Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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lundi 27 avril 2020

Eblouissements de Pasolini | 02/11/2016

Grand perturbateur de l’ordre en place par ses prises de position, ses écrits, ses films, il a la stature d’un héros de légende, témoin de la vigueur subversive des années 1960. Mais c’est peut-être parce qu’il n’a jamais dissocié ses combats politiques de son travail de poète que Pier Paolo Pasolini reste si durablement porteur d’une belle inquiétude. Nous avons perdu un témoin, un témoin différent. 

Mais, encore une fois, pourquoi et en quoi différent ? Parce que, d’une certaine manière, il essayait - comment dire ? - de provoquer des réactions actives et bénéfiques dans le corps inerte de la société italienne. Sa différence tenait précisément à cette provocation bénéfique, due à l’absence totale, chez lui, de calculs, de compromis, de prudence . »

Quarante ans après la disparition de Pier Paolo Pasolini, retrouvé mort, le crâne fracassé, le matin du 2 novembre 1975 sur une plage d’Ostie, ce sont les mots poignants de son ami l’écrivain Alberto Moravia lors de son oraison funèbre qui reviennent à l’esprit. Pasolini était différent. 

Mais cette différence n’était pas nécessairement celle que l’on croit. Certes, il était communiste et il aimait les garçons, ce qui n’allait pas de soi dans l’Italie d’après-guerre - « passions récidivistes » qu’il a racontées dans ses romans, et osé mettre en scène dans ses films, ce qui lui valut d’affronter des procès sans nombre et de passer sa vie dans l’angoisse des tribunaux et du passage à tabac. Néanmoins, ce sont surtout les plus secrètes dispositions de son âme qui le distinguaient de la horde et de son « ordre dégradant  »

Comme Arthur Rimbaud, son frère en désolante lucidité qu’il découvre à 16 ans, Pasolini avait « vu quelquefois ce que l’homme a cru voir ». Et, comme l’auteur des Illuminations, il avait pris cette vision au sérieux, décidé à assumer sa charge tragique. Le cinéaste qui aimait trouver les acteurs de ses films au sein du sous-prolétariat romain était non seulement un éducateur, détenteur d’un art précieux, difficile et rare, mais surtout un voyant, incapable d’être mystifié par les hommes ou par leur regard.

La fraude, le mensonge et l’hypocrisie lui sautaient aux yeux. « Je ne me suis jamais trompé sur les visages, / parce que ma libido et ma timidité / m’ont obligé à bien connaître mes semblables. »

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