Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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vendredi 15 mai 2020

∆∆∆ "Un cheval entre dans un bar" de David Grossman | France culture 08/10/2017



Sur la scène d’un club miteux à Netanya, en Israël, Dovalé G. distille ses joutes verbales, face à un public complice et le juge Avishaï Lazar, qu'il a connu à l'école. Mais peu à peu le discours se délite, et la scène devient alors le théâtre de la vraie vie.

Répétitions au Théâtre National La Colline
de "Un cheval entre dans un bar"
Résumé

Sur la scène d’un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovalé G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s’en fait le complice pour le martyriser l’instant d’après. 

Dans le fond de la salle, un homme qu’il a convié à son one man show - ils se sont connus à l’école -, le juge Avishaï Lazar, écoute le délire verbal de l’humoriste. 

Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovalé met à nu la déchirure de son existence. La scène devient alors le théâtre de la vraie vie.

Notes pour "Un cheval entre dans un bar", par Blandine Masson

"Tout a été dit ou écrit sur le livre de David Grossman, Un cheval entre dans un bar : la dimension politique, le portrait de la société israélienne, le pathétique de ce numéro de stand up … Mais le réaliser pour la scène et la radio m’a donné le privilège d’accéder à des lieux peut-être plus intimes, à cette âme qui coûte si cher à Dovalé , "un article de luxe" dit-il. Le théâtre affleure dans les derniers livres de David Grossman comme les ruines d’une cité antique ensevelie sous le sable. On gratte un peu et les fondations apparaissent.

Ainsi le théâtre émerge naturellement du roman dans "Un cheval entre dans un bar". Les personnages s’échappent du livre : ils sont "là". Il m’a semblé que ce dernier livre de David Grossman prenait naissance dans les derniers mot de "l’homme qui marche", le personnage - mais j’ose à peine prononcer ce mot - de "Tombé hors du temps" : "Je dois aller là-bas".

Et le Juge Avishai, l’ami d’enfance du comique Dovalé G, ne dit pas autre chose : "une pensée m’envahit, un vœu : que Dovalé puisse lire ce que j’ai écrit sur cette soirée. Que cette lecture l’accompagne aussi là-bas". Ce "là-bas", indicible, intouché, c’est pour moi le voyage des comédiens, c’est aussi le voyage de l’écriture. Ce pourrait être "le duende". C’est ce point invisible que nous tentons d’atteindre, ce lieu où nous pouvons tous nous rencontrer, les vivants et les morts. C’est parce que j’ai lu comme cela "Un cheval entre dans un bar", que j’ai convoqué sur le plateau l’essentiel de l’équipe artistique de "Tombé hors du temps" : les musiciens bien sûr, mais aussi Marc Bodnar, Anne Lise Heimburger, Stan Valette.

Au cœur de ce projet : Jérôme kircher. Il était l’homme qui marche, il est Dovalé G. Peut-être le même homme : celui qui avance sur un fil, se met en mouvement pour tenter de toucher physiquement la présence de l’absence. Celui qui le regarde et nous fait entre dans sa conscience, c’est le Juge Avishai, double de Dovalé, ami, frère. Wajdi Mouawad nous fait l’immense amitié d’interpréter le Juge. Il est pour moi l’incarnation du titre qu’il a choisi pour cette manifestation à la Colline : "Dans les yeux de David Grossman".

L’écrivain dramaturge prête sa voix et son corps et surtout ses yeux au juge - écrivain. Autour de ces artistes, de nouveaux comédiens comme Johana Nizard, Manuel Lelièvre des jeunes acteurs sortis du TNS, des jeunes élèves acteurs associés à La Colline. Tous et toutes dans les yeux de David Grossman."

Blandine Masson

Distribution

Jérôme Kircher (Dovalé ) ; Wajdi Mouawad (Le juge Avishaï Lazar ) ; Mathilde Mennetrier (La petite dame ) et
Quentin Barbosa, Camille Dagen, Hélène Morelli, Genseric Coleno-Demeulenaere, Zacharie Lorent, Johana Nizard, Stan Valette, Marc Bodnar, Anne-Lise Heimburger, Manuel Le Lièvre.

Et des comédiens associés à la Colline : Clara Bretheau, Maxie Le Dévéhat, Vincent Pavageau, Camille Protar, Thomas Zuani.

Musique originale Sylvain Cartigny, Joseph Dahan, Mathieu Bauer Bruiteuse : Sophie Bissantz Assistante à la réalisation Clémence Gross Equipe Technique Benjamin Perru, Pierre Henry, Tanguy Lecorno

David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est l’auteur d’essais engagés qui ont ébranlé l’opinion israélienne et internationale et de onze romans abondamment primés dont Une femme fuyant l’annonce (prix Médicis étranger 2011). Il a reçu le Man Booker International Prize 2017 pour Un cheval entre dans un bar, paru aux éditions du Seuil.

Remerciements à Anne Freyer (éditions du Seuil)

Cette fiction a été enregistrée en public les 9 et 10 septembre 2017 à la Colline Théâtre National, dans le cadre de la manifestation « Dans les yeux de David Grossman », une coproduction France Culture / La Colline Théâtre National.

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