Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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mercredi 1 juillet 2020

Dans quel monde vivons-nous ? | France culture 29/06/2020


Aujourd’hui débute la 34ème édition des Rencontres de Pétrarque, une édition inédite en direct depuis La Maison de la radio. Nous questionnons la notion de mondialisation. Pour cette première émission, un dialogue d’exception entre Régis Debray et Philippe Descola.

Quel monde pour demain ?
Pour ouvrir ces Rencontres de Pétrarque, Hervé Gardette reçoit aujourd'hui Régis Debray et Philippe Descola qui partagent avec nous leurs visions du monde post-confinement.

Une prise de conscience salutaire peut-elle émerger de cette crise ? 

De nouvelles solidarités sont-elles en train d’émerger ? 

Quelle place pour l’homme dans le vivant ?  

Une pandémie à replacer dans l’histoire longue

Philippe Descola évoque l’existence des pandémies depuis le début de l’hominisation. La spécificité de la pandémie actuelle est qu’elle s’est répandue à une vitesse beaucoup plus grande et qu’en raison du confinement, elle a bouleversé la vie sociale et économique d'une façon beaucoup plus ample que, par exemple, la grippe espagnole. 

En Europe et dans les sociétés industrielles et post-industrielles, l’Etat-providence a mis en place des dispositifs qui protègent les citoyens. L’irruption de ce virus provoque une incertitude à laquelle ces sociétés n’étaient plus habituées. Pourtant cette incertitude est commune à bien des peuples qui vivent dans la tragédie du déplacement, de la guerre, de la famine. 

Simone Veil appelait cela : le besoin de sécurité et le besoin de risque.                                                        
Le besoin de sécurité pour s'abriter de la peur et le besoin de risque : pour sortir de l'ennui et de la monotonie, pour se réveiller !

Régis Debray parle du retour du refoulé ; c'est-à-dire comment un tel événement fait resurgir ce que l'on pensait relever du passé, par exemple : le repli sur soi, la recherche de l'abri. 

" Nous nous apercevons que non seulement ce n'est pas la fin de l'histoire, mais que cette incertitude nous fait sortir d'une sorte de présent éternel qui était fondé sur un oubli du passé ainsi qu'un oubli de la diversité culturelle, sociale et économique du monde.                                                    
Je crois que nous vivons dans des mondes très différents qui, par moment, sont unifiés par des facteurs comme une pandémie ou le réchauffement climatique. Et bien sûr, la mondialisation économique, mais qui fait coïncider en quelque sorte des trajectoires individuelles et collectives pour ensuite les re-séparer au gré des circonstances." Philippe Descola

Régis Debray décrit ce qu'il appelle l'ogive dialectique : 

" Les objets et les virus circulent, mais les sujets ne circulent plus et restent confinés chez eux ! Il y a une sorte d'étrange combinaison entre une interconnexion forte et un repli sur soi. Cela me semble très symptomatique de la réalité de notre siècle, dans lequel on assiste à la fois à une mondialisation technique et à une tribalisation culturelle. "

Une planète verte et urbanisée
Régis Debray et Philippe Descola reviennent sur la notion de retour du religieux. 

" L'idée que la nature se venge est calquée sur le modèle de la vengeance divine. Je le dis d'autant plus volontiers que j'ai passé une partie de ma vie d'anthropologue à essayer de montrer que la nature est une construction métaphysique moderne que les Européens ont inventée à un certain moment de leur histoire. Avec beaucoup d'efficacité d'ailleurs, puisque c'est une notion, un arrière plan qui leur a permis de se définir comme des agents historiques, avec une destinée collective qui avait pour mission de maîtriser la nature en eux et la nature à l'extérieur d'eux mêmes." Philippe Descola

Régis Debray évoque la lutte pour l'émancipation des sociétés humaines : 

" L'ennemi principal n'est plus le patron mais la fumée d'usine ! A force de réfléchir à l'arboretum. On oublie le forum !
Il faut prendre en compte les rapports sociaux et économiques qui se jouent entre l'homme et l'homme, et pas seulement entre l'homme et la nature. Oui, je crains une certaine dépolitisation. A force de guetter l’effondrement du système Terre, on oublie qu'il peut y avoir l’effondrement des services publics et des solidarités sociales. Je ne voudrai pas que la nature devienne un alibi pour nous détourner du culturel et de la société. " Régis Debray


INTERVENANTS

Régis Debray
Philosophe et écrivain.

Philippe Descola
Anthropologue, professeur au Collège de France.

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