Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

Saisir des mots clefs à rechercher

mercredi 11 mars 2020

Proust l'optimiste, par Matthieu Garrigou-Lagrange | France culture 23/10/2017



Dissocier Proust de son œuvre, est-ce possible ? Peut-on raconter la vie de l'auteur sans utiliser les souvenirs qu'il aurait partagés dans "La Recherche" ? C'est ce que fait Jean-Yves Tadié, qui nous fait découvrir ce qui, chez l'auteur, se trouve "hors" de l’œuvre magistrale.

Marcel Proust en 1895.
Pourquoi Proust est-il le centre de la littérature moderne ? Réponse de Jean-Yves Tadié, pour qui Proust est "novateur pour l'éternité" :

"Il récapitule toute l'ancienne littérature et a lancé toutes sortes de pistes que chaque auteur contemporain a essayé à son tour de suivre."

Le biographe de Proust revient dans cette émission sur la vie de l'auteur. On apprend ainsi que Marcel Proust passe son enfance dans une famille bourgeoise, qui lui donne un enseignement laïc - ce qui relève d'une originalité à l'époque. Sa vocation littéraire se manifeste très tôt, dès l'adolescence. Il s'y consacrera pleinement durant toute sa vie, refusant formellement de prendre une profession rémunérée à côté de son activité d'écrivain. 

Jean-Yves Tadié insiste également sur d'autres aspects qui sont centraux dans la vie et la personnalité de l'écrivain, notamment sa maladie d'une part, et son homosexualité d'autre part.

Le professeur accorde aussi une part importante à la figure de la mère de Marcel Proust. L'auteur entretient avec elle une très grande proximité, au point d'avoir vécu avec elle toute sa vie, et de lui avoir rendu compte presque heure par heure de l'état de sa santé. En plus d'une forte ressemblance physique, il tient aussi d'elle son sens de l'humour :

"Proust s'amusait constamment, et plaisantait de tout." 

Jean-Yves Tadié tient ainsi à rappeler la joie de vivre et l'optimisme intrinsèques à la personne de Proust, loin de l'image obscure et mélancolique que l'on s'en fait souvent :

"Il était absolument convaincu que tout allait s'arranger. Quand il est refusé par tous les éditeurs de Paris, il ne se plaint jamais, il sait qu'un jour cette œuvre paraîtra. Quand il voit qu'elle se vent peu, il sait qu'un jour les gens viendront de tous les coins du monde pour l'interroger. Ce n'était pas de la vanité, c'était le sentiment qu'il y avait en lui quelque chose qui lui échappait complètement, dont il était porteur, et qui était cette œuvre qui serait extraordinaire."

Proust, philosophe ou sociologue ?

La question se pose alors de savoir ce que l'on retrouve de cette vie dans l'œuvre de Marcel Proust. Peut-on parler d'autofiction avec La Recherche ? Jean-Yves Tadié nous répond :

"Oui et non. Proust n'a rien mis dans son oeuvre qu'il n'ait vu, entendu, ou connu. Mais en même temps, il s'efface, et le narrateur qui dit "je" est une forme littéraire assez creuse, qui n'a pas du tout l'ampleur et la beauté d'un Swann, d'une Odette, d'un Charlus, ou d'une Albertine. En réalité, il n'attachait pas beaucoup d'importance à sa personne, il s'effaçait devant son œuvre, pour laquelle il est d'ailleurs mort."

Ainsi, Proust se sert de la vie, mais toujours en opérant des synthèses : pour un personnage, il s'inspire de trois, quatre, ou cinq personnes. Et c'est aussi le cas pour les lieux : le Combray de La Recherche est par exemple né de la fusion des villages d'Illiers et d'Auteuil.

En nous éclairant sur la vie et la personnalité de Marcel Proust, Jean-Yves Tadié nous transmet dans cette émission son envie insatiable de lire et relire La Recherche, une œuvre à la richesse infinie :

"Il y a mille choses enfouies dans ce roman, que l'on découvre parfois avec stupéfaction."

Extraits lus :

Contre Sainte-Beuve, Marcel Proust
Du côté de chez Swann, Marcel Proust
Les Plaisirs et les jours, Marcel Proust

Aucun commentaire:

Publier un commentaire