Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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dimanche 26 avril 2020

∆∆∆ La philosophie à l’épreuve de la pandémie avec Etienne Balibar | France culture 24/04/2020



Dans cette journée organisée autour du monde d’après, aujourd’hui, avec le philosophe Etienne Balibar, nous poserons une question : que reste-il de la philosophie à l’épreuve du confinement et de la pandémie ?

La pensée à l’épreuve de la pandémie
Imaginer le monde de demain ne peut se faire sans réfléchir à ce qui nous arrive aujourd’hui. Mais comment définir ce qui nous arrive ? 

Quand la situation nous impose de tout faire pour survivre, l’heure est-elle à la pensée ?

L'invité du jour : Etienne Balibar, philosophe

Une crise spirituelle

"À l’intérieur de la crise sanitaire, il y a une crise économique et sociale en germe, déjà en train de se développer, sauf que ses effets les plus graves sont pour le moment suspendus. À l’intérieur de cette deuxième poupée russe s’en loge une troisième : je cherche le bon mot, j’hésite. Une crise des valeurs, morale, très profonde, une crise de civilisation. Parfois je me dis que c’est une crise spirituelle, dans le choix qui va se présenter dans des termes radicaux, peut-être violents, entre plusieurs systèmes de valeurs, qui impliquent une représentation de la communauté, une conception de la mort dans la vie, et finalement une conception de ce qu’est l’humanité. Nous ressentons que nous sommes une espèce biologique, on l’avait oublié, on s’aperçoit qu’à la différence de toutes les autres espèces biologiques, nous sommes celle qui a établi, des systèmes de communication, le plus sophistiqué et le plus fragile entre tous les individus qui la constituent." Etienne Balibar

La pandémie révèle les exclusions

"Il y a deux exigences fondamentales : celle du débat, et l’importance des services publics est au premier plan des réflexions d’aujourd’hui... D’autre part il faut se demander quel est le type de société ou d’organisation sociale susceptible à la fois de prévenir ce type de catastrophe, et surtout de remédier à ce qui est le plus frappant : le fait que la pandémie ne frappe pas tout le monde de la même façon, il y a des exclusions, et même, à la marge, des processus d’élimination sociale dont le caractère insupportable et invivable nous sautent à la figure, de sorte que la question, je l’espère, ne pourra plus jamais être enterrée au profit de logiques technocratiques." Etienne Balibar

L'urgence : réinventer la conception de l'Etat

L’urgence c’est de restaurer et de réinventer une conception large de l’Etat, celle de Gramsci : celle qui n’est pas centrée sur la souveraineté mais sur toutes les fonctions d’organisation et de hiérarchisation à l’intérieur de la société. Et il faut savoir si toute la vie sociale doit être quadrillée par des administrations de type étatiques, même quand il s’agit de remplir des fonctions d’intérêt public indispensables... J’appartiens non pas à l’idée que nous pourrions nous passer d’Etat du jour au lendemain comme par enchantement, mais à l’idée qu’il y a d’autres capacités d’initiatives, de solidarités, d’interactions collectives que celles qui sont encadrées par la machine de l’Etat. 
Etienne Balibar
  • Chanson de Rodolphe burger, Hard times
  • Texte de Walter Benjamin extrait de Sur le concept d'histoire, aphorisme IX, écrit en 1940 et publié en 1942, dans Oeuvres III, éditions Gallimard collection folio essais, traduction de Maurice de Gandillac, lu par Georges Claisse

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