Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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samedi 15 août 2020

∆∆∆ Juger et punir : une brève histoire : Quel sens le Moyen Âge donne-t-il à la peine capitale ? | France culture 29/10/2018

Pour ce premier volet consacré à une brève histoire de l'institution de juger et de punir, et de l'invention de certaines peines, Emmanuel Laurentin s'entretient avec les historiennes Claude Gauvard et Elisabeth Lusset.

La pendaison de Haman, miniature de la Bible
de Souvigny, 12e siècle / La Ballade des pendus,
 illustration pour l'édition de 1489
 du poème de François Villon

La peine de mort revêt-elle un caractère particulièrement cruel ou violent pour la société médiévale ? 

"Comme le terme moyenâgeux le laisse entendre, nous avons coutume d'enfermer cette période méconnue dans nos fantasmes, de rejeter vers elle ce qui est noir et barbare. Certes, la cruauté a existé, mais j’ai voulu montrer que ces gens du Moyen Age sont à la fois comme nous et totalement différents de nous. Ils n’ont pas le même rapport au temps ni à l’espace, ni aux valeurs. Nous avons depuis longtemps oublié le sens de l’honneur, qui est pourtant fondamental au Moyen Age. Il faut repartir de ces valeurs, de la fama notamment, la réputation, pour comprendre que dans une société d'honneur où il convient de riposter, de "démentir" celui qui vous a offensé, la peine de mort revêt un sens particulier." Claude Gauvard

#bon larron #mauvais larron #gibet de Montfaucon

Le peuple joue-t-il un rôle dans la façon dont la peine de mort est exécutée ?

"La peine de mort est ritualisée, on fait appeler le peuple le long du passage du cortège du condamné. Pour l’exemple, mais pas seulement. Parce qu’il n’y a pas de peur panique de la peine de mort au Moyen Age. Elle est plutôt un lynchage bien organisé et exécuté par les services publics de la ville, des seigneurs ou du roi. Et ce de façon relativement rare. Le gibet est le lieu d’une forme apprivoisée de justice, une justice régulée qui s’oppose à la justice anarchique du corps pendu à la branche. Et jusqu’au bout, la corde ou l’échelle peuvent casser, le bourreau peut avoir mal fait son travail. Et le peuple pour sa part peut intervenir, crier au miracle." Claude Gauvard

Alors que la justice suprême reste la justice divine, le Moyen Age connaît paradoxalement un grand nombre d'institutions habilitées à punir...

"En effet, le Moyen Age présente une institution judiciaire très morcelée, reflet de nombreuses instances de pouvoir : il y a d’un côté les justices seigneuriales qui ont accaparé le haut pouvoir judiciaire, avec la possession d’un gibet qui montre à tout le monde qu’on possède la haute justice, de l’autre celles des villes qui ont chèrement acquis ce privilège en s’émancipant à partir du XIIe siècle. Ces justices sont à la fois concomitantes et concurrentes. Et par-dessus tout, il y a une construction qui va s’imposer petit à petit : celle du roi justicier, un roi qui va s’arroger le droit d’octroyer la miséricorde et la grâce." Claude Gauvard

#Foulques Nerra #Robert Le Pieux #Arnaud le larron #Colin l’enfant

Sans oublier la justice ecclésiastique qui juge les clercs, mais aussi des crimes comme l’adultère, l’hérésie et la sorcellerie. Et qui connaît elle aussi différents niveaux de juridiction...

"Au Haut Moyen Age, c’est d’abord l’abbé qui administre la justice dans son monastère, puis l’évêque. Mais à partir du moment où les monastères se fédèrent en ordres religieux au XIIe siècle, apparaissent de nouvelles instances de gouvernement qui aspirent à les discipliner. Et qui vont distinguer parmi les crimes ceux qui peuvent être corrigés au sein du monastère de ceux qui doivent être rapportés à l’échelle de l’ordre, du diocèse... voire du pape !" Elisabeth Lusset

Et l’on retrouve les mêmes enjeux de pouvoir entre ces différentes justices...

"Oui, parce que la fama est essentielle aussi pour les communautés monastiques. Le capital d’honneur de ces clercs, de ces hommes et ces femmes qui aspirent à la perfection, rejaillit sur celui de l’Eglise. Donc la culture du secret est très forte. Il faut éviter à tout prix, si déviance il y a, que les fidèles alentour apprennent ce qui se passe dans les monastères. La justice ecclésiastique est ainsi prise entre deux feux : elle cherche à sanctionner les déviances, mais le fait de punir et de faire connaître la peine imposée à un moine homicide par exemple risque d’être plus délétère que le crime lui-même, et de pervertir l’ordre. Il faut donc à la fois punir les moines ou les moniales criminel.les, et en même temps si le crime n’est pas connu, il vaut peut-être mieux leur faire faire pénitence et leur pardonner." Elisabeth Lusset

#battre sa coulpe #transfert pro culpa #abbaye de Conches

Musiques diffusées

  • Anonyme, Misericordia dulcissimo dio
  • Philippe de Vitry, Aman novi proba

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