Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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vendredi 17 juillet 2020

Débat sur la philosophie de Rawls à l'Assemblée nationale | Québec solidaire 22 mai 2018


Le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, échange avec le Minsitre de l'emploi et de la solidarité sociale, monsieur François Blais, sur la philosophie de John Rawls lors de la commission de l'économie et du travail.

Rawls, encore et toujours 

Aujourd’hui, je vous donne quelques nouvelles de John Rawls.
Philosophe américain, né en 1921 et mort en 2002, il a laissé une contribution majeure à la réflexion politique : sa Théorie de la justice.
Publiée en 1971 aux Etats-Unis (16 ans plus tard, en 1987 en France), en pleine guerre du Vietnam et des mouvements civiques américains, cette théorie et son auteur, Rawls, sont alors devenus des références incontournables en philosophie mais aussi en politique. 

Avec lui, se sont en effet reposées les questions classiques de ce qui fonde une société juste. Qu’est-ce que la justice ? Est-ce une égalité stricto sensu ou une équité des conditions ? En vertu de quels critères (matériels, économiques, politiques, mais aussi intellectuels et éducatifs) les citoyens peuvent-ils vivre à égalité ? Et surtout, quel contrat social faut-il imaginer afin que l’équité soit effective entre les membres d’une société dont les visions et les intérêts divergent ? 

Hasard de calendrier, convergence inconsciente de la recherche ou véritable air du temps politique, trois livres tout juste parus soulèvent à nouveau ces questions et mobilisent, travaillent, questionnent la théorie du philosophe américain.
Parmi ceux-là, il y a l’essentiel ouvrage de Catherine Audard, traductrice de Rawls : La démocratie et la raison : actualité de John Rawls, paru aux éditions Grasset.

Actualité de Rawls, c’est peu de le dire, tant la question qu’il pose de la justice et de l’égalité dans le cadre d’une société multiculturelle est d’une brûlante pertinence aujourd’hui. Tout comme l’expérience de pensée qu’il avait imaginée pour justement dégager ces conditions de vie égalitaire avec lesquelles chaque individu serait d’accord : le voile d’ignorance, et qu’a convoqué un député québécois, Gabriel Nadeau-Dubois, en mai dernier pour interpeller le Ministre québécois de l'emploi et de la solidarité sociale, François Blais, en pleine commission de l'économie et du travail :

La « position originelle », une position universelle

Diagnostic d’une fragilité de la culture politique solution sous forme d’un idéal d’équité qui traite chacun de manière égale sans laisser personne à la traîne, mais d’abord métaphore centrale d’une « position originelle » dans laquelle chacun aurait à choisir des principes de justice sociale sans connaître sa situation socio-économico-politique et en faisant seulement appel à sa raison, ce sont les trois temps forts de la pensée de Rawls. 

Mais une chose est de les nommer, une autre de les comprendre puis de les utiliser. Comment s’en servir aujourd’hui, au-delà du contexte des Trente Glorieuses dans lequel a rédigé Rawls ? Comment les comprendre pour ensuite les utiliser ? 

Dans son ouvrage, Catherine Audard accorde une large place à cette « position originelle » comme « lieu de pensée » où chacun est appelé à revêtir un voile d’ignorance pour mieux accoucher de principes. Et l’intervention de Gabriel Nadeau-Dubois en témoigne : il y a une force opératoire de cette expérience de pensée, au-delà du contexte de rédaction de Rawls, au-delà des problématiques contemporaines qu’il connaissait…
Faites-en vous-mêmes l’expérience ! Si vous ne saviez rien aujourd’hui de vous, quel choix rationnel, raisonnable et libre feriez-vous pour ne pas être soumis à « l’arbitraire du destin » ? 

Dans un autre livre tout juste paru sur Rawls, La gauche américaine en France : la réception de John Rawls et des théories de la justice aux éditions CNRS, Mathieu Hauchecorne suit la diffusion de la pensée rawlsienne en France, dans les cercles académiques et comme affirmation d’une gauche américaine, non-marxiste. On y voit comment la lecture de sa théorie a été tributaire du contexte idéologique, mais ce faisant, apparaît également une plasticité des concepts de Rawls… de là, à y voir une force d’adaptation de ses thèses et une application encore possible, il n’y a qu’un pas.

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