Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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lundi 20 juillet 2020

Jonathan Powell, le mercenaire de la paix | France culture 04/07/2020


Peut-être son nom ne vous dit-il rien ? Et c'est à la fois normal et inquiétant. Car ce premier corsaire de l'été, Jonathan Powell, fait partie des personnes à qui les Etats concèdent les fonctions les plus régaliennes. Figure de l'ombre qui apparaît sur les clichés pris lors de grands événements...

Jonathan Powell sortant du 10 Downing Street,
 le 28 mars 2007
Le point commun à tous ces nouveaux corsaires, c'est qu'ils n'aiment pas la lumière, et que leurs missions, toujours sensibles, parfois polémiques, s'accommodent plus volontiers de l'ombre. 

Le cas de Jonathan Powell est, à cet égard, particulier. Car avant d'entrer, il y a dix ans, dans la confrérie des nouveaux corsaires, Powell a été, au Royaume-Uni, l'un des barons les plus en vue du New Labour, cette vague travailliste qui a porté Tony Blair au pouvoir. 

Directeur de cabinet de Tony Blair pendant dix ans, Powell a été, avec Alastair Campbell, l'une des principales éminences grises du Premier ministre britannique. Il a été sur toutes les photos, de tous les combats. Puis, lorsque Blair a quitté le pouvoir en 2007, Powell a brusquement disparu. Il fallait avoir l'œil particulièrement exercé pour le remarquer, en 2016, assis au premier rang de la salle de l'Institut Nobel à Oslo lors de la remise du prix Nobel de la Paix au président colombien Juan Manuel Santos. On l'a également vu sur les rares photos existantes de l'équipe qui, pendant dix ans, a négocié le désarmement de l'ETA au pays basque. On l'a aussi aperçu en Birmanie, en Indonésie, au Mozambique, en Libye...

Car Jonathan Powell est devenu ces sept dernières années l'un des très rares prestataires privés au monde à exercer la profession de médiateur de conflit armé. Des Etats le mandatent pour négocier avec des guérillas, des séparatistes, voire des terroristes.

Par une après-midi de janvier, nous avons donc sonné à la porte d'Inter-Mediate, la petite organisation fondée et dirigée par Powell et installée à l'ombre des tours de Westminster, à Londres. Nous sommes entrés dans une maison désuète, meublée comme un cercle de bridge de quartier. L'atmosphère oscille entre Agatha Christie et Downtown Abbey : difficile d'imaginer que c'est là que Powell a préparé ses missions sur les lignes de front du Mozambique et de Colombie et reçu des insurgés de tous les pays et de tous les bords. Nous installons notre micro dans une petite salle de réception. Sur les étagères, on remarque une sorte de calumet, cadeau des indépendantistes musulmans d'Aceh, en Indonésie, et un éléphant en porcelaine, don du Conseil National de Sécurité de Thaïlande. Autour d'un thé, Powell retrace pour nous son basculement dans la diplomatie privée.

LE MONDE DES ESPIONS, SAISON 2 : LES NOUVEAUX CORSAIRES par Philippe Vasset et Pierre Gastineau

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