Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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vendredi 24 avril 2020

∆∆∆ Pourquoi les riches le sont-ils de plus en plus ? | France culture 19/09/2013



Tout expert a tendance à généraliser à partir de l’expérience historique de sa génération. 

La tentation est forte de considérer que cette expérience a une portée universelle, ou que les mutations qu’il a observées au cours de sa propre carrière sont irréversibles qu’elles annoncent l’entrée dans un monde nouveau.

Prenez Simon Kuznets, prix Nobel d’économie en 1971.

Voilà un homme auquel on doit les instruments de comptabilité nationale que nous utilisons encore aujourd’hui, en particulier l’outil qu’est le PIB. Mais il est surtout connu pour une théorie qui résume l’expérience de sa vie aux Etats-Unis, lui l’immigré né en Biélorussie. Dans les années 50, alors que les Cadillac commencent à s’allonger et à s’orner de chromes rutilants, il remarque une forte réduction des inégalités au cours du demi-siècle écoulé. Extrapolant à partir de cette conjecture historique tout à fait particulière, il croit pouvoir en déduire une loi générale du développement des sociétés : lorsqu’un pays se développe, les inégalités de revenus vont s’accroître dans un premier moment, parce que seul, un faible pourcentage de la population aura accès aux fruits de ces progrès. Mais assez rapidement, des couches de plus en plus larges en bénéficieront à leur tour. La croissance est une vague qui soulève tous les bateaux, les plus grands comme les plus petits.

James Burnham , un théoricien contemporain de Kuznets, prophétisait, quelques années plus tôt, la relève prochaine de la classe dirigeante : les managers allaient supplanter les capitalistes parce que les compétences allaient devenir plus nécessaires que les capitaux. Phénomène, là encore, de portée universelle, prétendait Burnham.

Thomas Piketty démonte cette théorie en démontrant que ces phénomènes, constatés, en effet, au cours des Trente Glorieuses, venaient de plus loin et qu’ils résultaient à la fois des circonstances historiques – les guerres, qui ont ruiné les détenteurs de rentes – et des choix politiques de l’après-guerre : blocage des loyers et forte augmentation des impôts.

Rien d’automatique dans tout ça. 

La preuve : le phénomène a commencé à s’inverser au début des années 80 : les inégalités de revenus sont reparties à la hausse dans les grands pays industrialisés et le capitalisme patrimonial a pris sa revanche sur les cadres.

Il y a, là encore, à ce phénomène, des explications qui tiennent pour partie à la conjoncture : quand la croissance est faible, le capital s’accumule plus facilement qu’il ne se crée à partir de l’épargne prélevée sur le travail.

Mais il est aussi la conséquence de choix de société : les taux d’imposition ont été abaissés par Thatcher et Reagan. Tout le monde a suivi.

Dans le même temps, s’est développée la société dite du « gagnant rafle tout », « The Winner-take-all society », théorisée par Philipp Cook et Robert Frank.

Sur le modèle de ce qui avait déjà lieu dans le sport et le show-business, les grandes sociétés se sont mises à s’arracher les meilleurs performeurs – ce qui a fait grimper leurs salaires de manière phénoménale. Et on a vu se creuser l’écart entre le tout petit nombre des très très bien payés et la masse des autres.

Qui peut nier que ces inégalités soient socialement explosives s’il se confirme que les plus riches ne vont plus cesser de s’enrichir, tandis que les revenus des autres sont condamnés à stagner ?

Là où on plus de mal à vous suivre, Thomas Piketty, c’est lorsque vous préconisez un impôt progressif sur le capital, imposé à la planète entière. En l’absence d’un gouvernement mondial – dont la perspective fait frémir – une telle mesure ne saurait être acceptée de manière universelle. Or, si elle n’est pas universelle, les détenteurs de capitaux auront vite fait de les déplacer ailleurs…

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