Depuis sa création en 1833, le Grand Orient de Belgique défend la franc-maçonnerie dans sa dimension « adogmatique et progressiste ». Elle ne peut donc être assimilée à une église ou tout autre structure proposant une pensée unique. Elle n’est pas plus un parti politique ou une organisation syndicale. Bien qu’ancrée dans le monde réel, elle n’est pas pour autant un centre laïque. Elle est fondamentalement attachée à la liberté d’opinion, la liberté de conscience et réfractaire à toute instrumentalisation ou contraintes extérieures.

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samedi 11 juillet 2020

Pierre Michon : “J’ai fait comme si le Covid m’était destiné, à moi personnellement” | Philosophie magazine 08/07/2020 via notre F LB

« Ah, cette photo de Piccoli… Un vrai portrait
de Titien. Cruauté, force, faiblesse, peur,
humanité simple sous l’élégance tapageuse »

Michel Piccoli dans le film Le Sucre.
[...] Le 18 mai, quelques jours après la nouvelle de sa mort, vous publiiez une photo de Michel Piccoli, avec ce commentaire : « C'est le père et c'est le fils. C'est Don Juan et un long couteau dans un cartel. La grande bourgeoisie, les tueurs, les beaux, les riches, les photogéniques. Chemises italiennes, virilité au comble, crâne rasé à la sado-maso, sourcils magistraux, le regard est un ordre. Et le peuple manque, bien sûr ; mais Piccoli penchait du côté du peuple, comme on dit, et il appelait son retour, tous ses choix de rôles et de réalisateurs le disent assez. Il “était peuple” sans doute, tout en parlant dans la langue de Saint-Simon. Et il fume du havane, on ne peut rien reprocher à un homme qui fume un havane. »

Ah, cette photo de Piccoli… Un vrai portrait de Titien. Cruauté, force, faiblesse, peur, humanité simple sous l’élégance tapageuse. Et toute l’imagerie d’Hollywood, c’est-à-dire toutes nos images projectives actuelles. 

Là, c’était tout simplement une image phallique absolue, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, l’image appuyée de la virilité. 

C’était un peu de l’autodérision. Ça vient d’un beau film de truands. Il fume un havane : c’est le dernier de ma série tabagique Mallarmé-Depardieu. Réglons la question du tabac, fuyons la censure et respectons-la : le tabac était réputé bon contre le Covid, on avait la permission tacite de fumer pendant l’épidémie. Bien sûr, on a arrêté depuis. 

La lutte des classes traverse la bibliothèque, comme disait Maurice Nadeau. Piccoli, l’homme comme l’acteur, était un champ de bataille de la lutte des classes. Le grand bourgeois mais « de gauche », l’assassin et la victime dans le même homme. Et le post que j’ai fait de cette photo sur Facebook m’a valu une rencontre essentielle. Ça ne doit pas être un hasard. [...]

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