Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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dimanche 10 mai 2020

∆∆∆ Philosophie du gore : L'esthétique de la charogne | France culture 11/02/2019



En partant de “tout ce qui grouille, fourmille, se désagrège”, le philosophe Hicham-Stéphane Afeissa dresse une histoire de l’art de la charogne, des illustrations anatomiques du 18ème siècle jusqu'aux sculptures contemporaines moisies de Jean-Michel Blazy. Comment représenter l'insoutenable ?

Un modèle de cire d'anatomie humaine est
exposé au musée Specola de Florence
L'invité du jour :

Hicham-Stéphane Afeissa, philosophe, auteur de Esthétique de la charogne aux éditions Dehors

Qu’est-ce que la charogne ?

"En principe, dans la langue française, le mot charogne désigne exclusivement des animaux morts, jamais un corps humain en décomposition. Dans le livre, sans provocation de ma part, j’ai fait le choix du mot charogne pour désigner tout corps en décomposition parce que je cherchais à brouiller la frontière entre l’humain et l’animal, sur la ligne de leurs rapports respectifs à la vie et à la mort en rétablissant une continuité entre l’humain, l’animal, la nature par et dans le processus de décomposition qui transforme en poussière ce qui est né de la poussière." Hicham-Stéphane Afeissa

Points de jonction entre le gore et l’esthétique de la charogne

"Cela tient aux fluides corporels éjectés par le corps. Qu’est-ce qu’on a dans le gore ? Des fluides qui sont le sang, les excrétions, le pus… Dans l’esthétique de la charogne on a un corps qui déborde de sanie, là on est dans l’abject.    
Le gore suscite à la fois un sentiment d’horreur qui n’est pas, à mon avis, pertinent pour penser l’esthétique de la charogne, et un sentiment de dégoût, et là il y a une connexion…" Hicham-Stéphane Afeissa

Le 19ème, siècle macabre

"Le 19ème siècle en littérature française est le siècle par excellence de la charogne. Théophile Gauthier écrivait : le siècle était à la charogne et effectivement au 19ème siècle on a vu fleurir une littérature macabre qui est sans équivalent depuis la poésie humaniste et renaissante du 14ème siècle et 16ème siècle. Tout d’un coup on s’est mis à écrire des vers sur les corps en décomposition, on s’est mis à disserter sur l’anéantissement dans le tombeau, partout on a vu triompher une littérature sépulcrale, cadavéreuse, qui partage un même goût pour la beauté minée par la maladie, moribonde, en décomposition. Que s’est-il passé en ce siècle-là ? J’avance une hypothèse : l’influence la plus forte est venue peut-être de la physiologie, une nouvelle conception de la mort pour laquelle cette dernière cesse d’être l’opposé de la vie. Une nouvelle apparaît sous la plume de Buffon, puis d’autres, et cela se finit avec Xavier Bichat qui présente la mort comme étant un processus graduel, l’idée que le corps meurt peu à peu. Tout d’un coup est devenu pensable l’idée d’une perméabilité entre la vie et la mort. Si la mort est déjà dans la vie alors la réciproque est vraie." Hicham-Stéphane Afeissa

Texte lu par Ivan Morane :
  • Extrait de Poétique d'Aristote, Chapitre IV,  dans les Oeuvres complètes aux éditions Flammarion
Sons diffusés :
  • Extrait du documentaire After Life : The Strange Science of Decay, de Fred Hepburn, 2011
  • Musique de Schubert, Quatuor à cordes n°14 en ré mineur
  • Lecture du poème La Charogne de Baudelaire lu par Georges Claisse
  • Musique de Lightwave, Cabinet de Curiosités
  • Extrait du documentaire Palettes sur le Retable d'Issenheim de Grünewald, par Alain Jaubert
  • Chanson de fin : Jacques Higelin, Je suis mort qui, qui dit mieux

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