Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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vendredi 14 août 2020

Pourrons-nous supporter un nouveau confinement ? | France culture 10/08/2020

LE TEMPS DU DÉBAT par Camille Diao

Dans l’optique d’une seconde vague épidémique, le Conseil scientifique nous appelait fin juillet à nous préparer à d’éventuels reconfinements localisés. Alors que les impacts psychologiques du premier confinement n’ont pas encore été complètement évalués, comment envisager un nouvel isolement ?

Quelles réactions individuelles et collectives
face à l'épreuve d'un nouveau confinement ?

"Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre" (1669). Cet aphorisme de Blaise Pascal a trouvé un nouvel écho au printemps 2020 en mettant des mots sur ce sentiment d’ennui, de vacuité inédit, que nombre d’entre nous ont ressenti pendant nos deux mois confinés.

Le confinement fut à la fois une réalité collective et une expérience individuelle, intime. 

Il n’y a pas eu un confinement, mais une mosaïque de confinements : certains marqués par la solitude et l’isolement, d’autres par une inévitable promiscuité ; pour une partie des français, ce fut une pause forcée, pour d’autres un marathon infini de travail - par exemple pour le personnel soignant. Mais pour tous, le confinement fut une rupture, soudaine et inattendue. Un événement qui a impacté la santé mentale des Français et qui fait craindre l’arrivée prochaine d’une “vague psychiatrique” dans les établissements spécialisés. Quels ont été les effets du confinement sur la santé mentale ? Que pouvons-nous tirer de positif d’une situation d’enfermement ? Comment rendre l’idée d'un second confinement acceptable pour les individus ?

Pour comprendre ces enjeux et répondre à ces interrogations, nous recevons Catherine Tourette-Turgis, psychosociologue en santé publique, professeure à Sorbonne Université, directrice-fondatrice de l’Université des patients-Sorbonne, François de Singly, professeur émérite de sociologie, chercheur au Centre de recherches sur les liens sociaux de l’Université de Paris et Frédéric Worms, professeur de philosophie contemporaine à l’École normale supérieur (ENS) et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

" Le confinement est une perturbation "

"On paraît plus anxieux aujourd’hui que lors du premier confinement où il existait une forme d’ambivalence liée à une idéalisation sur l’importance des liens proches et d’un « retour aux activités essentielles »." Frédéric Worms

"Il y a plusieurs composantes du confinement qui n’ont pas toujours cohabité en harmonie : professionnel, conjugal, sexuel, pédagogique… Chez 35% de la population, on constate des aspects anxiogènes et du stress post-traumatique après cette période d'enfermement." Catherine Tourette-Turgis

"Lorsque l’on est enfermé en famille, elle devient une institution totale. Or notre sentiment de liberté est le déplacement des regards fixés sur nous : ce mouvement perpétuel dans les espaces et le temps construit notre sentiment de liberté. Il n’y a pas de vie possible sans espace à soi." François de Singly

" Il ne faut pas couper les enjeux médicaux, psychiques et sociaux " 

"Il faudrait enfin prendre en compte l’ensemble des questions et des facteurs liées à la santé et au virus. D’où l’importance des sciences sociales dans ce moment particulier afin de mieux connaître notre société." Frédéric Worms

"En termes de démocratie sanitaire, cette période de confinement a été un grand bide : la société civile et les malades n’ont pas été consultés. La santé publique c’est d’abord une stratégie, avant les outils : qui s’occupe de qui ? On n’a jamais fait une politique de prévention sans installer une participation des citoyens. Il faut faire remonter ça aujourd’hui." Catherine Tourette-Turgis

"En haut de l’État, le social n’existe pas. Il y a une conception asociale de la société. Pourtant, un éventuel reconfinement ne pourra se faire qu’avec une réflexion sur la santé publique mais aussi sur la perte du lien social constaté lors du premier confinement." François de Singly

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