Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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jeudi 28 mai 2020

Du théâtre ! : "Bérénice" de Racine par Julie Brochen | France culture 27/05/2020


En 1670, on joue Bérénice de Racine. Antiochus aime Bérénice, qui aime Titus, qui aime Bérénice en retour : ces voix se concertent sur la manière de réunir le désir de l’autre, et soi-même. Sommet de la langue française, la pièce agit sur l’émotion profonde ressentie à l'écoute des mots...

Bérénice vue par Charlotte Mo
Le 21 novembre 1670, un vendredi à Paris, au théâtre de l’hôtel de Bourgogne, est jouée pour la première fois la tragédie Bérénice, de Jean Racine.
La pièce surprend, ses détracteurs disent qu’il ne s’y passe rien… 

Pourtant, elle est aimée, acclamée, et Racine saura s’en expliquer :
"Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie" écrit-il dans sa préface. Il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées et que tous y ressentent de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie…"

L'invitée du jour :

Julie Brochen, metteure en scène et comédienne

Au-delà de l'amour, le désir

"Ce que je trouve incroyable dans la pièce, c’est qu’elle ne parle pas de la passion amoureuse ou du sentiment amoureux, ça parle du désir, Bérénice peut prendre toutes les formes, elle est l’émanation de la grâce, elle est aussi l’Orient, elle est l’étrangère, c’est elle qu’on désire, c’est elle qui désire, c’est elle qui met en échec l’ordre et le pouvoir établi de Titus." Julie Brochen

"Bérénice" nous fait rentrer dans le vers de Racine

"Bérénice" est un sommet de la langue française, un absolu de beauté poétique qui nous fait rentrer dans le vers de Racine. Le trouble, l’accès à l’émotion, c’est le coeur de la pièce, on est chamboulé, changé par le rapport des vers entre eux et ces présences qui sont comme des planètes et qui créent organiquement un monde d’une sensualité absolue et qui parlent de l’impossible désir à conduire l’essentiel... Le désir permet tout, c’est la vie même." Julie Brochen

La parole, un aveu d'identité

"Je crois que la parole, la poésie, la culture, est le seul échange qui nous reste et peut pacifier, fait de nous des citoyens ouverts à toutes les cultures du monde. Il y a quelque chose avec cette pièce, avec la parole, comme si nos poumons s’ouvraient à l’air, ses vers s’impriment dans la chair. Antiochus dit : "parler c’est assez nous contraindre". Comme si l’impossibilité de la parole était le moteur même de cette parole, cet aveu d’être à l’autre essentiel, un aveu d’identité de soi…" Julie Brochen

Sons diffusés :
  • Chanson de Oum Kalthoum, Arouh Le min
  • Extraits de Bérénice, pièce enregistrée à la Comédie-Française le 15 mai 1956, mise en scène par Maurice Escande
  • Musique de fin : Élégie de Jules Massenet, chantée par Feodor Chaliapine

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