Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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jeudi 20 août 2020

Le plaisir féminin au cinéma | France culture 18/08/2020

À retrouver dans l'émission LA GRANDE TABLE D'ÉTÉ par Maylis Besserie

À l'occasion du numéro d'été de la revue de cinéma Revus et Corrigés, consacré au sexe dans l'histoire du cinéma, nous nous intéressons à la représentation du plaisir féminin à l'écran. Avec Esther Brejon, Marie-Camille Bouchindomme et Geneviève Sellier.

Hedy Lamarr dans Extase de
Gustav Machaty (1933)

En 1933, le film Extase du cinéaste tchèque Gustav Machaty fait scandale : il est le premier à représenter une scène d'amour non-coupée, centrée qui plus est sur le personnage féminin, Eva (incarnée par Hedy Lamarr). 

Inspiré librement du roman L'amant de Lady Chatterley de D.H Lawrence, le film montre la sexualité féminine, pour elle-même et non comme un moyen au service d'autres fins ; la quête et l'appropriation de son plaisir est pour la femme une manière de s'émanciper. 

"L’amant est réduit à sa fonction utilitaire. La scène d’orgasme est autour du plaisir du personnage féminin, l’amant disparaît du cadre. La caméra fait un gros plan sur son visage à elle." Esther Brejon

Le film de Louis Malle Les Amants, en 1958, réitère sur le plan de la narration cette corrélation entre la libération du personnage féminin et la découverte du plaisir, qui est aussi une découverte de soi et une prise de conscience de sa situation. 

"La scène d’orgasme est remarquable parce que la caméra est centrée sur le visage de Jeanne Moreau, puis se dirige vers sa main (…) Ce détour est poétique, mais en même temps, l’amant qui n’est plus dans le champ est une sorte d’alter ego de Louis Malle. Quand il parle de cette scène, il dit bien que c’était une scène extrêmement intime, une mise en abyme de leur relation amoureuse ; mais elle montre aussi une considération pour l'importance du désir féminin qui est totalement nouvelle dans le cinéma français à cette époque." Geneviève Sellier 

"La sexualité n’est pas un moyen pour accéder à quelque chose d’autre mais une fin en soi (...) C’est grâce à cette scène d’amour et à sa sexualité enfin épanouie qu’elle se rend compte qu’elle s’ennuie, que cette vie ne lui plaît pas. Elle a pris le pouvoir sur sa sexualité et grâce à ça elle pend le pouvoir sur sa vie, et va pouvoir s’émanciper." Esther Brejon

L'émancipation du personnage féminin donne lieu à des personnages complexes, qui dialoguent avec leur contexte de création et avec les représentations traditionnelles de la femme, souvent en se les appropriant pour les détourner. Ainsi du personnage de Brigitte Bardot dans Et Dieu … créa la femme de Roger Vadim en 1956 :

"Et dieu... créa la femme est vraiment une bombe qui inaugure une nouvelle période du cinéma français en ce que pour la première fois un personnage féminin est montré comme certes désirable mais surtout désirant, et de manière extrêmement diversifiée. (…) la scène du mambo correspond à ce qu’on appelle le male gaze, en morcelant le corps de la femme, mais en même temps Brigitte Bardot danse pour elle toute seule, pour son plaisir. Il y a une liberté dans son corps qui excède le désir fétichiste des regards masculins portés sur elle. Il y a dans tout le film des manifestations d’autonomie qui font que Brigitte Bardot appartient à une nouvelle ère, celle de la femme moderne, dont Jeanne moreau est la version bourgeoise." Geneviève Sellier

Le regard du cinéaste a ainsi le pouvoir de troubler les représentations et de les densifier. Marie-Camille Bouchindomme souligne la complexité des représentations dans La Leçon de piano de Jane Campion (1993) : si le scénario instaure un rapport de force, celui-ci n'est jamais figé, et les personnages sont tour à tour désirants et désirés. 

"Ce qui est assez subversif, c’est que l’homme aussi exprime son désir, ses sentiments, le fait qu’il ne peut pas se passer d’elle. Jane Campion offre à Harvey Keitel un personnage qui se met à nu ; elle le montre comme un corps nu, désiré et désirant." Marie-Camille Bouchindomme

Le cinéma contemporain se saisit de cette possibilité pour inviter le spectateur à entrer dans ce jeu de regards, interrogeant le rôle du voyeur mais aussi la tension désirante qui se construit dans l'espace du regard. Cette spécularité est mise en abyme dans le film Portrait de le jeune fille en feu, César 2020 de la meilleure photograhie de Céline Sciamma. 

"Dans cette passion que l'on découvre pendant les deux heures de film de Céline Sciamma, il y a quelque chose du désir et du plaisir qui va prendre son temps et faire des corps des deux jeunes femmes non pas un objet de plaisir à regarder, mais on est invité à participer à la naissance du désir, qui passe par le lien qui se tisse entre la peintre et la modèle. Sciamma insiste énormément sur le changement du regard de l’une sur l’autre." Marie-Camille Bouchindomme

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