Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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samedi 9 mai 2020

L’aventure, est-ce vraiment l’aventure ? | France culture 05/05/2018



L’aventure interroge le lien que nous pensons établir avec l’espace, le temps et la mort. "L’aventure", c’est le thème du programme de français en classes préparatoires scientifiques pour l'année 2017-2018. Entretien avec Pascal Ayoun, Professeur en classes préparatoires.

L'Odyssée d'Homère : Chant XII : le navire d'Ulysse affrontant Charybde et Scylla.
Illustration d'Antoine Calbet (1860-1944). Collection privée, 1897  

"Les élèves de "Maths supé/maths spé"
, disserteront sur L’Odyssée d’Homère, sur Joseph Conrad (Au cœur des ténèbres, 1899) et Vladimir Jankélévitch (L’aventure, l’ennui, le sérieux, 1976).

On dit souvent de la physique qu’elle est une "législation invariable des métamorphoses". Lorsqu’elle s’applique à des processus qui ont une évolution, elle les décrit en effet à partir de lois, de règles, d’équations qui sont indépendantes du temps, c’est-à-dire les mêmes en tout instant du temps. Sa démarche vise à exprimer le devenir à partir d’éléments qui échappent au devenir, à décrire des histoires à partir de règles qui sont mais ne deviennent pas. En somme, la physique prédique toujours ce qui arrive à quelque chose qui demeure.

L’histoire du problème du mouvement des corps illustre bien cette démarche. Toute l’affaire s’est jouée entre deux concepts, celui de changement d’une part, celui de mouvement d’autre part. S’il s’agit d’un changement, alors le mouvement doit être compris comme une transformation de ce qui se meut : il y a modification incessante du mobile qui passe d’un lieu à un autre. Une telle approche est, pour l’essentiel, celle que proposaient Aristote et la physique d’avant Galilée : le mouvement est considéré comme un processus, un devenir dans et par lequel se constituent, s’actualisent et s’accomplissent les êtres. 

Mais avec Galilée, on a fini par substituer au concept de changement celui de déplacement. Se mouvoir, ce n’est plus changer de nature, seulement de lieu. Le mouvement est devenu simple déplacement dans un espace homogène, abstrait, fort différent de l’espace concret du cosmos des Anciens. En se déplaçant, le mobile ne se métamorphose plus. Il ne fait que changer de position. Le mouvement peut alors, comme le repos, se conserver indéfiniment de lui-même. Il n’est qu’un état.

Ce qui caractérise le mouvement inertiel de la mécanique classique est d’ailleurs qu’il ne s’y passe rien, qu’il est comme s’il n’était pas. Certes, il s’accomplit dans l’espace et dans le temps, mais sans que le mobile soit affecté par eux. C’est cette transformation du mouvement en simple déplacement échappant à l’historicité qui a permis de le faire entrer dans le champ de la mathématisation.

Quel rapport avec l’aventure, c’est-à-dire avec le thème de notre émission d’aujourd’hui ? Il en existe un, qui tient en ce que notre conception de l’aventure interroge le lien que nous pensons établir avec l’espace, le temps et la mort lorsque nous prétendons « partir à l’aventure ». Ne faisons-nous alors que nous déplacer dans l’espace-temps ? Partons-nous à la rencontre de nous-mêmes ? Cherchons-nous plutôt à être transformés ou métamorphosés par elle ? En d’autres termes, l’aventure relève-t-elle du changement ou du déplacement ? 

Avec Pascal Ayoun, normalien de la rue d’Ulm, agrégé de lettres modernes, professeur en classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Charlemagne à Paris.

Choix musicaux de Pascal Ayoun
  • Grigori Sokolov, Sonate n°7 de Prokofiev, 3ème mouvement 
  • Sharon Redd, "Beat the street"

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