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jeudi 3 juin 2021

∆∆∆ ∆∆∆ ∆∆∆ Est-ce qu’on en fait trop avec les risques pandémiques ? ( Cliquer sur l'image ) | France culture 02/06/2021

À retrouver dans l'émission LES IDÉES CLAIRES, LE PODCAST

Champignon noir, grippe aviaire : est-on à la merci d'une nouvelle épidémie ? C'est la question au cœur des Idées Claires, notre programme hebdomadaire produit par France Culture et franceinfo destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

Est-ce qu'on en fait trop avec le risque
épidémique ? 

Depuis quelques semaines, l'Inde fait face à une autre maladie liée au Covid-19 : la mucormycose. Un champignon qui touche de nombreux patients se rétablissant de Covid. Selon les autorités indiennes, plus de 12 000 cas de mucormycoses ont été recensés et le traitement est introuvable dans le pays. 

Un risque pandémique qui affole la scène internationale au moment où la Chine annonce avoir découvert un cas humain de grippe aviaire, H10N3. 

Le Covid nous a-t-il rendu paranoïaques ou faut-il réellement se méfier de ces maladies ? Pour répondre à notre question, Éric d’Ortenzio, médecin épidémiologiste et responsable de la stratégie à l’ANRS. 

Est-ce qu’on en fait trop avec les risques pandémiques ?

Éric d’Ortenzio : "Je pense qu'au niveau où on est, il faut regarder tous les signaux avec attention et ne pas les prendre à la légère. Le Covid nous rend un petit peu paranoïaques, puisqu'on est face à un événement exceptionnel dans la société et donc tous les signaux qui nous arrivent maintenant, avec des pathogènes en Chine, en Inde, aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, vont être regardés avec plus d'attention. Mais c'est peut-être, au fond, pas plus mal pour mieux anticiper les crises et mieux se concentrer sur les facteurs de risque d'expansion de ces pathogènes."

Quels sont ces champignons qui se développent en Inde ?

Éric d’Ortenzio : "On parle surtout de la mucormycose qui sévit en Inde. Cela provoque des lésions qui peuvent aller jusqu'à la nécrose et entraîner la mort des patients, mais pour l'instant, en France, on n'a pas de signal particulier. Il faut savoir que ce champignon se développe sur des terrains très particuliers, ce sont souvent des patients qui sont immunodéprimés et ont un diabète déséquilibré. Il se développe aussi plus favorablement dans des climats chauds et humides, comme beaucoup de mycoses, d'ailleurs. Ce qui se passe en Inde n'est pas forcément ce qui peut se reproduire dans un pays tempéré en France ou en Europe. Il faut regarder, le Centre national de référence nous signale qu'il y a très peu de cas, Santé publique France également. La surveillance est là pour justement regarder ce qui se passe, mais ce n'est pas en France un élément pour l'instant inquiétant."

On parle aussi d’une nouvelle grippe aviaire en Chine, H5N8 ?

Éric d’Ortenzio : "Concernant les grippes aviaires, effectivement, ce sont des signaux qui sont vraiment à regarder avec attention, on n'est pas à l'abri d'une nouvelle pandémie grippale. Il y a eu en 2009, A-H1N1, on attendait H5N1 qui était beaucoup plus grave et il y a eu d'autres pandémies de grippe au 20e siècle, donc c'est quelque chose à regarder avec attention. Il faut à chaque fois analyser le passage de la barrière, les virus grippaux mutent, on retrouve ça chez les cochons, chez les poulets et chez les poulets, etc. C'est vraiment un sujet très important et c'est probablement une des futures pandémies."

Est-ce que le Covid nous a appris à réagir plus vite ?

Éric d’Ortenzio : "Si on prend l'exemple d'une maladie à virus comme Ebola, à partir du moment où on va avoir un cas dans un pays où il n'y en a jamais eu, on va parler d'épidémie parce que c'est une maladie nouvelle, dangereuse, avec un taux de létalité très important. Donc, ce sont plusieurs paramètres qui vont déclencher un niveau d'alerte et de configuration. On lance l'alerte, on lance la recherche et on lance les mesures de contrôle. Toute l'analyse qui doit être faite maintenant, en amont, c'est ce qui se passe chez les animaux en termes de prévention, de détection de pathogènes, d'analyses de virus, d'anticipation, de barrières de passage, de barrières d'espèces. 70 à 75 % des maladies infectieuses épidémiques proviennent des animaux, vous voyez le poids de ces animaux ?"

Certaines maladies émergentes sont-elles à surveiller de près ?

Éric d’Ortenzio : "Actuellement, avec l’ANRS, on travaille sur une maladie qui s'appelle la fièvre hémorragique de Crimée-Congo qui a sévi dans les Balkans, en Afrique également et depuis quelque temps, on observe une augmentation du nombre de cas, par exemple en Turquie (il y a eu quelques milliers de cas dans les années précédentes) et plus récemment, en Espagne. C'est une maladie qui est transmise par une tique et ensuite, il peut y avoir une transmission d'homme à homme par les fluides sanguins ou les fèces. Cette maladie est prise avec considération parce qu'on la retrouve également dans du bétail. On a trouvé des anticorps contre cette maladie, chez les animaux, ce qui prouve que les animaux ont été infectés ou en contact avec ce virus. Les tiques sont également retrouvées dans certaines aires géographiques en Europe, en Espagne, mais aussi en France et en Corse. C'est une maladie qu'on regarde avec attention, elle a un potentiel épidémique certain donc, c'est en anticipant mieux, en travaillant sur ces pathologies, en lançant de la recherche, peut-être en avançant sur le diagnostic, le traitement voire sur le vaccin, qu'on pourra mieux réagir s'il y avait une épidémie d'ampleur en Europe de cette maladie, par exemple."

Les futures pandémies seront toujours inattendues comme SARS-CoV-2 ?

Éric d’Ortenzio : "Le scénario pandémie Covid, l'émergence d'un coronavirus, peut se reproduire. Quand on fait face au début, en janvier 2020 à ce phénomène SARS-CoV62, on était beaucoup à dire “ça va aller”, on est mieux préparés qu'avant parce qu'on travaille sur les maladies émergentes. Bon, ça n'a pas été le cas, il faut le dire clairement. Là, de nouveau, il y a une communauté scientifique internationale qui se mobilise encore sur coronavirus, mais qui s'élargit sur les maladies infectieuses émergentes. Mais des virus, des pathogènes, il en existe et il y a des facteurs qui font que l'homme est de plus en plus en contact avec des animaux, on parle de déforestation par exemple. Que provoque la déforestation ? Elle fait que l'homme entre en contact avec des animaux alors que ce n'était pas le cas avant. Il y a aussi la mondialisation, avec les échanges internationaux qui se font en quelques heures maintenant, on se retrouve à l'autre bout de la planète, donc on peut diffuser un virus d'un endroit à l'autre. Il y a beaucoup de facteurs qui compliquent un peu l'anticipation et la réponse, mais en tout cas, oui, on n'est pas à l'abri d'une autre pandémie."

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