Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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dimanche 24 mai 2020

Soigner les corps, des médecines antiques aux rituels magiques : La longue histoire de la médecine chinoise 20/05/2020



Ce matin nous partons à la découverte des préceptes qui définissent la médecine traditionnelle chinoise, et nous verrons quelle place celle-ci occupe dans la société chinoise contemporaine où les pratiques médicales occidentales tendent à s’imposer...

Photo d'un très ancien livre de médecine traditionnelle
chinoise, dansant de la dynastie Qing
"Toute chose renferme deux principes naturels de vie appelés : yang et yin, chaleur primordiale et humide radical, dont les esprits, l'air et le sang, sont les véhicules. Principes essentiels à l'existence, ils doivent être dans un équilibre constant, un accord, une union parfaite. De leur altération, de leur corruption, de leur désunion naissent les troubles et les affections morbides"

Yin et yang, principes naturels de vie, esprit de l'air, voilà ce que peuvent lire les lecteurs curieux, les médecins et les malades qui tiennent entre leurs mains un livre paru en 1863, "La médecine chez les Chinois". Un ouvrage du capitaine Philibert Dabry de Thiersant, qui est alors consul de France en Chine. Un diplomate, un militaire qui s'intéresse à la médecine. Diantre ! 

Le lecteur est rassuré, le livre a été supervisé par Jean-Léon Soubeiran, professeur à l'Ecole de pharmacie de Montpellier. Car au-delà des distances et des cultures, soigner les troubles et les affections morbides est une préoccupation universelle. Dès lors, la médecine chinoise, souvent présentée comme millénaire, attise la curiosité. Quels sont ses secrets, ses mystères, ses recettes ? Sur quels principes repose cette science qui fascine l'Europe ? 

Au XIXème siècle, alors que les Européens tentent de s'imposer dans la Chine impériale, c'est la Guerre de l'opium et alors que les Français pillent le Palais d'été, d'autres sont émerveillés par la médecine chinoise. La Chine dédaignée et la Chine admirée, c'est le yin et le yang de notre regard sur la médecine chinoise. 

Pour en parler avec nous ce matin, nous recevons Frédéric Obringer, historien, chercheur au CNRS. Il est l’auteur de L’aconit et l’orpiment, drogues et poisons en Chine ancienne et médiévale, paru chez Fayard en 1997, et a également contribué au Dictionnaire de la Chine contemporaine paru chez Armand Colin en 2006.

"Pour ce qui est de l'acupuncture, on a fait un certain nombre de découvertes archéologiques depuis les années 1970 en Chine. C'est à dire qu'on a retrouvé des textes anciens dans des tombes qui n'avaient pas été ouvertes avant cela. Ce sont des manuscrits sur bambou et sur soie. Cela a permis de préciser l'histoire du développement de l'acupuncture. D'après l'analyse de ces textes, nous sommes pratiquement sûrs que l'acupuncture ne commence pas avant le deuxième siècle avant Jésus-Christ. Mais en revanche, ce qui est certain c'est qu'à ce monde de l'Antiquité chinoise, c'est mise en place une vision du corps, une vision de la maladie. Une sorte de "cosmologie corrélative" avec un système de correspondances entre les organes et les autres parties du corps, mais aussi les saisons, les orients, les saveurs, les couleurs, etc. Il y a cette notion aujourd'hui traduite par "énergie" ou "souffle"  : le "Qi" qu'on retrouve dans le Qi-Qong, bien connu aujourd'hui. C'est vraiment le souffle vital, l'énergie vitale. Il y a donc la mise en place d'une sorte de système médical, de conception du corps et de la maladie, qui permet un certain nombre de pratiques thérapeutiques, dont l'acupuncture." Frédéric Obringer

"Pendant très longtemps, on a considéré que la maladie était due à la possession par des entités démoniaques, d'où l'utilisation d'exorcisme. Et cette conception, petit à petit, a été remplacée par une conception de cosmologie corrélative où il y a idéalement cet équilibre du corps en harmonie avec le cosmos. Puisque tout est relié - et c'est ça qui est fondamental - ce n'est pas tant la partie qui est importante, mais les relations de la partie avec l'ensemble du cosmos. (...) Entre le VIe et Xe siècles après Jésus-Christ, existait un bureau de médecine impériale. Il contenait quatre sections : la médecine générale, les acupuncteurs, les masseurs, mais aussi les exorcistes. Mais une conception ne remplace pas définitivement l'autre, elles se superposent. Et on pourrait dire que jusqu'à aujourd'hui, c'est encore le cas. Il y a ce fameux pluralisme médical, on peut avoir une conception du corps liée à la biomédecine qui n'exclut pas de concevoir le corps d'une façon différente en même temps." Frédéric Obringer

"Pour ce qui est de la thérapeutique, il est vrai que pour nous autres Occidentaux, la médecine chinoise s'est imposée à partir du XXème siècle d'une façon pratique, surtout par le biais de l'acupuncture. Mais pour ce qui est des traitements en Chine, c'est quand même le recours à la pharmacopée qui est le plus important. Et là, il y a une très vieille et très importante tradition autour de l'utilisation des plantes, des minéraux et des drogues d'origine animale. On a des textes depuis l'Antiquité chinoise. Ce sont des traités de matière médicale qui décrivent les plantes, leurs propriétés thérapeutiques, la façon de les préparer et qui donnent après un certain nombre de recettes, de prescriptions contre contre des maladies." Frédéric Obringer

Sons diffusés 

Archives :
  • Extrait film La Crise, de Coline Serreau, 1992
  • Chine: le médecin de Long Bow - 2ème partie, diffusé le 16/02/1987, sur Antenne 2, dans l'émission Itinéraires
  • Lecture par Elodie Huber : extrait du Classique interne de l’Empereur jaune (Huangdi neijing)
Musique : Les trois mandarins, par Ray Ventura

Générique de l'émission : Origami de Rone

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