Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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samedi 11 juillet 2020

Pierre Michon : “J’ai fait comme si le Covid m’était destiné, à moi personnellement” | Philosophie magazine 08/07/2020 via notre F LB

« Ah, cette photo de Piccoli… Un vrai portrait
de Titien. Cruauté, force, faiblesse, peur,
humanité simple sous l’élégance tapageuse »

Michel Piccoli dans le film Le Sucre.
[...] Le 18 mai, quelques jours après la nouvelle de sa mort, vous publiiez une photo de Michel Piccoli, avec ce commentaire : « C'est le père et c'est le fils. C'est Don Juan et un long couteau dans un cartel. La grande bourgeoisie, les tueurs, les beaux, les riches, les photogéniques. Chemises italiennes, virilité au comble, crâne rasé à la sado-maso, sourcils magistraux, le regard est un ordre. Et le peuple manque, bien sûr ; mais Piccoli penchait du côté du peuple, comme on dit, et il appelait son retour, tous ses choix de rôles et de réalisateurs le disent assez. Il “était peuple” sans doute, tout en parlant dans la langue de Saint-Simon. Et il fume du havane, on ne peut rien reprocher à un homme qui fume un havane. »

Ah, cette photo de Piccoli… Un vrai portrait de Titien. Cruauté, force, faiblesse, peur, humanité simple sous l’élégance tapageuse. Et toute l’imagerie d’Hollywood, c’est-à-dire toutes nos images projectives actuelles. 

Là, c’était tout simplement une image phallique absolue, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, l’image appuyée de la virilité. 

C’était un peu de l’autodérision. Ça vient d’un beau film de truands. Il fume un havane : c’est le dernier de ma série tabagique Mallarmé-Depardieu. Réglons la question du tabac, fuyons la censure et respectons-la : le tabac était réputé bon contre le Covid, on avait la permission tacite de fumer pendant l’épidémie. Bien sûr, on a arrêté depuis. 

La lutte des classes traverse la bibliothèque, comme disait Maurice Nadeau. Piccoli, l’homme comme l’acteur, était un champ de bataille de la lutte des classes. Le grand bourgeois mais « de gauche », l’assassin et la victime dans le même homme. Et le post que j’ai fait de cette photo sur Facebook m’a valu une rencontre essentielle. Ça ne doit pas être un hasard. [...]

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