelle. Involontairement, il créa un vent extrêmement puissant, de sorte que tout le monde a perdu le contrôle."

"Le système d’espérance et de crainte théologique fixait l’angoisse de la mort et lui donnait un objet. Lorsque ce système s’effondre, l’angoisse de la mort diffuse. Mais si la crédibilité décroissante du catholicisme est l’une des explications au phénomène global, c’est une hypothèse qui me paraît flatteuse car elle repose principalement sur le fait que nous aurions encore des espérances fondées sur la raison." 

Rémi Brague

"On peut ajouter à l’analyse que le monde catholique est de moins en moins français. Le centre de gravité de l’Église s’est déplacé. L’effondrement s’accompagne d’un naufrage de l’Europe, de l’Occident, aux dimensions plus vastes."

" L’humanitarisme c’est l’humanisme tarit ", disait René Girard. En effet, le contenu de ce qu’on y prêche est parfaitement respectable mais sa conception de l’homme est plate. Or, il existerait, semble-t-il, des dérives humanitaires dans le discours du pape François. Je pense qu’il faut se garder de cet écueil si on ne veut pas mettre en danger l’humain dans sa profondeur." 

Guillaume Cuchet

"Autrefois, dans la religion il y avait " des spiritualités " régulées par le dogme tandis qu’aujourd’hui il y a une demande globale de spiritualité à l’intérieur de laquelle on veut bien admettre la survie des religions."

" Quelle identité pour le catholicisme français ? "

"Dans les années 2000-2010, il y a eu probablement un croisement caché des courbes de ferveur entre le catholicisme et l’islam. Cet événement majeur dans un pays de culture chrétienne comme la France va-t-il susciter une réaction identitaire chrétienne ou la réaction sera laïque ou laïcarde ? On assiste plutôt au second phénomène. Le binôme identité-foi me semble réduit en France."

"Quand on devient une minorité, si on veut perdurer, il est nécessaire de passer par un renforcement identitaire piloté et ouvert." 

Rémi Brague

"On peut s’interroger sur l’identité chrétienne du catholicisme français à la lumière du phénomène des " christianistes " : les gens qui – sans croire au Christ – croient à la valeur civilisationnelle du christianisme."

" Le rapport de la Commission Sauvé, un coup de grâce ? "

Rémi Brague

"Le rapport de la Commission Sauvé peut être considéré comme un " coup de la grâce ". J’aimerai que ce courage se déplace à d’autres institutions comme l’Éducation nationale." 

>>> Crimes sexuels dans l'Église : ouvrir la voix

>>> Pédocriminalité : comment expliquer que l’église ait pu commettre et taire les abus sexuels ?

>>> Pédocriminalité dans l'Église catholique de France : les conclusions d'un rapport accablant attendues

>>> Abus sexuels dans l'Église : quelles réparations pour les victimes ?

Guillaume Cuchet

"Quand on compare le rapport Sauvé avec l’enquête en population générale,  on s’aperçoit que les abus sexuels sont très majoritairement de type  hétérosexuel alors que dans l’Église ces abus sont de type homosexuel.  Il y a une vraie spécificité ecclésiale dans l’abus sexuel. Y-a-t-il des  facteurs d’engendrement de ces abus au sein de l’Église ?"

Le Catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ?

Guillaume Cuchet

Seuil, 2021


Sur la religion

Rémi Brague

flammarion, 2018



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