Article 1er. - La F∴-M∴, institution initiatique et progressive, cosmopolite et progressiste, a pour objet la recherche de la vérité et le perfectionnement de l’humanité. Elle se fonde sur la liberté, la tolérance et le libre examen ; elle ne formule ou n’invoque aucun dogme. Le Trav∴ maçonn∴ s’effectue à couvert dans le T∴ par la méthode symb∴. Cette démarche laisse au Maç∴ la liberté d’interprétation des symboles. Le Gr∴ Or∴ de Belgique, maillon de la F∴-M∴ universelle, demande à qui se présente à l’Init∴ d’être honnête et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonn∴. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’individus probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienfaisance dans le sens le plus étendu.

Saisir des mots clefs à rechercher

samedi 8 août 2020

Le mensonge en politique | France culture 01/08/2020

Parmi tous les sujets que nous traitons ici, il en est parfois dont l’actualité n’est pas fugace, mais en somme permanente, si bien qu’en vérité il pourrait surgir à ce micro à n’importe quel moment. Sans doute est-ce le cas de l'art du mensonge en politique.

"Le Tricheur à l'as de carreau", de Georges de La Tour
(vers 1636-1638). Département des peintures
du musée du Louvre.

Je me faisais cette réflexion l’autre jour en exhumant de ma bibliothèque un opuscule réédité l’an dernier et que j’avais laissé écrasé entre deux gros dictionnaires. Il s’intitule L’art du mensonge politique et il est signé Jonathan Swift, l’auteur de l’immortel Gulliver. 

Il a été publié pour la première fois en édition française à Amsterdam en 1733. Il recouvre son ironie d’un sérieux imperturbable, ce qui lui confère, au-delà de tous les prêchi-prêcha, une remarquable modernité. 

Sur le mode satirique, ce petit livre pose une question simple et brutale qui est de tous les temps, donc du nôtre : faut-il tromper le peuple pour son bien ? Et si oui, comment l’abuser. 

Jean-Jacques Courtine, professeur à la Sorbonne, à Paris III, ayant fait précéder la récente réédition d’une préface pénétrante et subtile, je l’ai invité ce matin à venir débattre avec moi de la pertinence contemporaine de ce petit livre qui définit les lois d’un mentir vrai qui serait indispensable à l’éducation des princes, y compris en démocratie. 

Entre réalisme et cynisme, entre franchise et dissimulation, nous allons donc considérer à partir de quelques épisodes récents, et sans nous interdire de sourire, les avantages et les inconvénients du travestissement de la vérité dans le gouvernement des hommes. 

Archives sonores

  • Chanson « Ah, pourquoi mens-tu ? » par Lucienne Boyer, paroles et musique de Jean Lenoir, 1931.  
  • Voix du ghostwriter de George Bush puis voix du président Bush lui-même, extraites du film de William Karel « Le Monde selon Bush », sorti en 2004.
  • Reportage du 6 juillet 1943 de Roger Bretscher sur le massacre de Katyn, dénonçant les « violences horribles », de la Guépéou au charnier de Katyn, suite à l'assassinat des officiers polonais, enregistré en présence de l’écrivain Robert Brasillach et de François Brinon, ambassadeur de Vichy en zone occupée.
  • Interview d'Yves MOUROUSI avec Benjamin BRADLEE, directeur du Washington Post, qui a publié l'enquête de Bob Woodward et de Carl Bernstein, itv sur les conséquences du Watergate sur Nixon (ses démentis et son discrédit), extrait d'Inter Actualités du 6 mai 1973.
  • Reportage sur le scandale qui touche la Maison Blanche, extraits de deux déclarations de Bill Clinton qui dément avoir demandé à Monica Lewinski de faire un faux témoignage dans l'affaire pour harcèlement sexuel, suite à la plainte de Paula Jones et qui nie avoir eu des relations sexuelles avec sa stagiaire, Monica Lewinski.
  • Discours de G. W. BUSH à la télévision (début des frappes aériennes en Afghanistan), diffusé dans Inter 13/14, le 12 octobre 2001.
  • Voix d'Hillary Clinton dans un reportage de LCI, à partir d'images de CBS, montrant comment Hillary Clinton, lors de la course à l'investiture présidentielle, a menti sur les conditions de son voyage en Bosnie en 1996 et sur son arrivée à Tuzla dont elle avait exagéré le caractère dangereux.

Bibliographie

  • Jonathan Swift, L’Art du mensonge politique, précédé de « Le mentir vrai » de Jean-Jacques Courtine, Jérôme Million, 2007 (édition revue et augmentée). 
  • Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello, Histoire du corps, 3 tomes, Éditions du Seuil, 2006.
  • Jean-Jacques Courtine, Claudine Haroche, Histoire du visage : Exprimer et taire ses émotions (XVIe-début XIXe siècle), Payot, 2007.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire