Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

Saisir des mots clefs à rechercher

mercredi 15 juillet 2020

Face au présent : La crise du langage - et comment y répondre | France culture 28/01/2019


« Face au présent », c'est le thème retenu pour l'édition 2019 de La nuit des idées qui aura lieu ce jeudi 31 janvier à l'initiative de l'Institut français. Pour l'occasion, Matières à penser réunit ses cinq disciplines. Ce soir, Frédéric Worms reçoit Barbara Cassin, philosophe.

Pendant la campagne de Barack Obama,
à Leesburg, Virginie, en octobre 2008.
Le dernier livre de Barbara Cassin se termine sur un constat de crise qui est aussi, et peut-être d’abord, une crise du langage. Les « fake news » confirment de façon vertigineuse le pouvoir du langage, et ses dangers. 

Pour une philosophe qui a toujours critiqué l’idée d’une vérité absolue, indépendante des actes de langage, qui a montré que « dire c’est vraiment faire »  l’enjeu est grave. Peut-on tout dire et donc tout faire ou tout faire croire ? Plus encore : des paroles concurrentes (y compris de haine ou de guerre) se disputent aujourd’hui le sens du présent. Qui l’emportera ? 

Être « face au présent » c’est être face à cette crise du langage, et à cette guerre des discours. Les « gilets jaunes »  et le « grand débat » en France montrent ce désir, ce danger, mais aussi ces demandes, ces espoirs qui passent par le langage. Comment y répondre ? C’est possible, c’est nécessaire. Il faut, avant tout, en parler.

"Je pense que les discours sont des faits qui informent le monde, le forment."

"On ne parle pas tout court, on parle toujours à un moment précis. Pendant la campagne de Barack Obama, le « Yes we can » était rhétorique. Quand il a été élu, son slogan s’est prouvé performatif. Le statut d’un énoncé peut donc varier."

"A mes yeux, dès qu’on met une majuscule au mot Vérité, on est en grand danger, plus grave encore que la variation des vérités, que le relativisme conséquent. Dire qu’il y a du plus « vrai pour », ça me paraît imparable, pour le meilleur et pour le pire. Parce que la manipulation par le mensonge n’est pas loin de la vérité totalitaire."

"Le mélange de la peur et du désir de consommer produit sans doute le pire du populisme, dans cette intersection entre le rejet de l’autre et le repli sur soi."

"Les choses n’existent et ne sont réconciliables que via le récit. Les choses brutes ne sont pas réconciliables. Si on en parle, si on les dit, si on les raconte, c’est le bon côté du story-telling : on peut donner corps aux rapports humains."

"Ces jours-ci, il y a des discours plutôt bruns qui s’emparent de gilets plutôt jaunes. Il faut le montrer, mais il n’y a pas que ça…

"L’espace public consiste en la diversité des hommes. Hannah Arendt parle de la « chancelante équivocité du monde ». C’est peut-être ce qui résiste le mieux." 

► Extrait musical choisi par l'invitée : Lettre au président, Billy Billy

Aucun commentaire:

Publier un commentaire