Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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samedi 8 août 2020

Le mensonge en politique | France culture 01/08/2020

Parmi tous les sujets que nous traitons ici, il en est parfois dont l’actualité n’est pas fugace, mais en somme permanente, si bien qu’en vérité il pourrait surgir à ce micro à n’importe quel moment. Sans doute est-ce le cas de l'art du mensonge en politique.

"Le Tricheur à l'as de carreau", de Georges de La Tour
(vers 1636-1638). Département des peintures
du musée du Louvre.

Je me faisais cette réflexion l’autre jour en exhumant de ma bibliothèque un opuscule réédité l’an dernier et que j’avais laissé écrasé entre deux gros dictionnaires. Il s’intitule L’art du mensonge politique et il est signé Jonathan Swift, l’auteur de l’immortel Gulliver. 

Il a été publié pour la première fois en édition française à Amsterdam en 1733. Il recouvre son ironie d’un sérieux imperturbable, ce qui lui confère, au-delà de tous les prêchi-prêcha, une remarquable modernité. 

Sur le mode satirique, ce petit livre pose une question simple et brutale qui est de tous les temps, donc du nôtre : faut-il tromper le peuple pour son bien ? Et si oui, comment l’abuser. 

Jean-Jacques Courtine, professeur à la Sorbonne, à Paris III, ayant fait précéder la récente réédition d’une préface pénétrante et subtile, je l’ai invité ce matin à venir débattre avec moi de la pertinence contemporaine de ce petit livre qui définit les lois d’un mentir vrai qui serait indispensable à l’éducation des princes, y compris en démocratie. 

Entre réalisme et cynisme, entre franchise et dissimulation, nous allons donc considérer à partir de quelques épisodes récents, et sans nous interdire de sourire, les avantages et les inconvénients du travestissement de la vérité dans le gouvernement des hommes. 

Archives sonores

  • Chanson « Ah, pourquoi mens-tu ? » par Lucienne Boyer, paroles et musique de Jean Lenoir, 1931.  
  • Voix du ghostwriter de George Bush puis voix du président Bush lui-même, extraites du film de William Karel « Le Monde selon Bush », sorti en 2004.
  • Reportage du 6 juillet 1943 de Roger Bretscher sur le massacre de Katyn, dénonçant les « violences horribles », de la Guépéou au charnier de Katyn, suite à l'assassinat des officiers polonais, enregistré en présence de l’écrivain Robert Brasillach et de François Brinon, ambassadeur de Vichy en zone occupée.
  • Interview d'Yves MOUROUSI avec Benjamin BRADLEE, directeur du Washington Post, qui a publié l'enquête de Bob Woodward et de Carl Bernstein, itv sur les conséquences du Watergate sur Nixon (ses démentis et son discrédit), extrait d'Inter Actualités du 6 mai 1973.
  • Reportage sur le scandale qui touche la Maison Blanche, extraits de deux déclarations de Bill Clinton qui dément avoir demandé à Monica Lewinski de faire un faux témoignage dans l'affaire pour harcèlement sexuel, suite à la plainte de Paula Jones et qui nie avoir eu des relations sexuelles avec sa stagiaire, Monica Lewinski.
  • Discours de G. W. BUSH à la télévision (début des frappes aériennes en Afghanistan), diffusé dans Inter 13/14, le 12 octobre 2001.
  • Voix d'Hillary Clinton dans un reportage de LCI, à partir d'images de CBS, montrant comment Hillary Clinton, lors de la course à l'investiture présidentielle, a menti sur les conditions de son voyage en Bosnie en 1996 et sur son arrivée à Tuzla dont elle avait exagéré le caractère dangereux.

Bibliographie

  • Jonathan Swift, L’Art du mensonge politique, précédé de « Le mentir vrai » de Jean-Jacques Courtine, Jérôme Million, 2007 (édition revue et augmentée). 
  • Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello, Histoire du corps, 3 tomes, Éditions du Seuil, 2006.
  • Jean-Jacques Courtine, Claudine Haroche, Histoire du visage : Exprimer et taire ses émotions (XVIe-début XIXe siècle), Payot, 2007.

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