Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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samedi 23 mai 2020

∆∆∆ BCE: le rachat de dettes d'État pour les nuls | Le Figaro 22 janvier 2015 ( !!! )

INFOGHRAPHIE - Ce jeudi, la Banque centrale européenne devrait annoncer une opération monétaire inédite pour relancer la croissance en zone euro. De quoi s'agit-il ? Pourquoi l'Allemagne est réticente ? Qui va en profiter ? Explications pour les non-initiés.

Par Alexandrine Bouilhet, Guillaume Errard et Service Infographie

Le logo de l'euro à Francfort, siège de la BCE.
«Cruciale», «explosive»! Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette semaine pour l'avenir économique de la zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) doit annoncer une action de politique monétaire inédite pour relancer la zone euro.

• Qu'est-ce que le «quantitative easing» (QE) ?

Le «quantitative easing» (QE) ou assouplissement quantitatif, c'est la version moderne de «la planche à billet». Il s'agit d'un instrument de politique monétaire non conventionnel. Habituellement, la Banque centrale européenne (BCE) utilise, comme principal outil, le taux d'intérêt auquel elle accorde des prêts aux banques. Taux qui détermine celui des crédits auxquels souscrivent les ménages et les entreprises. En raison de l'ampleur de la crise, les banques centrales ont été amenées à prendre des mesures non conventionnelles dès 2008, consistant notamment à acheter des obligations ou des billets de trésorerie émis par les entreprises, à reprendre les actifs de banque ou des prêts au secteur privé transformés en obligations (ABS). Mais cela n'a rien à voir avec le «QE» dont on parle aujourd'hui, qui s'inspire de ce que fait la Fed aux États-Unis, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon depuis les années 2000.



• Comment cela fonctionne ?

Le «QE» consiste à racheter des dettes souveraines, des obligations d'États à long terme, à 7 ans ou 10 ans, sur les marchés. En échange de ces achats, la BCE crée de la monnaie, des liquidités nouvelles, qu'elle injecte dans les circuits financiers. Les pays de la zone euro étant très endettés, les dettes d'État abondent. Il en existe 7000 milliards d'euros en circulation. La BCE ne peut racheter que des titres biens notés par les agences de notations. Ce qui exclu a priori les titres grecs et chypriotes. La BCE peut acheter elle-même les titres, et les garder sur son bilan, ce qui fait partager les risques financiers à l'ensemble des États membres de la zone euro. Elle peut aussi laisser les banques centrales nationales acheter ces titres, et les garder sur leurs bilans, afin de ne pas mutualiser le risque entre les pays. Une option qui décevrait les marchés.

• En quoi cette opération est-elle inédite ?

La zone euro ne s'est jamais lancée dans l'aventure d'un «QE» à l'américaine, car le traité de Maastricht - repris dans le traité de Lisbonne aujourd'hui en vigueur - interdit expressément le «financement monétaire» des États. Si elle sert à financer les déficits des États membres, la «planche à billets» est proscrite. C'était l'une des conditions fixées par l'Allemagne, pour renoncer au Deustche Mark, au profit de l'euro. L'assouplissement quantitatif n'est acceptable, aux yeux de la justice européenne, que s'il s'agit d'un instrument exceptionnel permettant à la BCE d'atteindre son objectif d'inflation de 2 % à moyen terme ou de sauver l'euro.

• Pourquoi la BCE envisage cette opération ?

Depuis un an et demi, l'inflation est à un niveau jugé «extrêmement bas» par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. En décembre, les prix dans la zone euro ont même reculé de 0,2 %. Or, selon son mandat, l'institution financière doit certes maintenir le taux de l'inflation sous les 2 % «mais pas à un niveau trop éloigné de ce seuil maximal», rappelle Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE. Cette tendance fait craindre à la plupart des pays de la zone euro, à l'exception de l'Allemagne, que l'Europe s'installe dans la déflation, c'est-à-dire la «diminution générale et durable des prix», selon la définition de l'Insee. Le risque c'est que la baisse des prix se transmette aux salaires, et affaiblisse encore la croissance.

• La déflation, c'est grave ?

Oui. Aussi grave que l'inflation, et plus difficile à combattre. La déflation, c'est le cauchemar des banques centrales, car il est très difficile d'en sortir, si ce n'est en recourant massivement à la planche à billets… La déflation a accompagné le krach boursier de 1929 aux États-Unis et en Europe. Ce fléau économique sévit depuis deux décennies au Japon. La zone euro est-elle en déflation ? Pas encore officiellement. Les prix reculent surtout en raison de la chute des prix du pétrole, considérée comme une bonne nouvelle pour la zone euro. Mais le danger guette, notamment dans le sud de la zone euro où les prix reculent depuis plusieurs mois. Et c'est pour éviter de tomber dans le piège, que la BCE veut agir. Avant qu'il ne soit trop tard.

• Pourquoi l'Allemagne s'oppose à cette opération ?

L'Allemagne n'aime pas la «planche à billets». Elle craint que cela n'alimente des bulles financières, et qu'en dépréciant l'euro, et en facilitant l'endettement, cela décourage les réformes structurelles dans les États du sud de l'Europe. «Il faut empêcher que la pression pour l'amélioration de la compétitivité diminue à cause de l'action de la BCE», a mis en garde Angela Merkel. L'inflation est également une crainte historique des Allemands, traumatisés par la folle envolée des prix des années 1920, qui a ruiné les petits épargnants et les classes moyennes, et dans la conscience collective fait le lit du régime nazi. Une crainte largement dépassée, au yeux de tous les économistes. «Toutes les études le prouvent: cela n'augmente pas l'inflation. Il n'y a pas de danger de ce côté», répond Catherine Mann, chef économiste de l'OCDE, dans une interview au Figaro . L'Allemagne ne croit pas non plus au risque de déflation brandi par la BCE. Il n'y aurait donc aucune urgence à décider d'un assouplissement monétaire.

• Quels seraient les gagnants et les perdants ?

Les pays périphériques de la zone euro (Italie, Espagne, Portugal, Irlande), seraient les plus grands gagnants d'un «QE» à l'américaine. L'Italie et l'Espagne bénéficieraient d'une offre de crédit plus abondante et moins onéreuse, alors qu'aujourd'hui, ils font face à un crédit «crunch», une pénurie de crédit. Ils bénéficieront aussi de la dépréciation de l'euro entraîné par ce surcroît d'offre de monnaie pour exporter plus. Cela dit, l'Allemagne gagnera aussi beaucoup d'une baisse de l'euro, car sa croissance dépend de plus en plus des exportations vers les pays émergents.

En France, le «QE» aura un impact moindre. Le Trésor français emprunte déjà à des taux historiquement bas ; le crédit est disponible et bon marché. C'est la demande de crédit qui ne suit pas, par manque de confiance. Pourquoi demander un crédit lorsque l'on est assommé d'impôts et de réglementations tatillonnes ? La France qui s'est tant plainte de «l'euro fort» sera surtout aidée par la dépréciation du change. Ses exportations en zone dollar seront plus compétitives. Les entreprises du CAC 40 seront les grandes gagnantes.

Du côté des ménages, les emprunteurs seront avantagés - ils peuvent emprunter moins cher ou renégocier leur crédit -, alors que les épargnants verront leur épargne leur rapporter moins. Le «QE» incite à demander un crédit, à dépenser, à prendre des risques en Bourse, et non à épargner sur un livret A ou en obligations d'État par le biais d'assurances vie en fonds euros…

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