Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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jeudi 16 juillet 2020

Face au présent : La question des inégalités | France culture 30/01/2019


« Face au présent », c'est le thème retenu pour l'édition 2019 de La nuit des idées qui aura lieu ce jeudi 31 janvier à l'initiative de l'Institut français. Ce soir, avec Patrick Savidan, professeur de philosophie à l'Université de Paris-Est Créteil, nous abordons la question des inégalités.

Trump se réfère souvent au mythe du self-made
 man, très présent dans la société américaine.
Problème : il a reçu tout au long de sa vie
400 millions de dollars de ses parents
grâce à l'évasion fiscale
Cette question, déjà prégnante au siècle précédent, apparaît comme un problème majeur du temps présent. 

Aux inégalités de revenus et de capital, d’accès aux biens, à la santé, à l’éducation, s’ajoutent les inégalités environnementales. La raréfaction des ressources, liée à leur surexploitation et à la pression démographique pose de nouvelles questions de justice sociale. 

Dans tous les pays, les inégalités sont perçues comme un problème, socialement inacceptable et politiquement risqué. Partout on réclame plus d’égalité, or partout les écarts se creusent. 

Comment sortir de ce paradoxe, la réduction des inégalités est-elle possible ? A quelles conditions ? 

Patrick Savidan est co-fondateur et ancien président de l’Observatoire des inégalités. Il a  dirigé un Dictionnaire des inégalités et de la justice sociale, un outil de réflexion et de compréhension. 170 auteurs de toutes disciplines, plus de 200 articles pour analyser le phénomène et proposer des réponses. 

"L’inégalité est un problème pour le sociologue, pour le philosophe, l’économiste, le psychologue… Mais cette même inégalité n’est pas vécue par les individus sur un mode disciplinaire. On la vit intégralement. D’où la pluridisciplinarité de ce dictionnaire."

"On doit toujours essayer de concilier les valeurs de liberté et d’égalité, qui se construisent sur le mode antagoniste. On entend souvent « si vous allez trop loin dans la liberté, vous êtes condamnés à produire des inégalités, mais si vous forcez l’égalité, vous bridez les libertés individuelles ». A mon sens, c’est l’un des défis – ou des illusions – de l’égalité des chances. […] On sait que la famille est le principal foyer de productions des inégalités. Est-ce que certains veulent supprimer la famille au nom de la lutte contre les inégalités ? Je ne crois pas… On est donc obligés de faire des compromis avec l’égalité des chances."

"La réussite individuelle, toujours pensée comme une ascension sociale, est un principe pervers : il provoque la tentation pour l’individu de penser que tout ce à quoi il accède, il ne le doit qu’à lui. La conséquence, c’est qu’il ne peut alors pas comprendre pourquoi on lui retirerait une partie de sa fortune pour la redistribuer aux moins méritants. Il y a donc une conception schizophrène de la justice sociale : on demande aux individus de croire et en même temps de ne pas croire au mérite."

"Aujourd’hui, on a un système qui condamne deux fois le pauvre : non seulement il est pauvre, mais en plus, c’est de sa faute."

"Le véritable problème du système de protection sociale, ce ne sont pas les quelques abus, mais c’est plutôt que beaucoup ne demandent pas les droits auxquels ils peuvent prétendre."

"Notre société souffre d’un « égoïsme élargi ». On ne peut certes pas condamner des parents qui voudraient tout faire pour leurs enfants en se désengageant de la solidarité publique. Pourtant, le problème est là : plusieurs solidarités entrent en conflit quand la solidarité publique devrait être l’affaire de tous. La solidarité publique consiste à aider tout le monde sans distinction, dans l’espoir que si un jour je suis dans le besoin je puisse également en bénéficier. Et là, on parle de famille, mais le schéma se répète selon des critères ethniques, par exemple, générant le sentiment anti-migrant…"

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