Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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lundi 24 août 2020

L’Après-Covid, avènement de l’hégémonie chinoise ? | France culture 25/06/2020

 À retrouver dans l'émission LA GRANDE TABLE IDÉES par Olivia Gesbert

Comment la Chine se positionne-t-elle dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique mondiale? La Chine est-elle en train de tirer son épingle du jeu ou, au contraire, décrédibilise-t-elle son image? Notre invitée, la sinologue Alice Ekman, nous éclaire sur le sujet.

Le président chinois Xi Jinping prêtant serment
 à l'Assemblée nationale populaire de la république
 populaire de Chine lors de sa réélection
(17 mars 2018) 

Alice Ekman est sinologue, maître de conférences à Sciences Po, spécialiste de la Chine et de l'Asie, auteure de Rouge vif : l’idéal communiste chinois (éditions de l’Observatoire, février 2020) et lauréate du prix du livre Géopolitique 2020. Elle avait publié en 2018La Chine et le monde(CNRS éditions).

Son livre Rouge vif est le fruit de 400 échanges et entretiens, formels et informels, avec des acteurs chinois et étrangers. 

Dans cet ouvrage, elle cherche à questionner la structure idéologique actuelle du gouvernement chinois. Alice Ekman part du constat suivant : depuis de nombreuses années, et notamment depuis 1978 et la présidence de Deng Xiaoping, l’analyse étrangère considère que la Chine n’est plus communiste. Or la Chine n’a jamais renié son héritage et son essence marxiste.

"Souvent, on a voulu projeter sur la Chine l'évolution qu'on aurait aimé voir émerger. (...) Cette hypothèse que la Chine n'était plus communiste s'est installée au fur et à mesure dans le débat." Alice Ekman

L'arrivée au pouvoir en 2013 de Xi Jiping marque le retour en force de l’héritage communiste, maoïste et marxiste de la Chine. Alice Ekman considère qu'il ne s'agit pas d'une idéologie de façade, qui servirait uniquement à maintenir le pouvoir, mais qu'il s’agit, au contraire, d’une idéologie partagée par la majorité des 90 millions de membres du Parti communiste chinois.   

"On a tendance à penser, vu de l'extérieur, que la Chine n'a plus de cadre idéologique. Mais lorsqu'on analyse les discours produits en interne, clairement, le cadre est-là." Alice Ekman

"C'est un système hybride, un mélange d'identités, d'héritage, soviétique, maoïste, nationaliste, pragmatique... Mais je souligne qu'il ne faut pas sous estimer la part de l'identité communiste dans ce mélange." Alice Ekman

Bien que le Coronavirus soit originaire de Chine, la communication mise en place par le gouvernement et l'instauration d'une "diplomatie du masque" ont permis à Pékin de promouvoir, à travers la lutte contre la Covid-19, le modèle politique chinois.  

"La Chine a communiqué autour de la gestion de crise d'une façon précise qui s'inscrit plus largement dans une compétition entre les systèmes politiques au niveau mondial, qui vise à glorifier ses succès présumés, et, par contraste, à souligner les échecs et obstacles présumés d'autres systèmes." Alice Ekman

Alice Ekman constate d'ailleurs une évolution au sein du corps diplomatique chinois en faveur des promoteurs d'une ligne dure. Depuis 2013 et le début de la présidence de Xi Jinping, les diplomates ont en effet l'autorisation de communiquer de manière plus offensive. L'idée est de répondre, parfois de manière virulente, à chaque doute et chaque remise en question de la politique chinoise. La Chine veut aujourd'hui s'imposer ; elle ne laisse plus passer les critiques à l'égard de son système. 

"Aujourd'hui émerge une diversité de perceptions vis-à-vis de la Chine. La Chine est un pays de plus en plus clivant, elle devient un pays qui agace au niveau multilatéral, mais qui séduit aussi d'autres pays qui se félicitent d'un discours anti-occidental et d'un leadership américain contesté." Alice Ekman

La crise du Coronavirus a d'ailleurs accru le rapport de force entre les Etats-Unis et la Chine, alors que le contexte était déjà tendu autour de la guerre commerciale et technologique que se livrent les deux puissances.  

"Les tensions sont très vives entre Washington et Pékin pour des raisons commerciales, technologiques, mais aussi conceptuelles et idéologiques. La Chine espère devenir à terme une puissance de référence (...), pouvoir se présenter comme un modèle pour le monde et promouvoir un système politique alternatif à celui des démocraties." Alice Ekman

Le 28 mai dernier, l’Assemblée nationale populaire chinoise a voté une loi sur la sécurité nationale ayant pour but d'harmoniser le maintien de l'ordre à Hong-Kong avec celui qui est actuellement en place en Chine. L'idée étant de pouvoir réprimer plus facilement les manifestions pro-démocraties, qui ont d'ailleurs repris depuis plusieurs jours. 

"Ça fait parti d'un calendrier assez régulier qui vise à terme à harmoniser le territoire, pour que Hong-Kong perde ses spécificités politiques et juridiques. (...) De manière générale la Chine considère que Hong-Kong doit, à terme, être pleinement intégrée au territoire chinois, et c'est une priorité. (...) Hong-Kong restera un point de tensions pendant longtemps, avec un risque d'escalade, pas uniquement au niveau régional, mais aussi international." Alice Ekman

Extraits sonores: 

  • Extrait de l'annonce de Donald Trump : les États-Unis mettent un terme à leurs relations avec l'Organisation mondiale de la Santé (le 29/05/2020)
  • Extrait des propos de la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam le 15 juin 2020
  • Extrait du film "Mathilde et Rosette" réalisé par Alice Ekman (2020)

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