Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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lundi 11 mai 2020

∆∆∆ Charles Baudelaire, le poète "maudit" | France culture 25/03/2020



Charles Baudelaire, photographie
d'Etienne Carjat, vers 1862
"Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !" : Baudelaire conclut ainsi son poème consacré à une prostituée, "Tu mettrais le monde entier dans ta ruelle". Pour le poète et l'homme, la beauté est dans la dualité, elle balance sans cesse entre perversion et transcendance, entre éphémère et infini.

Ivresse religieuse des grandes villes. Panthéisme. Moi, c’est tous ; tous, c’est moi. Tourbillon." Charles Baudelaire, "Fusées", 1867

Baudelaire gagne à être vu", faisait déjà remarquer non sans ironie Sainte Beuve, trois ans après la condamnation des Fleurs du mal, alors que le poète tentait vainement de se faire élire à l’Académie française : "là où l’on s’attendait à voir un homme étrange, excentrique, on se trouve en présence […] d’un gentil garçon, fin de langage et tout à fait classique dans les formes.

Baudelaire gagne encore aujourd’hui à être redécouvert, tant les images successives et contradictoires du poète - décadent, révolutionnaire, réactionnaire, classique, chrétien, moderne - continuent d’exercer leur effet narcotique.

Jeanne Duval par Edouard Manet, 1862
Né dans une "odeur de vieux" (Jean-Baptiste Baronian), auteur d’une oeuvre "singulièrement mince" (Pierre Pachet), Baudelaire est encore, à l’image du peintre de la vie moderne, ce solitaire qui va, court et cherche la beauté mystérieuse, "si minime, si légère qu’elle soit".

"En réalité Charles Baudelaire fut tour à tour effrayé et émerveillé devant la vie; il loua tantôt dans la femme une volupté traîtresse, tantôt un splendide apaisement." Jean Follain

Baudelaire n’a rien d’un flâneur parisien qui s’abandonnerait à la pente de ses rêveries ou de ses obsessions. C’est un rôdeur, un chiffonnier de la ville, que le monde social ne laisse pas en répit. Qu’est-ce qu’être un individu dans une société de masse ? Après avoir épousé la foule, Baudelaire se retire dans ses vers.

"De la vaporisation et de la centralisation du moi. Tout est là." Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu, 1897 (oeuvre posthume)

Le rôdeur parisien est en proie à ce grand désert d'hommes qu'est la capitale, qui le conduit à croiser ces espèces de figures spectrales ou allégoriques de la modernité que sont la petite vieille, le vitrier, le joueur d'orgue de Barbarie." Jean-Michel Maulpoix


Aquarelle de Constantin Guys, peintre
et croqueur de scènes parisiennes,
 à qui Baudelaire consacre son recueil
 Le Peintre de la vie moderne
C’est un Baudelaire de la "pensée vivante" (Pierre Pachet) qui émerge dans l’extraordinaire souplesse de sa phrase poétique, capable de suivre les ondulations du désir comme de restituer les chocs du temps. 

Mais ce sens de l’oscillation et de l’aléatoire surgit surtout, comme à l’état brut, dans ses Journaux intimes et Carnets, avec la liste de ses projets irréalisés.

Dans un monde qui va finir, Baudelaire apparaît alors comme l’auteur de "fusées pensantes" (Pierre Pachet), c'est-à-dire d’idées fulgurantes qui ont donné quelques morceaux de bravoure dont le sens résonne encore pleinement aujourd'hui.

"Dans ses velléités, qui sont précisément des fusées, quelque chose jaillit de lui, qui n'ira pas à terme certainement, mais qui a cette capacité merveilleuse de la fusée d'exploser, d'illuminer et de s'éteindre ensuite non sans avoir éclairé l'ensemble d'un paysage mental et d'un paysage social." Pierre Pachet

L'Atelier du peintre de Gustave Courbet,1855.
Des proches du peintre et divers 
"types sociaux"
y sont représentés. Baudelaire figure au premier plan
 à droite, penché sur un livre.
Avec Pierre Pachet, écrivain et essayiste; Jean-Michel Maulpoix, poète; Jean-Baptiste Baronian, écrivain.

Textes lus par Sophie Merceron: "Fusées", Mon cœur mis à nu, Epigraphes, Notices, "Titres et canevas"

Archives:  Eugène Ionesco, François Mauriac, Pierre Jean Jouve, Eugène Guillevic, Jean Follain

Un documentaire de Christine Lecerf et Jean-Claude Loiseau. Mixage : Rémi Fessard. Archives INA : Emilie Trasente. Recherche et documentation internet : Annelise Signoret. Collaboration: Juliette Dronne.

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