Article 1er. - La F∴-M∴, institution initiatique et progressive, cosmopolite et progressiste, a pour objet la recherche de la vérité et le perfectionnement de l’humanité. Elle se fonde sur la liberté, la tolérance et le libre examen ; elle ne formule ou n’invoque aucun dogme. Le Trav∴ maçonn∴ s’effectue à couvert dans le T∴ par la méthode symb∴. Cette démarche laisse au Maç∴ la liberté d’interprétation des symboles. Le Gr∴ Or∴ de Belgique, maillon de la F∴-M∴ universelle, demande à qui se présente à l’Init∴ d’être honnête et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonn∴. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’individus probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienfaisance dans le sens le plus étendu.

Saisir des mots clefs à rechercher

mercredi 25 novembre 2020

"L’annonce faite à Cassandre" de Dimìtris Dimitriàdis | France culture 14/11/2020

À retrouver dans l'émission FICTIONS / SAMEDI NOIR

A l’inverse de la version officielle, pessimiste et même tragique, la Cassandre de Dimìtris Dimitriàdis a cédé à Apollon et s’est unie à lui. Depuis lors, elle ne fait qu’annoncer des bonnes nouvelles, ou plutôt la bonne nouvelle : l’avènement d’un monde nouveau. L’empire du désir.

Anna Mouglalis

Cassandre, fille du roi de Troie Priam, reçoit d’Apollon amoureux le don de dire l’avenir, mais elle rejette les avances du dieu, qui la punit : ses prédictions ne seront jamais crues.

Cette version officielle, pessimiste et même tragique, Dimìtris Dimitriàdis la retourne totalement. La Cassandre qu’il nous montre s’est ravisée, a cédé au dieu, s’est unie à lui ; depuis lors elle ne fait qu’annoncer des bonnes nouvelles, ou plutôt la bonne nouvelle : l’avènement d’un monde nouveau. L’empire du désir. Et le temps s’arrête. 

Pendant toute l’heure que dure la pièce, Cassandre nous conte sa révélation, sa conversion, au fil d’une incantation sans fin, d’une litanie de mots répétés, caressés, violentés, inventés parfois, remâchés jusqu’à l’ivresse, comme si la prêtresse n’en finissait pas de les savourer, de s’en pénétrer.

Ou (peut-être ?) comme s’il fallait insister encore et encore pour convaincre, voire se convaincre ? On pressent, au fil de la pièce, l’ombre cachée derrière toute cette lumière.

Dimitriàdis, intrépide explorateur de l’extrême, est rarement allé aussi loin que dans cet hymne au désir, ce chant brûlant, fiévreux, frénétique, ce rituel païen hypnotique. L’annonce faite à Cassandre, c’est de la poésie, c’est de la musique, et du théâtre bien sûr.

Traduit par Michel Volkovitch

Réalisation : Christophe Hocké

Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Avec Anna Mouglalis

Equipe de réalisation Antoine Viossat, Stéphane Foulon, Alexandra Garcia-Vilà

Né à Thessalonique en 1944, Dimìtris Dimitriàdis a étudié le théâtre et le cinéma à Bruxelles avant de s’installer dans sa ville natale. Il a publié une suite de recueils poétiques, trois volumes d’un roman qui en comptera dix. Des proses comme Je meurs comme un pays (Les Solitaires intempestifs,1978), souvent donné au théâtre ou Léthé : cinq monologues (La Lettre volée). Depuis sa première pièce, Le Prix de la révolte au marché noir, montée en 1968 par Patrice Chéreau, il a publié une vingtaine de pièces, dont une douzaine ont été montées ou lues en France, parmi lesquelles : Les remplaçantes (1995), Le Vertige des animaux avant l'abattage (Les Solitaires Intempestifs 2002), Phaéton (Les Solitaires Intempestifs, 2009), La Ronde du carré (Les Solitaires Intempestifs, 2009), Homériade (Les Solitaires Intempestifs, 2009),Chrysippe (Les Solitaires Intempestifs, 2009), Insenso, et Stroheim (Éditions Espaces 34, 2009), Dévastation (Éditions Espace 34, 2016), Ton plus extrême désir (Le Miel des Anges, 2017)  

Parallèlement à l’écriture, Dimitris Dimitriadis se consacre à traduction littéraire et théâtrale. Il a traduit en grec Bataille, Blanchot, Koltès Gombrovitz, Duras, Genet (théâtre et prose), ainsi que des pièces d’Euripide, Molière, Shakespeare, Courteline ou Tennessee Williams.  

En direct du Théâtre de la ville – Espace Cardin ce 14 novembre 2020 dans le cadre du cycle Combats proposé par France Culture et le Théâtre de la Ville

Publié aux éditions Le miel des anges

Aucun commentaire:

Publier un commentaire