Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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dimanche 5 juillet 2020

∆∆∆ A qui confier le gouvernement du monde ? | France culture 02/07/2020


Face à la crise de la Covid-19, les Etats ont agi en ordre dispersé. Mais les dégâts causés aux économies nationales et les enjeux de reconstruction supposent de réinventer une gouvernance mondiale. Comment et avec qui ?

Quel leadership pour une nouvelle
gouvernance mondiale ? 
Pour cette quatrième émission des Rencontres de Pétrarque, un échange entre Monique Chemillier-Gendreau, spécialiste de droit international, Justin Vaïsse, directeur du Forum de Paris sur la Paix et Jean-Christophe Rufin, diplomate. 

Le multilatéralisme affaibli 

Au cœur de cette crise, on assiste à une régression d'un multilatéralisme qui était déjà affaibli auparavant. On aurait pu espérer une coopération internationale face à un adversaire commun : le virus ! Pourtant c’est une compétition accrue entre Etats qui s’est opérée.  

"Dès la création de l’ONU, il y a eu une série de fractures. Ce système a été conçu en 1945 sur une opposition entre les Alliés et les puissances de l'Axe. A partir de la guerre de Corée, il y a eu une paralysie des Nations unies en raison de l’opposition Est-Ouest. Ce système de sécurité collective est resté bloqué jusqu’à la fin de la guerre froide.   
Les années 1990 ont vu la mise en place de grandes opérations de maintien de la paix. Et depuis, les fractures se sont aggravées et ont abouti à cette espèce de morcellement général. (...)                  
Pour les pays, c’est une manière de s'affranchir de la pression multilatérale et de se replier sur des décisions souveraines." Jean-Christophe Rufin

Puis nous évoquons la question du leadership philosophique. 

"Je ne crois pas que ce soit un manque de leadership ! Nous habitons un monde composé de populations très variées, multiples qu'il faudrait arriver à réunir pour créer un monde commun et vivable. Quand on parle de multilatéralisme, on ne pense qu'en terme d'État pour trouver un leadership. Je crois qu'il faut aller vers une organisation mondiale des peuples, que tous y soient représentés (qu'ils aient une existence d'Etat ou pas). Il faudrait une autre représentation du monde. Bien sûr, il faut prendre en compte les communautés nationales mais pas seulement. Nous avons besoin d'une représentation du monde dans laquelle les peuples se reconnaissent. Actuellement, personne ne se reconnaît dans l'ONU ! et ce n'est pas parce qu'il y aura un meilleur leadership qu'on s'y reconnaîtra mieux !" Monique Chemillier-Gendreau

"Indépendamment de la puissance des uns et des autres, je ne suis pas sûr que tout le monde partage cette vision philosophique -par exemple les Russes ou les Chinois-. Pour beaucoup de gouvernements, l'idée d'affrontement est beaucoup plus opérationnelle que cette utopie américaine de multilatéralisme qui a prévalue après la de deuxième guerre mondiale." Jean-Christophe Rufin

Une souveraineté bien régulée ?

Justin Vaïsse évoque la souveraineté comme le cadre d'expression de la démocratie. Il énumère la multiplicité des acteurs de la société internationale incluant les Etats et au-delà : les villes, les fondations, les ONG... 

"La souveraineté, il en faut absolument pour que le multilatéralisme fonctionne. Il est nécessaire que les pays puissent contrôler ce qui se passe à l'intérieur de leurs frontières et qu'ils puissent exprimer leurs besoins et négocier avec les autres. Actuellement c'est une dérive, le souverainisme qui rend beaucoup plus compliqué le gouvernement du monde." Justin Vaïsse

Monique Chemillier-Gendreau propose de repenser le système international avec une autre approche intellectuelle.

"La démocratie, c'est le multiple et c'est le dissensus ; c'est le foisonnement de la vie ! La souveraineté c'est la réduction dans un pays donné de ces multiples au "un" de l'Etat. [...] Les Nations unies se sont spécialisées dans l'humanitaire... A mes yeux, l'humanitaire, c'est le service après-vente des marchands d'armes..." Monique Chemillier-Gendreau


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