Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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jeudi 10 septembre 2020

Architecture.Notre-Dame de Paris, un édifice pas si catholique | THE GUARDIAN - LONDRES 07/09/2020

Deux tours encadrant une entrée arquée : la façade de
Notre-Dame de Paris (à gauche, après l’incendie de 2019)
est inspirée de celle de l’église de Qalb Lozeh, en Syrie (à droite).

Alors que certains s’entêtent à vouloir défendre une prétendue identité chrétienne de l’Europe, l’experte britannique Diana Darke rappelle tout ce que les grands édifices religieux européens ont emprunté à la culture islamique.

Le 15 avril 2019, tandis que les flammes ravageaient la cathédrale Notre-Dame, des milliers de spectateurs effarés se sont désolés de voir disparaître ce fleuron de la civilisation occidentale. Ce symbole par excellence de l’identité culturelle française, cœur battant de la nation, était en train de partir en fumée.

Diana Darke, spécialiste du Moyen-Orient, avait une tout autre vision des choses. Elle savait que, contrairement à ce que beaucoup ont toujours pensé, ce majestueux monument gothique n’était pas le pur produit de l’histoire chrétienne de l’Europe, mais trouvait son origine dans les déserts montagneux de Syrie, et plus précisément dans un village situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest d’Alep. “La conception architecturale de Notre-Dame, comme celle de toutes les cathédrales gothiques d’Europe, vient en droite ligne de l’église syrienne de Qalb Lozeh, bâtie au Ve siècle [un vestige des débuts de la chrétienté, datant de l’époque byzantine, célèbre pour ses innovations architecturales]”, s’est empressée de tweeter l’experte au matin du 16 avril, alors que la poussière n’était pas encore retombée à Paris. “Les croisés ont ramené en Europe l’idée des ‘tours jumelles encadrant la rosace’ au XIIe siècle.”

Des siècles d’emprunts à l’Orient

Outre les grands beffrois carrés et la rosace, soulignait-elle, les voûtes nervurées, les arcs brisés et même la recette du vitrail ont leurs racines au Moyen-Orient. L’architecture gothique telle que nous la connaissons doit beaucoup plus à la tradition arabe et musulmane qu’aux Goths qui dévastaient tout sur leur passage. Diana Darke poursuit :

"Les réactions [que mon tweet a suscitées] m’ont étonnée. Je pensais que davantage de gens savaient, mais apparemment, l’histoire de l’appropriation culturelle a basculé dans un gouffre d’ignorance. Face à la montée actuelle de l’islamophobie, il m’a semblé qu’il était grand temps que quelqu’un rétablisse la vérité historique.”

C’est ce qu’elle a entrepris de faire à travers son livre, Stealing from the Saracens [“Ce que l’on a volé aux Sarrasins”, voir encadré ci-dessous]. Cet ouvrage passionnant et soigneusement documenté jette un éclairage sur des siècles d’emprunts, retraçant la généalogie des grands monuments européens – du palais et de l’abbaye de Westminster à la cathédrale de Chartres et à la basilique Saint-Marc, à Venise – pour remonter à leurs précédents moyen-orientaux. C’est autant une histoire de pouvoir politique, de richesse et de mode que de foi religieuse, émaillée d’anecdotes sur les croisés et leurs pillages, les évêques sensibles aux exigences de la mode et les marchands cosmopolites qui découvrirent de nouveaux styles et de nouvelles techniques et les rapportèrent dans leur pays. “Nous avons aujourd’hui cette conception dualiste d’un Orient et d’un Occident, poursuit Mme Darke. Mais il en allait tout autrement à l’époque : il existait de nombreux échanges culturels, et la plupart s’effectuaient de l’Orient vers l’Occident. Très peu faisaient le chemin inverse.”

L’arc brisé, inventé à Jérusalem

La haute voûte nervurée et l’arc brisé affirment si bien leur... [...]

Oliver Wainwright

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