Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

Saisir des mots clefs à rechercher

lundi 3 août 2020

De l'amitié entre philosophes : Rousseau et Diderot, meilleurs ennemis | France culture 20/03/2019


En 1742, deux jeunes intellectuels se rencontrent, admirant tous deux l’Antiquité et partageant la même idée très élevée de la vertu : Rousseau et Diderot. Mais leur vision de la philosophie s'oppose en tout point. Comment leur conception de l’amitié fut-elle mise alors à l’épreuve ?

Montage avec un portrait de Jean-Jacques
Rousseau (par Quentin de La Tour) et
Denis Diderot (par Louis-Michel van Loo)
Par l’intermédiaire d’un ami commun, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) et Denis Diderot (1713-1784) se rencontrent en 1742. Ils ont une trentaine d’années, sont tous deux très cultivés et partagent des valeurs communes.

Mais leur caractères sont très différents et sont à l’origine d’un malentendu entre eux… Leurs attentes ne sont pas les mêmes et leur conception de la philosophie, de la réalité, divergent.

Quant Rousseau emploie le terme de « philosophe » de façon péjorative, et le critique, Diderot revendique cette appellation et il est même considéré comme LE philosophe par excellence.

Comment ces conceptions ont-elles évolué au fil de leur vie et les ont finalement séparés ?

L'invité du jour : Franck Salaün, professeur de littérature française du XVIIIème siècle à l’Université de Montpellier

Les opposés s’attirent

"Cette différence de caractères entre Rousseau et Diderot explique en partie leur attirance mutuelle. Rousseau semble introverti, timide, mal à l’aise en société… Diderot donne l’impression de vivre en dehors de lui-même, il est entièrement dans l’échange. Cela alimente un malentendu : Rousseau n’a pas les mêmes attentes à l’égard de son ami que Diderot. Diderot va entrer dans le groupe des philosophes, ceux qui vont changer les choses, il a l’esprit collectif quand Rousseau a déjà le sentiment qu’il a une œuvre à écrire, que sa vie est un enjeu, que sa vie est une œuvre…" Franck Salaün

Rousseau et la critique des philosophes

"Assez rapidement, Rousseau emploie les termes "philosophe" et "philosophie" de façon péjorative, pour lui, le terme sert souvent à désigner les philosophes modernes, c’est-à-dire justement ceux de "L’Encyclopédie"… Le chef de file de ces philosophes étant Diderot, Rousseau aurait dû beaucoup plus tôt se fâcher avec lui. C’est ce qui est curieux ! Mais on a l’impression qu’il lui pardonne alors qu’est en train de croître dans l’écriture de Rousseau ce rejet des philosophes…" Franck Salaün

Rousseau et Diderot, attraction et répulsion

"Diderot va de plus en plus affirmer un monisme, une conception matérialiste de l’univers, tandis que Rousseau après diverses hésitations, va oser confesser Dieu chez les philosophes et réaffirmer le dualisme, sa croyance en l’âme.
Ils sont attirés l’un par l’autre, attirés par ce qui brûle… Rousseau n’est pas fait pour s’entendre avec Diderot, il ne pourra que souffrir de la fréquentation de Diderot qui est beaucoup plus à l’aise dans l’échange et la vie sociale. Inversement, Diderot aurait pu deviner qu’il n’aurait que des difficultés avec Rousseau car ce dernier est égocentrique, il ne comprend pas l’intérêt de "L’Encyclopédie", il ne comprend pas qu’on puisse se consacrer ainsi à un ouvrage collectif… Alors que Diderot est en train de mettre en place cet important projet, Rousseau lui écrit : « occupez-vous de moi ! »." Franck Salaün

Sons diffusés :
  • Chanson du film animé Rox et Rouky de Walt Disney, 1981
  • Chanson de Joe Cocker, With A Little Help From My Friends
Textes lus par Thibault de Montalembert :
  • Deux extraits de Jean-Jacques Rousseau, Correspondance générale, éditions Classiques Reprint, 2012
Textes lus par Vincent Schmitt :
  • Extrait de Diderot, Correspondance, Tome V de l'édition des Oeuvres de Diderot, éditions Robert Laffont, 1997
  • Extrait de Essai sur les règnes de Claude et de Néron, de Denis Diderot, dans Diderot, Oeuvres philosophiques, éditions Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2010

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