Art. 1: « Le Grand Orient de Belgique, obédience masculine, maillon de la franc-maçonnerie universelle, demande à celui qui se présente à l’Initiation d’être honnête homme et d’être capable de comprendre et de propager les principes maçonniques. Il exige de ses membres, la sincérité des convictions, le désir de s’instruire et le dévouement. Il forme une société d’hommes probes et libres qui, liés par des sentiments de liberté, d’égalité et de fraternité, travaillent individuellement et en commun au progrès social, et exercent ainsi la bienveillance dans le sens le plus étendu ».
« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » Henri Poincaré

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mardi 7 janvier 2020

Que veut dire "faire le vide" ? | France culture 28/12/2019



Et si, pour mieux comprendre l’usage que nous pouvons faire du vide, nous faisions un pas de côté en nous intéressant à ce qu’en dit la philosophie chinoise ? À défaut de le définir, ne nous proposerait-elle pas un bon usage du vide ?

Tchouang-Tseu
“Faire le plein” est une opération qui se conçoit sans difficulté : il suffit de passer à la pompe, à la condition toutefois que la pompe en question ne soit pas une pompe à vide. 

Mais “faire le vide”, qu’est-ce faire ? Ou qu’est-ce cesser de faire ? On devine que ce n’est pas le simple contraire de faire le plein, qui consisterait à rouler en voiture jusqu’à ce que la jauge du réservoir indique qu’il s’est vidé. Faire le vide, a priori, ce n’est pas simplement tomber en panne sèche. Alors, qu’est-ce au juste ? À coup sûr, une épine dans le pied. Et de taille. La difficulté ne provient pas du limpide verbe faire, mais de l’énigmatique substantif vide. 

Qu’est-ce que le vide ? 

Un équivalent du néant ou du rien, répondra-t-on par réflexe ; le lieu de l’absolue vacuité, de la béance intégrale, dira-t-on en se croyant un peu plus inspiré. Mais le vide existe-t-il seulement ? Cette question a été l’enjeu d’intenses controverses depuis des millénaires. 

Elle est d’autant plus compliquée qu’au mot “vide” sont attribuées des significations fort différentes : le vide qu’on fait autour de soi en allumant un cigare n’a guère à voir avec la vacuité bouddhiste ou le néant hindouiste, ni avec celui qu’on réalise dans un tube prétendument “à vide”, ni avec le vide psychologique dont on fait l’expérience lorsqu’on s’ennuie, ni avec celui, à la fois rempli d’air et vertigineux, qui excite l’alpiniste, pas plus qu’avec le vide dans lequel parfois l’on parle. 

Quant au vide que les physiciens appellent “quantique”, c’est une tout autre chose : un milieu très spécial, où se côtoient toutes les virtualités concevables, truffé d’étranges particules à la fois présentes mais pas tout à fait réelles… D’où il ressort que “faire le vide…” est une expression décidément bien difficile à cerner.

On saisit intuitivement qu’il ne saurait s’agir de “faire le néant”, même si les mots “vide” et “néant” sont souvent confondus. Faire le néant équivaudrait à supprimer l’Univers tout entier, ce qui constituerait une entreprise apocalyptique et par trop présomptueuse, surtout si on définit le néant au plus ras de lui-même, à la manière de Raymond Devos : “un trou avec rien autour”. Il ne saurait s’agir non plus de ne “rien” faire, de devenir “fainéant”, bien que cette entreprise soit davantage à notre portée. 

Au demeurant, ne crée-t-on pas un paradoxe en accolant le verbe “faire”, qui suppose une action, au mot “rien” dont le surgissement vient aussitôt abolir toute action ?

Bref, rien de tout cela n’est franchement clair.

Et si, pour mieux comprendre l’usage que nous pouvons faire du vide, nous faisions un pas de côté en nous intéressant à ce qu’en dit la philosophie chinoise ? À défaut de le définir, ne nous proposerait-elle pas un bon usage du vide ?

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