Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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lundi 8 juin 2020

∆∆∆ Philosopher avec Scorsese : "Shutter Island", vaut-il mieux vivre en monstre ou mourir en homme de bien ? | France culture 22/05/2020


Pour le philosophe Adorno, plus de poésie n'est possible après Auschwitz. "Shutter Island" de Scorsese serait-il une réponse à cette affirmation ? Film crépusculaire, labyrinthique, il montre peut-être que l’humanité fait passer pour fou celui qui n’a pas supporté la découverte des camps...

"Shutter Island", 2010
Imaginez un syllogisme qui prendrait comme point de départ le principe suivant : les fous nient leur folie. Vous aurez ainsi le point de départ du livre de Dennis Lehane paru en 2003, Shutter Island, adapté au cinéma par Scorsese en 2010.

Si les fous nient leur folie, celui qui dit ne pas être fou, ne l’est-il pas quand même ?
Le terme de fou est vague, souvent inapproprié, parfois indécent, mais derrière la question de vocabulaire, la maladie du personnage principal du film, le Marshall Teddy Daniels, est-elle bien réelle ? Ou fait-elle l’objet d’une machination visant à le tenir pour fou pour mieux en venir à bout ?

L'invité du jour : Jean-Philippe Domecq, romancier et essayiste

Foucault, clé de lecture de "Shutter Island" ?

"La réflexion de Michel Foucault dans "Surveiller et punir" est superbement illustrée par ce film de Scorsese, qui est un film sur un certain moment de la psychiatrie où on essaie de passer de l’intervention chirurgicale à l’intervention des neuroleptiques. Shutter Island est une île carcérale qui a réellement existé comme lieu d’expérimentation de cette époque de la psychiatrie, au milieu des années 50. Des fous nient-ils leur folie ? Ou "Shutter Island" est-il un film de fiction qui montre ce que fut que de découvrir pour la première fois le crime contre l’humanité ?" Jean-Philippe Domecq

L'humanité et le déni de la réalité des camps ?

"Teddy Daniels a fait partie de ces jeunes soldats qui sont arrivés au moment de l’arrivée des camps de concentration. Des séquences impressionnantes montrent ce qu'a été ce contact avec l'horreur absolue pour une conscience humaine, jeune, non préparée... Le film de Scorsese nous montre peut-être que l’humanité fait passer pour fou celui qui n’a pas supporté ce qu’il a vu…" Jean-Philippe Domecq

"Les hommes sont si fous qu’ils seraient fous de ne point vouloir être fou"

"Tout le système carcéral et psychiatrique de Shutter Island montre qu’on va essayer de convaincre cet homme de nier ce qu’il a vu et compris. C’est l’humanité à travers cette structure carcérale qui va le faire taire sur une vérité fondamentale que formule Pascal : les hommes sont si fous qu’ils seraient fous de ne point vouloir être fou." Jean-Philippe Domecq

Texte lu par Maëlys Ricordeau :
  • Extrait de Histoire de la folie à l’âge classique, de Foucault, 1972, éditions Gallimard, pages 19-22
Sons diffusés :
  • Extraits du film Shutter Island, de Scorsese, 2010
  • Chanson Shine a light des Rolling Stones (extrait du documentaire éponyme de Scorsese)

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