Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

Saisir des mots clefs à rechercher

dimanche 21 juin 2020

Lire et relire le Coran avec Xavier Mauduit | France culture 19/06/2020


Comment étudier le Coran par le prisme de l'histoire ? "Le Coran des historiens", ouvrage inédit et monumental, effectue la synthèse des connaissances de presque deux siècles de recherches sur ce texte sacré, que nous apprend ce travail sur l’histoire du Coran ?

Un étudiant lisant le Coran,
le 18 octobre 2015, en Iran. 
Les gens, les religions, les livres, les noms et les mots ont des origines. Attardons-nous sur un nom qui est aussi un mot et une livre : Coran. Aujourd’hui, il s’écrit avec un C, mais remontons le temps. Au XVIIe siècle, nos ancêtres écrivain Koran : remarquez, la prononciation est la même. Plus tôt encore, au XIVe siècle, il était alchoran, cette fois avec un ch, mais la prononciation demeure identique. Pour Littré, dans son dictionnaire : « Korān, lecture, du verbe karn, lire : la lecture par excellence, comme nous disons la Bible, l'Écriture, en attachant à ces mots un sens de respect ». Si nous remontons encore les siècles, d’où vient le Coran ? Qui l’a écrit ? Est-il né avec l’Islam ? Le mot est déjà présent dans le monde pré-islamique, avec un peu de syriaque. Allez, partons à la recherche des origines du Coran, Koran, Alchoran, un mot, un nom, un livre au passé lointain.

Nous recevons ce matin Mohammad Ali Amir-Moezzi, directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à la Sorbonne, spécialiste de la pensée islamique classique. Il a codirigé avec Guillaume Dye l’ouvrage Le Coran des historiens, paru aux éditions du Cerf en novembre 2019, somme impressionnante en 3 volumes sans précédent dans l’histoire. Il a également participé au numéro du magazine l’Histoire de ce mois de juin titré « Coran, la fabrique d’un livre ».

"Ce que disent les sources musulmanes sur l'origine de l'Islam, sur la vie du prophète et sur la naissance du Coran, sont très peu crédibles car il y a beaucoup de choses invraisemblables, de contradictions, de légendes et de falsifications historiques. Et pour cause, la naissance du prophète a eu lieu dans un monde extrêmement trouble. Fin VIe, début VIIe siècle, nous sommes dans une ambiance apocalyptique. (...) Le prophète commence donc ça prédication dans cette ambiance ci. (...) Il est très difficile de daté précisément la totalité du Coran et dire ce qui provient du prophète, d'avant ou d'après lui. Il y a des textes qui étaient présents bien avant et dont on trouve la paraphrase en arabe dans le Coran." Mohammad Ali Amir-Moezzi

"On a essayé de voir ce que nous dit ce livre à l'état brut, c'est à dire en amont de la tradition islamique. Nous n'avons pratiquement pas utilisé ce que disent les sources islamiques sur le Coran, mais nous avons tenté de savoir ce que disait le Coran au sujet de lui-même et ce qui se passe en amont, c'est à dire les textes qui se trouvent sous le texte coranique, des textes chrétiens, juifs et judéo-chrétiens. Lorsque l'on regarde de près les sources islamiques, on se rend compte que l'histoire de la rédaction du Coran est beaucoup plus complexe que la version lissée que nous présente tardivement la tradition islamique." Mohammad Ali Amir-Moezzi

"J'ai eu des discussions avec des musulmans et des croyants au sujet de la méthode historico-critique et je pense que cette méthode ne menace pas la foi. Au contraire, c'est peut-être en faisant la distinction entre ce qui est accessoire et ce qui est essentiel, comme la foi, que le regard historico-critique peut écarter ce qui est accessoire pour consolider ce qui est essentiel, pour consolider la foi." Mohammad Ali Amir-Moezzi

Sons diffusés : 
  • Extrait de Le Coran et son prophète, ORTF, le 11 juin 1971
  • Jacques Berque, sociologue anthopologue, dans L'islam : l'univers politique de l'islam, le 17 juin 1950
Lectures par Tatiana Werner : 
  • Sourate 9, versets 29 et 31 du Coran
  • Extrait de Chronique de Théophile d’Édesse, traduit par A.-L. de Prémare dans Les Fondations de l’Islam. Entre écriture et histoire, édité au Seuil, en 2002
Musique : Inna qalbi dhu Huyam (Mon cœur est passionné) par Noureddine Khourshid etles Derviches de Damas

Générique de l'émission : Origami, de Rone

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