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samedi 3 juillet 2021

Cancel culture : pour une culture de l'accumulation, avec William Marx, par Camille Renard : Multiplier les mémoires contre la "cancel culture" | France Culture 03/10/2020 Via notre F PV

Statues déboulonnées, personnalités boycottées, le terme "cancel culture" a fait une entrée fracassante dans le débat public. William Marx, professeur de littérature au Collège de France, nous invite à envisager notre passé autrement, en "multipliant les mémoires".


L'expression "Cancel culture" est apparue aux Etats-Unis dans le sillage de #MeToo. 
Elle concerne des individus critiqués, boycottés, voire licenciés pour des propos ou des actes jugés outrageants. Pour William Marx, professeur de littératures comparées au Collège de France, dont la leçon inaugurale "Vivre dans la bibliothèque du monde" vient de paraître (éditions Collège de France / Fayard, 30 septembre 2020), c'est plus profondément tout un mouvement culturel. Une réaction qui interroge notre façon de vivre avec notre passé. 


Pour une culture de l'accumulation

William Marx : "Personne ne peut s’arroger le droit d’effacer, de supprimer un symbole de manière totalement unilatérale. Personne n’a ce droit-là. Ça ne peut être que l’objet d’un consensus, d’un débat. Mais la question posée est bonne. Je regrette beaucoup ce terme de “cancelling”, “cancel culture”, “culture de l’effacement”, “de l’annulation”, ou “culture de la table rase”. 

Il ne faudrait pas faire une Cancel culture, mais plutôt une culture de la multiplication, de l’approfondissement. 

Jusqu’il y a quelques dizaines d’années, on peut dire que l’ensemble de la société, les grands penseurs, les grands écrivains compris, étaient tous misogynes, homophobes. À ce compte-là, c’est de tout le passé qu’il faudrait se débarrasser. On comprend bien que c’est absolument inadmissible. S’attaquer aux figures des grands philosophes des Lumières est une très grave erreur. Les militants anti-racistes eux-mêmes sont les héritiers de cette philosophie-là. Sans Montesquieu, la Révolution n’aurait pas eu lieu, et il n’y aurait pas les libertés dont nous jouissons aujourd’hui. 

Quand on supprime une tradition, en fait on le regrette toujours un peu plus tard. Il y a des exemples historiques. À la Révolution française, on a martelé les figures qui étaient dans les églises, on a essayé de les détruire en grande partie. Je crois beaucoup plus important non pas de supprimer, des éléments, des items, de la mémoire culturelle, mais au contraire plutôt d’en ajouter d’autres, de multiplier les mémoires correspondant aux différentes sensibilités, aux différentes communautés : Toussaint Louverture par exemple, des figures d’écrivaines, une admirable poétesse qui est Marceline Desbordes-Valmore…

Un double héritage puritain et provocateur

Au bout du compte, cette “cancel culture” ressortit à ce qu’on pourrait appeler un puritanisme. Et ce n’est pas un hasard si ça vient des Etats-Unis, si ça vient d’un monde marqué par l’histoire puritaine, par le fondamentalisme évangélique et biblique. Et on retrouve de cela.  

Ils sont aussi dans la lignée de ce que faisaient les militants d’Act Up, qui sont des actes radicaux, qui ont une forte valeur symbolique et qu’il faut non pas prendre de manière littérale comme des actes d’annulation, mais plutôt comme une invitation, une invitation forte, une provocation sans doute à réfléchir ensemble à ce que devrait être notre mémoire et à la multiplication de nos mémoires. 

La solution de Basile de Césarée : une lecture allégorique du passé

Donc je crois que le travail qu’il faut faire, c’est un travail d’interprétation, de subtilité. Un bon exemple donné par cela est un exemple historique qui est le moment du passage de l’Empire romain du paganisme au christianisme. Il y a eu des événements assez violents très radicaux qui ont eu lieu : des bibliothèques ou des statues qui ont été renversées parce que c’était des statues des dieux. Et des gens comme saint Augustin, comme saint Jérôme ou d’autres essaient de voir ce qu’on peut sauver de la culture païenne dans un monde chrétien. 

Et en particulier, il y a un auteur qui, lui est un auteur grec, >>> Basile de Césarée

Basile demande de faire une lecture allégorique, par exemple de dire qu’en fait lorsque tel épisode qui nous paraît immoral ou où apparaissent des dieux, chez Homère ou chez d’autres poètes, il faut faire une lecture allégorique qui essaie de retrouver le sens moral profond, qui, lui, est tout à fait acceptable. Je crois qu’il pourrait nous servir de modèle. Je crois aussi qu’il y a un devoir de la part de tous à regarder de manière apaisée les événements historiques, les œuvres culturelles, quand même continuer de transmettre un passé qui est absolument nécessaire à notre survie. Le passé, nous devons le renégocier en permanence. Mais il faut plutôt agrandir notre perception du passé plutôt que de la limiter."

David M : 

"Je suis noir et j'ai dû mal à compendre le délire de la cancel culture. En premier lieu contre les personnalités car je ne vois pas pour qui les gens et juristes twitter se prennent pour décider qu'une personne devrait être cancel. Je prend à titre d'exemple Johnny Depp et Amber Heard ça montre toute l'hypocrisie de notre société. Égalité oui mais pour un homme, c'est une présomption de culpabilité et non d'innocence... Cancel l'Histoire et détruire des statues pour donner l'impression qu'on change les choses curieuses façon de faire tabula rasa du passé. Ce qui est abérrant car on a tout à en apprendre.. Franchement le politiquement correct ça ressemble vraiment au facisme du 21è siècle. Des principes à défendre mais toujours un groupe pour dénaturer le sens du combat. C'est pas en créant des fictions qu'on va changer la réalité."

KUAZAR SOUND 6TM :

Quel est le propos ici ? Si ce n'est de surfer sur la vague et le buzz de la pseudo "cancel culture" c'est un certain opportunisme de la pensée qui fait écho à l’idéologie politique et néolibérale du gouvernement, sa duplicité, son hypocrisie, sa novlangue, ses éléments de langage, qui invite la confusion, comme ici, les monuments et statues dans l'espace public, ne sont pas des musées, ce sont des choix politique qui mettent en lumière et perspective une certaine interprétation de l'histoire, au dépend souvent de la vérité historique, les statues et même certaines références littéraires et historique ont une dimension symbolique qui fait office de propagande dans le récit national, dans la construction de l'identité. 

Au contraire de cet effacement fantasmé de l'histoire et de ses figures, c'est justement une culture populaire qui est effacée et reprend ses droits, dont celui d’occuper l'espace publique et culturel, de lui rendre sa cohérence en sublimant ce qui célèbre un idéal commun, un projet de société si j'ose dire, motivé par un réel progrès social, et ce progrès oui historiquement passe aussi par cet acte symbolique de brûler les idoles, d'ailleurs tout est question de contexte, alors même que le gouvernement veut mettre en pratique une réelle censure, le danger viendrait de cette fantasmagorique cancel culture, alors même que la culture c'est précisément le premier et le plus significatif dommage collatéral de la pandémie. 

Multiplier les mémoires ne permet pas de soustraire ni de diviser ou même d'additionner les conneries qu'on peut raconter, ni de comme par magie les animées et les illuminées d'une lueur d’intelligence. P.S dude are you telling me we should cancel the cancel culture, and get stuck in an infinite loop, in a spatio temporal paradox, up is down and down is up, the earth is flat, and 9/11 was an inside job, no that's a good one, hey teacher, leave those kids alone!

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