Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».

A sa création, le Grand Orient de Belgique est exclusivement masculin, ses loges n'initient que des hommes. Les loges peuvent cependant décider d'accueillir des sœurs selon des modalités propres à ces premières.

En septembre 2009, Bertrand Fondu, alors grand maître de l'obédience déclare, en référence à une commission d'étude interne sur la mixité que les travaux des loges seront pris en compte en ce qui concerne la création de loge mixte, masculine ou féminine. La réflexion juridique du Grand Collège du Grand Orient de Belgique se clôture un mois après. La conclusion parait dans la presse et annonce une position favorable à la mixité.

Le dimanche 16 février 2020, une assemblée générale extraordinaire historique composée de tous les représentants de l’obédience vote à la majorité de 70% la modification de ses statuts et règlements. Le GOB devient une confédération formée d’une fédération masculine, d’une fédération mixte et d’une fédération féminine.

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

« Que puis-je savoir ? - Que dois-je faire ? - Que m'est-il permis d'espérer ? » Emmanuel Kant

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mercredi 22 janvier 2020

Une histoire des organisations internationales (3/4) : Multilatéralisme et politique : qu'est-ce qui a changé depuis la SDN ? | France culture 12/06/2019



 21 décembre 2017, l'Assemblée générale de l'ONU
adopte à une large majorité une résolution
condamnant la reconnaissance par Washington
de Jérusalem comme capitale d'Israël
Assemblée générale des Nations unies, OIT, FMI, OMC, OMS... : les grandes organisations internationales ont-elles été au cours de leur histoire une arène de politisation de certains débats ? Ou au contraire, un espace de neutralisation de la dimension politique de ces derniers ?

Emmanuel Laurentin et Séverine Liatard s'entretiennent avec Guillaume Devin, professeur des universités en sciences politique à Science Po Paris, chercheur au CERI, Delphine Placidi-Frot, professeure en science politique à l'Université Paris-Sud et Régine Perron, maîtresse de conférences en histoire des relations internationales à l'Université de Cergy-Pontoise.

L’apparition des premières organisations internationales est indissociable de la naissance du multilatéralisme

"Delphine Placidi-Frot Si les relations multilatérales - entre trois états ou plus - sont presque aussi anciennes que la diplomatie, le XIXe siècle est le siècle de l’émergence du multilatéralisme avec la constitution d’unions ou d’administrations internationales pour les questions relatives à la météorologie, aux postes et télécommunications, aux poids et aux mesures (dont le Bureau international est fondé à Paris en 1880) : des domaines assez techniques mais qui ont un enjeu politique à cette époque. Si elles ne sont pas encore dotées de fonctionnaires internationaux - ce n’est pas encore le multilatéralisme au sens institutionnalisé du XXe siècle - ces organisations constituent un embryon de communauté internationale et associent déjà des experts à leurs travaux, dans le but de répondre à une mondialisation croissante du commerce, des marchandises, des flux migratoires transatlantiques, comme des nouveaux enjeux qui accompagnent la colonisation, sur le plan sanitaire notamment."

Ces organisations font-elles déjà de la politique ?

"Guillaume Devin : Si elles ont une apparente vocation technique - régler des problèmes liées au télégraphe, à l’écartement des voies de chemins de fer, etc. les états surveillent déjà de près ces enjeux technologiques qui sont au cœur de leur puissance et de leur compétitivité."

Comment peut-on résumer leur doctrine ?

"Régine Perron : A l’époque où s'élabore cette doctrine domine la peur de revivre le chaos de la Première Guerre mondiale et de l’entre-deux guerres. Le système multilatéral est le résultat de cette anxiété, et il vise à la stabilité du monde. Ainsi, ses trois principes fondamentaux vont être défense/sécurité, paix et prospérité/bien être. Les organisations internationales vont introduire des règles de conduite permettant de coordonner les actions des états-membres : l’ONU la non-ingérence, l’OMC la non-discrimination, le FMI l’assistance mutuelle, etc."

Le multilatéralisme est-il d’inspiration libérale ?

"Régine Perron : En effet, la première construction du multilatéralisme mise en œuvre par le gouvernement Roosevelt est d’inspiration keynésienne. De 1945 aux années 70, elle épouse les contours d’un libéralisme encadré, contrôlé par des garde-fous, une ligne voulue comme une amélioration du libéralisme après la crise de 1929. Et les organisations internationales vont suivre cette ligne insufflée par les états."

"Delphine Placidi-Frot : Il y a une vision libérale au cœur des organisations internationales qui repose sur le rôle des normes, sur l’idée que l’on peut pacifier les relations internationales par le commerce, le libre-échange, apporter la paix par le droit, grâce aux conventions, aux traités, une conviction que l’on retrouve dès la construction de la SDN, et de l’OIT avec le solidarisme international. L’idée que le droit va pacifier les relations entre états et contenir la puissance, à la fois en rendant le conflit militaire plus coûteux et aussi en développant des sanctions. Et enfin, l’idée que l’on peut construire la paix en instaurant un fonctionnement démocratique sur la scène internationale, grâce au système "un état une voix", à la représentation des sociétés civiles, etc. Mais cette vision libérale a toujours été contrecarrée par une vision plus réaliste des organisations, centrée sur des enjeux de sécurité et de puissance."

Le multilatéralisme est-il devenu ensuite une doctrine d’inspiration néolibérale ?

"Guillaume Devin : En effet, la révolution conservatrice thatcherienne et reaganienne dans les années 1980 va marquer un tournant pour ces organisations auxquelles on va retirer beaucoup d’argent tout en les poussant à s’engager dans des méthodes néo-manageriales qui auront des conséquences graves quant à leur efficacité."

"Régine Perron : Le FMI par exemple à partir des accords de la Jamaïque en 1976 est vidé de son sens et ce changement profond dans la nature de sa mission s’inscrit tout à fait dans le courant néo-libéral."

Quel bilan peut-on tirer d’un siècle et demi des « politiques » conduites sous l’égide du multilatéralisme ?

"Guillaume Devin : Si un bilan global de l’action des organisations internationales reste difficile à faire, on peut dire cependant qu’elles ont contribué à trois objectifs majeurs sur la scène internationale : à la juridiciser par la production du droit, d’un maillage normatif qui, en les enserrant, « civilise » les conduites diplomatiques. Elles ont contribué à rendre le monde moins dangereux, non pas en empêchant les guerres mais en essayant de faire en sorte qu’elles éclatent moins facilement, qu’elles soient précédées de médiations et qu’il y ait des opérations de paix pour faciliter les transitions de l’après-conflit. Elles ont contribué également à rendre le monde un peu plus solidaire, avec notamment des actions de programmes d’urgence, pour les réfugiés, les enfants et les malades. Enfin - mais ce bilan-là est plus mitigé alors que c’était la grande affaire des Nations Unies - elles ont contribué à des objectifs de développement."

Musiques diffusées

- Pablo Casals, Hymne non officiel des Nations Unies
- Albert Régisseur, Onu Samba

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