Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

Saisir des mots clefs à rechercher

lundi 17 août 2020

La Critique de la raison pure (2/4) : Qu’est-ce qu’une chose en soi ? | Rien ne veut rien dire 1 avr. 2017


Les Nouveaux Chemins de la connaissance.
Par Adèle Van Reeth.
Émission du 11.10.2016.

Comment comprendre ce qu'est cette "chose en soi", à laquelle, selon Kant, nous n'accédons jamais ? Réponse avec le philosophe Jocelyn Benoist.

Dans la préface de la seconde édition de la Critique de la raison pure, Kant use d'une analogie demeurée fameuse pour décrire son projet : il s'agit d'opérer, pour la connaissance rationnelle, une révolution comparable à celle initiée par Copernic dans le domaine de l'astronomie. Comprendre ce que signifie cette "révolution copernicienne" implique de repenser l'objet de notre connaissance comme "phénomène", et de le distinguer de la "chose en soi".

Le texte du jour :

"A quoi tient qu’[en métaphysique] nulle voie sûre de la science n’ait pu encore être découverte ? Est-ce éventuellement impossible ? D’où vient donc que la nature a affligé notre raison de l’inlassable aspiration à en chercher la trace, comme s’il s’agissait là d’une de ses affaires les plus importantes ? Bien plus, combien peu avons-nous de motifs de faire confiance à notre raison si, dans un des objets les plus importants de notre curiosité, non seulement elle nous abandonne, mais encore elle nous leurre par des mirages, et en fin de compte nous abuse ! Ou alors, si la voie sûre d’une science a simplement, jusqu’ici, été manquée, quels indices pouvons-nous utiliser pour espérer, en nous livrant à des recherches renouvelées, que nous serons plus heureux que ne l’ont été ceux qui nous ont précédés ?

Je ne pouvais qu’estimer les exemples de la mathématique et de la physique, qui sont devenues ce qu’elles sont désormais à la faveur d’une révolution accomplie d’un seul coup, assez remarquables pour me mettre à réfléchir à l’élément essentiel de la transformation intervenue à leur si grand avantage dans la manière de penser et pour les imiter à cet égard, du moins à titre d’essai, autant que le permet leur analogie, comme connaissances rationnelles, avec la métaphysique. Jusqu’ici, on admettait que toute notre connaissance devait nécessairement se régler d’après les objets ; mais toutes les tentatives pour arrêter sur eux a priori par concepts quelque chose par quoi notre connaissance eût été élargie ne parvenaient à rien en partant de ce présupposé. Que l’on fasse donc une fois l’essai de voir si nous ne réussirions pas mieux, dans les problèmes de métaphysiques, dès lors que nous admettrions que les objets doivent se régler d’après notre connaissance – ce qui s’accorde déjà mieux avec la possibilité revendiquée d’une connaissance de ces objets a priori qui doive établir quelque chose sur des objets avant qu’ils nous soient donnés. Il en est ici comme avec les premières idées de Copernic, lequel, comme il ne se sortait pas bien de l’explication des mouvements célestes en admettant que toute l’armée des astres tournait autour du spectateur, tenta de voir s’il ne réussirait pas mieux en faisant tourner le spectateur et en laissant au contraire les astres immobiles."

Emmanuel KANT, Critique de la raison pure, 1781, « Préface à la seconde édition », 1787, trad Alain Renaut, (GF, 2006), pp.77-78

Lecture :

- Emmanuel KANT, Critique de la raison pure, 1781, « Préface à la seconde édition », 1787, trad Alain Renaut, (GF, 2006), pp.77-78

Extraits :

- L’inaccessibilité de la chose en soi (d’un autre monde) (source : La chose d’un autre monde, Christian Niby et Howard Hawks, 1951)
- Kant demande à ce qu’on coupe l’arbre devant sa fenêtre (source : Les derniers jours d’Emmanuel Kant, Philippe Collin, 1993)

Références musicales :
  • - Jean-Sébastien Bach, Variations Goldberg
  • - Biosphere, Path leading to the High grass
  • - Henri Salvador, Le tour des choses
  • - Aretha Franklin, That lucky old sun (just rolls around heaven all day)

Aucun commentaire:

Publier un commentaire