Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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lundi 29 juin 2020

Michel Piccoli, le jeu qui pense : La grande bouffe de Marco Ferreri : "Mange, sinon tu ne vas PAS mourir" | France culture 17/06/2020


Michel Piccoli dans "La grande bouffe"
En 1973, "La grande bouffe" provoque le scandale et crée le malaise en bousculant les normes ontologiques, esthétiques, morales : excréments, pets, vomi, personnes qui se gavent jusqu’à la mort... 

Piccoli dira : “ça a été un raz-de-marée de la peur, aujourd'hui c'est devenu un film philosophique".

L'invité du jour :

Marc Rosmini, professeur de philosophie

Manger pour mourir

"Quelque chose qui a mis très mal à l’aise les spectateurs et les critiques de ce film, c’est que les personnages inversent la fonction classique de la nourriture : Ferreri a dit “si on ne mange, on meurt”, mais là, ils mangent pour mourir… On ne saura jamais pourquoi ils se suicident, il n'y a aucune explication, ni psychologie. Je relie ce film avec les écrits de George Bataille, notamment "La part maudite" qui s’interroge sur une universalité des rites de gaspillage, de dépense, de sacrifice ; mais dans "La grande bouffe", ce gaspillage et ce sacrifice n’est justifié par aucun discours idéologique ou religieux." Marc Rosmini

"La grande bouffe" : la fin d'un monde

"Je ne pense pas que Ferreri soit directement inspiré par Nietzsche mais il y a cette idée commune d’une usure des traditions, de l’usure d’un monde, d’un modèle… Le film sort en 1973, c’est à dire à la fin des Trente Glorieuses, cette société qui va uniquement se construire autour de la consommation des biens et des services, elle trouve son achèvement dans "La grande bouffe", avec cette idée de fin du monde. Nietzsche parle de fin d’un monde pour qu’un autre advienne, alors que dans "La grande bouffe" nous sommes dans une forme d’aporie…" Marc Rosmini

Une utopie qui devient une dystopie

"Ferreri a souvent qualifié son film de physiologique, le film nous montre ce qui habituellement est hors-champ… Déjà, les personnes qui mangent, au cinéma, ça peut poser problème (mastication etc…), c’est organique, mais il y a aussi cette bande d’amis, c’est aussi un film sur des relations qui se tissent, c’est une micro utopie qui devient une dystopie où on expérimente une forme d’anomie : il n’y a plus de règles…" Marc Rosmini

Texte lu par Eric Herson-Macarel :
  • Friedrich Nietzsche, Aurore, « Concept de la moralité des mœurs » (1881), paragraphe 9, éditions Gallimard, traduction Julien Hervier, p.27-28
Sons diffusés :
  • Mixage de début d'émission par Nicolas Berger, avec : archive du documentaire L'extravagant monsieur Piccoli, réalisé par Yves Jeuland, sorti en 2016, extraits de La grande bouffe, de Marco Ferreri, 1973
  • Extraits de La grande bouffe, de Marco Ferreri, 1973
  • Archive de Michel Piccoli dans l'émission Les feux de la rampe, enregistrée le 28 mars 1970
  • Archive de Marco Ferreri dans l'émission Périscope enregistrée le 24 mai 1973, radio Nice Côte d'Azur
  • Archive de Michel Piccoli, diffusée dans Les nuits de France Culture, issue de l'émission Le bon plaisir, diffusée le 26 mai 1990
  • Extrait du documentaire L'extravagant monsieur Piccoli, réalisé par Yves Jeuland, sorti en 2016

INTERVENANTS

Marc Rosmini
professeur de philosophie

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