Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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jeudi 30 juillet 2020

∆∆∆ Gisèle Halimi : un combat pour l'égalité | France culture 29/07/2020


Une des avocates féministes les plus importantes du XXème siècle s'est éteinte, mardi 28 juillet. Gisèle Halimi, qui a œuvré toute sa vie pour la libéralisation de l’avortement et la criminalisation du viol, est décédée à l'âge de 93 ans.

Gisèle Halimi est décédée mardi
28 juillet, à l'âge de 93 ans 
Elle était une combattante infatigable des luttes anticolonialistes et féministes, Gisèle Halimi est décédée ce 28 juillet 2020. France Culture lui rend hommage. 

Le refus de l'oppression, de l'humiliation et de la domination 

L'historien Benjamin Stora rappelle que pour Gisèle Halimi, lutter pour la dignité de la femme ou celle du colonisé est un seul et même combat : "Elle avait plaidé la cause des militants nationalistes algériens, qu'ils soient du FLN ou MNA, et en particulier pour la grâce des condamnés à mort algériens. La question de la peine de mort aussi était un des grands combats de sa vie. Pour elle, la cause anticolonialiste et celle de la libération des femmes étaient intimement liées."

"Elle a choisi de lutter pour une cause commune. Cette cause commune, c'est celle de l'émancipation des femmes contre la peine de mort mais aussi le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est une combattante de l'universel." Benjamin Stora

"Je voudrais souligner son courage physique. Pendant la guerre d'Algérie elle est allée plusieurs fois à Alger plaider la cause des militants algériens. Elle était menacée de mort régulièrement par les partisans de l'Algérie française qui d'ailleurs, aujourd'hui encore, n'ont toujours pas désarmé. Elle n’hésitait pas à affronter physiquement ces hommes qui en voulaient à sa vie, tout simplement." Benjamin Stora

Les emblématiques procès de Bobigny et d'Aix, ou le droit comme levier pour la cause des femmes

A une époque où la loi française ne reconnaissait pas le viol comme un crime et où l'avortement n'était pas légalisé, Gisèle Halimi a porté devant les tribunaux ces combats, en particulier lors des emblématiques procès de Bobigny en 1972 et d'Aix-en-Provence en 1978.

Au procès de Bobigny, elle défend Marie-Claire, une femme mineure ayant avorté après un viol. Ce procès a été une une étape essentielle dans la lutte des femmes pour le droit à l'avortement.

Lors du procès d'Aix en 1978, elle défend Anne Tonglet et Araceli Castellano, deux jeunes touristes belges, homosexuelles, violées par trois hommes près de Marseille, en 1974. Ce procès contribue à faire reconnaître le viol comme un crime. Pour Zoé Royaux : "En 1978, lors du procès d’Aix-en-Provence, elle demande à ce qu'il n'y ait pas de huis clos. Et ça, c'est très nouveau. Elle dit : « je ne veux pas qu’il y ait de huit clos parce que je veux que l'opinion sache ce qui s'est passé, qu'on mette des mots sur ce qui s'est passé. Le scandale, c'est de ne pas dire ce qu’est la condition des femmes qui avortent clandestinement et de ne pas dire ce que c'est qu'une femme, ou deux femmes, violées par des hommes. Il faut que les hommes répondent aussi de leur responsabilité devant la société civile ». Et ça c’est très novateur. C'est peut-être l'ancêtre de « La honte change de camp » dont on en parle beaucoup maintenant. "

"A Bobigny elle fait venir la société civile dans l’enceinte judiciaire : des militantes féministes comme Françoise Fabian ou Delphine Seyrig, des personnalités de l’univers politique comme Michel Rocard ou Aimé Césaire ou encore du monde médial pour venir expliquer aux magistrats ce qu’est l’avortement pour les femmes. c'est sa manière à elle de mettre en place un procès politique pour qu'il y ait une utilité sociale et pour pouvoir combattre effectivement la loi qu'elle considère comme étant injuste. Et ça, c'est révolutionnaire." Zoé Royaux

Pour l'historienne Michelle Perrot : "La mobilisation des femmes lors du procès de Bobigny a permis la loi Veil -qui dépénalise l'avortement-, ça a été un moment essentiel. Simone Veil est au Panthéon, Gisèle Halimi devrait être au Panthéon."

La lutte continue...

"Il faut toujours continuer à inventer les luttes et continuer à mener des contentieux stratégiques avec les armes dont on dispose, en l'occurrence, le droit. Le viol a été redéfini, pas criminalisé, mais redéfini en 1980. Aujourd'hui, la définition n'est toujours pas adaptée à ce que peuvent dénoncer les femmes victimes de violences sexuelles. Il faudrait pouvoir également redéfinir cette infraction criminelle." Zoé Royaux

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