« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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samedi 15 février 2020

∆∆∆ Gouverner sans dominer, ou le difficile héritage du libéralisme | France culture 02/01/2020



Comment penser notre présent à l'aide des analyses de la crise de gouvernementalité proposée par Michel Foucault à la fin des années 70? Jean-Claude Monod, directeur de recherche au CNRS, pense dans "L'art de ne pas être trop gouverné" les crises actuelles à l'aune de la théorie foucaldienne.

Michel Foucault en 1979
Le philosophe Jean-Claude Monod publie au Seuil L’art de ne pas être trop gouverné, un essai philosophique et politique qui repense la thèse de la crise des gouvernementalités développée par Michel Foucault à l’aune des enjeux contemporains. L’occasion de questionner les révoltes suscitées par la gouvernance de l’Etat néolibéral de la crise des Gilets Jaunes à la remise en cause de l’action de l’Etat face au péril écologique.

"La question du gouvernement implique une référence au peuple qui est la source de la légitimité de l'action gouvernementale si bien que le gouvernement doit toujours se diriger vers le bien de ce peuple. Il faut sans cesse rappeler au gouvernement son devoir et son lien au peuple." Jean-Claude Monod

Héritier de la démarche critique de l’auteur de « Surveiller et punir », Jean-Claude Monod travaille à combler un vide laissé dans l’œuvre de Michel Foucault, celui des applications politiques qui peuvent suivre la révolte. Il ne s’arrête pas uniquement à une valorisation de la révolte mais étudie ses possibles débouchés et traductions politiques.

"Il y a quelque chose qui s'est brisé, c'est la croyance d'un effet majeur de l'élection. On s'est rendu compte que l'alternance ne permettait plus de dessiner de véritable changements sur le plan politique. Il y a de ce point de vue une forme de fin du cycle néolibéral en raison de ce  sentiment de dépossession démocratique. Foucault à ce sujet que l'on était passé d'un marché sous surveillance de l'Etat à un Etat sous surveillance du marché. Ainsi, on a vu avec Emmanuel Macron que les partis institutionnels étaient frappés de désaffection." Jean-Claude Monod

S’il ne rejette pas l’héritage libéral sur le plan politique ou encore juridique, il le distingue du néolibéralisme qu’il qualifie d’autoritaire et vis-à-vis duquel il est très critique. L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron coïncide pour lui avec l’entrée dans un néolibéralisme autoritaire.

"La grève est un des grands mode de protestation des mouvements sociaux et des syndicats qui est réinvesti avec la question des retraites." Jean-Claude Monod

Jean-Claude Monod base son étude de Michel Foucault sur les cours donnés par celui-ci au Collège de France à la fin des années 70. Le travail de Foucault est aussi historique et inscrit les gouvernementalités dans une perspective du temps long en remontant jusqu’au XVI e siècle. Jean-Claude Monod reprend cet outil pour penser les points de rupture d’un présent ancré dans une continuité historique.

"L'écologie invite aujourd'hui à complètement repenser la question de la délimitation et du contrôle social de l'activité économique." Jean-Claude Monod

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