Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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dimanche 3 mai 2020

∆∆∆ Michel Foucault au risque du (néo)libéralisme - Le travail et le capital humain | Richard MILLER Académie royale de Belgique 21/04/2018



Fin des années 1970, au Collège de France, Michel Foucault a consacré plusieurs leçons au libéralisme et au néolibéralisme. Outre leur intérêt intrinsèque, ces Leçons présentent une particularité : l'analyse du (néo)libéralisme par Foucault est-elle une critique ou une « adhésion » ?

Pour nombre de spécialistes de son œuvre il s'agit, dans la foulée de la critique du pouvoir menée par Foucault, d'une dénonciation qui anticipe génialement l'évolution du capitalisme en un système de mise en concurrence de tous contre tous. L'homo oeconomicus, dans le système néolibéral analysé par Foucault, est désormais « l'entrepreneur de lui-même, étant à lui-même son propre capital, étant pour lui-même son propre producteur » ; il est un homme-entreprise.

Mais cette conclusion ne convainc pas !

Foucault semble en effet, à la lecture de ces textes, avoir été séduit par le (néo)libéralisme qu'il ne présente nullement comme le système « à abattre », ni comme un cauchemar dont il faudrait se réveiller. Au contraire, au moment où il développait une critique du socialisme, peut-être voyait-il dans le libéralisme une réponse au marxisme et au stalinisme. Il estimait en tout cas que des auteurs contestataires comme Guy Debord, Henri Lefebvre, Herbert Marcuse fort appréciés depuis Mai 68, avaient tort dans leurs attaques contre « la société de consommation » et contre « l'aliénation » dont seraient victimes les individus exploités par le capitalisme (cf. Serge Audier, « Penser le néolibéralisme »)

Le propos n'est pas de « libéraliser » la pensée de Foucault, mais de proposer la mise en perspective d'un moment-clé de la philosophie et de la politique du XXe siècle : l'effondrement de l'utopie communiste. De ce moment-clé, au regard de la pensée, Michel Foucault a été incontestablement un acteur essentiel. La lecture des Leçons de Michel Foucault sera également l'occasion de faire la distinction - si une telle distinction a lieu d'être - entre libéralisme et néolibéralisme.

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