Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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samedi 25 avril 2020

Un monde grippé : les enjeux anthropologiques de l'histoire des épidémies | France culture 22/09/2014



A la panique qu'elle suscite, l'épidémie ajoute l'ironie de nous enlever la singularité de notre propre mort. Elle nous réduit à des numéros et nous fait courir le risque de n'être qu'une seule de ces milliers de victimes d'un fléau dont on méconnaît l'origine. Et de devenir un ennemi potentiel...


Infirmières de la Croix rouge lors de l'épidémie de
grippe de 1918, épidémie de "grippe espagnole"
qui a fait 50 millions de morts
selon l'Institut Pasteur
L'épidémie est magicienne. Elle s'abat sur le peuple pour lui faire changer de nature. L'épidémie n'est pas du côté de l'excès, mais de la transfiguration. Elle décompose les corps et les idées qui sont devant nous pour mieux faire apparaître ce qui était jusque là, contenu à l'intérieur de frontières bien délimitées. Car une épidémie ne crée rien. Elle décuple l'infime au sein d'une cartographie nouvelle qui, bien loin de se réduire à une séparation nette entre les malades et les bien portants, nous révèle une continuité essentielle entre l'homme et l'animal. 

La propagation à grande vitesse effraie autant qu'elle fascine

Nous louons la rapidité de la communication, recherchons l'interactivité qui abolit la distance pour faciliter l'échange et la pensée. Mais ce rêve devient cauchemar dès lors que la contagion nous met face à notre propre fragilité. Alors, la peur s'affole, le corps s'abîme, le souffle se coupe. Face à ce qui, plus qu'une maladie, est un symptôme, le symptôme du pire, de la fin imminente qui bouscule le monstre assoupi de la catastrophe finale pour enfin donner un sens à notre agitation. 

>>> La perpétuelle peur des pandémies

La perpétuelle peur des pandémies

Mais les choses ne sont pas si simples. Si l'épidémie n'avait d'existence que biologique, on y verrait l'occasion de tester notre puissance de contrôle sur la nature. Mais l'épidémie se paye le luxe d'être ironique.L'ironie d'être réduit à un chiffre, une ligne statistique et dont la mort, tout autant qu'elle nous échappe, nous rend ennemi mortel à nos proches, ainsi qu'aux yeux de l'humanité tout entière.

"L'épidémie révèle véritablement une incertitude dans les rapports entre les corps, c'est-à-dire que quelque chose se passe qui montre que cela ne va pas. Et puis, on commence une enquête. Dans la passion collective, on désigne une victime, ce qu'on appelle aussi un bouc émissaire qui va être exclu, voire détruit." Frédéric Keck, anthropologue

Alors, comment ce phénomène de contagion des corps et des idées que sont les épidémies nous impose-t-il son langage ? Qu'est ce qui est le plus insupportable à l'homme d'être impuissant, réduit à son animalité ou de voir chacun des êtres qui l'entourent se transformer en ennemi potentiel ? Et si les épidémies pouvaient être conçue comme un modèle de diffusion et de propagation de la pensée, faisant fi de toute frontière biologique et culturelle ?

>>> Contamination : le scénario d’une pandémie mondiale

Textes lus par Anouk Grinberg
  • Thucydide,  Histoire de la guerre du Péloponnèse (rédigé entre -431 et -411), Livre II, chap. 49-50-51, La peste d’Athènes, (GF 1966 ) p. 141-142
  • Claude Lévi-Strauss, 'La leçon de sagesse des vaches folles' (article du 24 novembre 1966),  in Nous sommes tous des cannibales , Seuil, 2013, p. 217-221
Archives diffusées
  • Les remèdes contre les épidémies : Grippe A OMS rassurante (Inter actualités 30/01/1965)
  • Le début de « l’aventure Ebola »,documentaire réalisé par Anne Poiret (diffusé sur Arte, le mardi 9 septembre 2014)
  • Les remèdes contre les épidémies : Le rhum contre la grippe par Gratien Candace, député de la Guadeloupe (Radiodiffusion Nationale, 13/03/1944)
Références musicales
  • John Carpenter , Team Assembly
  • Alexandre Desplat , Cholera
  • Eric Longsworth , Life inside the egg
  • La Bolduc , Tout le monde a la grippe
  • MC 5 , Call me animal

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