Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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mercredi 6 mai 2020

De quoi l’époque est-elle le nom ? | France culture 5/05/2020



Ils sont les repères historiques qui caractérisent une ère, un temps. Ces noms que l’on attribue aux époques donnent une vie et une histoire à ces moments. Quel souvenir et quel nom gardera-t-on de la période que l'on vit actuellement ? Sommes-nous dans un moment de rupture historique ?

2020, année hors du temps ou
début d'une nouvelle époque ?
Une épidémie mondiale, un confinement qui s’étend à l'ensemble des continents. Sous bien des aspects la période que nous vivons actuellement rompt avec le passé. Et bouleverse également notre rapport au temps. 

Au-delà de sa valeur symbolique, le nom que l'on associe aux époques est porteur de sens. L’âge d’argent, les années noires ou encore les années folles... Ces expressions désignent en peu de mots un imaginaire d'une période marquée par l'Histoire qui s'est écrite avec un H majuscule. Faisant de ces moments des instants figés dans le temps mais continuant de vivre dans les mémoires. 

Cette crise change t-elle profondément notre rapport au temps et à l’espace ? Que disent aujourd'hui les nouveaux noms de notre époque ?

Pour en parler :

Etienne Klein, producteur de l'émission "La Conversation scientifique" diffusée sur France Culture et l’historien et professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Dominique Kalifa, historien et professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et co-auteur d'un livre intitulé  “Les noms d'époque: De «Restauration» à «années de plomb» sorti aux éditions Gallimard.

Un confinement qui nous amène à être en phase avec le temps ? 

"La méthode scientifique ne doit jamais être abandonnée mais il y ‘a une certaine intensification liée à l’urgence. Pour les examinés, il faut du temps et pour les examinateurs il y a une vraie pression qui amène à une accélération de traitement des données qui peut être nocive. Et cette urgence scientifique est en contradiction avec la tranquillité des rues."

"Dans cette pause à grande échelle, on a l’impression d’être redevenu synchrone avec le monde. Pour une fois, le monde ne nous devance plus. La question sera de savoir si cette sensation persistera une fois le déconfinement venu." Étienne Klein

"Il y aura sans doute des effets d’inertie car on s’habitue au confinement. Le déconfinement va montrer comment chacun a vécu cette aventure et on ne le sait pour l'instant pas très bien."

"Le fait d’avoir du temps nous fait perdre la notion du temps. Pour sentir que le temps existe, il faut être dans l’urgence et se sentir pris par le temps. Mais en même temps, la sensation d’être en phase avec le temps passe par l’ennui. Il y a donc deux façons de sentir le temps qui sont l’urgence et l’ennui." Étienne Klein

Une période difficile à nommer 

"Quand on regarde les grandes épidémies qui ont jalonné l’Histoire, aucune de ces grandes pandémies n’a laissé son nom à une période. Pour faire époque, il faut que la maladie arrive à engager avec elle toute une série d’événements, d’actions sociales et économiques. C'est ensemble, collectivement que ces malheurs et ces fléaux ont pu faire époque."

"Depuis la fin du XXé siècle, nous sommes confrontés à une sorte de myopie et de flou quant à la période dans laquelle nous vivons mais également vers laquelle nous allons. Il y a un effacement de l’avenir qui s’exacerbe dans la crise que nous vivons." Dominique Kalifa

"Les périodes, les époques et les noms qu’on leur attribue sont des constructions collectives et elles demandent du temps pour être édifiées. Il est beaucoup trop tôt et nous sommes trop pressés pour nommer l’époque dans laquelle nous nous trouvons."

Une période qui rompt avec le passé 

"Pour la première fois, on se rend compte que le seuil de tolérance que l’on associe à la mortalité s’est abaissé à un seuil extraordinaire. Et ce niveau nous dit que nous sommes face à un refus d’accepter la mort collective et nous donne un signe très fort de ce qu’on peut accepter ou non. Cette tolérance qui nous marque à cette acceptation de la mort est un point de rupture important." Dominique Kalifa

"Il y a aujourd’hui un désir de reconstruire les lendemains et les jours d’après de manière différente sans savoir à quoi ressemblera ce lendemain. Ce sentiment d’incertitude que nous avons est lié à la difficulté de se projeter."

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