Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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vendredi 17 juillet 2020

Avoir raison avec... John Rawls : Rawls face à ses critiques : libertariens et communautariens | France culture 16/07/2020


La "Théorie de la justice" de Rawls a eu un immense retentissement dès sa parution en 1971. Son oeuvre est largement commentée, qu'elle soit appréciée ou condamnée. C'est pourquoi, parler de Rawls peut tout aussi bien se faire par la négative en considérant les pensées qui s'y opposent.

Robert Nozick (à gauche), fervent
opposant de John Rawls (à droite)
La publication de l’œuvre-maîtresse de Rawls, Théorie de la justice, a eu un énorme retentissement, dès sa publication, en 1971. 

Ce traité, d’une lecture difficile parce que d’un haut degré d’abstraction, passe pour demeurer, jusqu’à aujourd’hui, l’ouvrage de philosophie le plus commenté du XXème siècle. 

En outre, comme l’a souligné dans l’épisode précédent, Rima Hawi, Rawls a tenu à répondre à ses critiques car il considérait son œuvre comme ouverte. Un « work in progress ». Une pensée qui, tout en restant fidèle à ses lignes directrices, accepte d’évoluer pour répondre aux critiques qui lui sont faites et aux évènements qu’elle rencontre. Rawls avait à cœur de dialoguer avec ses contradicteurs. Et il était un spectateur attentif, sinon engagé, de la vie politique de son temps.

La deuxième édition de sa Théorie de la justice, parue en 1999, comporte nombre d’éclaircissements et de rectifications. Et en 2001, il a publié, en outre, une « Reformulation » de sa Théorie de la justice. Certaines carrières intellectuelles, aujourd’hui prestigieuses, sont nées d’une entreprise de réfutation de John Rawls. C’est notamment le cas de Michael Sandel, philosophe-vedette de Harvard. Son livre, Le libéralisme et les limites de la justice constituait une réponse à Théorie de la justice.  

C’est aussi le cas de Robert Nozick, qui s’est fait largement connaître par son livre Anarchie, Etat et Utopie qui, là encore a été écrit pour contrer Rawls dont il était le collègue, au département de philosophie de Harvard. 

Et la philosophie d’Amartya Sen est directement branchée sur la prise de Rawls… Pour lui, la croissance des ressources est inapte à améliorer les chances des individus s’ils ne sont pas équipés des capacités à les utiliser à leur profit. Mais le concept d’empowerment (mise en capacité de faire quelque chose) est déjà présent chez Rawls.

C’est pourquoi l’étude des objections opposées aux thèses de John Rawls est aussi intéressante que celle des idées de Rawls elles-mêmes. Elles lui ont permis de justifier certains aspects et d’en amender d’autres. 

INTERVENANTS
  • Céline Spector
philosophe, professeure à l’UFR de Philosophie de Sorbonne Université
  • Jean-Jacques Sarfati
Avocat et chargé de cours à Paris-Dauphine

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