Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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mardi 7 avril 2020

Cohabiter avec le coronavirus, dans la durée | Le Monde 07 04 2020

Editorial. Les dernières évolutions de la pandémie en Asie le montrent, le Covid-19 ne sera véritablement vaincu qu’une fois qu’un vaccin sera mis au point, produit et mondialement distribué, soit entre douze et dix-huit mois, selon les estimations.

À Singapour dans un quartier de commerces, le 5 avril.
Des mesures de confinement général sont de nouveau
appliquées dans la cité-État de 6 millions d’habitants
depuis le 7 avril, et jusqu’au 4 mai.

Editorial du « Monde ». Sournois et imprévisible, le Covid-19 ne cesse de surprendre. Il y a un mois, l’Asie faisait figure de modèle dans le combat contre le virus, au moment où la pandémie attaquait l’Europe.

Pris de court par la violence de l’offensive, Italiens, Espagnols puis Français se tournaient vers Taïwan, Singapour, Hongkong, la Corée du Sud et même la Chine en essayant d’identifier les modes opératoires susceptibles de les sauver à leur tour. Avec un peu d’envie, aussi, pour ces autorités sanitaires si bien préparées grâce à l’expérience du SRAS en 2003, ou pour ces sociétés si disciplinées face à des contraintes jusqu’ici inimaginables en Europe.

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Un mois plus tard, ces pays européens ont peut-être atteint le fameux plateau tant espéré, ce stade où l’aplatissement de la courbe des nouveaux cas et de celle des morts laisse penser que la progression de la maladie marque le pas, ne serait-ce que le temps d’un répit salutaire. Leurs gouvernements, pourtant, se gardent bien de crier victoire. Pourquoi ? Parce qu’ils regardent aussi les courbes des pays d’Asie. Et ce qu’elles révèlent est inquiétant : plusieurs de ces pays sont maintenant atteints par une deuxième vague du virus.

« Nouvelles décevantes »

Le cas le plus frappant est celui de Singapour. La cité-Etat de 6 millions d’habitants a appliqué très tôt une stratégie exemplaire qui lui a permis de contrôler la propagation du virus sans avoir recours au confinement : dépistage systématique, traçage méticuleux et mise en quarantaine rigoureuse des personnes infectées, stricte restriction des déplacements et des arrivées sur le territoire. Malgré cela, le nombre de cas a subitement augmenté de manière spectaculaire début avril, en raison de transmissions locales et de contaminations par des résidents de retour.

Sur la base de ces « nouvelles décevantes », le premier ministre, Lee Hsien Loong, a décrété vendredi 3 avril une mesure de confinement général à partir de mardi, avec fermeture des écoles et des commerces non essentiels, jusqu’au 4 mai. Une situation particulièrement préoccupante a éclaté dans les baraquements réservés aux travailleurs immigrés, dont 20 000, des hommes seuls, pour la plupart venus du Bangladesh, hébergés dans des dortoirs, ont été placés en quarantaine.

Hongkong et la Chine s’inquiètent également d’une résurgence des cas, attribuée par Pékin aux étrangers arrivés dans le pays. Au Japon, le premier ministre, Shinzo Abe, confronté à une forte poussée des cas de coronavirus, devait décréter mardi l’état d’urgence dans sept régions de l’Archipel, dont celle de Tokyo.

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Quelles leçons faut-il retenir de cette évolution ? Essentiellement que la pandémie ne sera véritablement vaincue qu’une fois qu’un vaccin sera mis au point, produit et mondialement distribué. Et que, d’ici là – entre douze et dix-huit mois, selon les estimations –, le virus sera susceptible de faire des allers et retours sur la planète, au gré des vagues de contamination sur les continents. Le processus de déconfinement là où il a été en vigueur, l’assouplissement des restrictions décidées ailleurs ne pourront se faire que de manière progressive et, le plus souvent, temporaire.

Il faudra apprendre à cohabiter avec le coronavirus. Toujours prévoyant, le gouvernement de Singapour a décidé lundi de suspendre pour dix-huit mois l’activité du terminal 2 de son énorme aéroport, l’un des grands hubs mondiaux. Dix-huit mois : le temps qu’il faut pour le vaccin. La route sera longue.

Le Monde

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